Dossiers NBA

Ben Simmons prêt à sécher le training camp pour obtenir un transfert : tiens tiens, ça ne vous rappelle pas un certain barbu ça ?

James Harden Ben Simmons 2 septembre 2021

On se penche sur les similitudes et les différences entre les deux dossiers.

Source image : YouTube

Bien décidé à forcer son départ des Sixers, Ben Simmons a clairement montré ses intentions à la franchise de Philadelphie. Il veut absolument se faire transférer, à tel point qu’il est prêt à sécher le prochain camp d’entraînement de son équipe. Une situation qui rappelle forcément le dossier James Harden lors de l’intersaison 2020, lui qui avait également décidé de bouder dans son coin pour obtenir sa lettre de sortie.

Le cas James Harden

Petit rappel des événements. Nous sommes au mois d’octobre 2020, peu après une nouvelle désillusion en Playoffs pour James Harden et les Rockets. Celle de trop. Le boss des opérations basket Daryl Morey décide de quitter son poste (pour rejoindre ensuite les… Sixers), succédant ainsi au coach Mike D’Antoni dans le rayon des départs. Résultat, Harden commence à se poser des questions sur la direction que prend sa franchise, désormais dirigée par un rookie GM en la personne de Rafael Stone et un rookie coach du nom de Stephen Silas. Et début décembre, c’est un Russell Westbrook frustré par la culture Rockets qui est envoyé à Washington contre John Wall après avoir demandé son transfert. Un premier trade, en attendant le gros blockbuster impliquant le Barbu qui arrivera en janvier 2021. Mais entre-temps, on assiste à un gros bordel au sein de la franchise de Houston, avec un Harden au centre des débats. Demande de transfert d’abord, grève ensuite, tout ça dans un climat de plus en plus exécrable. Enchaînant les sorties dans les strip-clubs en pleine pandémie pendant que ses coéquipiers transpirent au camp d’entraînement, Harden n’hésite pas à rendre la situation délicate au possible pour obtenir ce qu’il souhaite.

Forcément, quand il finit par revenir dans le groupe après plusieurs jours d’absence au training camp (il fallait passer par les tests COVID et l’ensemble du protocole de la NBA…), cela provoque quelques étincelles au sein de l’équipe. Alors que le retour du Barbu chez les Rockets se fait de manière à peu près professionnelle au moment de la présaison, cela va vite partir en cacahuète. Juste avant le début de la régulière, l’entraînement des Rockets est marqué par une tension palpable entre Harden et certains de ses coéquipiers, le Barbu allant jusqu’à balancer un ballon en direction du rookie Jae’Sean Tate. Vous ajoutez à ça des échanges mythiques en conférence de presse et vous obtenez un environnement bien pourri. Malgré tout, et malgré aussi des kilos en trop, Harden commence la saison régulière tel le monstre offensif qu’il est (44 points et 17 passes contre Portland lors du premier match) mais ça aussi, ça ne va pas durer. Le Barbu a la tête ailleurs et bâcle son basket, tandis que sa relation avec ses coéquipiers empire de jour en jour, notamment avec des vétérans comme John Wall et DeMarcus Cousins. Sans surprise, les défaites s’enchaînent pour les Fusées. Le point de rupture ultime arrive finalement à la mi-janvier après une taule face aux Lakers, quand Harden décide de se lâcher derrière les micros pour dire à quel point son équipe craint. La goutte d’eau qui fait déborder le vase. Dans la foulée, le Barbu est transféré chez les Brooklyn Nets.

Quelles similitudes et quelles différences avec le dossier Ben Simmons ?

On le sait, comme James Harden, Ben Simmons ne veut plus jouer dans l’équipe avec laquelle il est sous contrat. Pour obtenir ce départ qu’il recherche tant après l’échec des Playoffs 2021, il semble prêt en compagnie de son puissant agent Rich Paul à aller au conflit avec les Sixers. Et par « aller au conflit », on veut dire faire grève et sécher le camp d’entraînement, comme Harden a pu le faire pendant plusieurs jours lors de la dernière intersaison. C’est la voie choisie par le camp Ben Simmons pour mettre un coup de pression aux Sixers afin de faire bouger les choses. On peut dire que c’est la méthode forte mais c’est surtout que le Boomer ne possède pas énormément de marge de manœuvre à la base dans ce dossier. En effet, à l’image de James Harden en 2020, Simmons est loin de devenir agent libre et ne possède donc pas ce moyen de pression pour forcer un transfert de la part de son équipe. Ramesse possédait encore deux années de contrat minimum (deux ans + une player option à 47 millions de dollars sur une troisième saison) quand il a demandé son trade de Houston. Ben Simmons ? Il lui reste encore quatre années sur son contrat actuel pour 147 millions de dollars. Du coup, même si ça risque de lui coûter cher en amendes, Simmons a bien l’intention de faire grève pour forcer la main aux Sixers et quitter Philadelphie dès que possible.

L’une des grandes différentes entre le dossier Ben Simmons et James Harden, c’est déjà que le joueur des Sixers n’est pas dans la même classe que l’ancienne superstar des Rockets. Simmons reste sur un gros fiasco en Playoffs et sa cote a rarement été aussi basse. C’est un joueur certes énorme en défense, mais clairement limité offensivement à cause de son incapacité à shooter. Ses capacités athlétiques qu’on peut voir notamment en transition s’annulent quand ça joue sur demi-terrain, et ses qualités de passeur sont plombées par son manque d’agressivité et par le fait qu’il ne représente qu’une faible menace au scoring. Des limites connues par tout le monde en NBA et qui peuvent en refroidir beaucoup. Concernant James Harden, si son comportement fut largement pointé du doigt il y a quelques mois (en plus de son poids, son contrat, voire son âge), son talent et ses qualités de basketteur ont quasiment toujours fait l’unanimité. Les Rockets pouvaient clairement arriver à la table des négociations en demandant une énorme contrepartie pour leur franchise player de niveau MVP. Aujourd’hui, dans l’état actuel des choses, le boss des Sixers Daryl Morey semble destiné à devoir baisser sa demande, lui qui souhaite toujours obtenir du lourd en retour et notamment un joueur calibre All-Star pour mieux jouer le titre. Dans le meilleur des mondes ? Damian Lillard ou Bradley Beal. Mais ces derniers ne sont pas dispos, en tout cas pas encore.

Les dynamiques entourant Philadelphie aujourd’hui et Houston fin 2020 sont donc différentes également. Morey cherche un moyen pour maximiser les meilleures années de Joel Embiid et doit trouver la bonne pièce en échange de Simmons pour permettre à Philly de monter plus haut en Playoffs. Chez les Rockets, un transfert d’Harden était synonyme de changement d’ère et de reconstruction, à base notamment de jeunes et de picks de draft. Tout ça pour dire que l’étau semble plus resserré à Philadelphie qu’à Houston avec Harden, dans le sens où les options sont vraiment limitées pour les Sixers. Enfin, comme le mentionne très justement Derek Bodner de The Athletic, Ben Simmons possède un profil tellement atypique que ça réduit encore plus les possibilités, car il faut un certain type de joueurs autour de lui pour pouvoir maximiser son talent et combler ses faiblesses. James Harden, de par son côté ball-dominant, n’est pas non plus le joueur le plus facile à intégrer dans une nouvelle équipe mais il montre depuis son arrivée à Brooklyn qu’il est capable de s’adapter efficacement, passant de scoreur quand c’est nécessaire à playmaker numéro un avec Kyrie Irving et Kevin Durant à ses côtés.

C’est quoi la suite pour les Sixers et Ben Simmons ?

Il y a des similitudes, il y a des différences, mais il y a surtout aujourd’hui une situation à Philadelphie qui risque d’empirer de plus en plus. On l’a vu à Houston, même si la franchise possède théoriquement les commandes du dossier à travers le contrat longue durée de son joueur, avoir un mec qui boude de la sorte débouche rarement sur quelque chose de bon, et ce n’est pas facile à supporter au jour le jour. C’est déjà un peu le bordel à Philly avec par exemple un Joel Embiid qui n’hésite pas à se lâcher sur Twitter pour pointer du doigt – entre autres – les fans des Sixers, et on se demande quelle sera la prochaine étape. Tant que Ben Simmons sera à Philadelphie, les rumeurs vont s’enchaîner et les yeux seront rivés sur la franchise des Sixers. Des tensions peuvent se créer, et certaines choses peuvent se dire. Bref, pas vraiment le genre de climat qu’une organisation souhaite à l’approche d’une nouvelle saison. Devant une telle situation, plusieurs scénarios semblent possibles à l’heure de ces lignes :

  • Les Sixers continuent d’attendre avant de transférer Ben Simmons, et ce malgré la situation actuelle et la volonté de Simmons de sécher le camp d’entraînement
  • Les Sixers bougent Ben Simmons avant le début du camp d’entraînement pour entamer la saison sur des bases plus saines
  • Ben Simmons décide finalement de venir au camp d’entraînement et commence la saison aux Sixers

Le troisième scénario semble assez improbable vu à quel point les deux camps semblent proches du divorce aujourd’hui. On le sait, Ben Simmons ne se voit plus du tout chez les Sixers, et les fans de Philly ont l’air d’en avoir assez du bonhomme. Du coup, plutôt transfert rapide ou conflit qui s’éternise à Philadelphie ? L’avenir répondra à cette question. Ce qui est sûr, c’est que Daryl Morey n’a pas le droit de se planter sur ce coup-là. Il est clairement dans une situation compliquée car comme dit au-dessus, il doit trouver un transfert qui aide son équipe à jouer le titre, le tout avec un Ben Simmons dont la cote a chuté, et qui a en plus réduit la marge de manœuvre des Sixers à travers sa demande de transfert et en annonçant sa volonté de ne pas venir au camp. Que peut vraiment obtenir Morey à l’instant T ? Difficile à dire mais ce qui semble certain, c’est qu’il n’obtiendra pas la grosse contrepartie qu’il recherche. Pas dans le marché actuel, pas dans la situation telle qu’elle est aujourd’hui. Reste à voir si les Sixers sont prêts à supporter le dossier Simmons jusqu’à ce qu’une meilleure opportunité se présente. Si elle se présente un jour…

Si la situation n’est pas la même aujourd’hui à Philadelphie en comparaison avec James Harden et les Rockets, les Sixers sont actuellement en train de découvrir à quel point ce genre de dossier peut devenir toxique dans une franchise. Spoiler, ce n’est que le début. Et dire qu’on n’est pas passés loin d’un deal Ben Simmons – James Harden il y a quelques mois…

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