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Tony Parker tire la sonnette d’alarme concernant l’avenir du basket français : « Si ça continue, les clubs vont mourir »

Avec la crise sanitaire actuelle, TP a du mal à garder son optimisme.

Source image : Cuatro

En plein confinement 2.0 pour espérer contrer la deuxième vague du COVID-19, la France tourne au ralenti en ce moment et le sport français souffre beaucoup, en particulier la balle orange. Une situation très inquiétante pour Tony Parker, qui fait actuellement sa tournée médiatique depuis San Antonio pour tirer la sonnette d’alarme.

Ce n’est pas l’ancienne star NBA qui parle, mais un amoureux du sport français qui est également le président de l’ASVEL, l’un des clubs phares de la Jeep Élite. Depuis quelques jours, Tony Parker enchaîne les interventions médiatiques. Le week-end dernier, TP s’était exprimé sur le site de L’Équipe à travers un entretien avec David Loriot, tout en passant par BeIN Sports et Canal+, avant de faire une apparition sur La chaîne L’Équipe hier soir. Une tournée visant à faire passer un message d’alerte sur la situation du basket français et même du sport en général en cette période de crise, qui oblige les manifestations sportives à se dérouler à huis clos. Dans le cadre de la Jeep Élite, l’ASVEL fait partie des trois clubs – avec Monaco et Boulogne-Levallois – qui accueillent des matchs sur le mois de novembre malgré l’absence de supporters dans les tribunes, et donc les revenus qui vont avec. Une situation qui ne peut pas durer selon Tony.

Une situation qui inquiète

23 millions d’euros. Voilà le montant total des pertes financières pour la Jeep Élite et la Pro B sur la saison 2020-21 si la situation actuelle ne s’améliore pas avant mars 2021. Par « situation actuelle », on entend des matchs à huis clos ou des matchs avec un nombre limité de spectateurs, avec tout ce que ça implique aussi en matière de partenariats. Des restrictions qui mettent forcément les clubs en grande difficulté, car nombreux sont ceux qui dépendent beaucoup de la billetterie sachant que les droits TV sont pratiquement nuls. Ce chiffre de 23 millions a été estimé par l’Union des Clubs Professionnels de Basket (UCPB) et communiqué sur le site de L’Équipe, avec une perte d’exploitation de 17 millions pour la Jeep Élite et plus de 6 millions pour la Pro B. Autre chiffre qui fait mal, qui nous vient de la Direction Nationale du Conseil et du Contrôle de Gestion (DNCCG), celui de 110 000 euros. Un chiffre correspondant à la perte financière moyenne d’un club de l’élite qui organise un match sans la présence de supporters, et donc sans les recettes qui permettent de remplir les caisses les soirs de match. Pas étonnant donc d’entendre Tony tirer la sonnette d’alarme, via L’Équipe.

« On a voulu montrer le bon exemple, rester soudés, en disant : ‘OK, on joue pendant un mois, même à huis clos’. Il faut que l’on joue, ce serait très dangereux de s’arrêter encore, ne serait-ce que pour les athlètes en préparation pour les JO. Mais si ça dure plus longtemps, on va mourir ! Les clubs vont mourir. On ne peut pas jouer à huis clos toute une saison, c’est impossible. »

Quels dispositifs de soutien ?

Des clubs en souffrance, voire même sur le point de mourir pour certains. Alors Tony Parker appelle au soutien de l’État pour sauver le basket français, et plus généralement le sport français. Même s’il est évidemment conscient que d’autres dossiers sont actuellement sur la table du gouvernement et que la santé reste bien entendu la grande priorité dans cette crise, Tony sait également qu’il possède un statut important et qu’il peut jouer un rôle de leader pour aider le basket tricolore à s’en sortir du mieux possible.

« Je suis dispo pour aller discuter, être proactif, aller de l’avant et trouver des solutions » a-t-il déclaré à L’Équipe. « Le basket français a des ressources. En temps de crise, il est extrêmement mobilisé. Mais à la fin de la journée, on ne pourra pas faire de miracles. […] Pendant longtemps, le gouvernement a dit qu’il ne fallait plus que l’on dépende des collectivités, de l’argent de la ville, etc. C’est exactement ce que l’on a fait en développant le marketing, le partenariat avec nos sponsors. Mais là, ça nous tue. »

« J’espère vraiment que le gouvernement pourra nous aider. Je ne remets pas en question le fait de jouer à huis clos, la santé reste la priorité numéro un. Simplement, il nous faudra des aides s’ils veulent que l’on joue ainsi toute la saison. »

En matière d’aide gouvernementale, une enveloppe de 110 millions d’euros est prévue pour l’ensemble du sport français, un montant jugé insuffisant par TP. En particulier quand on prend la situation du basket, qui fait toujours partie des sports de l’ombre derrière le foot ou le rugby. Tony aimerait donc voir ce montant être revu à la hausse, ainsi que des charges patronales suspendues pendant la durée du confinement, sans oublier le chômage partiel.

« J’ai l’impression que certains ne réalisent pas la situation et les besoins du sport français. Quand on voit les sommes annoncées, on a vraiment la sensation de ne pas être pris au sérieux. On parle d’une enveloppe de 110 millions d’euros pour tout le sport, c’est déjà ça, mais ça ne sera pas suffisant pour sauver le sport amateur et professionnel. C’est trop peu comparé aux deux milliards qui sont évoqués pour la culture. »

– Tony Parker, via Le Parisien.

Des discussions constructives ?

C’est donc dans ce costume de porte-parole et de défenseur du sport français que Tony Parker toque à la porte des personnes en charge du sport au niveau gouvernemental. Tout en haut de sa liste, la ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu, mais aussi le ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports Jean-Michel Blanquer. Après avoir analysé l’ensemble de la situation et en particulier celle des différents clubs qui composent le basket français, Tony veut enchaîner les discussions pour partager son inquiétude et surtout trouver des moyens pour survivre face à la crise. Parker s’est notamment entretenu avec Roxana Maracineanu lundi par téléphone. Un échange visiblement constructif et rassurant pour l’ancien meneur des Spurs.

« J’ai bien aimé notre conversation aujourd’hui [lundi, ndlr]. […] Elle m’a rassuré sur pas mal de points. Après, on va continuer cette discussion la semaine prochaine avec le ministre de l’Éducation. Je pense qu’il faut qu’on continue à sensibiliser les gens qui vont décider. C’est le but. Ce n’est pas de créer la polémique, c’est de justement se faire entendre, bien expliquer nos problématiques aux gens qui vont décider », a déclaré Tony dans L’Équipe du soir.

Ce qui est particulièrement important pour Tony, c’est que le basket ne s’arrête pas à cause des restrictions sanitaires actuelles, question de visibilité. Mais comment continuer la saison sans public sachant que les clubs perdent gros à chaque fois qu’un match est organisé à huis clos ? Pour Parker, le concept de la bulle (sûrement le mot le plus à la mode dans le basket en 2020), utilisé pour finir la saison NBA 2019-20, est à étudier « très sérieusement ». Après tout, en France aussi on a Disneyland. Mickey adore le basket, alors why not. Blague à part, qu’elle se déroule à Paris, Monaco ou Lyon (les options citées par Tony), elle permettrait au championnat de se poursuivre pendant un certain temps et, logiquement, dans de bonnes conditions.

« Jouer dans une bulle permettrait non seulement de protéger les joueurs, mais aussi de renvoyer une bonne image au niveau de la diffusion TV, qui pourrait mettre à l’antenne beaucoup de matchs, tout en augmentant notre attractivité auprès de potentielles chaînes intéressées par notre produit la saison prochaine. »

– Oleksiy Yefimov, directeur exécutif de l’AS Monaco Basket, candidat potentiel dans l’organisation d’une bulle (via L’Équipe)

Le problème, c’est que pour mettre en place une bulle, il faut des gros moyens économiques. Sans droits TV et sans la présence des fans, ça risque d’être particulièrement tendu. Le président de la Ligue Nationale de Basket Alain Béral n’exclut pas cette possibilité, à condition que ça soit « économiquement raisonnable ». À voir donc.

Enfin, TP a également mis sur la table le scénario d’un décalage de la saison actuelle pour qu’elle se finisse fin juillet au lieu de début juin. Si la NBA a fait le maximum pour mettre en place un calendrier permettant de conclure sa campagne 2020-21 avant le début des prochains Jeux Olympiques, à la fois pour des raisons TV et pour permettre aux joueurs d’y participer, Tony estime que c’est une solution envisageable au niveau du championnat de France dans le sens où peu de joueurs seront concernés par une participation aux JO.

Inquiet par rapport à la situation actuelle mais motivé pour trouver des solutions, Tony Parker se retrousse les manches pour tenter de sauver le basket et plus généralement le sport français, notamment en vue des Jeux Olympiques 2024, qui se dérouleront à Paris. Espérons qu’il sera entendu. 

Source texte : L’Équipe, BeIN Sports, Canal+, Le Parisien

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