Old-School

John McCarthy nous a quittés : hommage à un pionnier du triple-double en NBA

John McCarthy

Quand tu es dans un cercle avec Magic, LeBron et Jokic, c’est que tu es forcément spécial.

Source image : Twitter @Celtics

Il est des joueurs, premiers d’une catégorie, que la grande histoire du basket oublie, dont leurs noms nous sont inconnus. C’est le cas de John McCarthy. Son identité ne vous dit certainement pas grand-chose, pourtant c’est lui qui a ouvert le cercle presque fermé à double tour des joueurs ayant réussi un triple-double lors de leur premier match de Playoffs. Hommage.

Le samedi 9 mai 2020, John McCarthy nous a quittés à l’âge de 86 ans. Modeste joueur NBA, le natif de Buffalo évoluera huit ans dans ce qui n’est pas encore la Grande Ligue, entre 1956 et 1964. Si ses statistiques en carrière (7,8 points, 3,7 rebonds et 3,6 assists) peuvent paraître dérisoires à notre époque, n’oublions pas dans quel contexte amateur évoluent les franchises et les joueurs durant l’après-guerre. Issu du Canisius College de Buffalo, McCarthy est drafté en 1956 par les Rochester Royals (plus tard Cincinnati Royals) mais fera ses meilleures saisons aux Saint-Louis Hawks. Justement, à cette époque, les Hawks sont en Playoffs chaque année (ça en ferait rêver plus d’un), et permettent à Johnny de disputer ses premiers matchs décisifs. Nous sommes le 16 mars 1960, Saint-Louis accueille les Minneapolis Lakers et notre ami McCarthy va tout simplement réaliser le premier triple-double pour un novice dans un match de postseason. 13 points, 11 rebonds, 11 passes décisives, c’est short mais ça passe. Comme ça, ça n’a l’air de rien, mais il faudra attendre vingt ans (!) et Magic Johnson en 1980 pour voir une performance similaire. Ça ne vous suffit pas ? À ce jour, seulement trois joueurs ont imité Johnny lors de leur première rencontre de Playoffs : LeBron James en 2006, Nikola Jokic en 2019, et donc Magic. Pour l’anecdote, le pionnier n’a appris sa performance qu’en 2006 (!) lorsque LeBron a rejoint la très courte liste. Mieux vaut tard que jamais. Le garçon a finit sa carrière chez les Celtics avec vingt-huit petits matchs lors de la saison 1963-64. Assez pour ramener la bagouze à Buffalo, ville dans laquelle il deviendra coach de l’équipe universitaire. Pour le Buffalo News, l’un de ses anciens joueurs, Mike Walton, ne tarit pas d’éloges.

« Il a joué pour les Celtics et avait un QI basket parfait pour la philosophie de Red Auerbach. Il était fort pour passer le ballon, créer et partager de l’espace avec ses coéquipiers. Tout le monde devait toucher le ballon avant le début de l’offensive et tout le monde devait être impliqué, offensivement et défensivement. C’était les bons vieux Boston Celtics, et Red aimait vraiment John. »

Bon alors si Johnny était aimé de l’architecte de Boston, que voulez-vous de plus ? Contrairement à aujourd’hui, et comme le dit Walton, aucune place n’était faite pour l’individualisme à outrance. « Le triple-double n’était pas vraiment concret à l’époque où je jouais » confie McCarthy en 2017. Voilà une chose qui n’aurait pas plu à pas mal de joueurs aujourd’hui, hein Russell ? En tout cas, le champion NBA 1964 a posé la première pierre d’une performance statistique autrefois exceptionnelle, aujourd’hui banalisée par les golgoths du XXIème siècle. La quête d’avoir des statistiques en triple-double sur la saison régulière est aujourd’hui un objectif partagé par de plus en plus de cadors. Cela en devient presque la norme pour exister dans l’océan médiatique de la NBA. A titre d’exemple, le prodige slovène Luka Doncic a presque fait autant de triple-doubles qu’il n’a soufflé de bougies au cours de sa carrière : 20 performances à 21 ans. Mais le triple 10 est toujours très difficile à atteindre en Playoffs, encore plus pour une première fois. Dans la catégorie « cercles fermés », on n’est plutôt pas mal avec quatre joueurs dans une liste. Michael Jordan, Kobe Bryant, Larry Bird et tous les monstres n’ont pu réaliser cet exploit. Comme un certain numéro 23 des Lakers, John McCarthy a donc pu se vanter d’avoir fait mieux que Jojo, et d’être, sans le savoir, un véritable pionnier de la Grande Ligue.

Messieurs les futurs rookies du printemps, De’Aaron Fox, Devin Booker et toute la clique, vous savez ce qu’il vous reste à faire pour mettre un cinquième nom dans cette liste et appartenir à un microcosme quasi impénétrable. Ne foirez pas votre premier match de Playoffs, John vous regardera.

Source texte: Buffalo News

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