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La métamorphose de Nikola Vucevic : de pivot indésirable à All-Star en puissance il n’y a qu’un pas de velours

Vucevic

Le patron du Magic ? C’est lui.

Source image : Youtube

Il s’agit de l’une des belles surprises de ce début de saison à l’Est. Voilà un joueur, cadre de son équipe depuis des années, qui était presque mis à la porte par sa franchise et qui, contre toute attente, a réussi à retourner les choses en sa faveur, au point de se rendre indispensable. Son nom ? Nikola Vucevic.

On ne le dira jamais assez souvent mais la NBA est un business qui peut tourner en une fraction de seconde, le temps d’un coup d’éclat, d’une blessure, d’une décision. À un moment vous êtes ceci et le lendemain vous êtes cela : de joueur inconnu à chouchou du public, de All-Star à joueur indésirable et même de MVP à une invitation au training camp (Derrick Rose si tu nous lis). Nikola Vucevic fait inévitablement partie de ces joueurs aux carrières transformées, lui dont le nom est aujourd’hui sur toutes les lèvres alors que l’été dernier nous ne donnions pas cher de sa peau. Il tourne aujourd’hui à 21 points, 11 rebonds et 4 passes, le tout en réalisant sa meilleure saison en carrière aux points, aux assists, aux pourcentages à 2 et 3-points ainsi que sur la ligne des lancers. Comment expliquer une pareille transformation pour un joueur qui hier, était proche de partir contre des clopinettes et qui demain, endossera probablement le maillot des All-Stars de l’Est ?

Pour le savoir, il faut peut-être remonter au 30 mai 2018 : le jour de l’arrivée du nouveau coach du Magic. En nommant Steve Clifford, ancien assistant du club entre 2007 et 2012 et mentor de Dwight Howard, la franchise a peut-être fait un cadeau sans le savoir à son pivot monténégrin. Si tout le monde s’attendait à voir un Mo Bamba prendre progressivement la place de Vooch pour une énième saison de reconstruction, il n’en a rien été et s’il y a un joueur aujourd’hui qui parait indéboulonnable dans l’esprit du coach c’est bien le pivot issu d’USC. Steve Clifford en fait sa plaque tournante sur le terrain, une sorte de Point Center à la manière d’un Jokic, d’un Horford voire d’un Marc Gasol qui peut soit s’écarter à 3-points à un fort pourcentage, soit offrir des paniers faciles à ses ailiers dans le dos du pivot adverse. Sans doute que ce nouveau rôle lui permet d’exprimer tout son potentiel offensif mais ce serait faire offense à sa progression que de ne pas mentionner ses progrès en défense. Des qualités défensives trop peu mentionnées selon les dires de son entraîneur début novembre.

« La défense de Vooch [Vucevic, ndlr], personne n’en parle mais à chaque fois que je discute avec un autre coach c’est l’une des premières choses qu’il me dit. Il a été très bon défensivement et il s’adapte bien au pick-and-roll adverse tout en prenant du rebond. Il est très précieux pour nous. »

Le genre de phrase dont on a pas été habitué ces dernières années au sujet de Nikola Vucevic. Le pivot, débarqué de Philly grâce à l’échange de Dwight Howard, a toujours été vu comme un bon attaquant sous le cercle et un bon rebondeur mais certainement pas comme un protecteur d’arceau. Main gauche, main droite, ses qualités dos au panier étaient incontestables mais il entrait dans la catégorie de ces joueurs très talentueux qui ne joue que d’un côté du terrain à la façon d’un Brook Lopez ou d’un Al Jefferson. Toutefois, l’évolution de la NBA est ce qu’elle est et désormais un pivot qui ne défend pas un tantinet sans être capable d’écarter le jeu est un poids mort pour une équipe. La preuve est que Big Al a disparu de la ligue et que Brook Lopez shoote désormais autant qu’un sniper extérieur, avec plus ou moins de réussite… Voilà pourquoi Orlando avait choisi de miser sur Mo Bamba, bien plus mobile, pouvant s’écarter à terme à 3-points et doté semble-t-il d’un bon QI Basket. Sauf que Vucevic a su adapter son jeu, notamment au tir où il est désormais une arme létale à 3-points alors qu’il ne tournait qu’à 32% en carrière. A croire que D-Rose n’était pas seul dans son camp spécial Steph Curry cet été. Il a également changé sa sélection de tirs, en réduisant drastiquement son nombre de shoots à mi-distance pour favoriser les trois points, avec des pivots qui tardent à sortir sur lui, et pour favoriser également les paniers faciles près du cercle pour un résultat bien visible : plus 5% au pourcentage global, plus 9% à 3-points par rapport à ses moyennes en carrière et une 6ème place au PER (Player Efficiency Rating) devant des joueurs comme LeBron James ou James Harden, plutôt efficace.

Si le Magic peut se satisfaire de cette saison étincelante, il va falloir se poser les bonnes questions puisque le joueur est en fin de contrat et que son salaire actuel, de l’ordre de 12,75 millions, pourrait presque doubler durant la prochaine free agency. Faudra-t-il le prolonger au prix fort et limiter la progression des jeunes derrière ou le laisser partir au risque de le voir briller ailleurs ? Les arguments se valent d’un côté comme de l’autre, sachant que le plus gros danger serait de lui filer la maille pour le voir redevenir le joueur inconstant qu’il était avant. Parce qu’on le sait tous, au pays de Disney, les transformations c’est des deux côtés. 

 

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