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Nous ne reverrons plus de carrières comme celle de Bill Russell : retour en 10 chiffres sur ce qui a fait la légende du pivot

Bill Russell 1 août 2022

Foutue poussière dans l’œil…

Source image : YouTube

Une nuit entière est passée, mais la douleur est toujours présente en nous réveillant ce matin. Non, ce n’est pas un mauvais rêve : Bill Russell est bien décédé ce dimanche 31 juillet 2022, paisiblement, aux côtés de sa femme Jeannine. La NBA a perdu l’un de ses plus grands joueurs. Un champion, un ambassadeur, un combattant… un modèle, tout simplement. Sa vie aura marqué les nôtres à de nombreux égards, et ce à jamais. C’est pourquoi nous nous sommes dits que celui qui a pendant près de six décennies affolé les compteurs méritait bien que l’on revienne sur sa carrière en dix chiffres. Allez, le cœur est lourd mais pas question de perdre le sourire. 

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Alors qu’il débarque de NCAA où sa rafle de titres a déjà commencé, Bill Russell ne va être sélectionné ni en première position, ni par les Celtics. Et oui, lors de cette Draft 1956, c’est bien Sihugo « Si » Green qui deviendra first pick, choisi par les Rochester Royals. Bilou est donc sélectionné en seconde position par les St-Louis Hawks… qui vont le transférer à Boston contre Ed Macauley et Cliff Hagan. Là, on commence vraiment à croire qu’il y avait cette année-là un concours pour savoir qui était capable de faire les pires choix. Désireux d’intégrer Russell à son effectif pour ses capacités défensives, ce qui est à l’époque totalement novateur, Red Auerbach est bien content d’accueillir le pivot. Au cours de cette même Draft, les Celtics vont d’ailleurs sélectionner deux autres Hall of Famers : K.C. Jones et John Heinsohn. Voilà comment avec un peu de folie et d’ambition, mais surtout des adversaires bourrés le soir de la Draft, on crée la dynastie la plus victorieuse de tous les temps.

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À vrai dire, ce nombre ne correspond pas à une moyenne, mais plutôt deux. Lisez plutôt. Alors qu’il a passé treize saisons en tant que joueur au sein de la NBA, Bill Russell n’a jamais dépassé les 19 points de moyenne. Sa meilleure campagne au scoring ? L’exercice 1961-62, où il terminera à 18,9 points. Alors oui, c’est déjà pas mal, mais les plus novices d’entre-vous pourraient se dire que c’est assez peu pour quelqu’un qui est considéré comme l’un des plus grands joueurs de tous les temps. Attendez, ce n’est pas fini. À l’inverse, Bill the Hill ne réalisera qu’une seule saison en-dessous des 19… rebonds de moyenne. Ah non non pas la peine de recharger la page, vous avez très bien lu. Son petit coup de moins bien ? La campagne 1967-1968, où, à 33 ans, il ne gobe que 18,6 tirs manqués par match. Mdr. Plus sérieusement, la stat est folle, car un petit match au rebond du gaillard serait une masterclass tous les soirs dans la NBA actuelle. Et dire qu’Andre Drummond se considère comme le meilleur rebondeur de tous les temps… Même là-haut, on peut encore entendre Bilou en rire.

21 620

Bon, quitte à parler des rebonds, autant aller au bout des choses. Alors non, encore une fois il est important de le préciser : 21 620 ne correspond pas au nombre de points marqués par Russell en carrière, mais bel et bien au nombre de rebounds qu’il a capté au total en treize ans. Alors oui, son grand rival Wilt Chamberlain en a chopé encore plus (23 924), m’enfin wow quoi. On parle quand même d’un mec qui a pris plus de rebonds que Tony Parker, Isiah Thomas ou encore George Gervin n’ont chacun mis de points. Même Larry Bird n’est pas passé loin d’être derrière avec « seulement » 21 791 puntos. Non, vous savez quoi, on va vous la refaire. Sur les 4 711 joueurs ayant jusqu’aujourd’hui mis un pied sur un parquet NBA, 4 675 ont marqué moins de points que Bill Russell n’a chopé de rebonds, soit environ 99,2%. Est-on réellement capables de se représenter ce que ces chiffres signifient ? Surtout que le gars a réalisé tout cela en seulement treize saisons. C’est simple, dans le top 10 des plus gros rebondeurs de l’histoire, il est le seul à n’avoir jamais dépassé la barre des 1 000 rencontres disputées (963). Mad respect Russ.

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Connu et reconnu pour le nombre de titres qu’il a remporté au cours de sa carrière, et sur lesquels nous allons bien sûr revenir, Bill Russell possède un autre record de onze unités qu’il va être très difficile à aller chercher. LeBron est très fort dans les win or go home games ? Certes, mais voici le maître de l’exercice : avec les Celtics, le pivot a remporté dix game 7 sur dix et un game 5 sur un. Soit un joli 11/11 dans les fins de série de Playoffs. On pourrait déjà se dire que la performance est dingue, mais si on décide de rajouter à cela les matchs en université et les Jeux olympiques, on arrive à un total de 21/21 dans les matchs à enjeu similaire. En gros, chaque adversaire ayant affronté Bilou dans un ultime combat a perdu. La pression ? C’est à se demander si ce terme existait à l’époque de Whiskers, qui n’a visiblement pas trop été affecté par cette dernière. On attend donc de voir qui sera le premier à égaler ces onze victoires, sans même parler de faire un 100%. Notre petit doigt nous dit que ça risque de prendre longtemps, voire très très longtemps.

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Si nous vous demandons quelle est la première chose à laquelle vous pensez lorsque l’on vous dit « Bill Russell », vous serez certainement un paquet à nous répondre « onze titres de champion ». Ici, nous avons donc voulu voir encore plus large, car The Stuffer n’est pas qu’un immense champion NBA. En plus de ses onze bagues dans la grande Ligue avec Boston (record qui ne sera probablement jamais égalé), le bonhomme a également remporté deux titres NCAA avec les San Francisco Dons et un titre olympique avec Team USA lorsqu’il était encore universitaire. Cela nous fait donc un total de quatorze titres au compteur. L’indécence a-t-elle des limites ? On aurait aussi pu vous parler du fait que les Celtics de Billou se soient hissé au sommet des Playoffs huit fois d’affilée, où que ce dernier ait remporté les deux derniers titres de cette folle série en tant que joueur ET coach de l’équipe, mais on se dit que soit vous connaissez déjà tous ces chiffres, soit vous êtes submergés par autant de greatness. C’est bien simple : il est quasi certain que nous ne reverrons plus jamais ça. Et d’un côté tant mieux, car le suspense c’est bien aussi.

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Comment envisager écrire un article intitulé « Bill Russell en dix chiffres » sans y inclure… son propre numéro ? Car le maillot de Bill Russell n’a pas seulement marqué toute une génération de basketteurs, il est une relique intouchable qui continuera de traverser l’histoire de la NBA, et ce même maintenant qu’il n’est plus là. Deux équipes ont d’ailleurs décidé de retirer la tunique floquée du nom « Russell » suivi d’un « 6 ». Les Boston Celtics l’ont même retiré… deux fois. Une première fois en 1972 lors d’une cérémonie à laquelle Bilou n’a pas voulu participer en raison de son combat pour les Noirs. Une seconde fois en 1999, où la légende était bien présente aux côtés de Wilt Chamberlain, Larry Bird ou encore Kareem Abdul-Jabbar. Le numéro 6 a également été retiré par les San Francisco Dons, où Russell a joué de 1953 à 1956 en NCAA. Pas vraiment étonnant lorsque l’on sait à quel point le pivot dominait ses contemporains, rapportant ainsi les deux seuls championnats de l’histoire de l’université. Quel homme.

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Parmi la multitude d’histoires, de moments ou d’anecdotes concernant le combat de Bill Russell pour la communauté afro-américaine, il y a un nombre qui est particulièrement révélateur de la force de caractère du monsieur. En effet, comme tous ceux avant et après lui, Russ devait recevoir une bague à l’occasion de son intronisation au Hall of Fame en 1975. Toutefois, il faudra attendre 44 ans avant que ce dernier ne la reçoive. La raison ? Bilou refusait tout simplement un tel honneur. Il lui était en effet inconcevable d’être le premier joueur noir à intégrer ce temple du basketball, et a attendu le bon moment pour l’accepter. C’est donc à l’occasion de l’intronisation en 2019 de Chuck Cooper, premier joueur noir à avoir été drafté en 1950, que l’ancien pivot des C’s s’est résolu à enfin organiser une cérémonie privée pour recevoir sa bagouze l’esprit tranquille, la même année. Un geste certes symbolique, mais qui en dit beaucoup sur le personnage, dont la conviction force le respect.

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Quitte à rester dans le thème du « Hall of Fame », autant vous révéler tous ceux dont Bill Russell fait partie. Non pas un, deux ou trois, mais bien quatre ! Encore une fois, le mec parvient à faire plusieurs fois ce que certains rêveraient d’atteindre ne serait-ce qu’à une seule reprise. Bon, vous l’avez compris, en 1975 l’intérieur intègre le Naismith Memorial Basketball Hall of Fame, le plus connu, qui regroupe les plus grandes légendes de notre sport, et notamment de la NBA. En 2006, pour sa carrière universitaire, il intègre le National Collegiate Basketball Hall of Fame en tant que membre de la classe inaugurale aux côtés de James Naismith, Oscar Robertson, Dean Smith et John Wooden. En plutôt bonne compagnie donc. L’année suivante, c’est au tour du FIBA Hall of Fame, créé en 1991, de l’inclure dans le musée nouvellement construit comme membre de la « classe fondatrice ». Enfin, l’année dernière, ce dernier était à nouveau intégré au Naismith Memorial Basketball Hall of Fame, mais cette fois-ci en tant que coach, puisqu’il fut le premier entraîneur noir de l’histoire de la NBA. On a presque envie de vous dire qu’on n’est pas étonné, même si c’est complètement fou…

25/35/50/75

Oui, alors là on a peut-être un peu dérogé à la règle puisqu’il n’y a pas qu’un seul nombre mais plutôt quatre. Peut-être que certains d’entre-vous ont même deviné à quoi ces derniers faisaient référence… Il s’agit des équipes « anniversaires » de la NBA dont Mister Russell a fait partie. On aurait limite pu écrire « toutes » à la place de tous ces chiffres puisque, par définition, Bilou y a toujours été inclus. En 1971, à l’occasion des 25 ans de la grand Ligue, Whiskers est déjà là, ayant pris sa retraite deux ans plus tôt. Bis repetita en 1980 à l’occasion des 35 ans. Dans la très célèbre liste des 50 plus grands joueurs de tous les temps dévoilés en 1996 ? Évidemment, le pivot est une évidence. Et lorsque, cette saison, la 75ème de la NBA, une nouvelle liste de 75 noms est révélée, Bill Russell est bien là. S’il n’a toutefois pas pu se déplacer physiquement à la cérémonie organisée, ce dernier est pourtant le premier nom à être annoncé parmi les pivots. Le symbole est très fort pour celui qui fut un pionnier à tout point de vue et a ouvert la voie à nombre de légendes.

88

Comme vous l’avez peut-être remarqué, les chiffres de cet article ont été annoncés dans une logique chronologique, ou du moins approximativement. Il est donc tout à fait normal de refermer ce papier sur le nombre 88, âge auquel Bill Russell s’est éteint. Sa carrière, ses combats, sa vie, furent au-delà de l’époustouflant. Plus qu’une source d’inspiration, le pivot était un modèle sur le plan sportif, mais aussi humain. Bien qu’il soit important de lui rendre hommage, un millier d’histoires ne serait pas suffisant pour décrire la legacy qu’il laisse derrière lui. Sans Bill Russell, il n’y aurait peut-être jamais eu Kareem Abdul-Jabbar, de Shaquille O’Neal, de Javale McGee et bien d’autres encore. Face à une telle légende, nous ne pouvons que nous incliner. Son sourire ne nous accompagnera plus, mais sa joie de vivre et sa force continueront d’animer le monde de la balle orange pour l’éternité. Et on ne peut s’empêcher de l’imaginer là-haut, retrouver certains de ses anciens coéquipiers aux Celtics et Wilt, pour un énième remake dantesque du meilleur des années 60. Finalement, il ne nous a pas quitté, il est juste parti un peu plus loin.

Bon voyage Bill, tu nous manques déjà. Une carrière de légende, qui restera à jamais comme l’une de celles ayant ouvert les portes à beaucoup de choses dans l’histoire de la ligue. 

Sources : ESPN, realgm.com, Hall of Fame. 

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