Blazers

La vente des Blazers : « blitz médiatique » contre Jody Allen, tentative de putsch par Nike, un dossier toxique de bout en bout

Jody Allen

La première franchise à vendre qui n’est pas à vendre.

Source image : YouTube

Le scénario n’est ni de David Benioff ni de D. B. Weiss, et pourtant, à Portland, l’ambiance est très « Game of Thrones ». Prévue depuis 2018 et le décès du propriétaire de la franchise, la vente des Blazers traîne. Une pression folle est mise sur Jody Allen, dont la légitimité et les méthodes sont – article après article – remises en cause. Débrief.

Le 15 octobre 2018, Paul Allen décède des suites d’un cancer du sang. Cofondateur de Microsoft, propriétaire des Seattle Seahawks et des Portland Trail Blazers, sa fortune est estimée à 20,3 milliards de dollars. Étrangement, ce n’est pas ce que les gens retiennent de lui. À une époque où le qualificatif de « milliardaire » tourmente, Paul Allen laisse un souvenir humain de son passage parmi nous. Un grand patron.

« Une des choses qui fait le plus mal est qu’il voulait désespérément voir cette équipe franchir le cap de son vivant. Les Blazers étaient son premier amour. Il a pu le vivre à Seattle, au moins. Il peut reposer en paix en sachant tout ce qu’il a fait pour changer le monde en mieux. » – Michael Hustad, un fan des Blazers

Depuis la disparition de son frère, Jody Allen a pris les commandes. Elle est la propriétaire temporaire des Portland Trail Blazers. Pourquoi « temporaire » ? Dans le testament de Paul Allen, son souhait était que tous ses biens possédés – institutions, entreprises et propriétés immobilières – soit vendus pour financer ses « efforts philanthropiques ». Tout à la charité donc, y compris l’argent récolté par la future vente des Blazers. Que s’est-il passé depuis ? Quatre ans de rumeur sur l’identité d’un racheteur, mais rien de vraiment concret. Jody Allen ne se presse pas et semble vouloir faire les choses bien. Le nom de Larry Ellison – cofondateur d’Oracle – est sorti à plusieurs reprises. Cela fait plus d’une décennie qu’il essaie d’acheter une équipe NBA. Il semblerait, selon Sean Highkin du Rose Garden Report, que ce dossier lui ait une nouvelle fois échappé. À l’instant T, Phil Knight semble être le candidat préféré de la ligue pour une reprise des Blazers. Qui est Phil Knight ? Le fondateur de Nike, tranquilou-bilou. Lui et Alan Smolinisky, propriétaire minoritaire des Dodgers de Los Angeles, auraient – selon ESPN – envoyé une offre de deux milliards de dollars le mois dernier à Jody Allen. En réaction, les Blazers ont publié un communiqué dans lequel est mentionné : « Une offre a été faite par Phil Knight. L’équipe n’est toujours pas à vendre ». C’est clair, sans trop l’être.

Le 5 juillet, Jody Allen campe sa position. Dans une déclaration au nom des Blazers et des Seahawks, elle rappelle – apparemment sans y être invitée – qu’« aucune des deux équipes n’est à vendre et qu’il n’y a pas de discussions de vente en cours ». Et pourtant, le 10 avril dernier, John Canzano, un journaleux bien référencé dans le sport orégonien, rapportait que les Blazers étaient « préparés pour une vente aux enchères » dans les 12 à 18 prochains mois.

Mais, pourquoi ce décalage entre les propos de Jody Allen et ceux des médias ?

Et encore, s’il n’y avait que les médias. Le 6 juillet, Ron Wyden, le plus ancien sénateur de l’Oregon, s’exprime dans les colonnes du Willamette Week. Pour lui, l’intérêt de Phil Knight est une « merveilleuse nouvelle ». Il témoigne même d’une prise de contact entre Knight et Adam Silver, avant d’ajouter : « Je ne peux pas entrer dans les détails, mais je suis pratiquement sûr qu’il y a beaucoup de discussions en cours en ce moment ». Deux salles, douze ambiances.

Sommet de la controverse, le 7 juillet, le New York Post annonce que Jody Allen devrait vendre les Blazers. Dans ce papier signé Sara Nathan, la proprio en prend plein la tronche. Une « culture organisationnelle toxique » sous son égide, des allégations de mauvaise conduite et une petite bombe comme quoi elle ne répondrait plus aux appels et e-mails de Damian Lillard. Le sextuple All-Star a démenti dans la foulée. Cette histoire ressemble à un gros règlement de compte, mais n’est en vérité qu’une bataille médiatique, faites de petites crasseries probablement signées d’excellents communicants, pour positionner tel ou tel candidat sur le siège de proprio. Tout ça, sur probable fond de lobbying. C’est ce qu’analyse Sean Highkin, toujours pour le Rose Garden Report. Il pense que Jody Allen a eu vent d’un « blitz médiatique » visant à accélérer la vente des Blazers. Le Blitz ? Bah, le papier du New York Post. Ces histoires de « culture organisationnelle toxique » ne serviraient finalement qu’à ranger l’opinion publique du côté de ceux qui veulent qu’elle vende. Et c’est là que Sean Highkin touche dans le mille. Le journaleux du Rose Garden Report pointe du doigt la seule source citée par le New York Post, Larry Miller. Dans le papier, ce monsieur – présenté comme un « ancien président des Blazers » – déclare qu’elle devrait « absolument accepter l’offre de Knight ». Rendons à César ce qui appartient à César, Sean Highkin touche là où le New York Post n’a pas touché.

« Il n’est mentionné nulle part dans l’article du New York Post qu’avant cela, de 1997 à 2006, Larry Miller a occupé divers postes chez Nike, dont sept ans en tant que président de Jordan Brand. Depuis qu’il a quitté les Blazers, il est retourné chez Jordan Brand en tant que président, un poste qu’il occupe toujours aujourd’hui.

Cela semble être un détail pertinent à inclure dans une histoire où Miller plaide pour que les Blazers soient vendus à un groupe dirigé par le fondateur de l’entreprise Nike. » – Sean Highkin, journaliste pour le Rose Garden Report

On n’affirme rien, on ne réfute rien, mais il est très amateur de la part du New York Post d’omettre un détail comme celui-ci. Et comme le New York Post n’est pas un journal « amateur », l’impartialité journalistique de Sara Nathan – rédactrice du papier très à charge sur Jody Allen – est forcément questionnable. Mais bon, peut-être apprendra-t-on dès demain que Jody Allen est une humanoïde et que Sara Nathan préparait tout simplement un putsch pour la faire tomber. Bénéfice du doute.

Honnêtement, si c’est un coup monté de la part de Phil Knight et ses copains de chez Nike pour récupérer les Blazers, le coup du « elle ne répondait plus aux messages de Damian Lillard » était un peu gros. Eh ouai, le joueur peut démentir, faut y penser les mecs.

Source texte : Rose Garden Report / Yahoo Sports / New York Post

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