Futures stars

Hugo Besson se montre avec les Metropolitans 92 : 18 points à 6/8 au tir, Victor Wembanyama est resté plus discret

Besson Wembanyama

Vent de NBA à Levallois.

Crédit photos : @_ad.visual_ on Instagram

Cette saison, le basket-ball francilien est gâté : Ismael Kamagate, Juhann Begarin, Axel Toupane et l’EuroCup à Paris, les vieilles cannes d’Edwin Jackson à Nanterre, Vincent Collet, Hugo Besson et Victor Wembanyama sous les projos de Marcel-Cerdan. Gros dilemme ce mardi donc, au moment de choisir notre rendez-vous du soir. Derby Nanterre – Paris Basket, ou la réception de Pau par Levallois ? On a jeté une pièce en l’air et c’est tombé sur… Victor Wembanyama.

Toujours génial de se rendre à Marcel-Cerdan, la seule salle capable d’accueillir plusieurs milliers de spectateurs et de les faire pisser dans un dojo. Ayez le malheur de demander « Où sont les toilettes ? », et les yeux d’en face s’écarquillent comme si la question était prohibée. « Euh, il faut descendre en bas normalement, c’est l’escalier là-bas ». Un escalier qui vous mène six pieds sous terre, dans une grande allée où résonnent les bruits de corps projeté contre le tatami. C’est aussi ça la beauté du championnat de France. Une proximité que l’on prend beaucoup de plaisir à railler, mais qui nous manquerait si une espèce de faux prestige la balayait.

« Bonjour, les places sont prises ici ? »

« I am sorry i don’t speak french »

« Oh ok, the places ire, are dey foule ? »

« No no it’s free you can sit here »

Bien opportuniste que cette tribune presse et ses vassaux commandés par la grandeur américaine. Habituellement parsemée d’une poignée de silhouettes, elle est – au moment de l’entre-deux – pleine de journaleux venus jouer les scouts et faire “cliqueter” leurs stylos Bic. La personne qui parle dans la langue de Shakespeare ne bosse ni pour le Midi Olympique, ni pour la Voix du Nord. C’est une femme brune, d’une trentaine d’années, plutôt apprêtée – sûrement pour le cocktail de fin de match – qui semble en pleine découverte de la rusticité du basket français. Elle est venue de très loin pour assister aux trois premiers matchs des Metropolitans 92. Son rédac-chef du New York Times (oui oui) a dû lui l’envoyer gratter, scouter et disséquer le portrait du futur n°1 de la Draft 2023, plus gros prospect du basket mondial depuis LeBron James en 2003 : Victor Wembanyama. Elle se retrouve finalement au milieu d’une dizaine de geeks qui tiennent leurs iPhones à la verticale, pointés vers une silhouette de 2m21, attendant le moindre highlight pour l’envoyer sur les réseaux. Ça a son charme, à condition de garder du recul et de ne pas négliger les neuf autres joueurs présents sur le parquet. Il n’y a pas que Vico dans la vie, et hier, le jeu nous l’a rappelé.

Trois fautes en première période – l’une un peu sévère – et un rouleau de scotch déroulé de ses quadriceps fémoraux jusqu’au dessous du banc : Victor n’a joué que 4 minutes en première mi-temps, pour 0 point, 4 rebonds et 1 ballon perdu. On aurait pu se consoler avec un bon match de Betclic Élite, opposant tout de même Levallois à Pau, deux équipes qui ont joué les Playoffs 2022, mais même pas. L’attraction Michael Stockton, fils de son père et métronome du jeu palois, a été correctement lock-down par la défense francilienne. Ça et une panne d’adresse (1/12 à 3-points à la mi-temps) font que les visiteurs n’ont inscrit que 21 points dans le premier acte, contre 35 pour les Mets : c’en fut affligeant. Faisceau de lumière dans le brouillard, Hugo Besson en est déjà à 9 points, grattés sur des actions bien Venice Beach, bien cuisine individuelle, bien « écartez-vous et laissez-moi faire ! ». Une facilité parfaitement amortie par Vincent Collet en conférence d’après-match : « Individuellement ils [Besson et Wembanyama] sont déjà forts, maintenant il faut qu’ils apprennent le reste ».

Le suspens est définitivement recouvert de terre quand au retour des vestiaires, Victor Wembanyama passe la deuxième. Il terminera la rencontre à 10 points à 3/10 au tir, 8 rebonds, 3 passes et 3 contres. Une feuille de match bien payée au vu des galères rencontrées contre la bête physique Vitalis Chikoko, aka l’enclume béarnaise. Ce dernier est toutefois passé à la casserole sur une envolée de notre jeune crack.

L’aptitude de Victor à tirer d’un match moyen des actions spectaculaires va diviser. Phénomène surmédiatisé qu’il est, chacune de ses actions relayées sur les réseaux peut désormais faire l’objet d’un « C’est sa seule action positive du match. Vous désinformez un peu là… ». Être ou ne pas être, relayer ou ne pas relayer. La meilleure formule serait alors de poster l’action en question sans bourrer sa description de superlatifs, histoire de ne pas fausser la perception de ceux qui ne sont pas devant le match. À cause de relais dont il n’est évidemment pas l’auteur, de louanges maladroites, de smileys laquais du click-bait, certains haïssent déjà Victor Wembanyama sous couvert d’une forme d’« arrogance ». Tranquilou les gars, il n’y est pour rien. Pour preuve, Hugo Besson a terminé la rencontre avec 18 points à 6/8 au tir, 2 rebonds, 4 passes, 1 contre et 1 ballon perdu, et absolument personne ne s’est emballé sur sa performance. Il est pourtant le 58e choix de la dernière draft et propriété des Milwaukee Bucks, mais l’on parlera plus d’un match moyen de Victor Wembanyama, que d’une très bonne prestation d’Hugo Besson. On a une saison pour apprendre à correctement médiatiser Victor, sans que d’autres joueurs très prometteurs ne fanent dans son ombre.

Vincent Collet n’est heureusement pas un twittos et a su, avec toute la mesure qui est la sienne, trouver les mots justes pour saluer la performance de Hugo. Après ça reste un coach à l’ancienne hein, l’autre va cuisiner des pères de famille et poser 18 points, mais Vinz’ préférera souligner sa belle défense. Un bon complément à notre analyse, c’est cool.

« Il a fait un effort défensif qu’on ne lui connaissait pas. Je l’ai déjà félicité. Quand il est arrivé et que je ne le connaissais pas, j’étais un peu affolé de ce qu’il faisait en défense… ou de ce qu’il ne faisait pas plutôt ! *rires* » – Vincent Collet, entraîneur des Metropolitans 92

Tirage de rideau sur ce beau match entre Levallois et Pau-Lacq Orthez, la première à domicile de Victor Wembanyama, et cap vers la réception du Portel dès vendredi. On ne vous oblige pas à regarder mais on vous glisse quand même une petite info : le secteur intérieur des Nordistes est loin – très loin – d’être leur point fort.

Merci à “@_ad.visual_” sur Instagram pour ses photographies. 

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