One-on-One

2014 et 2019, deux shoots légendaires qui symbolisent l’ère Damian Lillard à Portland : merci pour les émotions Dame D.O.L.L.A. !

Damian Lillard

Juste magique…

Source image : montage TrashTalk via NBA League Pass et YouTube/NBA

Dans une ère où beaucoup de superstars décident d’aller voir ailleurs pour maximiser leur carrière sur comme en dehors des terrains, Damian Lillard fait partie de ceux qui veulent rester dans une seule et même franchise, old school style. Dame D.O.L.L.A. est arrivé à Portland en 2012, et il défend toujours les couleurs des Blazers aujourd’hui. Durant tout ce temps-là, le natif d’Oakland a aidé les Blazers à retrouver une vraie place parmi les équipes solides de la Conférence Ouest, grâce notamment à deux moments inoubliables. 

On s’en rappelle tous. Personne n’a oublié. Personne n’a oublié ce tir monumental de Damian Lillard au buzzer lors du Game 5 du premier tour entre les Blazers et le Thunder, alors que Portland menait 3-1 dans la série. C’était le 23 avril dernier, jour qui a provoqué l’explosion de la franchise d’Oklahoma City puisque Russell Westbrook et Paul George ont été transférés durant l’été qui a suivi. Le premier a pris tarif quasiment toute la série par Lillard, tandis que le second a encaissé un « bad shot » légendaire sur la tronche. Un moment tout simplement épique, avec le bye bye de Dame D.O.L.L.A. vers le banc d’OKC pour couronner le tout, et cette fameuse photo où Lillard fixe la caméra pendant que ses potes sont sur lui. Auteur en plus de 50 points ce soir-là, le sniper de Portland a donné une véritable leçon au Thunder – qui ne s’était pas privé pour le trashtalker au cours de la série – et a donc offert à son public quelque chose de très spécial. Spécial, mais pas unique. Parce que cinq années auparavant, Damian Lillard avait déjà fait le coup, avec cette fois-ci Houston dans le rôle de victime. Rappelez-vous de ce 2 mai 2014, de ce Game 6 entre les Blazers et les Rockets au Moda Center, de cette dernière possession alors que les Fusées sont à +2 avec neuf dixièmes au chronomètre. Nicolas Batum à la remise en jeu, Dame qui se démarque du marquage de Chandler Parsons, catch, shoot, Bang, RIP CITYYYY ! Victoire des Blazers 99-98, qualification 4-2, bienvenue dans la légende des Playoffs Monsieur Damian Lillard.

Ces deux shoots sont évidemment les moments les plus marquants de la décennie côté Blazers. Il y en a eu d’autres, notamment ce come-back de folie face aux Mavericks lors des Playoffs 2011 avec un Brandon Roy héroïque, mais aucun ne peut surpasser la pure euphorie provoquée par ces deux actions all-time. Et ce qui rend ces dernières encore plus belles, c’est la signification qu’il y a derrière pour la franchise de l’Oregon. En 2014, les Blazers avaient retrouvé les Playoffs après deux années d’absence en décrochant la cinquième place à l’Ouest avec un bilan de 54 victoires pour 28 défaites. C’était seulement la deuxième année de Damian Lillard dans la Grande Ligue, et c’était l’époque où il était entouré par LaMarcus Aldridge, Nicolas Batum, Wesley Matthews et Cie. Portland restait sur six éliminations au premier tour depuis 2000. 14 ans sans la moindre série de Playoffs remportée, c’était long, très long. Mais Dame a brisé la glace, pour le plus grand bonheur d’un public qui n’attendait que ça. Et le fait que ça soit lui, le sophomore drafté en sixième choix de la Draft 2012 par les Blazers, qui donne la qualification aux siens à ce moment-là, c’était encore plus fort symboliquement. Quant au shoot face à Oklahoma City cinq ans plus tard, il a donné un coup de boost immense à une équipe de Portland qui a fait mentir les pronostics jusqu’à atteindre le stade des Finales de la Conférence Ouest. Après le premier tour remporté face au Thunder, Damian Lillard et ses potes étaient en pleine confiance et les Blazers ont réussi à taper Denver en sept matchs, avec une victoire lors du Game 7 sur le parquet du Pepsi Center s’il vous plaît. Personne n’attendait Rip City à un tel niveau, mais le leadership de Dame, ses performances et sa clutchitude ont fait la différence, même s’il a évidemment été bien aidé par son copain du backcourt CJ McCollum et tous les autres soldats présents dans l’équipe. Si les Blazers ont ensuite pris un coup de balai face aux Warriors, leur parcours a été remarquable, avec une première qualification en finale de conf » depuis 2000 encore une fois.

Difficile de faire mieux que ces deux moments magiques pour illustrer l’ère Damian Lillard. Parce qu’on peut évidemment parler « d’ère Damian Lillard » à Portland. Dès son arrivée, il a montré qu’il était prêt pour les grands rendez-vous, qu’il était prêt pour devenir le visage de la franchise de l’Oregon. Vous vous rappelez de son tout premier match en carrière ? C’était face aux Lakers de Kobe Bryant, le 31 octobre 2012, match remporté par les Blazers avec un Dame à 23 points et 11 caviars. Pas mal pour un début non ? Environ deux semaines après cette performance, il a proposé son premier véritable festival dans le money time face aux Rockets, déjà, avant d’inscrire son premier buzzer beater victorieux contre les Hornets pile un mois plus tard. On parle vraiment d’un rookie là ? Bref, on a vu assez rapidement qu’on avait là un joueur spécial à Portland, et les sept années qui ont suivi ont confirmé cela. De Rookie of the Year unanime, Damian Lillard est rapidement passé au statut de All-Star et a même réussi à se faire une place dans la All-NBA First Team en 2018. Il s’est imposé comme l’un des snipers les plus redoutables de la Ligue et surtout un leader exemplaire (notamment à partir de 2015 et le départ de LaMarcus Aldridge et d’autres cadres), qui brille par sa capacité à ne pas se laisser perturber par les coups durs. En octobre dernier, lors du sondage annuel réalisé auprès des managers généraux, c’est d’ailleurs Dame qui a été élu meilleur leader de la NBA. Sous son impulsion, les Blazers n’ont pas raté une seule fois les Playoffs depuis la toute première saison de Lillard, avec six qualifications consécutives. Pas rien quand on connaît le niveau global de la Conférence Ouest sur la décennie. Alors certes, il y a aussi eu des déceptions avec trois éliminations au premier tour, dont l’humiliation face à New Orleans en 2018 où Lillard s’était fait bouffer par Jrue Holiday et les Pels, mais les Blazers ont fait partie des équipes qui comptent dans le Wild Wild West durant les années 2010.

Quand on pense aux Blazers aujourd’hui, on pense automatiquement à Damian Lillard. Et vice versa. Le joueur et la franchise ont construit le genre de relation qui se fait de plus en plus rare dans la NBA actuelle. Les superstars bougent de plus en plus, mais Dame D.O.L.L.A. a toujours clamé son amour pour Portland et sa volonté de rester fidèle à l’Oregon. Quand il était rookie, il avait déjà déclaré qu’il voulait faire partie de ces joueurs qui réalisent leur carrière dans une seule et même franchise. Genre Dirk Nowitzki, genre Kobe Bryant, genre Tim Duncan. Depuis, son discours n’a pas changé. Au contraire, il s’est renforcé, pendant que d’autres grands noms de la balle orange ont déménagé, parfois même à plusieurs reprises. Cet attachement à Portland, et surtout cette volonté de porter le plus haut possible SON équipe sans regarder ailleurs, ça renforce le côté joueur symbolique de la franchise. Deuxième meilleur marqueur de l’histoire des Blazers derrière Clyde Drexler, meilleure moyenne de points en carrière de Portland et shooteur le plus prolifique à trois points, Damian Lillard fait partie des grandes figures de Rip City, alors qu’il n’a que 29 ans. On ne sait pas ce qu’il va nous proposer à l’avenir, mais son ambition est claire.

« Je veux devenir le plus grand Blazer de l’histoire. Et pour moi, ça dépasse le cadre du basket. Évidemment, il faut avoir les chiffres nécessaires, et c’est le cas. […] Au niveau stats, je suis là. Il faut juste continuer à gagner. On a eu trois saisons à plus de 50 victoires sur mes sept saisons ici, et une autre à 49 victoires. J’étais All-Star et All-NBA à quatre reprises, j’étais First Team All-NBA. J’ai joué les Finales de Conférence l’année dernière, je détiens le record de scoring en un match. Je pense qu’un MVP, un titre, ferait de moi le plus grand.

Mais je suis aussi très impliqué dans la scène hip-hop de Portland, dans toutes les communautés de la ville. Je donne de mon temps, je pense qu’il faut prendre tout ça en compte quand on parle du plus grand Blazer de tous les temps. Et je suis au top dans chaque domaine. Je représente la ville. Beaucoup des meilleurs joueurs ayant évolué ici, qui sont considérés comme les meilleurs joueurs, ne voulaient pas jouer ici et sont partis à un moment donné. »

– Damian Lillard, via Billboard.

Récemment prolongé au supermax, Damian Lillard semble destiné à faire toute sa carrière à Portland. Il est le visage de la franchise, il est en plein dans son prime et a bien l’intention de ramener un second titre aux Blazers après celui de 1977. Ça s’annonce compliqué, surtout vu comment la saison actuelle a démarré, mais Dame D.O.L.L.A. n’est pas du genre à changer de crèmerie pour arriver au sommet. 

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