Old-School

Muggsy Bogues, ce nain qui a prouvé que la NBA n’appartenait pas qu’aux grands

Muggsy Bogues

Comme quoi, la taille ne fait pas tout…

Source image : YouTube

Dans l’histoire de la NBA, il y a eu pas mal de petits joueurs qui ont réussi à faire de belles, voire de très belles carrières et qui ont montré que la taille ne faisait pas tout. Mais s’il y en a bien un qui symbolise cela plus que les autres, c’est clairement Muggsy Bogues.

1m60. 160 petits centimètres. Voici la taille de Tyrone « Muggsy » Bogues, plus petit joueur à avoir foulé les parquets NBA dans l’histoire de la ligue. Un nain de jardin, surtout dans un univers où règnent les grands et les monstres physiques. Habituellement, d’une façon générale, quand on parle de joueurs possédant vraiment une petite taille en NBA, on pense à ces mecs qui mesurent autour d’1m80 ou un peu moins. Isaiah Thomas par exemple, culmine à seulement 1m75 avec les chaussures et représente aujourd’hui le little guy par excellence, celui qui joue avant tout avec son cœur et ses tripes pour compenser ses faiblesses physiques. Et bah vous prenez IT, vous lui enlevez 15 centimètres, et vous obtenez Muggsy Bogues. Vous voyez le délire. Naturellement, on se dit qu’un gars d’1m60 ne peut pas survivre au plus haut niveau. On ne parle pas de Départemental 3 là, avec des matchs le dimanche contre des gars peut-être encore bourrés de la veille. On parle d’une ligue qui regroupe des géants et de véritables athlètes. Bref, difficile de se faire une place dans un tel monde, même quand on possède du talent et un cœur gros comme ça. Ce raisonnement, c’était un peu celui des Washington Bullets en 1988, quand ils ont décidé de laisser filer Bogues après une saison rookie compliquée. Bien que sélectionné à la douzième place de la Draft 1987 après avoir cartonné au lycée de Dunbar (invaincu en deux saisons aux côtés de futurs joueurs NBA tels que Reggie Lewis, Reggie Williams et David Wingate) puis à l’université de Wake Forest (où son numéro 14 est aujourd’hui retiré), Bogues est laissé libre par les Bullets, pour le plus grand bonheur de la toute nouvelle franchise des Charlotte Hornets, qui décident de le sélectionner lors de l’expansion Draft 1988. C’est à ce moment-là que la belle histoire de Muggsy commence.

Sous les couleurs des Frelons, Bogues va s’imposer comme l’un des grands joueurs des années 1990. Pas par la taille évidemment, ni même au niveau des récompenses individuelles ou collectives, mais plus dans le cœur et l’esprit des fans. Durant cette décennie marquée évidemment par la domination de Michael Jordan, le petit meneur des Hornets devient très populaire à Charlotte mais aussi au sein de la ligue toute entière, notamment chez les gosses à travers ce phénomène d’identification toujours très important. Voir un joueur d’1m60 réussir au pays des géants, c’est forcément kiffant. Parce que oui, le natif de Baltimore parvient à faire son trou en Caroline du Nord. Avec sa vivacité, son dribble, ses grandes qualités de passeur, sa vista et surtout cette ténacité en défense, il devient une pièce importante des Hornets derrière le redoutable duo Larry Johnson – Alonzo Mourning. Charlotte participe plusieurs fois aux Playoffs durant la première moitié des nineties, et les Frelons deviennent par la même occasion l’une des équipes les plus hype de la ligue. Buzz City ! Ce n’est pas pour rien si Bogues et Johnson sont choisis pour jouer dans ce chef-d’oeuvre cinématographique qu’est Space Jam, avec MJ, Charles Barkley, Larry Bird, Patrick Ewing ou encore Shawn Bradley. Au total, Muggsy Bogues joue neuf saisons chez les Hornets et établit trois records de franchise qui tiennent toujours. En l’espace de 632 matchs, dont 501 comme titulaire, il accumule 19 768 minutes (record), 5 557 caviars (record) et 1 067 interceptions (record) sous le maillot de Charlotte, avant de se faire transférer chez les Warriors au début de la saison 1997-98 pour ensuite finir chez les Raptors en 2000-01. Concernant ses statistiques en carrière, elles sont très honorables avec 7,7 points, 7,6 passes décisives et 1,5 steal de moyenne en presque 900 matchs NBA, le tout à 45,8 % au tir et 82,7 % aux lancers-francs.

 « J’ai compris quel était mon destin et ce que je représentais pour le jeu et les gamins. Pas seulement les gamins, mais les gens partout dans le monde. Ceux qui pensaient que le jeu n’était pas fait pour les petits. Personnellement, j’ai toujours pensé que le jeu était fait pour tout le monde, grand comme petit. » – Muggsy Bogues

Cette déclaration résume parfaitement l’héritage laissé par Muggsy Bogues. Non, le basket n’est pas seulement un sport de grands. Non, la NBA n’est pas réservée aux géants, aux dunkeurs ou aux monstres athlétiques. Il y a moyen de gagner sa place, à condition de bosser, d’avoir confiance en soi, et de faire le maximum avec ses qualités et ses défauts. Je suis haut comme trois pommes ? Pas grave, je vais me battre plus que les autres et compenser avec des points forts que les autres n’ont pas forcément, comme la vitesse et l’agilité, un centre de gravité très bas ou encore une mentalité de leader et l’intelligence de jeu. Tout ça, c’était Muggsy tout craché. Son message vaut évidemment pour tous les basketteurs qui doutent à cause d’un déficit de taille ou d’autres limites physiques. Mais ce message dépasse largement du cadre du basket, c’est une leçon de vie. Comme l’a si bien dit Michael Jordan lors de son discours d’intronisation au Hall of Fame en 2009, « les limites et les peurs ne sont souvent qu’une illusion ».  Muggsy Bogues en est la preuve vivante.

Unique, voici l’adjectif qui correspond probablement le mieux à Muggsy Bogues. Malgré son côté minuscule, il n’a jamais renoncé à son rêve et a réussi à marquer l’histoire des Hornets, et par la même occasion celle de la NBA. Respect petit !

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