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Russell Westbrook au paradis du chiffre : 182ème triple-double validé, le Brodie est désormais seul, tout en haut

Russell Westbrook

Royal.

source image : NBA League Pass

Du statisticien qui aime noter les records que personne ne calcule, au bougon coincé dans les nineties et qui s’enferme à double tour dans sa chambre pour pleurer sous son oreiller quand quelqu’un fait mieux que Michael, chacun doit prendre la mesure de ce qui s’est déroulé, se déroule, et se déroulera encore sous nos yeux. Tout le monde se lève pour Russell Westbrook.

Salut, yo me llamo Russell Westbrook, je viens de lâcher 28 points, 13 rebonds et 21 assists, mais personne n’est étonné. C’est là toute son unicité, banaliser l’exceptionnel au point de piéger certains observateurs qui en déduisent que c’est facile. Depuis le 26 juin 2008, jour où Russ a grimpé sur l’estrade pour empoigner la main du défunt David Stern, nos nuits ne sont plus les mêmes. D’abord considéré comme un bloc de veines insoucieux du succès que collectif apporte, il s’est – au fil des années – révélé être une silhouette différente des autres. Ce petit bonhomme est unique, parcouru de critiques et de louanges, un paradoxe si manichéen. Mais comme il le dit très justement – avec cette assurance qui lui colle à la peau – « quand on parle de toi, c’est que tu les intéresses ». Ce soir encore, on parle de lui. Comme le dernier coup de pinceau d’un tableau travaillé sur une décennie, Russell Westbrook vient de valider son 182ème triple-double en carrière. La vieille Mustang d’Oscar Robertson est désormais dans le rétro et à moins d’un comeback sur les parquets à 82 balais (à la place d’Eric Bledsoe, ni vu ni connu), elle le restera. Si l’on missionnait un détective pour prouver que la performance de Russ est méritée, il irait en premier lieu bouquiner dans les biographies de ses rivaux, de ceux que le Brodie a détrôné. Pourquoi ? Parce qu’Oscar Robertson servait Kareem-Abdul Jabbar au poste. Ce soir, Russ a distillé 21 passes décisives avec Robin Lopez – aka Majid Abdoul-Babar – dans la peinture. Les deux intérieurs vouent leur existence au hook shot, seuls les résultats diffèrent. Alors certes, Russell Westbrook exaspère, Russell Westbrook regarde avec insistance, Russell Westbrook ne réfléchit pas toujours avant un drive, Russell Westbrook croque six actions de suite et accuse l’intendant, Russell Westbrook ne passe pas trois tours de Playoffs, mais une chose est sûre : Russell Westbrook est tout en haut, quand beaucoup n’y sont pas.

Dans Game of Thrones, the North Remembers. Ce soir, l’Oklahoma se souvient. Tout simplement parce que le Brodie ponctue un chef d’œuvre dont l’incipit et les péripéties appartiennent au Thunder. La semaine passée, Russ a validé sa quatrième saison en triple-double de moyenne, dont trois furent racontées sur le parquet de la Chesapeake Arena. Ce record est le fruit d’interminables nuits passées aux côtés des Serge Ibaka, André Roberson, Steven Adams, Kevin Durant et autre Joffrey Lauvergne. On se souvient de ces lundi, mardi, jeudi soirs où l’on retrouvait nos coéquipiers d’entraînement et qu’avant même de se serrer la main, nous savions que la dénomination de « Russell Westbrook » était sur toutes les lèvres : « Tu as vu son buzzer contre Denver ? Ce type est un grand malade, moi j’ai tenté contre Chambretaud samedi dernier et un parent adverse a dit que j’avais la gestuelle d’un caviste ». Ce joueur fait éminemment partie de notre expérience de vie, lui qui nous a appris à gagner en assurance, en ténacité et en amour pour la balle orange. Plus encore, les nouvelles générations de sportifs utilisent aujourd’hui l’exemple de ce petit bonhomme pour se forger un caractère de champion. De champion, vous avez dit ? « Mon héritage n’est pas basé sur ce que je fais sur le terrain car je ne vais pas faire du basket toute ma vie. Mon héritage est en dehors du terrain, envers tous ces gens que j’ai pu impacter et pour qui je suis une source d’inspiration ». Une tirade sorti de sa bouche et qui – il y a de cela deux semaines – avait fait jaser. Même si une bague est l’accomplissement ultime et qu’elle ponctuerait magnifiquement sa carrière, Russ – au terme de sa love story avec la gonfle – laissera derrière lui un héritage qui va bien au-delà du parquet. Tout bien considéré, ses doigts peuvent avoir aussi froid qu’ils veulent, le plus important est derrière lui.

32 ans et recordman du nombre de triple-doubles sur une carrière NBA, mais où s’arrêtera donc Russell Westbrook ? Pas de sitôt, on l’espère. Qu’il continue à nous gratifier de réveils dorés et aussi irrationnels que dantesques. Cette nuit marque l’un des accomplissements majeurs de sa longue carrière NBA, nous y étions et vous aussi. Profitez les amis, profitez.

4 Commentaires

4 Comments

  1. Kardar

    11 mai 2021 à 8 h 09 min at 8 h 09 min

    C’est magnifique les triple double en saison régulière mais sinon c’est quand qu’il fait gagner une équipe et passe le 1er tour des playoffs sans Durant ?

  2. Djohn-Konkakk

    11 mai 2021 à 9 h 22 min at 9 h 22 min

    Il serait pas en quadruple double en ajoutant les pertes de balle ?
    Oh, je plaisante. Bravo Russ.
    Je t’aime.
    KD

  3. Lebranjames

    11 mai 2021 à 9 h 36 min at 9 h 36 min

    « un parent adverse a dit que j’avais la gestuelle d’un caviste. » 😂 Qu’on donne un Pulitzer a cette homme !

  4. Maxime Binnemans

    12 mai 2021 à 23 h 09 min at 23 h 09 min

    Beast mod, que du love pour ce joueur all time n’en déplaisent aux haters, par contre Jokic il arrive en courant… fin en trottinant ^^

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