One-on-One

Qu’est-il arrivé à Devonte’ Graham : ou comment passer d’inconnu à employé préféré de Michael Jordan ?

Devonte Graham

Si tu te permets de porter ton casque comme ça, c’est que tout va bien dans ta vie.

Source image : YouTube

Il y a trois mois, quand on nous disait Devonte’ Graham on était obligé de discrètement vérifier sur Google qu’on parle encore de basket et pas d’un fabriquant de bagnoles. Alors comment ce mec « lambda » est-il devenu le meilleur joueur des Hornets en si peu de temps ? Si on devait résumer très succinctement : sa daronne, Kemba et TP. On vous explique ça dans le détail.

Si tout le monde parle de la success story de l’homme à l’apostrophe, c’est en partie parce qu’il vient d’en planter 40 sur le pif des Nets, mais surtout car il aurait pu tourner dans la dernière pub de LeBron pour Nike, « No more humble beginnings », où des jeunes de quartiers et d’origine modeste s’inspirent des plus grands comme James pour avancer. Devonte’ a été élevé par sa mère seule, qui donne naissance au phéno à 14 ans. Elle obtient l’équivalent du Bac et étudie trois ans à la fac, en bossant à côté, le tout avec un bébé à sa charge. Devonte’ la voit comme un exemple, un mentor, un pilier dans sa vie, à qui il a pardonné depuis longtemps l’ajout à son prénom de cette apostrophe aussi inutile que le B majuscule de LeBron. Elle qui l’a accompagné à tous ses matchs depuis ses premières Kipsta, continue de regarder chacune de ses perf et de lui foutre une torgnole quand il rate un lay-up. C’est beau l’amour maternel.

Malgré le soutien inconditionnel de sa mère, la carrière de Devonte’ ne semblait jamais pouvoir décoller. Ses premières années lycée, il ne fait pas partie des prospects, ceux que les grandes universités repèrent dès la seconde pour les signer. Trop petit, pas assez athlétique… on croirait entendre les docus sur Steph quand on lit l’article de Jonathan Abrams sur lui pour Bleacher Report. Ce manque d’intérêt pour ses talents le pousse à s’engager auprès d’une fac peu réputée, les Appalachian State Mountaineers (y’a qu’a lire le nom pour comprendre), et cela va l’empêcher de signer chez des universités un peu mieux cotées qui se sont réveillées en le voyant jouer dans sa dernière année de High School. Tel Troy Bolton dans la comédie musicale qu’on aime tous en secret, Devonte’ a dû se décider entre deux programmes : les Mountaineers ou une prep-school (l’équivalent d’une prépa en France) connue pour les talents passés par son gymnase, la Brewster Academy. Le choix est vite fait. À Brewster, il évolue dans l’ombre d’un certain Donovan Mitchell mais il finit par taper dans l’œil de quelques scouts universitaires et il réussit finalement à se sortir de sa situation délicate avec les montagnards et va cartonner quatre saisons chez les Kansas Jayhawks.

Beaucoup de galères donc pour le jeune homme avant d’être drafté… en 34ème position de la Draft 2018. Rien dans ce parcours ne laissait présager l’explosion que l’on constate cette saison. Comment est-il donc passé d’une saison rookie à faire les allers-retours entre le garbage time des Hornets et la G League, à une saison sophomore où il est le meilleur scoreur de la franchise (19,1 points), le huitième meilleur passeur du circuit (7,5 assists) et le deuxième total de 3-points inscrits derrière James Harden (114) ? Eh bien comme on vous le disait en début d’article : sa daronne, Kemba et TP. Non, il n’a pas suivi la voie John Collins et pris des pilules magiques pendant l’été. Il a eu la chance, sa première saison, de bosser avec deux joueurs extraordinaires à son poste : Kemba Walker et Tony Parker. Et en effet, il faut être aveugle pour ne pas voir les similitudes avec le jeu de Kemba notamment : les tirs du logo en sortie de dribble, le travail autour des écrans et cette impression qu’il donne de n’avoir peur de rien ni personne. Les ressemblances avec Parker sont moins évidentes (ou alors c’est notre chauvinisme mal placé qui nous fait rugir dès qu’on ose comparer qui que ce soit au meilleur basketteur français de tous les temps). Néanmoins, tous les rookies qui évoluent avec des vétérans n’explosent pas comme l’a fait Devonte’. Le jeune joueur a dû retenir les leçons de vie données par sa mère : tu fais les choses correctement, tu écoutes en classe, tu obtiens un diplôme et après tu pourras faire des conneries. Résultat, après la fac, il n’avait plus envie de faire de conneries, il avait envie de réussir. Alors les conseils d’un futur Hall of Famer, même s’il parle en Frenglish, il les a bien imprimés et on voit le résultat aujourd’hui.

Après avoir été sous-évalué toute sa vie, on a pu observer ce qui se passait quand on mettait Devonte’ Graham un peu sous les projos et qu’un coach lui faisait confiance. Si on observait ses progrès d’un œil un peu endormi en tout début de saison, on est obligé de constater que Charlotte est maintenant huitième à l’Est (13-18) grâce à sa gachette de 24 piges. Certains ne parlent même plus de lui comme le futur MIP de la saison mais aussi comme un candidat sérieux au All-Star Game si les succès collectifs récents se poursuivent. Merci donc à Maman Graham pour ce très beau bébé et merci à TP et Kemba pour le coup de pouce de la saison dernière.

Source texte : Bleacher Report

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