One-on-One

Tyler Herro et les galères d’une saison sophomore : peut-il se relancer et activer le mode bulle à l’approche des Playoffs ?

Saison pas facile pour Tyler, à lui de redresser la barre quand ça compte vraiment.

Source image : NBA League Pass

Kiffant au cours de son année rookie et même décisif en Playoffs dans un rôle de sixième homme, Tyler Herro connaît une saison sophomore globalement compliquée, qui symbolise finalement assez bien la campagne en mode montagnes russes du Heat. Peut-il redevenir le Tyler Herro qu’on a vu dans la bubulle de Mickey ?

On se rappelle encore de sa perf’ historique contre Boston dans le Game 4 des Finales de Conférence Est. 37 points au total pour permettre à Miami de prendre un avantage de 3-1 dans la série et se rapprocher des Finales NBA. Cette rencontre, la meilleure de sa jeune carrière, a propulsé Herro dans une nouvelle dimension, lui qui réalisait déjà des Playoffs très propres après avoir été nommé dans la All-Rookie Second Team. On se rappelle aussi de l’expression faciale présente sur son visage de gamin après une action décisive face aux Lakers en Finales NBA, révélatrice de la confiance avec laquelle il joue à seulement 20 piges. Et malgré la défaite contre la bande à LeBron James et Anthony Davis lors de l’ultime confrontation de l’invraisemblable exercice 2019-20, la hype l’entourant n’a fait qu’augmenter. Sauf qu’aujourd’hui, à une dizaine de matchs de la fin de la saison régulière 2020-21, cette hype a laissé la place aux doutes et même aux critiques. Dans une campagne usante pour tout le monde, Tyler a du mal à confirmer, un peu comme son équipe de Miami qui se retrouve aujourd’hui à une décevante septième place de l’Est avec un bilan tout juste positif de 32 victoires pour 30 défaites. Forcément, après avoir remporté sa conférence du côté d’Orlando en septembre dernier, le Heat était revenu avec de grosses ambitions tandis que Tyler Herro semblait destiné à franchir un cap supplémentaire, le jeunot faisant partie des favoris d’avant-saison pour le titre de Most Improved Player ainsi que de Sixième Homme de l’Année. Mais on a eu droit à un autre scénario.

Tournant à quasiment 15 points de moyenne avec 5 rebonds et un peu plus de 3 passes en quasiment 31 minutes, Tyler Herro réalise une saison correcte mais pas vraiment à la hauteur des attentes, avec des pourcentages à 3-points et aux lancers-francs qui ont pas mal chuté par rapport à sa campagne rookie (34,4% de loin contre 38,9% l’an dernier, 80,9% sur la ligne contre 87%). Si on a l’habitude d’attendre une vraie progression de la part des sophomores, et c’est notamment pour cela qu’ils sont rarement récompensés dans la course au MIP, la deuxième saison d’un joueur n’est jamais facile car les adversaires ont désormais assez d’éléments pour s’adapter et limiter son rendement. Et dans le cas de Tyler, toute la hype qui l’entoure a tendance à compliquer encore un peu plus les choses, d’autant plus que le gamin n’est pas du genre à se la jouer discret.

« Tyler Herro a choisi de devenir une célébrité. Il a choisi de devenir quelqu’un en dehors du basket, et c’est son droit. Sa boîte de céréales, ses Tyler Tuesdays, son Chipotle Bowl, c’est bien beau tout ça. Mais vous savez quoi ? Quand les autres joueurs voient ça, je ne veux pas dire qu’il y a de la jalousie, mais ils observent le mec et ils disent, ‘Attends un peu gamin, tu n’as encore rien accompli’. Au final, la franchise s’inquiète par rapport à ça. Et dans ce cas précis, ça dure depuis des mois. »

– L’insider du Heat Ira Winderman sur le podcast Inside the Paint, via heatnation.com

Tyler Herro victime de son succès ? Peut-être. Quand on a 21 ans, qu’on est joueur NBA et qu’on vit à Miami, le basket peut vite laisser un peu de place à d’autres petits plaisirs. Mais à sa décharge, on peut souligner beaucoup de raisons ayant potentiellement pu perturber sa saison sophomore. Déjà, faut pas oublier que le Heat a connu l’intersaison la plus courte de l’histoire avec les Lakers. Seulement 71 jours de pause, logique que la saison suivante soit faite de hauts et de bas, surtout dans le climat COVID où le calendrier est hardcore. Tyler a raté 14 matchs au total sur 62 cette saison à cause du protocole sanitaire et de divers petits bobos. Il est d’ailleurs à l’infirmerie à l’heure de ces lignes, lui qui n’a pas participé aux deux derniers matchs du Heat car touché au pied. À ça, vous ajoutez des rumeurs de transfert dans lesquelles il a souvent vu son nom apparaître, avant même que la saison commence. Non pas que le boss Pat Riley voulait se séparer de lui, au contraire, mais quand vous êtes sur les dossiers Giannis Antetokounmpo, Bradley Beal, James Harden, Jrue Holiday ou encore Kyle Lowry, le blaze d’un jeune joueur ultra prometteur comme Tyler Herro arrive forcément sur la table. Finalement, Tyler est toujours à Miami et peut avoir l’esprit tranquille par rapport à ça, mais cela ajoute une dose de pression supplémentaire sur ses épaules. Pour certains, Herro est le mec que Patoche a refusé de trader contre Harden, ce qui au passage est faux (le Heat n’était pas chaud pour lâcher la grosse contrepartie demandée par Houston, mais n’était pas fermé à l’idée d’intégrer Herro dans un potentiel trade pour récupérer le Barbu). Enfin, Tyler a vu son rôle évoluer et pas forcément dans le sens qu’il aurait voulu. Solide en sortie de banc l’an dernier, Herro espérait devenir titulaire au Heat cette saison. C’est le rôle qu’il possédait durant les 14 premiers matchs de la saison, avant de recommencer les rencontres sur le banc. Résultat, il n’a pas été titulaire depuis début février. Une situation pas forcément facile à gérer pour un jeunot, même s’il tient à remplir son rôle du mieux possible.

« Je pensais vraiment être titulaire. Mais au fur et à mesure de la saison, les choses changent et je suis OK avec l’idée de sortir du banc aujourd’hui et continuer dans ce rôle. »

– Tyler Herro il y a trois semaines

Pour toutes ces raisons, la campagne sophomore de Tyler Herro est à ranger au rayon des petites déceptions. Pour autant, elle est loin d’être terminée. Le mois de mai arrive, et les Playoffs aussi par la même occasion. Vu ce qu’il a montré dans la bulle d’Orlando, on sait qu’Herro n’est pas le genre de gamin à être effrayé par l’enjeu, même si l’environnement fermé de Disneyland l’a peut-être aidé dans sa première postseason. En tout cas, au cours de sa jeune carrière, il a prouvé à de nombreuses reprises qu’il n’avait pas peur de poser ses cojones sur la table. La confiance, il l’a. Le talent aussi. Le coach Erik Spoelstra va compter sur lui dans les moments chauds et il aura probablement des opportunités pour montrer qu’il est loin d’être surcoté.

À l’image de son équipe de Miami, Tyler Herro a eu du mal à enchaîner cette saison après la magie de Disney. Mais une fois en Playoffs, la franchise floridienne va croire en ses chances et Tyler voudra activer le mode bubulle pour espérer réaliser un nouveau parcours fantastique. À toi de jouer petit. 

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