Elie Okobo
One-on-One

La story d’Élie – Episode #4 : Élie Okobo au placard de Phoenix, renaît soudain de ses cendres comme le… phénix

Et la lumière fut. Élie Okobo a eu sa chance, l’a saisi, et a relancé sa saison rookie.

Source image : NBA League Pass

Oh my, here we are. Dans le dictionnaire, à côté du terme « ascension fulgurante », vous trouverez une photo d’Élie Okobo. Le gamin de Bordeaux, passé à la postérité à la mène avec l’Élan Béarnais, a fait le grand saut le 22 juin 2018, où il a été sélectionné par les Suns à la 31ème position de la Draft. Du talent plein les doigts, des rêves de gosse plein la tête, le jeune frenchie débarque aux States avec l’insouciance de la jeunesse. De quoi lui dédier une rubrique bimensuelle afin de suivre son évolution lors de son année rookie dans la Grande Ligue. C’est parti mon Élie, quatrième épisode pour l’entrée dans le grand bain.

# RETOUR SUR SES DERNIÈRES PERFORMANCES

NBA :

  • 28 novembre @ Los Angeles Clippers (défaite 115 à 99) : 32 minutes de jeu, 19 points (à 8/12 au tir, dont 3/5 du parking), 4 assists, 2 rebonds, 3 interceptions, 3 fautes, 3 balles perdues
  • 30 novembre vs Orlando Magic (défaite 99 à 85) : 29 minutes de jeu, 9 points (à 4/11 au tir, dont 1/4 du parking), 2 assists, 4 rebonds, 1 interception, 3 fautes

Statistiques sur la saison : 13 rencontres disputées (2 fois titulaire), 17,5 minutes de jeu, 7,2 points (à 41,7% au tir dont 31,4% du parking, 92,9% aux lancers francs), 2,4 assists, 1,7 rebond, 0,5 interception, 0,1 block, 2,2 fautes, 1,1 balle perdue.

La story d’Élie de ce dimanche s’annonçait bien terne il y a encore quelques jours. Après un passage dans l’effectif des Northern Arizona Suns, la franchise de G League associée à Phoenix, Swaggy E était rapatrié dans le roster principal d’Igor Kokoskov à la mi-novembre. Et on se disait que c’était pour jouer. Malheureusement, ce sont pas moins de six rencontres auxquelles Élie Okobo a assisté du banc de touche, en survet’, les mains dans les poches, sans fouler une seule seconde le parquet. Le temps a dû paraître un peu plus long qu’à l’accoutumée. Certes, on continue de s’entraîner, de progresser, mais ne pouvoir concrétiser ce travail en compétition, cela doit être légèrement frustrant. Ceci dit, nous le savons, tout jeune joueur a sa chance à un moment donné en NBA, il faut simplement savoir saisir l’opportunité.

L’opportunité, elle s’est présentée il y a quelques jours pour le Frenchie. Après quelques semaines de loyaux services, Isaiah Canaan a logiquement été coupé par le management des Suns ce mercredi (nous y reviendrons). C’était sûr, l’ancien de Houston n’avait pas la carrure d’un titulaire en NBA. Dans la foulée, comme si ce move avait été un élément déclencheur, le Bordelais se voit à nouveau accordé un temps de jeu conséquent, qu’il met à profit dès mercredi soir. Un record en carrière au scoring avec 19 unités, le tout à de très bons pourcentages, Élie Okobo noircit la feuille et brille de mille feux, le tout contre les Clippers. Peu suivi par la sphère NBA en ce début de saison, il met son nom sur la carte. Sur son premier panier de la rencontre, le commentateur des Clippers commet l’erreur de l’appeler Okogie, comme Josh, qui est un jeune joueur des Timberwolves. Ce n’était pas la chose à faire, Swaggy E a fait en sorte qu’on se rappelle bien de son patronyme, en posant une mixtape sur la défense des Clippers, qui est loin d’être la moins coriace de la ligue.

Cela donne 19 points, 4 passes, 2 rebonds et 3 interceptions en 32 minutes, de vrais gros chiffres pour un rookie. Vas-y que je t’envoie des bombes du parking, des floaters délicieux, des caviars pour Richaun Holmes… Un pur régal. Même si l’on a envie de s’enflammer, il faut savoir raison garder. Tout va très vite en NBA, un jour vous êtes au bout du banc, le lendemain vous brillez sur le parquet. L’idée est donc, après une grosse performance, de confirmer. Dans la nuit de vendredi à samedi, le jeune cactus avait l’occasion de ce faire, face au Magic d’Orlando. En l’absence de Devin Booker, blessé à un orteil du pied gauche, il est parachuté titulaire, et dispute 29 minutes. Il termine à 9 points, 2 assists et 4 prises, avec des pourcentages en berne. Difficile de reproduire le même match que celui du calibre qu’il a posé face aux Clippers tous les soirs. L’essentiel reste quand même là, Mr Okobo joue, et est en train de faire la différence pour s’imposer dans le roster des Suns, et obtenir un temps de jeu conséquent, non plus sporadiquement mais de manière régulière.

# ÉLIE OKOBO MARQUE LES ESPRITS, LE FRANÇAIS LANCE DÉFINITIVEMENT SA SAISON ROOKIE

D’incertaine et indécise, la situation d’Élie Okobo est devenue rapidement beaucoup plus limpide. Pourtant, le Frenchie aurait pu se retrouver actuellement dans la situation de De’Anthony Melton, son coéquipier qui fait la navette toutes les 35 secondes entre le roster des Suns et celui de la franchise de G League affiliée à celle de Phoenix. Ce dernier a déjà eu sa chance en NBA, à quelques reprises, mais n’a pas encore su la saisir. Ce qui le met de manière assez logique derrière notre Élie national dans la rotation des Soleils, étant donné que l’ancien Palois réalise des performances bien plus solides dans l’ensemble, bien que cela ne soit pas encore régulier. Si la hiérarchie n’est pas encore gravée dans la roche, le sniper made in Bordeaux semble avoir pris un avantage quasi-irrémédiable sur son homologue drafté en 46ème position cet été.

Même s’il devançait De’Anthony Melton dans l’ordre des priorités à la mène, Élie Okobo ne restait que numéro deux chez les purs postes 1. Comme on vous le disait il y a deux semaines, ce n’est pas forcément très glorieux d’être le back-up d’Isaiah Canaan. Le bonhomme peut rendre des services, mais n’est clairement pas un titulaire en puissance en NBA. Cela paraissait évident dès le début de l’exercice 2018-19, et cela s’est vérifié sur le terrain. Igor Kokoskov se devait donc de trouver une solution. La piste privilégiée lors des dix derniers jours ? Développer peu à peu Devin Booker au poste de point guard, afin de rehausser le niveau du cinq majeur. La tendance s’est peu à peu confirmée, et la jeune star s’est peu à peu installée dans ce nouveau rôle. Tendance au changement, l’homme aux 70 points dans le cinq, Isaiah Canaan a donc été rapatrié sur le banc, une position qui lui convient mieux, avec autour de 20 minutes de temps de jeu par rencontre.

Voici ce qui explique l’absence totale de minutes pour Swaggy E ces derniers temps. Fort heureusement pour lui, ce système ne s’est pas pérennisé. Avec un si faible bilan, la volonté de Phoenix de développer ses jeunes joueurs est exacerbée. Le management a donc fini par prendre une décision qui coule de source. Avec la volonté de Kokoskov de titulariser Devin Booker au poste 1, c’est donc logiquement que le meneur de 27 ans s’est fait gentiment pousser vers la sortie. Pas si vieux, mais plus tout jeune, l’homme au nom ressemblant étrangement à celui du chanteur de Wavin’ flag n’avait tout simplement plus rien à faire ici. Canaan éliminé définitivement, Melton en retrait, la voie est libre pour le gaucher tricolore. Comme évoqué plus haut, il a pris sa chance. Désormais installé au poste de back-up, le jeune cactus pourrait même voir son rôle évoluer au cours de l’année, au gré des blessures de Booker, ou simplement si ses performances le permettent. En confiance, stylé, le jeune homme de 21 ans paraît se sentir pour le mieux dans sa nouvelle vie.

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S’il plante 19 points comme mercredi la plupart des soirs, le technicien serbe devrait au moins réfléchir à le titulariser afin de permettre à son franchise player de retrouver son poste naturel. Dans l’Arizona, Élie s’épanouit. En tant que qui représente désormais son record en carrière au niveau des points est loin d’être ridicule, surtout en comparaison aux autres français ayant foulé les planches de la Grande Ligue.

Classement des meilleures performances au scoring lors d’une saison rookie pour les français passés en NBA :

  1. Rodrigue Beaubois : 40 points
  2. Tariq Abdul-Wahad : 31 points
  3. Evan Fournier : 24 points
  4. Timothée Luwawu-Cabarrot : 24 points
  5. Yakhouba Diawara : 23 points
  6. Tony Parker : 22 points
  7. Mickaël Pietrus : 20 points
  8. Nicolas Batum : 20 points
  9. Élie Okobo : 19 points
  10. Mickaël Gélabale : 17 points
  11. Joakim Noah : 17 points
  12. Frank Ntilikina : 17 points
  13. Guerschon Yabusele : 16 points
  14. Boris Diaw : 15 points
  15. Johan Petro : 15 points
  16. Nando De Colo : 15 points
  17. Axel Toupane : 14 points
  18. Ian Mahinmi : 12 points
  19. Alexis Ajinça : 12 points
  20. Kévin Séraphin : 12 points
  21. Joffrey Lauvergne : 11 points
  22. Ronnie Turiaf : 10 points
  23. Rudy Gobert : 10 points
  24. Damien Inglis : 10 points
  25. Pape Sy : 7 points
  26. Antoine Rigaudeau : 6 points
  27. Jérôme Moïso : 5 points

Swaggy E a directement fait son entrée dans le top 10 de ce classement, bien loin devant son compère bordelais, Boris Diaw. Au vu de ses qualités d’attaquant, il est bien possible qu’Élie Okobo augmente sa marque au cours de la saison. De là à aller chercher Rodrigue Beaubois et ses 40 unités ? Peut-être pas, mais prenons nous à rêver. Un soir de chauffe, où la papatte gauche est calibrée à distance, le Frenchie pourrait affoler les compteurs.

# LE PROGRAMME DE SWAGGY E

Deux prochaines semaines :

  • 2 décembre @ Los Angeles Lakers (ce soir à 21h30)
  • 5 décembre vs Sacramento Kings
  • 7 décembre @ Portland Trail Blazers
  • 8 décembre vs Miami Heat
  • 11 décembre vs Los Angeles Clippers
  • 12 décembre @ San Antonio Spurs
  • 14 décembre vs Dallas Mavericks
  • 16 décembre vs Minnesota Timberwolves

La grosse Bertha (non, pas Daniel Theis) est de sortie chez les Suns, en témoigne le bilan désastreux de (1)4-18 de la franchise de l’Arizona. Avec six victoires de moins, et six défaites de plus que des Spurs en galère, 14èmes à l’Ouest, on connaît désormais l’objectif de Phoenix pour l’exercice 2018-19 : développer les jeunes (qu’on traduit par tanking), et espérer obtenir un pick de draft élevé l’été prochain (coucou Zion, R.J. et tous les copains). En attendant, même si les hommes de Kokoskov risquent de prendre des valises toute l’année, les minots peuvent continuer à travailler et à avoir du temps de jeu. Un cadre idéal pour Élie Okobo (qui serait plus idéal avec un mentor à son poste dans l’équipe) , qui va pouvoir se faire les dents face aux meneurs expérimentés de la Grande Ligue, mais également face à ses jeunes pairs qui ont les crocs. Et ce, dès les prochains jours.

Dès ce soir, Swaggy E va aller se friter avec Lonzo Ball. Il enchaînera face à un De’Aaron Fox en forme. Deux bons petits jeunes pour se mettre en appétit, avant d’aller défier des cadors de la mène. Damian Lillard l’attendra au Moda Center, alors qu’il faudra se dépatouiller avec Goran Dragic dès le lendemain sur le parquet de la Talking Stick Resort Arena. Ce n’est d’ailleurs pas le seul back-to-back qui attend le Frenchie et ses potes, puisque dès le 11 décembre, le prodige de Pau se rappellera à son bon souvenir de ce mercredi en allant défier les Clippers de Patrick Beverley et Shai Gilgeous-Alexander, qui mettront sans doute un point d’honneur à museler le gaucher. Il lui faudra enchaîner un déplacement chez les Spurs, où l’opposition de Bryn Forbes et de Patty Mills semble à peine plus abordable. Enfin, à la mi-décembre, des match-ups différentes mais toutes deux intéressantes sont au programme pour notre Élie national, qui se retrouvera opposé à Dennis Smith Jr. contre Dallas, et à Jeff Teague contre les Wolves. Huit rencontres en deux semaines, deux back-to-back à venir, la prochaine quinzaine s’annonce chargée pour le numéro 2 des Suns. De quoi faire ses preuves et s’installer durablement au poste de meneur remplaçant (ou titulaire si Booker continue d’être embêté par des soucis de blessure). Attention cependant, en NBA la roue tourne aussi vite que le cerveau de Nikola Jokic, que les jambes de John Wall ou que les chevilles de Deandre Ayton, rien n’est jamais acquis. On n’est pas à l’abri de l’éclosion de De’Anthony Melton, ou de l’arrivée d’un agent-libre à la mène (même si cela paraît peu probable cette saison). Malgré tout, on ne va pas se mentir, cela commence quand même à sentir bien bon cette affaire.

Quoi qu’il en soit, Élie Okobo peut profiter du moment, et nous aussi. Il a du temps de jeu, se montre, est performant. Pourvu que cela se pérennise à moyen terme, afin que nous puissions kiffer pleinement la saison rookie de Swaggy E. On a hâte de la suite des aventures du Bordelais sous les projecteurs de la NBA, ce n’est que le début pour le Frenchie. La belle histoire continue de s’écrire pour Mr Okobo, rendez-vous le dimanche 15 décembre pour le cinquième volet de la story d’Élie.

Source texte : Instagram/Elie_0kb, Youtube/@FreeDawkins

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