Futures stars

Retour sur le passage de Bronny James à Nanterre : au centre absolu de l’attention, le « fils de » a répondu de la meilleure des manières

Bronny James

Déjà le GOAT.

Source image : ESPN 2

Deux jours après son passage à Nanterre, Bronny James est actuellement à Rome où il s’apprête, ce jeudi 18 août, à défier la Stella Azzurra de Camoranesi Jr. et du neveu de Fabio Grosso. Une rencontre que nous suivrons de près, histoire d’étoffer la première idée que l’on a pu se faire sur le style de joueur qu’il est : aérien, absorbé par le jeu et qui, sur le gong, ne dirait pas non à deux ou trois centimètres supplémentaires. Débrief.

« Il va prendre tous les ballons, reste à voir ce qu’il en fait ». Ce lundi 15 août, à quelques heures de la confrontation entre les French Prospects et le California Basket Club, notre scepticisme se voyait vitalisé en bon nombre d’analyses préconçues, hâtives et basées sur l’idée que l’on peut se faire d’un « fils de ». Un exemple ? Peu importe son niveau, la place médiatique occupée par Bronny James lui octroiera des passe-droits jusqu’à la NBA où, dès lors, il sera plus difficile de camoufler certaines lacunes. De l’aigreur ? Non, plutôt de la méfiance vis-à-vis d’un profil encore flou, que peu de scouts parviennent à jauger et transposer au plus haut niveau. À deux ans de sa probable draft, rares sont les scouting reports qui dissèquent le potentiel de Bronny James tout en prenant le lecteur par la main avec des termes de vulgarisation et des comparaisons parlantes. C’est ce qu’on essayé de faire.

Il n’a pas fallu beaucoup de temps à Bronny James pour prouver sa valeur : trois ou quatre premières minutes compliquées, des trajectoires de passe coupées par Bilal Coulibaly, puis cette extériorisation positive de l’accueil maison. La bronca sur chacune de ses pertes de balles ne l’aura déstabilisé qu’un temps. Sa classique ? Un drive, le premier défenseur dans le vent, attendu sous le cercle, répond par le talent. Bronny sait adapter ses finitions aux placements des défenseurs sans tomber dans le grand n’importe quoi. Ses « up and under » – en plus d’être esthétiques – allient un toucher millimétré et une parfaite absorption du contact. À seulement 17 ans, on lui décèle déjà cette puissance maîtrisée à la finition, qu’il n’a ni hérité ni de son oncle, ni d’un cousin éloigné. Pour faire plus original qu’une comparaison avec le daron, son profil nous rappelle un peu Donovan Mitchell. À l’échelle d’un lycéen hein, mais lui aussi est à l’aise avec son dribble et aime en découdre avec ceux qui lui rendent des centimètres. Sa marge de progression se situe exclusivement dans la gestion des offensives, du tempo, de l’intensité, où il peine encore à mettre ses coéquipiers dans de bonnes dispositions. À “seulement” 1m91 – les conspirationnistes l’annoncent à 1m88 (et ils ont peut-être raison) – il lui faut parfaire sa palette de meneur gestionnaire. Même topo en défense où, contrairement aux Français Madiba Owona, Bilal Coulibaly et Maxim Logue, on ne l’a que trop peu vu.

Ce poster. Ce foutu poster. Bien sûr, cette action n’est qu’un nénuphar dans la mare de nénuphars (pire expression) : Bronny a scoré 25 points, est sorti sur cinq fautes, a perdu la rencontre et Bilal Coulibaly a été nommé MVP de cette deuxième strophe du Axe Tour. Mais voilà, quand le fils de LeBron James – l’un des sportifs les plus influents de l’histoire – vient à Nanterre, remonte le terrain comme un TGV et écrabouille un vis-à-vis qui lui rend dix centimètres, il faudrait applaudir puis se rasseoir ? C’est son premier très gros highlight en carrière. De surcroît claqué contre une équipe de jeunes qui, pour la plupart, sont déjà initiés à la formation professionnelle. On a fait de superbes découvertes côté français hein, mais est-il scandaleux de se déplacer dans l’optique de voir un joueur plus que les autres ? On ne dit pas qu’une grande majorité des 3000 spectateurs ont payé leur billet pour voir jouer les fils James, on dit simplement qu’une grande majorité des 3000 spectateurs ont payé leur billet pour voir jouer les fils James. Dès lors, il est un peu hypocrite de s’étonner de l’engouement autour de Bronny, logiquement surmédiatisé, inéluctablement au centre de l’attention. Et même quand un média en place une pour l’impressionnant Roman Domon – ce qu’on a fait juste ICI – Bronny James reste le point d’attache n°1 du lectorat. C’est ce que l’on appelle un phénomène populaire. Est-ce un fléau ? Pas du tout, c’est même ce qui maintient l’attention autour d’un sport. Comprenez donc qu’à l’aube de ses premiers grands rendez-vous en carrière – NCAA à l’été 2023, draft NBA à l’été 2024 – un coup d’éclat du fils de LeBron à Nanterre fasse parler. Et ce n’est d’ailleurs pas incompatible avec l’éloge des Français. Le mieux, c’est de faire les deux.

Dire du bien du fils de LeBron James dans une défaite face à des Français, en dépit d’une feuille de match à 25 points, c’est comme marcher sur des œufs avec des Doc Martens. Bon, on aurait parlé du deuxième là, le binoclard qu’a joué 10 minutes et inscrit le tir le plus chanceux de l’histoire de Maurice Thorez, c’eût peut-être été un peu forcé.

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