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Le bilan de Brad Stevens à Boston en cinq questions : beaucoup d’espoir, quelques regrets, mais un sacré chemin parcouru

Brad Stevens bilan Celtics

Des heures de colle pour Kyrie Irving, des bons points pour les étudiants Brown et Tatum mais toujours cette difficulté à atteindre le Bac O’Brien.

Source image : montage TrashTalk

En troquant la casquette de coach pour celle de président des opérations Basket, Brad Stevens a mis un terme à un mandat de huit ans sur le banc des Celtics. C’est donc l’heure de faire le bilan pour l’ancien prodige de la NCAA et comme vous vous en doutez, il y a beaucoup à dire.

On aurait pu faire un retour chronologique depuis son arrivée en 2013 en provenance de Butler et vous raconter ses saisons une à une mais on s’est dit que ce serait quand même sacrément long et contre-productif alors on va plutôt faire le point sur l’héritage de Coach Stevens en cinq questions qui résumeront à la fois ses accomplissements, ses échecs mais aussi la trace qu’il aura laissée au sein de la franchise du Massachussetts. 

Brad Stevens, une expérience réussie ?

Avant toute chose, il ne faut pas oublier que lorsque Danny Ainge annonce la nomination de Brad Stevens en 2013, il s’agit alors d’un sacré pari ! Un très jeune coach de même pas 37 ans (Kevin Garnett, qui vient d’être tradé, est plus vieux que lui), sans la moindre expérience NBA, qui débarque direct de NCAA dans une des franchises les plus mythiques et aussi les plus ambitieuses, il fallait oser. Il est aussi important de rappeler que Boston sort alors d’une période dorée avec le Big Three et qu’il faut prendre la succession d’un coach important dans le cœur du TD Garden : Doc Rivers. Pas le cadre le plus facile pour un rookie donc mais pourtant, un challenge qui aura été tenu par Stevens. La rapide reconstruction orchestrée par le nouvel architecte aura redonné de la crédibilité aux coachs universitaires, jusqu’alors plutôt en échec dans la transition délicate entre la fac et les parquets de la Grande Ligue (Rick Pitino, John Calipari, Tim Floyd pour en citer quelques uns). Difficile également de ne pas faire le lien entre ces débuts réussis et la nomination de Fred Hoiberg à la tête des Bulls deux ans plus tard. Encore un jeune coach plein d’avenir sorti de NCAA mais qui n’aura malheureusement pas su tenir la comparaison après trois campagnes et demi sans saveur. Huit saisons, sept qualifications en Playoffs et trois Finales de Conférence plus tard, le test Brad Stevens aura plutôt donné raison à son ancien président.

Quelle place dans l’histoire des coachs de Boston ?

C’est une question qui est particulièrement difficile car on parle quand même de quelqu’un qui a tenu huit ans sur le banc de Boston, une équipe toujours en quête de résultats et soumise à une pression importante. Il détient la quatrième longévité pour un entraîneur bostonien, son pourcentage de victoires est d’ailleurs assez proche de celui de son prédécesseur (55,7 contre 57,7 pour Doc Rivers). On se souviendra de lui autant pour la reconstruction de l’après Big Three que pour les possibles succès à venir des joueurs qu’il a lancés. Pour autant, on parle quand même des Celtics de Boston, une franchise qui doit rimer avec victoire et qui ne jure que par le titre et les finales. En ce sens, dur de mettre Stevens sur un piédestal alors qu’il n’a pas gagné le premier ni atteint les secondes. C’est peut-être ce qui l’éloigne du Mont Rushmore des Celtics où trônent Red Auerbach (9 titres), Tom Heinsohn (2), K.C Jones (2), Bill Russell (2) voire Doc Rivers et Bill Fitch (1). S’il est impossible de comparer l’équipe de la dernière décennie avec celles des années 80 et 60, il y avait peut-être la place d’accéder au moins une fois à une finale sur les dernières années, surtout au sein d’une Conférence Est de plus en plus ouverte après le départ d’un certain numéro 23.

Plus bâtisseur que finisseur ?

Certains vont peut-être s’insurger sur le choix des termes mais ils semblent plutôt adaptés aux résultats de Stevens sur son parcours global. Excellent pour gérer la reconstruction de Boston, lui qui a su mettre en place sa philosophie et ses principes collectifs des deux côtés du terrain assez rapidement, il a souvent brillé là où personne ne l’attendait mais à l’inverse, il a aussi manqué certaines occasions qui s’offraient à lui plus directement. Son fait de gloire le plus important ? La Finale de Conférence 2018 avec un rookie et un sophomore en leaders d’attaque (hello les Jay Brothers), Al Horford pour chaperonner tout ça et alors que les deux stars de l’équipe sont… à l’infirmerie (Kyrie Irving et Gordon Hayward). On se dit alors que ce n’est que partie remise. Cerise sur le gâteau, LeBron James part à Los Angeles : la route vers les Finals est ouverte. Tu as donc le meilleur effectif de l’Est, des stars mais aussi des pépites qui se sont aguerries en Playoffs et le fléau de la Conférence en moins, que pourrait-il se produire ? Réponse : tu te vautres dans les grandes lignes face aux Bucks au second tour en 2019, une équipe… que tu avais pourtant battu un an plus tôt avec un roster amoindri. Le paradoxe est particulièrement saisissant par rapport à la saison précédente : comment peut-on faire moins bien avec une meilleure équipe (sur le papier) et surtout une équipe au complet ? La bataille des égos (que Brad n’a pas su contrôler) permet de justifier certaines choses mais cela montre aussi que ce groupe n’a pas su faire face à la pression du résultat dès lors qu’ils étaient attendus au tournant.

Une absence de finale justifiée par des circonstances atténuantes ?

On a beau insister sur le fait que le coach n’a pas su atteindre les Finals, on peut quand même lui trouver quelques excuses qui justifient (un peu) cette petite tache sur le C.V. D’abord, il n’y a aucune honte à perdre contre l’équipe de LeBron James, lui qui a quand même enchaîné huit finales consécutives entre 2011 et 2018. Le King a barré la route des Celtics de Stevens à trois reprises. Et lorsque tu te dis que tu peux enfin aller au combat avec les Cavs de LeBron, tu te retrouves avec des blessures de joueurs importants (Isaiah Thomas en 2017, Irving et Hayward en 2018). Il y a aussi le fait que la qualité de l’effectif a progressivement décliné avec le temps. Uncle Drew a pris la poudre d’escampette ainsi qu’Al Horford, Marcus Morris, Terry Rozier ou encore Gordon Hayward. Pour les remplacer ? Un Kemba Walker souvent blessé et inconstant, un secteur intérieur en chantier et une ribambelle de jeunes sur le banc, le fruit d’un trésor de guerre amassé par Danny Ainge mais sans impact significatif. Comment aller à la guerre au titre NBA avec un effectif qui perd de la veleur et avec des leaders qui squattent souvent l’infirmerie ? Pas une mince affaire.

Que retiendra-t-on de Brad Stevens ?

Chacun peut faire son choix. Certains retiendront la période de la reconstruction avec un beau collectif mis en place et l’éclosion d’Isaiah Thomas, d’autres préfèreront penser à l’épopée de 2018, celle qui avait fait dire à certains insiders que Brad Stevens était plus valuable qu’une star. Enfin, il y a ceux qui partiront sur les rendez-vous manqués avec les Finals et cette sortie par la petite porte alors qu’on le dit usé par deux dernières saisons sous le signe du virus. On ne peut évidemment pas apporter une seule réponse à cette question mais on peut se souvenir d’un coach qui est venu en NBA avec une philosophie qui lui est propre, avec des idées plein la tête et qui a su faire adhérer son groupe à ses valeurs. Comme un symbole, il se retire alors qu’on sent une équipe en fin de cycle et qui a peut-être besoin d’un nouveau message. Tel le tacticien qui demande un temps-mort quand les choses ne vont pas, Stevens passe donc la main pour espérer un renouveau de ses Celtics. L’histoire retiendra si cet ultime move lui aura donné raison ou non.

Brad Stevens fait-il partie du panthéon des coachs des Celtics ? C’est une question que chacun pourra se poser mais on vous invite quand même à ne pas répondre trop rapidement. L’absence de titre conduit-elle forcément à l’oubli des belles choses réalisées ? Ce serait un constat bien simpliste et ce serait faire offense à des tacticiens comme Mike D’Antoni, Jerry Sloan, ou encore Don Nelson, qui ont marqué cette Ligue sans jamais lever un trophée. 

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