Old-School

La passe du coude de Jason Williams : récit d’une action devenue légendaire

Une pensée à Raef LaFrentz qui n’a même pas donné d’assist à JWill…

Source Image : TheClassical.org

C’était le 12 février 2000 : l’Oakland Arena accueillait le Rising Stars Challenge. Un match qui s’annonçait comme un bon moment de divertissement devant une nouvelle génération qui s’internationalisait, mais Jason Williams fit bien plus, avec une passe qui marqua les esprits au point d’inspirer tout jeune joueur de playground qui se respecte. 

Alors sophomore, Jason Williams aka « White Chocolate » est invité au Rising Stars Challenge aux côtés de Paul Pierce et Dirk Nowitzki notamment, afin d’affronter les rookies Andre Miller, Steve Francis ou encore Elton Brand (qui sera élu MVP du match). Si cette date du 12 février 2000 reste attachée au nom de JWill, ce n’est certainement pas pour sa performance (9 points et 5 assists à 3/10 au tir) mais pour un highlight inoubliable : la mythique passe du… coude.

Le move de streetball par excellence. Un concentré de folie, d’inspiration et de flow, bref de tout ce qui fait la légende de JWill. Le White Chocolate est sans doute l’un des joueurs qui incarne le mieux le côté artistique importé tout droit de la rue, à une époque où les And1 mixtapes circulent sur tous les terrains et où la culture hip-hop fait une entrée fracassante en NBA. Quelque part, ce move, il représente le summum de tout cet art. Alors que certains utilisent les coudes pour s’imposer dans les raquettes, Williams utilise le sien pour marquer les esprits à sa manière.

Mais comment un move si particulier a-t-il bien pu naître ?

« En vérité je ne sais pas très bien moi-même. Si vous avez regardé mes highlights, vous m’avez probablement vu plusieurs fois faire une feinte de passe dans le dos pour repartir du même côté, non ? Eh bien je pense que j’ai fait cette feinte tant de fois dans ma carrière, qu’il y a forcément une fois où la balle a dû accidentellement toucher mon coude et envoyer la balle dehors. Et je me suis mis à réfléchir : je suis allé au terrain la nuit suivante, et je me suis souvenu de cette action. Je me suis dit : ‘si je la tape avec le coude en rajoutant un peu de force, peut-être que la balle partira dans ce sens’, et c’est comme ça que ça m’est venu. Bien sûr, je me suis ensuite entraîné pour cette passe, des milliers et des milliers de fois, et je n’ai probablement réussi que… 4 fois »

– Jason Williams, via BasketballNews

Voilà, c’est ça Jason Williams. Un mec créatif, culotté, qui cherchait continuellement des sources d’inspiration pour repousser les limites du possible. Il pouvait très bien regarder des images de Pete Maravich en noir et blanc qu’un vieux match universitaire en fin de soirée pour essayer d’agrandir son répertoire de moves.

Contrairement à ce que certains observateurs pouvaient dire ou penser, Jason Williams était un bosseur. Il se concentrait simplement plus sur le style que sur la véritable efficacité de ses mouvements. Il a préféré faire crier les foules avec ses talents au dribble et à la passe, plutôt que d’être un meneur de jeu ultra propre et posé. C’est très exactement ce qui a engendré la majeure partie des critiques à son égard au cours de sa carrière : Williams était étiqueté comme un joueur très spectaculaire, mais qui ne faisait pas vraiment gagner une équipe. Après trois premières saisons NBA à Sacramento, JWill a été transféré en 2001 contre Mike Bibby à Memphis, ce qui a aidé les Kings à franchir un cap supérieur jusqu’à devenir l’une des meilleures équipes de l’Ouest. Forcément pour la réputation de Jason, c’est pas tip-top. Williams, lui, ne sera jamais plus aussi étincelant que sous le maillot blanc et violet, malgré des stats supérieures chez les Grizzlies et un titre remporté avec le Miami Heat en 2006. Catégorisé également dans la frange des « joueurs à problèmes », que ce soit pour son altercation verbale à caractère homophobe et raciste avec un fan en 2001 ou pour sa relation particulière au cannabis (qui lui a valu plusieurs suspensions dès l’université), JWill a eu son lot de controverses.

Néanmoins, aujourd’hui encore, une bonne partie des fans de Sacramento n’hésitent pas à placer leur chocolat blanc particulièrement haut dans la liste de leurs joueurs préférés. Car si le meneur n’est finalement resté que trois saisons chez les Kings, il est indéniable qu’il aura marqué la capitale californienne de son empreinte et amené la lumière sur cette franchise sans grande histoire.

Notamment grâce à cette passe du coude.

Avec Jason Williams et ses highlights, c’est une vision particulière du basket qui s’offre à nous, et cette passe du coude le prouve bien. Une vision où le basket reste un jeu, et où la beauté du jeu en question prime sur les résultats. En un sens, White Chocolate, c’était un peu l’esprit Coubertin revisité à la sauce NBA…  

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