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Zoom « The Last Dance » – la gestion du cas Dennis Rodman par Phil Jackson : fallait vraiment être Zen pour laisser Dennis partir à Vegas

Il n’était pas le Zen Master pour rien.

Source image : YouTube

À travers la sortie de deux épisodes de « The Last Dance » tous les lundis jusqu’au 18 mai prochain, on va bouffer du taureau pendant un mois, et découvrir – ou redécouvrir – de nombreuses anecdotes ainsi que des histoires concernant les Bulls de Michael Jordan. Alors en plus du débrief dédié à chaque épisode, on a décidé de faire un zoom sur certains passages de ce docu-série qui nous paraissent particulièrement intéressants. Allez, on enchaîne. 

Faisant partie des grands personnages ayant caractérisé les Chicago Bulls du deuxième three-peat, Dennis Rodman était véritablement un « personnage », avec ses cheveux colorés, son côté déjanté mais aussi sa capacité à peser sur les parquets sans même marquer le moindre panier. Dans les épisodes 3 et 4, Dennis est véritablement mis en avant, et forcément on ne s’est pas ennuyés, lui qui a notamment fait une virée à Las Vegas en pleine saison. Mais derrière tout ça, ce qui était vraiment intéressant à voir, c’est la manière dont le coach Phil Jackson a géré son cas pour en tirer le meilleur. 

# Quand Dennis Rodman a besoin de vacances

En l’absence de Scottie Pippen, blessé durant le début de la saison 1997-98, Dennis Rodman a dû prendre le rôle de lieutenant de Michael Jordan. Même si ça lui est arrivé de péter un câble, Rodman a vraiment bien rempli sa mission, aidant les Bulls à trouver leur rythme de croisière après des débuts médiocres. « Dennis est celui qui nous unissait  » se souvient son coach Phil Jackson. Mais quand Pip est revenu, ce n’était plus du tout le même délire. Se sentant moins responsabilisé et donc moins important au sein du collectif, il est quelque peu parti en vrille et ses exploits hors du terrain ont commencé à faire la une. Bien saoulé aussi par la pression médiatique entourant les Bulls et plus généralement par le business NBA, il a carrément demandé un break à Phil Jackson, le tout en pleine saison. Only Dennis !

« Quand Scottie est revenu, Dennis voulait prendre des vacances. […] Il m’a dit ça, j’ai regardé Phil et j’ai dit, ‘Phil, comment ça des vacances ?’. Phil m’a répondu, ‘Dennis a besoin de vacances, d’un peu de temps pour se lâcher’. […] On a regardé Dennis et on lui a demandé, ‘Tu vas faire quoi ?’ Il a répondu, ‘J’ai besoin d’aller à Vegas’. »

La suite, elle est mythique. Malgré le risque de ne plus jamais revoir Dennis et alors que beaucoup de coachs auraient sans doute enfermé The Worm au centre d’entraînement de l’équipe, Phil Jackson a accordé deux jours de congés à Rodman pour qu’il se lâche à Vegas et revienne en étant mieux dans sa tête. Sauf que – énorme surprise – les 48 heures ont été dépassées et Michael Jordan est venu sortir Dennis de son lit à Chicago afin qu’il rejoigne le groupe, même s’il avait probablement encore trois grammes dans le sang à ce moment-là. Résultat, Rodman a mis la misère à ses copains à l’entraînement lors du fameux exercice de la file indienne, raconté par Jordan au début du quatrième épisode.

# Phil Jackson, le Zen Master

La virée de Dennis Rodman à Las Vegas, où il a fait la bringue sans s’arrêter, fut l’un des grands moments de ce docu-série. Mais ce moment a surtout montré ce qui faisait la force de Phil Jackson pendant sa légendaire carrière de coach. La gestion des différents caractères, la compréhension des besoins de chacun, la capacité à gérer des superstars à l’ego souvent surdimensionné, tout ça dans le but de faire fonctionner un collectif à plein régime à base de triangles. Dans le troisième épisode de « The Last Dance », la déclaration de l’ancien manager général des Bulls Jerry Krause résume très bien la chose.

« Si Phil n’avait pas été le coach, on n’aurait pas pris Dennis Rodman. Car je savais que Phil était capable de le gérer. »

Surnommé le Zen Master, Phil Jackson se différenciait des autres entraîneurs à travers son approche bien à lui du coaching. Originaire des plaines du Montana et d’une famille religieuse, Phil était notamment passionné par la culture amérindienne et certains concepts philosophiques qui sont plutôt à la mode aujourd’hui : l’importance du moment présent, la découverte de soi, la pleine conscience… Toutes ces notions, expliquées notamment dans « Un coach, Onze titres NBA : Les secrets du succès », elles faisaient partie des bases de son style de coaching, lui qui n’hésitait pas à donner des bouquins à ses joueurs pour qu’ils en apprennent plus sur eux-mêmes, ou à organiser des séances de méditation, le tout avec un peu d’encens pour éliminer les mauvais esprits.

# Une relation forte entre Phil Jackson et Dennis Rodman

Lors de l’intronisation de Dennis Rodman au Hall of Fame en 2011, c’est Phil Jackson qui se trouvait derrière lui sur le podium. Et ce n’était évidemment pas par hasard. Durant son speech, sortez les mouchoirs si vous voulez le voir ou le revoir, Dennis a cité quatre hommes qui ont eu un énorme impact sur sa vie : Chuck Daly, Jerry Buss, James Rich, et donc Philou. Dennis a expliqué ce que lui a apporté Jackson sur le plan humain au début du quatrième épisode de « The Last Dance ».

« Il ne me regarde pas comme un joueur de basket. Il me voit comme un grand ami. Il a réalisé que j’avais probablement besoin de lui comme inspiration. Il voulait me voir persévérer. »

Dennis Rodman a connu une enfance et une adolescence assez chaotiques, et cela a poursuivi le bonhomme durant sa carrière NBA. Il a notamment grandi sans son père, en compagnie de ses deux sœurs dans un quartier difficile de Dallas, et a été mis à la porte par sa mère, frustrée par le fait qu’il traînait à la maison alors qu’il était en âge de travailler. On ne va pas vous refaire toute l’histoire de Dennis, le docu-série en parle déjà beaucoup, mais il est clair que Rodman avait besoin d’être accepté comme il était. Phil Jackson avait parfaitement compris cela.

Les quatre premiers épisodes dans la boîte, on se retrouve la semaine prochaine pour de nouveaux débriefs et de nouveaux papiers zoom afin de revenir sur les grands tournants de la dynastie Bulls de Michael Jordan. En attendant, portez-vous bien, une semaine ça passe vite.

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