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Kings from the Queens : Lamar Odom, slalom entre les épreuves mais droit vers la gloire

Lamar Odom

Quelle histoire.

source image : YouTube

Dans le cadre de la sortie de la deuxième série spin-off de l’univers power « Power book III : raising Kanan » le 18 juillet 2021, sur la plateforme de notre partenaire Starzplay, TrashTalk s’est également lancé dans une petite série. Une série d’articles sur des basketteurs qui ont réussi une belle carrière en NBA après avoir, comme Kanan Stark le héros ou comme 50 Cent le producteur de la série, grandi dans le Queens à New York. Leurs fortunes sont diverses mais leurs histoires sont passionnantes. Cinquième épisode aujourd’hui : Lamar Odom.

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« Ça fabrique des mecs à part, ça fabrique des Mbappé » dirait Kool Shen. Le Queens ne forge pas que des athlètes, il façonne des caractères et mue des quotidiens pourtant tout tracés vers une vie chimérique et inespérée. Mais parfois, il arrive que le chemin de la gloire soit tellement semé d’embûches qu’il ne mérite pas qu’on l’emprunte. C’est un peu l’histoire de Lamar Odom, enfant du quartier de Jamaica dans le Queens et à qui la vie n’a fait aucun cadeau. Abandonné par un père accro à une substance autre que la nectarine, il n’a que 12 ans lorsque sa mère décède des suites d’un cancer du côlon. Vint alors ce faisceau de lumière qui épousa parfaitement la petite entrevue laissée par les nuages. C’est sa grand-mère maternelle – Mildred Mercer – qui l’élève sur la 113th street dans le Queens jusqu’à ce que le basket-ball offre à Lamar sa pleine autonomie. Fou amoureux de la balle orange, il va changer de lycée à trois reprises avant de décrocher une bourse pour l’Université du Nevada en 1997.

Un premier pied à terre, lequel s’efface soudainement lorsque le jeune Lamar est renvoyé suite à la parution d’un article polémique dans Sports Illustrated. Son test ACR aurait été traficoté afin de faciliter son admission à l’Université, c’est possible ça ? Pour la faire courte, le test ACR regroupe quatre domaines de compétences (mathématiques, anglais, lecture et raisonnement scientifique) et les notes obtenues vous facilitent – ou non – l’accès aux meilleures universités. Comme un symbole, ce faux pas rapproche Lamar à quelques heures du Queens puisqu’il s’engage avec l’Université de Rhode Island. Mais la sanction ne se limite pas à ce simple après-midi préparation de bagages et Candy Man reçoit également l’interdiction de jouer durant toute son année de freshman. Des débuts de petit trublion – donc – mais une suite glorieuse sous le maillot des Rams avec en figure de proue, ce game winner contre l’Université de Temple en 1999. Nous sommes en Finale de la Atlantic 10 Conference et les deux équipes sont alors dos à dos. Il reste six secondes sur l’horloge, Lamar remonte le cuir, puis décoche à 45° depuis les sept mètres… BANG ! Un missile sur la tête de son vis-à-vis, qui offre aux Rams un ticket pour le tournoi NCAA. Un moment fou dans la carrière de Mister Odom, sûrement son préféré, avoue-t-il.

« Je ne pouvais même plus me lever après celui-là. Je n’ai même pas pu faire la conférence de presse. J’ai laissé sortir toute l’émotion qui était en moi. J’étais humble, mais j’étais l’homme de la soirée, c’était mon moment. Et puis après ce match, nous rentrons à l’hôtel, j’ai ouvert la porte pour sortir et j’ai vu que tout l’état de Rhode Island devenait fou. »

Si tout semblait gris dès que Lamar Odom mettait un pied en dehors du parquet, c’est aussi parce qu’il brillait lorsqu’il le foulait. De cette belle aventure sous le maillot des Rams découle une récompense on ne peut plus méritée. L’été qui suit ce fabuleux game winner, le défunt David Stern appelle alors Lamar Odom à se présenter sur l’estrade du MCI Center de Washington. Quatrième choix de la Draft 1999 pour l’enfant du Queens, ça claque non ? Ce sont les Clippers qui s’octroient les services d’un Lamar Odom dont le rapport mobilité/taille affolait le board angelinos. On parle quand même d’un beau bébé de 2m08 qui flirte athlétiquement avec les 100 kilos. Une dimension physique alors rarissime, laquelle sublime sa saison rookie avec des moyennes de 16,6 points, 7,8 rebonds, 4,2 assists, 1,3 contre et 1,2 interception à 44% au tir dont 36% à 3-points. Mais les mauvais résultats des Clippers décrédibilisent – ou délégitimisent, à vous de voir – Lamar Odom dans la course au trophée du Rookie of the Year. Ce sont Elton Brand et Steve Francis qui repartent finalement avec le graal des nouvelles têtes.

Les années passent et Lamar ne progresse pas, freiné par le faible roster qui l’entoure et quelques addictions extra-sportives. Après sa quatrième année en Californie, l’ailier-fort prend la direction de Miami où il affirme vouloir se rendre utile dans la quête d’une bagouze. Son exercice 2003-04 est excellent, à l’unisson d’un effectif jeune et pimpant : Dwyane Wade version rookie régale et Caron Butler se positionne en lieutenant de Flash. Le Heat atteint la marche tant inespérée des demi-finales de conférence, puis échoue contre les Pacers de Reggie Miller. Malgré un contrat de six piges en Floride, Lamar Odom est balancé comme une vieille chaussette aux Lakers dans un trade incluant… Shaquille O’Neal. Oui, une fort belle inspiration pour les deux partis. C’est donc parti pour une nouvelle aventure, laquelle présente déjà ses défis insurmontables. En 2004, Lamar Odom perd sa grand-mère, une femme bienveillante, celle qui l’a élevé et qu’il admirait pour sa bonté. Deux ans plus tard, son troisième fils – Jayden Odom – décède subitement dans son sommeil. L’horreur absolue, mais le coéquipier de Kobe tient son rang chez les Lakers et rend hommage aux siens, balle en main. Les exercices 2008-09 et 2009-10 viennent enfin récompenser Lamar Odom qui récupère deux bagues avec les maillots Pourpres du Staples Center. Parfois hors de forme et bedaine mal centrée, il est cependant au sommet de son art et – un an plus tard – reçoit même la distinction de Sixth Man of the Year pour sa dernière saison sur Hollywood Boulevard.

La suite n’est pas des plus heureuses. Passé par les Mavericks, retourné aux Clippers puis expatrié vers le Saski Baskonia, l’enjeu sportif de ces années tient en quelques mots. Pour ce qui est du reste, on parle alors de bagues de champion vendues pour une centaine de dollars, de mauvaise expérience dans une maison close du Nevada, de rechute dans ses addictions et même d’une vieille love story avec Khloé Kardashian. Le mauvais côté de l’écran, mais pour autant personne ne doit fermer les yeux sur le chemin parcouru par ce petit gars du Queens, élevé au milieu des pertes jusqu’à tutoyer le sommet et réaliser son rêve de gosse. Il s’est égaré dans le labyrinthe de la gloire, aveuglé par son manque de repères. Aujourd’hui ? Lamar s’éclate et boxe des chanteurs qui ont percé à l’adolescence. Un peu comme si Boris Diaw fumait Justin Bieber en clair sur Canal, nous en tout cas on prend.

Ailier-fort de devoir et starter une bonne partie de sa carrière, Lamar Odom restera comme l’une des figures les plus atypiques de la Grande Ligue. Ses manquements, ses pertes, ses exploits… tant d’événements qui font de cet enfant du Queens, un garçon à part. Il en parle d’ailleurs très bien dans son bouquin « From darkness to light » paru en 2019. Le titre, parle pour lui. 

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