James Harden sur le début de saison raté des Clippers : « On n’a aucune cohérence »

Le 11 nov. 2025 à 12:36 par Hisham Grégoire

James Harden Clippers 30 avril 2025
Source image : YouTube

Cinq revers consécutifs, un bilan de 3 victoires – 7 défaites, et un collectif qui ressemble à pas-grand-chose. Les Los Angeles Clippers démarrent leur saison comme un vieux moteur qui tousse : sans rythme, sans automatisme, et sans certitude.

Cela ne va pas fort Los Angeles. L’équipe de Tyronn Lue (coach) traverse un début de saison compliqué, incapable d’aligner deux bons matchs de suite. Le dernier revers à Atlanta (105-102) a parfaitement résumé la tendance : 17 points d’avance avant un effondrement complet en seconde période. Vit Krejci, role player des Hawks, s’est transformé en sniper avec 28 points dont 8 tirs du parking. La lose !

C’est la cinquième défaite d’affilée, et elle fait mal. Miami, OKC, deux fois Phoenix, puis Atlanta. Cinq revers et toujours les mêmes failles : défense molle, absence de rebond, et incapacité à tenir 48 minutes.

Même James Harden n’a pas cherché à sauver les apparences. Après la rencontre, le barbu a lâché un constat lucide, et un peu désespéré :

« On n’a aucune cohérence (depuis le début de saison), vraiment… On a eu tellement de cinq (sur le terrain) différents, tellement de gars qui entrent et sortent de la rotation… Les mecs sont tous un peu paumés. Certains n’avaient jamais joué avant, d’autres viennent d’être intégrés à la rotation, d’autres encore viennent d’arriver ici. Il y a beaucoup de choses à prendre en compte. »

James Harden on the 3-7 Clippers:

“We haven’t had any consistency, for real… We’ve had so many different lineups, so many guys in and out of the rotation… Guys are all over the place. Some guys haven’t played in ever. Some guys are just put in the rotation. Some guys are new… pic.twitter.com/cqIwjcrYJ5

— Joey Linn (@joeylinn_) November 11, 2025

Et quand on regarde qui porte ce projet, on comprend vite le problème. On parle d’un roster mené par James Harden (36 ans), Kawhi Leonard (34 ans), Bradley Beal (32 ans), Chris Paul (40 ans), Nicolas Batum (36 ans), Brook Lopez (37 ans). Une base ultra-expérimentée, oui, mais qui ne vit plus dans le même tempo qu’une partie de la Conférence Ouest.

Les jambes mettent plus de temps à chauffer, les replis sont plus lents, la capacité à tenir 48 minutes d’intensité se réduit. Ce qui devait être une force d’expérience commence à ressembler à un plafond physique. Les Clippers sont de ce fait, l’équipe la plus vieille de NBA (28,6 ans de moyenne), même devant les Golden State Warriors.

Le terrain le confirme : la défense ne tient pas les extérieurs, les aides arrivent en retard, les closeouts sont mous, et la moindre équipe qui met du rythme trouve des tirs propres. Sur la série de défaites, les Clippers encaissent trop de gros runs sans réaction et se font régulièrement punir à 3-points. Le revers contre les Hawks, avec Krejci qui mitraille sans ajustement majeur en face, est un symbole : manque d’intensité, manque d’orgueil, manque de corrections en temps réel.

Vit Krejci in a 105-102 win @ the LA Clippers : 28 points (17 in the 1st half) on 9-13 shooting, 8-10 from 3, 2-3 from the FT line & 3 rebounds in 30 minutes off the bench (Career-highs in points & 3’s made) pic.twitter.com/9Trq1zBqD5

— Lee Harvey (@Sayian_Warrior) November 11, 2025

En attaque, c’est trop statique, trop prévisible. Harden organise mais autour de lui les coupes sont rares, le mouvement sans ballon limité, et chacun semble attendre que le talent individuel règle les problèmes collectifs. Sans Kawhi Leonard (blessé) pour absorber des possessions et Bradley Beal (cramé) pour étirer les défenses, le jeu devient lourd. Les gars qui arrivent de la seconde unit ou qui découvrent encore le système sont lâchés dans un contexte où rien n’est clairement défini. D’où cette phrase clé d’Harden : “les gars sont paumés”. Difficile de faire plus précis.

Et quand même le vestiaire commence à tourner en rond, c’est que le malaise est profond. Ivica Zubac, l’un des rares rescapés de l’ancien noyau, s’est également exprimé sur ce que LA doit mettre en place pour gagner :

« Je ne sais pas. Il faut qu’on marque plus, qu’on prenne plus de rebonds, qu’on revienne mieux en défense sur les transitions… On répète ça chaque année. Il faut qu’on progresse sur ces points si on veut gagner des matchs. »

Cette phrase sonne comme un écho désabusé : les mêmes problèmes, match après match. Et ça, malgré les grands noms. Los Angeles a doublé, triplé, quadruplé la mise sur des joueurs prestigieux mais en fin de carrière, fragiles physiquement ou sur le déclin. Sur le papier, un effectif mené par Harden, Leonard, Beal, Lopez ou Batum, ça devrait inspirer le respect. En pratique, c’est lent, fatigué et sans beaucoup d’automatismes.

Ivica Zubac, on what has to change: “I don’t know. We gotta score more, we gotta rebound the ball, we gotta get back in transition. … We keep saying that year after year. We gotta be better in those aspects if we want to win games.” More from the Clippers’ big man: pic.twitter.com/WEJkueHpcZ

— Justin Russo (@FlyByKnite) November 11, 2025

On ne va pas enterrer une équipe avec Harden, Leonard et Zubac au bout de dix matchs, mais l’alerte est sérieuse. Ce qui inquiète, ce n’est pas seulement le bilan, c’est l’absence totale de fil conducteur. Pas d’identité défensive claire, pas de socle offensif installé, pas de continuité dans les rotations. Si les Clippers ne récupèrent pas vite leurs leaders et ne figent pas enfin un noyau fort sur le terrain, la saison peut basculer très tôt dans la survie plutôt que l’ambition.

Pour une franchise qui se voyait contender avec l’une des escouades les plus expérimentées de la Ligue, se retrouver en novembre à expliquer que “personne ne sait vraiment où il en est”, c’est tout sauf rassurant.


Dans cet article


Voir toutes les News