Le billet d'Alex

Le billet d’Alex : les Warriors et le problème des grands qui pèsent

Deandre Ayton Warriors
Source : YouTube / Phoenix Suns

Dans la nuit de mardi à mercredi, nous avons assisté à un match d’une intensité digne des Playoffs entre les deux meilleures équipes actuelles en NBA. Warriors et Suns nous ont offert du grand basketball tactique et défensif. Le genre de basketball qui peut les emmener très loin. Et au milieu de tout cela, la performance de Deandre Ayton a beaucoup retenu l’attention. Car à travers son gros double-double, le pivot de Phoenix a exposé un vrai problème côté Golden State. Ce problème a un nom : les grands qui pèsent. 

La tranquillité avec laquelle Ayton a pu marquer certains paniers, le mismatch permanent qu’il a représenté pendant tout le match face aux intérieurs californiens et encore plus en cas de switch. La facilité pour l’atteindre grâce à une simple passe lobée arrivant sous le cercle, le fait qu’il aurait pu finir avec plus de 30 points au compteur s’il ne s’était pas privé de quelques paniers par manque de dureté… Autant de constats qui font que les 24 points et 11 rebonds d’Ayton ont ressemblé à une fatalité pour des Warriors impuissants face à un gars juste trop grand, trop costaud. 

Les Warriors ont pourtant le meilleur rating défensif de la ligue à ce point de la saison. Leur défense s’est montrée intraitable car d’une énorme intelligence, avec des joueurs polyvalents qui connaissent leurs rôles et sont guidés par leur pilier aboyeur Draymond Green. Mais même la plus intelligente des défenses peut se retrouver en difficulté si elle est trop dominée en taille et en poids sous les cercles. Bien sûr, les pivots adverses ne seront pas tous aussi capables techniquement et aussi bien utilisés que l’ami Deandre. C’est d’ailleurs toute la force des Suns cette saison : savoir identifier les points faibles de l’adversaire et appuyer là où ça fait mal de manière chirurgicale. Bien sûr il ne s’agit que d’un match mais la faiblesse des Warriors due à leur manque de taille sous les cercles pourrait devenir une vraie problématique. Surtout si l’on on prend en compte le fait qu’un paquet d’équipes ont la capacité de mettre à mal la raquette des Warriors en s’appuyant sur des intérieurs de grande taille ET capables techniquement. 

D’où la question à deux dollars du jour : comment se fait-il qu’on ne l’ait pas encore trop senti en voyant évoluer Golden State ? 

Tout simplement parce que les Warriors sont passés au travers des gouttes sur ce point depuis le début de l’exercice 2012-22. Ils ont joué les Wolves d’un Karl-Anthony Towns bien trop discret, trop peu agressif et pas assez servi (voire recherché) dessous. Tranquille. Ils ont joué les Bulls sans Nikola Vucevic et les Sixers sans Joel Embiid. Très tranquille. Ils ont joué les Blazers de Jusuf Nurkic mais peut-on considérer ces Blazers en général ou leur pivot en particulier comme un quelconque test sur ce premier quart de saison ? En opening night, les Guerriers de Curry ont bien affronté les Lakers et Anthony Davis leur a fait mal mais on n’en a pas trop parlé. Parce que c’était l’opening night et qu’on ne va pas commencer à faire des conclusions trop hâtives (pas le genre de la maison). Parce que les Warriors ont gagné également. Sûrement aussi parce qu’ils sont très solides au rebond (Top 5 de la ligue avec plus de 47 prises par match). 

Toujours est-il que Draymond occupe très souvent le poste 5. Ce n’est pas qu’il ne peut pas, loin de là. Au contraire même. Avec Green en pivot, les Warriors retrouvent un peu de ce death line-up qu’ils adorent et avec lequel ils ont fait (et font) tant de dégâts. Non, le truc c’est que Draymond tout aussi fort défenseur soit-il, ne mesure que 198 centimètres de haut. Kevon Looney atteint les 2m06 et Nemanja Bjelica est donc le joueur le plus grand du groupe actuel (208 centimètres) en attendant le retour de James Wiseman, le seul vrai 7-footer du roster. Les Warriors auraient-ils à ce point besoin de leur pivot sophomore, certes talentueux mais encore très irrégulier pour ne pas dire plus ? Et bien, peut-être que oui ! Au moins pour l’utiliser sur des séquences courtes afin de soulager les “petits” intérieurs quand il y a un grand gaillard qui les dévore en face. 

Parce qu’attention…

Joel Embiid, Nikola Jokic, Anthony Davis, Nikola Vucevic, Deandre Ayton donc, Jonas Valanciunas ou encore Bam Adebayo et Rudy Gobert pour ne citer qu’eux, sont des (grands et gros) morceaux qu’il va falloir affronter en régulière ou en Playoffs, ou les deux. On peut évidemment rajouter Giannis Antetokounmpo à cette liste car même si son jeu est plus varié qu’un véritable intérieur, le moins qu’on puisse dire est que le grec pèse sacrément lourd sous les cercles. Tous ces gars sont dans des équipes avec des coachs et des coéquipiers qui ont vu ce qu’Ayton et les Suns ont fait et qui sont tout à fait en capacité d’exploiter ce point faible. Si toutes les équipes croisant les Warriors se mettent à pilonner intelligemment sur Looney et Green sous les cercles, le duo pourrait avoir un peu plus de mal à tenir la baraque. Pas forcément simple à exécuter pour l’adversaire mais c’est tentant. 

Il ne s’agit pas ici de remettre en question le niveau de jeu et l’impressionnant début de saison de la bande à Curry. Il s’agit juste de se projeter, d’essayer au moins. Les grands sont sûrement le vrai obstacle aux immenses ambitions de ces Warriors. Un obstacle de taille donc (vous l’avez ?). Un obstacle qu’ils ont pour l’instant pu contourner mais qu’ils devront affronter tôt ou tard. Tôt car les Suns et Deandre Ayton sont de passage dans la Baie pour la revanche dès ce vendredi. Tard, car la saison est longue et les Playoffs sont encore très loin. 

Steve Kerr n’a pas à paniquer car il a des options, notamment celle de se dire que c’est comme ça et qu’ils ont de quoi battre les Suns ou d’autres quand même au vu de l’impact exceptionnellement négatif d’un Stephen Curry parfaitement appréhendé par la défense de Mikal Bridges et des Cactus en général mardi dernier. Les concurrents adoreraient mais le Chef ne sera que très rarement aussi mauvais. D’autant plus que le retour de Klay Thompson se rapproche et le Splash Bro va apporter, a minima, sa qualité de shoot à une attaque déjà bien équipée dans ce domaine. Donc une arme de plus pour gagner tout en étant parfois très dominé dessous.

Nul doute néanmoins que le staff jaune et bleu doit avoir ce souci bien en tête. Il est possible que cela lui procure quelques soirées migrainées si ce type d’expérience “façon Ayton” se renouvelle à plusieurs reprises dans les mois qui viennent. De là à penser qu’il leur faut trouver, d’ici la deadline, le moyen de recruter un pivot à la Zaza Pachulia ou JaVale Mcgee, présents dans les deux titres de 2017 et 2018, il n’y a qu’un pas…

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