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Comment fonctionne le salary cap en NBA ? Sortez les calculettes et les chéquiers, on vous explique tout

salary cap

L’argent, la tune, la moula, la kichta, le biff, ça fait toujours parler.

Source : africatosports.com

Fin de free agency oblige, toutes les franchises et leurs fans zieutent attentivement leur salary cap pour espérer d’éventuels ajustements. Mais comment fonctionne réellement ce salary cap – ou plafond salarial – pour les équipes NBA ? Quel est son principe, son objectif, son mode de calcul ? Prenez un doliprane, on essaye de vous résumer ça (simplement, promis).

Pour démarrer, notamment pour les novices de la balle orange, on est obligé de commencer par une petite définition. Le salary cap ou plafond salarial, c’est le montant total annuel des salaires que chaque franchise ne doit pas dépasser. Ainsi, chaque équipe peut accumuler un maximum de 15 contrats garantis (plus deux two-way) sans franchir ce plafond, sous peine de devoir payer une taxe supplémentaire (à partir d’un certain seuil de dépassement). Cette taxe est appelée luxury tax, mais on y reviendra plus tard. Vous suivez pour l’instant ? On enchaîne.

Ce principe de salary cap est une des multiples règles qui permettent d’encadrer financièrement et juridiquement les franchises en NBA. C’est une des particularités des ligues américaines (NFL, NBA, …) qui commence à s’exporter dans d’autres sports et dans d’autres pays. Le but principal est d’assurer la compétitivité entre les équipes en empêchant certaines écuries d’accumuler les gros contrats et donc, tous les meilleurs joueurs. Coucou le Paris Saint-Germain. Attention, il y a plusieurs types de salary cap avec, soit des limites souples, soit des restrictions plus dures (soft cap ou hard cap). En NBA, on vous le rappelle, il y a une certaine souplesse pour dépasser ce salary cap avec des exceptions. On est donc dans un soft cap, au contraire de la NFL où il est impossible de le dépasser (hard cap). Vous suivez toujours ? On continue.

Le montant du salary cap en NBA est défini par les conventions collectives – CBA (Collective Bargaining Agreement) – et dépend souvent des revenus générés par la Ligue et les équipes. Avec la hausse des droits TV en NBA sur ces dernières années, le salary cap a tout simplement explosé (coup d’œil sur les salaires en 2011-12, c’est choquant). Pour la saison 2021-22, il s’élève à 112 millions de dollars, soit 54 millions de plus qu’il y a dix ans (58 millions de dollars). Les 31,5 plaques d’Andrew Wiggins pour la saison prochaine auraient donc rempli plus de la moitié du cap de l’époque, imaginez un peu le délire.

À partir de ce plafond, les dirigeants de chaque franchise doivent donc réfléchir intelligemment pour distribuer les salaires et garder une marge de manœuvre afin de signer leurs 15 joueurs. Le GM (manager général) d’une équipe doit équilibrer les finances et choisir les bons salaires suivant les profils manquant à sa composition. Cela donne donc toujours lieu à des situations assez folles. Par exemple, John Wall remplit à lui seul plus d’un quart du cap des Rockets. Il touchera 44,3 millions en 2021-22, une somme qui équivaut à presque trois fois le salaire de Dwyane Wade sur l’année 2011-1, ça laisse perplexe. A contrario, Lu Dort, titulaire et défenseur d’élite, ne touchera que 1,7 million l’année prochaine, un rapport qualité – prix énorme au vu de son rôle.

Malgré tout, comme on vous l’expliquait précédemment, en NBA le salary cap peut être dépassé. Toutefois, si une franchise le dépasse dans de trop grandes proportions, elle arrive à la fameuse luxury tax. Si elle franchit le montant de cette « taxe de luxe », l’institution doit alors payer un impôt en faveur de la NBA. Pour la saison prochaine, la luxury tax est fixée à 136,6 millions de dollars, soit 24 millions au-dessus du salary cap. Certaines équipes pour attirer un maximum de grands joueurs et être les plus compétitives possible n’hésitent pas à accumuler les gros contrats. On retrouve souvent ici les favoris au titre (Bucks, Jazz, ces dernières années), les gros marchés (New York, Los Angeles, Miami) ou les franchises dont les propriétaires n’ont pas trop de soucis d’argent (Portland, Brooklyn). Pour l’année 2021-22, les rois de la luxury tax sont les Warriors qui n’en ont vraiment rien à faire. Avec 177 millions de dollars de masse salariale, les déglingués de la Baie dépassent de 41 millions la LT. Mais attention, ce n’est pas le montant de l’impôt qu’ils doivent payer, ça ne serait pas drôle autrement (et tellement inutile). Préparez-vous, on rentre dans les détails.

Pour pénaliser vraiment les franchises qui dépassent cette luxury tax, la NBA a mis en place un système de pénalité progressive pour chaque dollar signé au-dessus de la LT. Depuis l’ancien CBA de 2011, l’impôt est calculé comme s’ensuit :

  • De 0 à 5M au-dessus de la LT : 1,5 dollar par dollar au-dessus (max : 7,5 millions sur cette tranche)
  • Entre 5 à 10M au-dessus : 1,75 dollar par dollar (max : 8,75 millions sur cette tranche)
  • Entre 10 et 15M au-dessus : 2,5 dollar par dollar (max : 12,75 millions sur cette tranche)
  • Entre 15 et 20M au-dessus : 3,25 dollar par dollar (max : 16,25 millions sur cette tranche)
  • Au-delà de 20M au-dessus : 0,5 dollar de plus pour chaque palier

En résumé, plus on dépasse la luxury tax, plus on paye. Par conséquent, si les Warriors restent sur cette masse salariale, ils devront payer en fin de saison 2021-22 – asseyez-vous et mouillez-vous la nuque – 184 millions de dollars. Oui oui, 184 millions de dollars d’amende. Si cette somme est déjà énorme, certains dirigeants de petits marchés souhaiteraient rendre la luxury tax encore plus onéreuse. Certains militeraient même pour un « hard cap« , histoire de réellement contraindre les créanciers dont le compte en banque est plein de ressources.

Allez encore un petit effort, on est bientôt au bout. Il existe aussi un plancher salarial, un salary floor, qui représente 90% du salary cap. Pour la saison 2021-22, il s’élève donc à 101 millions de dollars. Cela oblige les équipes à posséder des grands joueurs avec de gros salaires pour rester compétitives. Le salary floor est aussi un moyen pour les NBA d’empêcher les franchises de se faire de l’argent sur les revenus de la Grande Ligue. En effet, si l’équipe est en-dessous du plancher, l’argent ne revient pas à la franchise. La différence avec le salary cap doit être répartie entre les joueurs. C’est ce qui pourrait arriver au Thunder cette saison car la franchise de l’Oklahoma n’est pour l’instant qu’à 80 millions de masse salariale.

On espère que vous avez tout compris au salary cap. Vous pourrez maintenant frimer devant vos potes, en disant que vous savez comme fonctionne ce plafond salarial en NBA. Et surtout vous avez toutes les clés en main pour analyser et anticiper les derniers moves de votre équipe favorite. Et surtout surtout surtout, vous avez votre diplôme d’ingénieur.

Source texte : nba.com et Spotrac

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