One-on-One

LaMarcus Aldridge, le roi du midrange : un art en perdition vient de perdre l’un de ses plus grands représentants

Lamarcus aldridge

Au revoir grand !

Source image : NBA League Pass

La nouvelle est tombée hier, de façon très brutale. À cause d’un problème cardiaque, LaMarcus Aldridge a été contraint de dire stop à sa carrière, 15 ans après son arrivée en NBA du côté de Portland. Et avec son départ, c’est l’un des plus grands représentants du jeu mi-distance qui s’en va. 

Le symbole est triste. Depuis la prise de pouvoir des 3-points ainsi que des analytics ces dernières années, le jeu mi-distance est devenu un art en perdition, un art qui possède le cul entre deux chaises. Ne rapportant pas autant de points qu’un tir derrière l’arc et moins efficace qu’un shoot près du panier, le midrange game évolue dans l’ombre du 3-points et des dunks dans la NBA version 2021, et le départ forcé de LaMarcus Aldridge ne va pas arranger ça. Si certains font encore de la résistance et si le jeu mi-distance est toujours précieux en Playoffs, quand le rythme ralentit et que le match se joue de plus en plus sur demi-terrain avec de vraies défenses, de nombreux puristes regrettent le temps où les turnaround jumpers, fadeaways et autres elbow jumpers étaient à la mode. Et ces puristes vont forcément regretter LMA, intérieur au talent offensif indiscutable qui quitte la scène avec quasiment 20 000 points au compteur. Quand la nouvelle est tombée hier, on a évidemment vu beaucoup d’hommages de la part de joueurs NBA et il suffit de regarder le contenu de certains messages pour voir de qui on parle vraiment : « l’un des joueurs les plus durs à couvrir » selon Nikola Vucevic, « le Roi du Midrange » pour Bradley Beal, « j’ai toujours détesté contester ton tir » a déclaré Tyson Chandler… ça va ou vous en voulez encore ?

De Portland à Brooklyn en passant par San Antonio, LaMarcus Aldridge a enchaîné les ficelles avec ce fameux turnaround jumper côté gauche tellement dévastateur. Quand vous avez un tel toucher à mi-distance et que vous faites 2m11, vous devenez vite indéfendable. LMA, c’est quand même sept saisons NBA à au moins 21 points de moyenne, avec une pointe à 23,4 au cours de sa dernière campagne avec les Blazers en 2014-15. Sur l’ensemble de sa carrière, à savoir 1 029 matchs de saison régulière en tout, il en est à 19,4 points à un peu plus de 49% au tir et 81% depuis la ligne des lancers-francs. On ne parle pas des 3-points car le tir extérieur n’a jamais vraiment occupé une grande partie de son répertoire offensif (0,6 tentative par match en moyenne sur sa carrière), à part lors de ses dernières années avec les Spurs où il a commencé à s’écarter un peu plus (3 tentatives derrière l’arc par match la saison dernière, 3,1 cette année) dans une Ligue obsédée par le tir primé. À travers ce turnaround jumper et ses moves au poste, Aldridge a sorti des mixtapes absolument phénoménales au cours de son aventure en NBA. On pense par exemple à son record en carrière de 56 points face au Thunder en janvier 2019, terminant à 20/33 au tir (aucun shoot à 3-points tenté durant ce match) et un parfait 16/16 aux lancers-francs. Une véritable masterclass. On pense aussi à sa série de Playoffs face aux Rockets au premier tour des Playoffs 2014, la première série d’un certain Damian Lillard. 46 points et 18 rebonds au Game 1 (deux records en PO pour LMA) à 17/31 au tir, 43 points et 8 rebonds au Game 2 à 18/28, c’est ce qu’on appelle faire un énorme chantier.

Ce jeu mi-distance a fait le bonheur des Blazers pendant quasiment une décennie. Arrivé dans l’Oregon en 2006 après avoir été drafté par les Bulls avec le deuxième choix, LMA a d’abord formé un beau duo avec Greg Oden Brandon Roy (également drafté en 2006) avant de combattre aux côtés de Damian Lillard, arrivé en 2012 après la retraite forcée de B-Roy. Évoluant avec LaMarcus pendant trois saisons (pour deux qualifications en Playoffs et une série gagnée), Dame a pu apprécier le talent offensif du bonhomme et pour lui, clairement, les Blazers doivent aujourd’hui retirer le numéro 12 d’Aldridge, peu importe comment l’aventure s’est terminée. C’est ensuite du côté de San Antonio – dans son Texas natal – que LMA a martyrisé les défenses. Arrivé en 2015 en pleine transition post-Big Three et un peu avant le divorce avec Kawhi Leonard, Aldridge est devenu l’un des piliers de l’équipe texane, formant notamment un tandem avec DeMar DeRozan ces dernières saisons. All-Star à sept reprises et nommé cinq fois dans une All-NBA Team (Second Team deux fois, Third Team trois fois), LaMarcus Aldridge voulait ajouter un titre de champion à son CV (il n’a participé qu’une fois aux Finales de Conférence, c’était en 2017 face aux Warriors) en rejoignant les Nets après un buyout avec les Spurs, mais malheureusement le destin en a décidé autrement. Pour autant, LMA a su laisser son empreinte en NBA et son jeu mi-distance restera comme une référence en la matière, pour toujours.

Cette fin de carrière prématurée est un choc pour tout le monde, mais la santé passe avant tout et on souhaite à LaMarcus Aldridge le meilleur des avenirs, même si c’est loin des terrains. Et si son jeu mi-distance va forcément nous manquer, encore plus dans le jeu actuel, on n’oubliera jamais ce toucher et cette adresse qui ont tant sollicité les ficelles.  

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