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Kings from the Queens : Kenny Anderson, talent pur, ascension, blessures et banqueroute

Kenny Anderson

Premier épisode d’une série de cinq articles faisant la part belle à ces NBAers nés dans le Queens : le destin de Kenny Anderson, entre talent et déceptions.

Source : You Tube / NBA got Game TV

Dans le cadre de la sortie de la deuxième série spin-off de l’univers power « Power book III : raising Kanan » le 18 juillet 2021, sur la plateforme de notre partenaire Starzplay, TrashTalk s’est lancé dans une série également. Une série d’articles sur des basketteurs qui ont réussi une belle carrière en NBA après avoir, comme Kanan Stark le héros ou comme 50 Cent le producteur de la série, grandi dans le Queens à New York. Leurs fortunes sont diverses mais leurs histoires sont passionnantes. Premier épisode aujourd’hui : Kenny Anderson. 

En 1991, la Consensus All-America First Team, c’est à dire l’équipe avec les cinq meilleurs joueurs universitaires à leurs postes, est composée de très grands noms comme Shaquille O’Neal ou Larry Johnson et de stars de la NCAA du moment comme Jimmy Jackson, Billy Owens et… Kenny Anderson. C’est peu de temps après cette récompense qu’Anderson va se déclarer éligible pour la prochaine Draft NBA, après seulement deux ans d’université. Deux ans à la fac, cela peut sembler beaucoup aujourd’hui vu le nombre de jeunes qui tentent leur chance dans la grande ligue au bout d’une année mais à l’époque, c’est le minimum pour la quasi totalité des futurs rookies qui passent le plus souvent trois voire quatre années au « college » avant de faire le grand saut chez les pro. Le petit Kenny n’a donc pas de temps à perdre. Il se sent prêt à rejoindre l’élite. Il veut devenir professionnel tout de suite, affronter les meilleurs et surtout gagner sa vie pour aider sa mère.

Kenny Anderson fait partie de ces gars pour qui le Basketball est naturel, ces gars très énervants pour qui tout est facile sur un parquet. Petit (1m83) mais doté d’une vitesse de déplacement supersonique, d’une agilité de félin, d’un toucher de velours et d’une vista très au-dessus de la moyenne, il a vite fait son trou sur les terrains new yorkais où la concurrence est pourtant féroce. Il faut dire qu’ayant été élevé par une mère seule à LeFrak City, un complexe bien bétonné de 17 immeubles pour plus de 4500 logements dans le Queens, Anderson a été confronté à l’ambiance playground dès son plus jeune âge. Et rien ni personne n’a pu lui faire peur ou le ralentir sur le bitume de la ville qui ne dort jamais.

Ses qualités rapidement détectées, Kenny va intégrer un lycée renommé pour sa formation athlétique et sportive : Archbishop Molloy High School situé sur Manton Street entre le fameux Queens Boulevard et Main Street, dans un quartier du Queens appelé Briarwood et principalement habité par des familles de la classe moyenne américaine. Léger changement d’ambiance pour l’ami Kenny mais aucun changement côté terrain de basket : il continue de tout casser et il bénéficie en plus d’une grande visibilité. A 16 ans, il est considéré comme un des plus grands espoirs du pays. A 18 ans, il est carrément considéré comme le meilleur lycéen du pays et élu Mr Basketball USA à la fin de la saison 1988-89. Toutes les universités le veulent. Les plus prestigieuses comme Duke, UNC ou Syracuse lui font la cour mais c’est Georgia Tech (à Atlanta) qu’il choisira. Il y passera donc deux années, pleines de succès, avant de se présenter à la grand-messe annuelle pour les futurs prodiges de la balle orange, la Draft NBA.

En ce soir du 26 juin 1991, Kenny Anderson entendra son nom appelé par David Stern en deuxième position. C’est une immense libération pour le talent qu’il est et l’homme qu’il entend devenir. Cerise sur le gâteau, ce sont les Nets, à l’époque encore basés dans le New Jersey qui le sélectionnent. Celui que sa maman surnomme Mr Chibbs depuis son enfance va donc découvrir la grande ligue en portant les couleurs d’une franchise dont le domicile est à quelques kilomètres de là où il a grandi. Une réalité qui dépasse la plupart de ses rêves. Une réalité qu’il va assumer d’entrée. Car après une saison de rookie discrète, il va littéralement exploser sous les ordres du visionnaire Chuck Daly qui vient de succéder à Bill Fitch à la tête des Nets. Son temps de jeu double mais pas que… Il passe de 7 à 17 points par soir, de 2 à 4 rebonds, de 3 à 8 passes décisives. Sur cette saison 1992-93, il a le regretté Drazen Petrovic à ses côtés sur la ligne arrière et Derrick Coleman dans la raquette. Le trio va porter les Nets jusqu’en Playoffs. Un petit tour et puis s’en va mais revient dès la saison suivante.

Sur l’exercice 1993-94, Kenny Anderson est le clair métronome d’une équipe des Nets qui va remporter 45 victoires. Dans le sillage d’une ligne de stats encore améliorée, il est élu All-Star avec son compère Coleman. Les deux s’entendent à merveille. Ils régalent fans et observateurs match après match. A 23 ans, l’enfant de LeFrak City fait partie de l’élite de l’élite. Nous ne le savons pas à ce moment-là mais nous sommes en train de voir le pic de la carrière d’Anderson. Bien sûr, les saisons 94-95 (Nets toujours), 95-96 (Nets puis Hornets) et 96-97 (Blazers) sont de très bonne facture. Sauf que les blessures commencent déjà à lui pourrir la vie. A partir de là, de cette saison à Portland lors de laquelle il ne fête que ses 26ans, la descente va être aussi rude que le monde de la NBA peut être cruel. Un léger sursaut à Boston sur l’exercice 1999-2000 pour ensuite disparaître petit à petit et se faire transférer cinq fois en cinq ans avant de réaliser une ultime saison en Lituanie et de raccrocher définitivement les sneakers en 2006.

Entre temps, en 2005 et malgré plus de 60 millions de dollars gagnés, il s’est retrouvé en banqueroute personnelle. En fait, son talent pur et inné venait de valoir à Kenny Anderson une ascension fulgurante tout de suite mise à mal par des blessures à répétition puis par le revers de la médaille d’une célébrité soudaine à laquelle il n’était pas préparé. Une expérience douloureuse qu’il met à profit depuis pour tenter de guider les plus jeunes et leur éviter un sort similaire. Du Anderson dans le texte…

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