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NBA Flashback 2021-22 : le soir où les Raptors sont allés s’imposer à Miami après trois prolongations, 63 minutes de plaisir

Nick Nurse 29 juillet 2022

On te comprend Nick, on te comprend.

Source image : YouTube

Période creuse oblige, TrashTalk a pris l’habitude chaque été de vous faire revivre avec émotion les plus grands moments de la saison écoulée. Sauf en 2021, car à l’été 2021 sachez que l’équipe de rédaction est passée tout près de rendre les armes mais ça c’est une autre histoire. On reprend donc la bonne vieille formule, on recule de quelques mois, et on se souvient que cette saison 2021-22 fut folle, du premier au dernier jour. Aujourd’hui ? Le soir où Raptors et Heat ont joué tellement longtemps qu’on est tous arrivés en retard au boulot le lendemain.

Pour les stats de ce véritable marathon, c’est juste ici

Lorsque l’on imagine les moments forts qu’a pu nous offrir la NBA à travers l’histoire, nous visualisons très généralement les performances réalisées par un joueur ou une équipe. Un record, une humiliation, une action… nous avons des centaines d’exemples en tête. Pourtant, la grande Ligue ne se résume pas à cela. Le basketball est un sport qui oppose deux camps, et sa beauté ne provient pas toujours du contenu du match ou de son résultat final, mais plutôt de l’affrontement dans ce qu’il a de plus pur, de plus simple, de plus… primitif. C’est pourquoi, à l’occasion de leur rencontre en ce samedi 29 janvier 2022, Raptors et Heat vont nous proposer un spectacle combat mémorable, qui résonne encore aujourd’hui dans nos têtes comme l’un des matchs les plus fous de l’année passée, et sur lequel nous sommes donc en obligation de revenir pour cette série de flashback de la saison 2021-22.

Cette nuit-là, six matchs sont au programme. Les affiches ? Pas vraiment des plus alléchantes. Si Kevin Durant et James Harden avaient été là, l’opposition entre Nets et Warriors aurait bien évidemment été au centre de l’attention. Mais en raison des pépins physiques, la hype était bien moins folle qu’espérée. Non, les regards sont bel et bien tournés vers l’Est, en Floride, où se profile un duel très musclé entre Toronto et Miami. Juste au-dessus des 50% de victoires (24-23), les Raptors débarquent à Venice Beach dans le but de s’offrir une petite marge à deux semaines du All-Star break. De son côté, le Heat doit assumer son statut de leader de la Conférence (32-18) face à des Dinos affamés : un vrai petit test pour la bande à Jimmy. Un aspect peu évoqué à l’époque trouve néanmoins un écho bien différent aujourd’hui. N’ayant pas joué depuis deux nuits, les joueurs de Nick Nurse arrivent tout frais face aux hommes d’Eric Spoelstra, qui vont eux entamer le deuxième match d’un back-to-back. Une donnée qui, à la lumière de ce qui est arrivé ce soir-là, ne peut pas sembler anecdotique.

Très vite, les héros du jour se démarquent. Avec 11 points chacun, Gary Trent Jr. et Jimmy Butler ouvrent la voie dans un premier quart-temps ultra-serré où l’écart ne dépassera jamais cinq points. Au terme des douze premières minutes, le score est de 28 à 27 pour les Raptors. Le ton est donné. Arrêtez ce que vous faites en parallèle, chopez des pop-corns et installez-vous confortablement dans votre canapé, parce que le show va être au rendez-vous. Côté Miami, la Butler-dépendance est flagrante. Lorsque ce dernier sort, Toronto va prendre jusqu’à 15 points d’avance au milieu du deuxième quart. Lorsque ce dernier rentre, l’écart fond et le Heat revient à six petits-points (59-53) à la mi-temps. Nous en sommes donc à la moitié du match – enfin c’est ce qu’on croyait – et Jimmy Buckets en est déjà à 24 points. Dès la reprise, c’est la rechute : les Canadiens reprennent jusqu’à 16 points d’avance et Miami semble n’avoir aucune solution face à l’intensité des Dinos. Au moment d’entamer le quatrième quart-temps, les Floridiens sont à moins 10. Traduction : c’est maintenant ou jamais pour placer un run. Et même si on ne croit pas tous en la magie, force est de reconnaître qu’on ne sait pas ce qu’il s’est passé pour que les quatre plots qui accompagnaient Butler sur le terrain redeviennent tout à coup basketteurs. Bien lancé par deux gros tirs de Max Struss – ah oui on en est là – le Heat recolle avant que les leaders naturels ne reprennent la barre pour le money time. Bien joué matelot !

À quatre minutes de la fin du temps réglementaire, les deux équipes sont à égalité. Les défenses sont étouffantes, l’intensité est folle et les briques s’enchaînent. Les Raps ne marquent que près du cercle, tandis que Miami parvient à prendre deux points d’avance dans la dernière minute sur deux gros tirs à 3-points de Tyler Herro – pourtant nul depuis le début du match – puis P.J. Tucker. Sur leur dernière opportunité, les Dinos arrachent deux lancers grâce à la tentative de claquette de Scottie Barnes. Serein, à deux secondes de la fin et alors qu’il est mené de deux points, le Rookie of the Year va marquer ses deux free-throws. Overtime in Miami, on prend les mêmes et on recommence. Dans la lignée du manque d’oxygène ressenti depuis quelques minutes, la prolongation va être irrespirable et… totalement WTF. C’est bien simple : la rencontre perd toute logique. Côté Raptors, Gary Trent Jr. ne rentre plus rien du tout, pas plus que Herro ou Tucker, pourtant sauveurs du Heat il y a juste deux minutes. Comme prévu, ce sont donc Gabe Vincent (?) et Fred VanVleet – qui se réveille enfin – qui prennent les choses en main. En même temps, quand on joue à 150% depuis 3h30, on peut comprendre que la lucidité commence à fléchir.

Sur une dernière action complètement désorganisée, OG Anunoby parvient à prendre un turnaround fadeaway improbable… et le manque de justesse. Égalité à 105 partout, on reprend les mêmes, et on rerecommence. À votre avis, commence se passe la deuxième prolongation ? Oui bravo ! Exactement comme la première. La dernière action de ces cinq minutes est d’ailleurs très représentative du match. Sur un tir de Trent Jr. provoquant un bordel au rebond à rendre jaloux le périph’ parisien, le ballon atterrit dans les mains de Gabe Vincent qui envoie une ogive à dix mètres… et score ! Dommage qu’Erik Spoelstra ait pris temps-mort avant, annulant de ce fait ce qui aurait été un game winner. C’est dur, surtout que Tyler Herro va faire airball sur un floater tout seul à trois mètres du cercle juste derrière. Tout ça pour ça quoi. Et vous connaissez le refrain non ? On rereprend les mêmes et on rererecommence. Mais cette fois-ci, c’est pour de bon. Toujours portés par un Fred VanVleet ultra-clutch, les Raptors parviendront à prendre quatre points d’avance à neuf secondes de la fin, et Miami ne reviendra pas. Après trois longues, TRÈS LONGUES overtime, le match se termine : 124-120 pour les Dinos.

Accrochez-vous bien parce que les chiffres sont quand même vertigineux. Au total, le cinq majeur de Toronto aura joué 55 minutes et 48 secondes de moyenne sur ce match qui aura quant à lui duré quatre heures ! Côté Heat, la feuille de match est plutôt équivoque : Jimmy Butler a littéralement porté la Floride sur ses épaules avec 37 points, 14 rebonds, 10 passes, 3 interceptions et 2 contres en 52 minutes. Et parce qu’on n’oublie rien, on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’il se serait passé si Miami avait eu ne serait-ce qu’un jour de repos. Chez les Canadiens en revanche, chacun aura apporté différemment et à différents moments, rendant ainsi compliqué le fait de choisir un top performer, bien que les 33 points de Gary Trent Jr. semblent sortir du lot malgré une fin de match à oublier. Pascal Siakam n’est quant à lui pas passé loin du five-by-five avec un match en 21/13/6/4/4 qui cache toutefois des pourcentages bien crades. Au-delà des statistiques, on retiendra donc l’effort surhumain produit par tous les protagonistes majeurs de ce match, qui n’ont pas dû tarder à s’endormir le soir-même, tout comme nous.

Ce Raptors-Heat ne restera pas dans les annales comme le plus beau match de l’histoire de la NBA. Pourtant, il sera pour toujours considéré comme une guerre de tranchées nous ayant tenu en haleine bien plus longtemps que l’on ne l’avait imaginé. Merci messieurs, plus que des basketteurs, il y avait dix gladiateurs sur le terrain ce soir-là.

Source texte : Basketball Reference

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