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Le Magic retrouve les Playoffs, sept ans après sa dernière participation : c’est mérité, on a bien bûché à Orlando !

Orlando Playoffs

Personne ne croyait en eux en début de saison et pourtant, les joueurs d’Orlando seront bien en Playoffs ! Cerise sur le gâteau : ils sont champions de leur division !

Source image : Twitter - @OrlandoMagic

Depuis 2012 et la fin de l’ère Dwight Howard, Orlando n’a plus jamais remis un pied en Playoffs, la faute notamment à une gestion catastrophique de Rob Hennigan. Sept ans plus tard, les potes d’Evan Fournier font leur retour en postseason, et bien malin qui aurait pu prédire une telle saison de ce côté-là de la Floride. Retour sur un parcours imprévisible mais rondement mené.

C’est un tout autre Magic qui s’est pointé en ce début de saison 2018-2019. Les anciens bénéficient de leurs expériences respectives passées et les nouveaux apportent une fougue qui a déjà été connue par le passé chez Mickey, mais trop peu encadrée. Pourtant, à Orlando, l’effectif n’a pas réellement été bouleversé. A l’aube de la saison, seul le rookie Mo Bamba est ajouté à l’escouade floridienne. La vraie recrue se trouve au poste d’entraîneur et se nomme Steve Clifford. Après l’échec Frank Vogel, nommé à l’époque par Rob Hennigan, le nouveau GM en présence John Hammond a enfin pu choisir son coach pour diriger son projet, et son dévolu s’est jeté sur l’ancien coach des Hornets. Finies les migraines à répétition pour Steve Clifford, il peut désormais tirer le meilleur de ses jeunes. Connu pour être rigoureux, il n’est pas militaire comme a pu l’être Scott Skiles ni limité offensivement comme Frank Vogel. Clifford n’est pas le meilleur coach du monde, mais Hammond l’a choisi, il a cru en lui.

Venons-en au terrain : le Magic a commencé la saison de façon plus timide qu’à l’accoutumée. Car de ce côté-là de la Floride, la spécialité maison depuis quelques années était de commencer la saison en trombe avant de s’effondrer tel un panneau brutalisé par le Shaq à l’époque. Mais c’est peut-être ce début de saison moins tonitruant qui a fait le bonheur du Magic, plus de régularité et moins de montagnes russes : voilà ce qu’il fallait peut-être à Orlando pour se poser comme de véritables candidats. Mais malgré l’expérience gagnée par les plus jeunes et le leadership des vétérans, Orlando peine à se montrer comme un candidat crédible aux Playoffs. Sauf que les types étaient morts de faim cette année et n’ont jamais lâché, probablement grâce à la poigne de Steve Clifford mais également grâce aux matches des années passées qui leur ont échappé des mains bêtement. 

Orlando a été capable de claquer un invraisemblable 10-2 sur ses douze derniers matchs pour coiffer tout le monde au poteau et composter son ticket pour les Playoffs sans que personne ne les voie venir. De 31-38 au départ de cette série, ils ont désormais un bilan de 41 victoires pour 40 défaites et se sont même assurés d’être… champions d’une Division Sud-Est certes très faible, mais il fallait bien un champion, même de cette division toute pétée. Pourtant, tout était loin d’être gagné pour le Magic étant donné la schizophrénie des types. Capables de cogner les Warriors ou encore d’aller chercher des victoires importantes à Toronto, Indiana et Boston, les types ont laissé passer des matches censés être bidon comme contre les Knicks, les Cavs ou encore les Bulls sur une faute grossière signée du vainqueur du Slam Dunk Contest 2016 Aaron Gordon. Bah quoi. Fort contre les forts, faible contre les faibles, le Magic a fait peur à ses fans malgré un jeu bien plus léché que ces précédentes années, où il fallait être soit aveugle, soit fou pour supporter cette équipe. Soit les deux.

Mais depuis, la donne n’est plus la même à Orlando : Nikola Vucevic a sorti la saison de sa vie, au point de devenir All-Star alors qu’il était annoncé à peu près toutes les semaines aux quatre coins de la NBA. Aaron Gordon, même s’il doit encore gagner en QI basket, a sorti une saison solide dans son registre, faisant ce qu’on lui demande sans broncher. Jonathan Isaac continue de monter en puissance et de faire un bien fou des deux côtés du terrain grâce à ses bras interminables. D.J. Augustin, que l’on pensait bien trop léger pour être un meneur titulaire décent, a mouché tous ses détracteurs en sortant une très belle saison sans pour autant être étincelant. Et notre Evan Fournier national, malgré des stats en baisse, a su driver tout ce beau monde en étant moins scoreur mais plus passeur et meilleur défenseur. La faculté d’adaptation du dégarni de Charenton est belle à voir. Et tiens, conjuguez à tout ça l’apport offensif de Terrence Ross (qui comme Vucevic veut son pactole) en sortie de banc… les progrès du pivot préféré de Sheck Wes, Mo Bamba, qui commençait à émerger avant sa sale blessure au pied mais qui fut bien suppléé par Khem Birch… l’apport défensif de Wes Iwundu et même le recrutement tardif de Michael Carter-Williams qui a fait un bien fou à la mène en relais du DJ préféré de ton DJ préféré, et vous obtenez un roster pas forcément increvable sur le papier, mais ultra-complémentaire, avec des joueurs qui jouent les uns pour les autres et pas pour les stats, en témoignent ces cinq joueurs qui font au moins 3,7 passes décisives par match : Augustin à 5,3, Vucevic et MCW à 3,8, Fournier et Gordon à 3,7. Sachant que derrière ce joyeux bazar, tu peux potentiellement ajouter un Markelle Fultz en pleine possession de ses moyens et qui décide enfin de tout détruire sur son passage. Effrayant en effet…

Le collectif a donc été la clé pour un Magic mort de faim qui voulait mettre un terme à sept années de disette et enfin faire renouer l’Amway Center avec les Playoffs, eux qui s’étaient disputés en 2012 avec Glen Davis comme franchise player pour une défaite 4-1 face aux Pacers. Mais surtout, c’est une vraie identité de jeu qui a été trouvée avec un Vucevic qui s’est mué en franchise player, son pote Evan Fournier et Aaron Gordon jouant les seconds couteaux pendant que D.J. Augustin drive toute cette joyeuse bande ainsi que les jeunes. John Hammond raffole des types ayant des autoroutes en guise de bras, ce n’est un secret pour personne : MCW a une envergure de 2m01, le blessé Makrkelle Fultz 2m06, Jonathan Isaac fait 2m16 les bras écartés, « seulement » 2m13 pour Aaron Gordon, alors que le géant Mo Bamba a même battu le record détenu par Rudy Gobert avec 2m44 ! L’ancien GM des Bucks ne s’en cache même pas, il adore ce genre de joueur et ça s’est vu à Milwaukee avec les Giannis Antetokounmpo ou encore Thon Maker. Hammond a son idée derrière la tête et compte bien transposer ce modèle du côté bleu de la Floride.

Cette reconstruction semble enfin porter ses fruits après l’échec cuisant de Rob Hennigan, ayant bazardé absolument tous ses jeunes contre des joueurs qu’il n’a même pas gardé : Victor Oladipo a été envoyé à OKC avec le talentueux Domantas Sabonis et l’expérimenté Ersan Ilyasova pour un Serge Ibaka en dernière année de contrat, et ce dernier partira aux Raptors contre Terrence Ross et un tour de Draft dans ce qui est peut-être le seul échange « réussi » de l’ancien GM du Magic. Tobias Harris avait également été envoyé à Detroit contre un Ersan Ilyasova en fin de contrat, un Brandon Jennings sur une jambe et un contrat expirant. Dario Saric ? Envoyé le soir de la Draft contre un Elfrid Payton qui n’a jamais eu l’apport espéré. Sachant que depuis, Philadelphie a utilisé Saric pour obtenir Jimmy Butler, que Detroit s’est servi de Tobias Harris pour attirer Blake Griffin, et que le Thunder a envoyé Victor Oladipo à Indiana pour s’offrir Paul George. Bien vu l’aveugle comme on dit chez nous.

Toutefois, les chantiers seront nombreux dès la fin de la saison. En effet, le Magic doit prolonger son franchise-player Nikola Vucevic et son artificier en chef de la second unit Terrence Ross. Si le second a tout de même ses chances de se montrer gourmand, le premier peut légitimement demander un petit pactole et il faudra pouvoir satisfaire tout le monde étant donné la marge de manœuvre pas élastique à DisneyWorld. En effet, Timofey Mozgov est bien décidé à démolir une partie des finances floridiennes, et en sachant ce que les deux gus peuvent réclamer le paquets de billets verts, il va falloir observer comment le front-office du Magic va gérer ces deux dossiers. Cette saison était au dessus des attentes, mais cela pourrait bien être quitte ou double lors de la suivante. Evan Fournier et Aaron Gordon occupent déjà une belle partie de la masse salariale, mais les deux scoreurs invétérés vont aussi légitimement vouloir leur part du gâteau.

Une première reconstruction foirée à Orlando sous l’ère Hennigan, une deuxième qui part sous de bien meilleures auspices avec John Hammond et qui semble même en avance avec une qualification en Playoffs alors que personne ne donnait cher de la peau du Magic, même dans une Conférence Est toute flinguée, pas même son superfan, Hugo, invité par Evan Fournier à venir le voir sur la base d’un délire. De ce côté-là de la Floride, on a appris la patience, celle-ci est enfin récompensée. Enjoy les gars.

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