Old-School

Jason Kidd au Hall of Fame : son pote Gary Payton s’occupera de la mise en bouche, miam miam

Gary Payton - Jason Kidd

La crème de la mène.

Source : Youtube / Oakland Roots

Quand il était au lycée, vers la fin des années 80 et le début des années 90, Jason Kidd était considéré comme le prochain monstre du basketball. Il était un adolescent au sens du jeu incroyable et au physique déjà NBA-ready, un ado que l’on n’hésitait pas à comparer à Magic Johnson. Rien que ça. Mais si le talent de Kidd était, est et restera incontestablement sans limite, il a également réussi son immense carrière grâce à son mental d’acier. Et ça, il le doit en grande partie à un bonhomme : Gary « Tough Glove » Payton. Le jeu de mot, utilisé par Nets Daily, décrit parfaitement l’apport de GP pour J-Kidd. 

Pourquoi « Tough Glove » ? Parce qu’il s’agit de tout l’amour que peut vous donner Gary Payton sur un terrain mais sous forme d’un gant (Glove) tellement collant qu’il ne vous laisse pas jouer… Payton est né à Oakland en 1968. Kidd est né à San Francisco en 1973. Le meneur emblématique des SuperSonics a toujours eu beaucoup d’admiration pour son cadet, meneur mythique des Nets (entre autres), comme il l’a d’ailleurs expliqué à ESPN :

« Les gens ne savent pas que Jason a été le premier LeBron James (en ce qui concerne l’attention donnée à un joueur lycéen). Il était bon. Très, très bon. Dans la baie, c’était le sujet dont on ne faisait que parler : J-Kidd. »

Malgré leur cinq années d’écart, Kidd et Payton se sont régulièrement croisés sur les terrains de la baie d’Oakland. Et lors de ces confrontations sur les terrains, Gary Payton a pris soin de bien s’occuper de son pote Jason. Par occuper, il faut comprendre : défense ultra collante voire irrespirable et, bien évidemment, du bon gros trashtalking pour pousser « l’enfant » au bout du bout de ses retranchements d’adolescent. A tel point que, comme Ohm Youngmisuk d’ESPN le rapporte, Jason Kidd s’est retrouvé plusieurs fois à deux doigts de prendre la décision de ne pas continuer dans cette voie de basketteur professionnel.

« Oh, il y avait des larmes. Mes parents me demandait : ‘qu’est-ce qui ne va pas ? » Je répondais que je pensais à choisir un autre sport parce que je ne me sentais pas assez bon. Il (Payton) me disait que je n’allais pas pouvoir marquer… que j’étais trop tendre et que je n’étais pas assez bon. Pour un jeune qui était façonné pour être un grand joueur au lycée (où il dominait), c’était très humiliant et difficile à avaler. » — Jason Kidd

Il faut dire que si vous avez 15 ou 16 ans et que vous vous retrouvez à devoir affronter un Gary Payton – de cinq ans votre aîné – n’ayant qu’une seule idée en tête : vous mater, il est possible que vous passiez un mauvais moment. Il est possible que vous n’arriviez pas à scorer malgré tout votre talent et que votre amour propre en prenne un sacré coup. Cela a duré en gros deux ans. Et Kidd a survécu. Plus que ça même, puisque cela l’a fait grandir mentalement. Cela lui a donné un avant-goût du pire qui pouvait lui arriver par la suite en tant que meneur de jeu au plus haut niveau. Kidd a appris beaucoup de choses de ces sessions d’entraînement intensif made in Payton et notamment que le talent ne suffit pas. Il faut en vouloir plus que les autres. Il faut avoir du vice, toujours être prêt à improviser pour surprendre, se servir de son intelligence de jeu pour se sortir des situations les plus compliquées, pour guider ses coéquipiers, tirer un collectif vers le haut…

Jason Kidd a fait tout cela pendant sa carrière. 19 saisons à écumer les parquets de la Grande Ligue. 1391 matchs de régulière et 158 en Playoffs. Plus de 12000 passes décisives distribuées dont certaines parmi les plus belles et les plus créatives de tous les temps. Des interceptions à foison, du rebond en quantité impressionnante pour un poste 1. Jason Kidd est un des meilleurs meneurs de l’histoire NBA, sa présence dans le top 5 all-time de cette catégorie n’est même pas vraiment un débat. Son talent inné, sa vision, sa capacité à créer, son style, sa vitesse, son maniement de balle, son aptitude à progresser au tir ou à rendre ses coéquipiers meilleurs (mais tellement meilleurs !) sont bien sûr les bases de la réussite de l’ami Jason. Mais à aucun moment il ne faudrait oublier que le fait d’avoir survécu à l’épreuve Gary Payton quand il était adolescent, a fini de faire de lui le monstre qu’il a été sur les planches dédiées à la balle orange.

Cette nuit, c’est donc en tant que grand-frère, mentor, entraîneur particulier, préparateur mental, conseiller d’orientation et tortionnaire attitré que Gary Payton va nous parler de celui qui fut son souffre-douleur préféré, celui qu’il adore et qu’il a contribué à rendre si fort. Attendez-vous donc à un discours plein de trashtalking évidemment, à un raz-de-marée oral comme seul The Glove peut en produire mais aussi à des mots plein d’émotion, d’amour et de fierté de la part de Payton pour honorer l’arrivée au Hall of Fame d’un joueur unique. 

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