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Donovan Mitchell décortiqué par un scout NBA : du sauveur au croqueur, on appelle ça le sophomore wall

Donovan Mitchell

Alors c’est ça, le sophomore wall ?

Source image : NBA League Pass

En difficulté avec son shoot et de plus en plus prévisible pour les défenseurs, Donovan Mitchell semble heurter un sophomore wall cette saison. Un scout NBA a donné son avis sur l’arrière dans la dernière newsletter de Marc Stein et il va y avoir du boulot. 

Si on s’en tenait aux chiffres à proprement parler, on dirait que la saison de Donovan Mitchell est exactement la même que la première : 20,4 points, 3,6 rebonds et 3,4 passes contre 20,5 points, 3,7 rebonds et 3,7 passes la saison dernière. Pourtant, le rendu semble tellement différent par rapport à ce que nous étions habitués à voir que l’on se demande si on est en face du même individu. Où est passé le joueur qui enflammait la ligue avec des gros coups de chaud au scoring, s’attirant les plus belles comparaisons (D-Wade pour le style de jeu et rookie le plus scoreur de son équipe en Playoffs depuis Michael Jordan, rien que ça) ? Si le sophomore est toujours capable de flamber certains soirs (il est monté jusqu’à 38 points contre les Rockets), il donne l’impression de forcer son jeu. Déjà bien pourvu en tickets shoots la saison passée, il a parfois tendance à se gaver à la manière d’un Kobe au milieu des années 2000, et quand ça ne rentre pas, le résultat est crade. L’exemple le plus marquant est le match à Philadelphie en novembre où l’arrière va finir à 31 pts en prenant… 35 shoots dont 11 à longue distance, pourtant pas sa force première (il n’en rentrera qu’un seul). Si le Jazz a su faire taire les pronostics la saison dernière c’est aussi par son collectif et l’implication de chacun au scoring, l’envie de croquer de Mitchell va à contre-courant de cette vision. C’est d’autant plus vrai qu’il est désormais ciblé de près par les défenses, la principale raison de son coup de mou selon un scout NBA qui a décortiqué le jeu du joueur pour la dernière newsletter de Marc Stein du New York Times.

« Ce n’est plus le petit nouveau, du coup les équipes sont capables de le contenir un peu mieux. Ce n’est pas un pur shooteur comme Damian Lillard qui vous détruira sur pick and roll et il n’est pas aussi malin que C.J. McCollum qui réussit toujours à se faufiler. Il essaye de développer ça ainsi que le floater de Tony Parker ou les shoots de McCollum. Je pense qu’il y arrivera. La saison prochaine sera déterminante pour lui. L’année dernière il était le sauveur. Cette année on se demande : ‘Qu’est ce qu’il se passe ?’ L’année prochaine nous donnera une bonne indication sur sa véritable valeur et je suppose qu’elle se situera à peu près au milieu [c’est-à-dire entre son niveau actuel et celui montré l’an dernier, ndlr]. C’est un bon joueur mais il doit encore travailler. »

L’analyse est pertinente dans le sens où les joueurs de seconde année ne bénéficient plus de l’effet de surprise propre à leur arrivée dans la ligue. Désormais, leurs feintes, leurs appuis, leurs préférences au moment d’attaquer le panier, tout est collecté et scruté par les équipes d’analystes des différentes franchises. Concernant Mitchell, les équipes ont principalement fermé l’accès au cercle, quitte à lui laisser de l’espace pour déclencher de loin où il enchaîne les parpaings (31% cette saison). Le meilleur correctif ne serait-il pas de se caler sur le jeu d’un autre joueur du même profil ? Si on oublie la défense, son jeu serait tout à fait comparable avec celui d’un Victor Oladipo qui est aussi en difficulté lorsqu’il s’agit de shooter de loin. La star des Pacers connaît lui aussi une saison un peu moins bonne que la précédente où il avait récupéré le titre de MIP. Conscient que son équipe fonctionnait mieux lorsqu’il jouait les facilitateurs pour ses coéquipiers, le joueur a accepté de faire profil bas pour laisser le collectif prendre le dessus tout en continuant à noircir la feuille aux passes et aux rebonds. La prochaine évolution de Donovan Mitchell sera peut-être à chercher de côté-là.

Donovan Mitchell se prend le sophomore wall et on aimerait bien que ça se termine pour revoir le joueur de la saison dernière. Une mauvaise passe au shoot ou un rôle à revoir pour briller de nouveau ? Seul Quin Snyder le sait mais il faudra se presser, le Jazz n’est toujours pas dans le bon wagon pour les Playoffs. 

Source texte : New York Times

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