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Memphis Grizzlies, le bilan 2020-21 : on ne s’attendait pas à grand chose et, comme souvent, Memphis nous a étonné

Xavier Tillman 22 mai 2021

Magnifique saison des Grizzlies et au final des Playoffs mérités pour une équipe valeureuse, sexy, et, surtout, pleine de belles promesses.

Source image : NBA League Pass

A Memphis le Grit & Grind des années 2010 avait laissé place à une période de reconstruction tranquille, boostée en juin 2019 avec la Draft de Ja Morant avec le pick 2. Après trois saisons sans Playoffs les Grizzlies ont finalement posé la première pierre d’une nouvelle ère grâce à une bande de gamins décomplexés et épaulés par quelques roublards essentiels, le tout nous offrant un groupe dépositaire d’un jeu léché et clairement agréable à suivre. Fan des Grizzlies réjouissez-vous, car le décor est sain et les acteurs prêts à en découdre.

CE QUE TRASHTALK AVAIT ANNONCÉ

Intersaison tranquille dans le Tennessee, à base de références sur Elvis Presley et Eddy Mitchell car l’actu basket n’est pas folle sur la route de Memphis. Killian Tillie est arrivé en ville malgré une Draft qui l’avait snobé, ça c’est pour la fanbase française des Grizz, Xavier Tillman débarque également, mais surtout Desmond Bane avec un incroyable pick 30 subtilisé aux Celtics dans ce qui apparait alors, déjà, comme l’un des plus beaux coups de la soirée. Pour le reste Taylor Jenkins prend les mêmes et recommence, la saison de Jaren Jackson Jr. est entre parenthèses à cause d’une blessure au ménisque, et le 18 décembre, gros coup de l’hiver mais les Oursons sécurisent le pot de miel en ajoutant quelques années de plus aux contrats de Ja Morant, JJJ, Grayson Allen et Brandon Clarke, nous laissant à penser que cette saison 2020-21 est presque… déjà réussie. Une saison pour laquelle on voyait d’ailleurs Memphis stationner autour des places 12 et 13 à l’Ouest car pas deux fois le même coup se disait-on, encore un coup dans l’eau pour les Hexperts.

CE QU’IL S’EST VRAIMENT PASSÉ

On en parlait à peine plus haut, la première bonne nouvelle nous vient des bureaux du FedEx car Zach Klaiman a la bonne idée de commencer la saison en levant les options sur les contrats de Ja Morant, Jaren Jackson Jr., Brandon Clarke et Grayson Allen. la deuxième bonne nouvelle ? Mario Hezonja est coupé et le basket dans le Tennessee en sort grandi. Côté terrain ça gagne à Brooklyn le 28 décembre mais la tuile de l’hiver tombe déjà du toit : Ja Morant se cartonne la cheville, sort sur une chaise roulante et ratera deux bonnes semaines de régulière. Jaja n’est d’ailleurs pas le seul à se retrouver sur le flanc puisqu’on compte alors une infirmerie pleine à ras-bord avec JJJ, De’Anthony Melton, Grayson Allen ou encore Xavier Tillma, au rayon des indisponibles. Etonnamment les résultats ne s’en ressentent absolument pas, Kyle Anderson se prend pour un LeBron au ralenti mais Dillon Brooks veut être un Kobe sans le talent (heureusement le garçon terminera bien mieux sa saison qu’il ne l’avait commencé) et sur la première quinzaine de janvier Memphis fait plus que survivre, grâce à quelques victoires heureuses, grâce aux quelques présents qui ne lâchent rien. Le 16 janvier l’enfant prodigue est enfin de retour face aux Sixers, il punit son père Chris Paul deux jours plus tard, et le 30 janvier, après une pause d’une semaine due à des cas et/ou suspicions de COVID, un back-to-back victorieux face aux Spurs nous offre une stat rigolote : les Grizzlies sont invaincus depuis… trois semaines.

La suite ? Un peu d’inconstance globale mais une régulière plus que satisfaisante. Jonas Valanciunas claquait des 24/16 avant de se blesser en janvier et reprend son chantier en posant un 27/20 au soir de son retour, Justise « ah tiens, t’es là toi ? » Winslow fait également son retour dans le roster, le 28 février c’est presque mon anniversaire et Killian Tillie joue son premier match NBA, aucun lien cependant, le 4 mars les hommes de Jenkins donnent quelques kilos de fil à retordre aux Bucks, Desmond Bane montre le bout de son bandeau, le 17 Ja Morant se paie quelques fans supplémentaires en plantant un game winner sur la tête de Jimmy Butler et deux semaines plus tard une win offre à Memphis une confortable huitième place à l’Ouest, merci de ressortir les prévisions d’avant-saison, de les rouler en boule et de vous les enfoncer dans la gorge. Bien profond d’ailleurs car la fin de saison des Grizzlies est en tous points satisfaisante. Jonas Valanciunas est incroyable dans la peinture et boit du sang de défenseurs par décalitres (au hasard, 34 points et 22 rebonds contre les Pacers), la revanche est prise face aux Bucks le 17 avril et quatre jours plus tard – ENFIN ! – Jaren Jackson Jr. est de retour avec un petit 15/4/8 des familles bien plaisant. S’en suivent, pêle-mêle, une double victoire de prestige face aux Blazers en souvenir du dernier play-in, un duel stratosphérique entre Ja Morant et Anthony Edwards le 5 mai ou encore un mignonnet 16/6 sauce clutch de Kiki Tillie pour sa première titularisation. Résultat des courses ? Une dernière quinzaine en boulet de canon et au final un bilan largement positif (38-34), dans le fond comme dans la forme, et un play-in passionnant qui s’annonce avec, quoiqu’il arrive, les Warriors ou les Lakers à mater après avoir géré, on l’espère, les Spurs au premier tour.

Le play-in tournament ? Un format imaginé pour ce genre d’équipe. Le premier round est géré non sans mal face à de vaillants mais trop justes Spurs, merci Dillon Brooks et Jonas Valanciunas, mais merci aussi à DesMorts DeRozan. 100-96, logique respectée, et LE match de l’année à venir face aux… Warriors, à deux doigts de taper LeBron James mais finalement reversés dans la « petite finale ». Et qu’on se le dise, ce match est d’ores et déjà à graver d’une pierre blanche dans la courte histoire de la franchise tennessienne. Grayson Allen est terriblement clutch, Xavier Tillman provoque en nous beaucoup de réactions, Stephen Curry fait absolument tout ce qu’il peut mais le héros de la nuit se nomme bel et bien Ja Morant, auteur de l’un (le ?) des plus gros matchs de sa carrière avec 35 points, 6 rebonds, 6 passes, 4 steals et le shoot de la gagne en prolongations. Les Dubs sont à terre, le gamin est porté aux nues et c’est très logique, et les Grizzlies rejoignent donc le Jazz pour une série de Playoffs qui sent déjà l’attaque à outrance. Des Playoffs qui seront l’occasion de voir Memphis cueillir Utah à froid lors du Game 1 mais de voir, également, le Jazz réagir et infliger un gentleman sweep à ces trop jeunes plantigrades malgré, une nouvelle fois, un Ja Morant lé-gen-daire pour son deuxième match de Playoffs avec un 47/15/7 monstrueux lors d’une courte défaite, lors d’un match qui aurait peut-être pu faire basculer la série avec un tout petit peu plus de fraîcheur côté Oursons. Une élimination loin d’être honteuse, face à la meilleure équipe de la Ligue jusqu’alors, la promesse de lendemains qui chantent et qui chantent juste, pas comme Enrique Iglesias, punchline gratuite.

L’IMAGE DE LA SAISON

Dillon Brooks 29 juin 2021

Un cri de joie, de guerre même, qui symbolise ô combien la fin de saison, la saison tout court même, de ces sympatoches Grizzlies. Des jeunes aux dents longues, des semi-anciens parfaits pour encadrer tout ça, et une équipe qui, globalement, ne s’est JAMAIS avouée vaincue. Annoncé grand perdant de la refonte automnale à l’Ouest, le squad d’un Taylor Jenkins écouté et respecté a mis tout le monde d’accord et posé les bases d’un futur probablement agréable. Pas le retour du Grit & Grind parce que c’est so 2014, mais des Grizzlies étonnants, une nouvelle fois.

IL A CARTONNÉ : JA MORANT

On aurait pu parler de Jonas Valanciunas, pas loin de faire partie des dix meilleurs pivots de la Ligue cette saison avec ses 49 doubles-doubles en 62 matchs, dont certains assez inhumains d’ailleurs. Pump fakes toujours aussi désastreux mais vraie domination, GG JV. On aurait pu parler de Dillon Brooks , d’abord trop dispendieux mais ensuite repositionné dans un rôle de lieutenant qui fit de lui l’un des meilleurs de la Ligue dans ce rôle là, tantôt sangsue incroyable en défense, tantôt facteur x efficace en attaque. On aurait également pu parler de Kyle Anderson, encore plus slow qu’à son habitude, mais probablement auteur de sa saison la plus aboutie en carrière, dans les chiffres et dans le ressenti. On aurait, enfin, pu parler de cette doublette de rookies – Desmond Bane et Xavier Tillman – follement utile, le premier dans un rôle de sniper décomplexé et le second dans celui de soldat de l’ombre qui ne fait jamais d’erreur.

Mais tout ce petit monde s’incline malgré tout devant la saison XXL de Ja Morant, n°2 de la Draft 2019 et devenu officiellement le crack ultime de la ville et son idole pour de nombreuses années. Le premier match de Ja cette saison ? Une défaite face aux Spurs mais 44 points à 18/27 et 9 passes, ok, ça roule ma poule. Puis une vingtaine de jours sur le téco à cause d’un sale twist de cheville, et un mois de février plus poussif (17 points à 40% au tir) pour se mettre en rythme. La suite ? Accrochez-vous et mettez un casque. 70 pions en deux matchs pour attaquer mars puis, en teasing parfait des Playoffs, un 36/7/3 de toute beauté face au Jazz. Le 19 avril le meneur voltigeur envoie ensuite 36 pions, 8 rebonds, 12 passes et 3 steals sur les Nuggets, en colle 61 en deux matchs face aux Blazers pour deux victoires, avant de nous offrir avec Anthony Edwards un incroyable tango endiablé (42/6/7 pour ANT, 37/4/10/2/1 et la win pour Ja). Puis ce play-in monstrueux et notamment cette perf énorme face aux Warriors, ce Game 2 de dingo face au Jazz et globalement une série réussie pour ses grands débuts en postseason. Une année II monstrueuse, un mois de mai quasi historique pour un joueur de son âge, vite, vite, rendez-vous en octobre.

ON L’ATTENDAIT AU TAQUET ET ON L’ATTEND TOUJOURS : JAREN JACKSON JR.

Pas que ce soit vraiment sa faute, mais l’ami Jaren ne rangera pas la saison 2020-21 au rayon des exercices réussis. La raison ? Un ménisque qui grince depuis la bulle aoutienne de 2020, l’espoir d’un retour pour la reprise mais la patience privilégiée, et finalement le comeback fin… avril, après neuf mois d’une grossesse – au genou – non-désirée. Au final onze petits matchs de régulière, deux de play-in et cinq de Playoffs, quelques belles choses car Jaren est revenu tel qu’on le connaissait, à savoir long, polyvalent, mobile, utile en attaque ET en défense. Malgré tout, JJJ affiche aujourd’hui plus de cent matchs loupés en trois ans et il représente peut-être l’épine dans le pied du projet de sa franchise et ce bien malgré lui. Une grosse saison l’année prochaine, sur ses deux jambes d’octobre à mai, et on n’en parle plus ?

LA SUITE

Les principaux cracks ont donc été prolongés, l’architecte Zach Klaiman s’est logiquement vu reconduire également dans ses fonctions, les rookies de 2021 seront probablement bientôt verrouillés, il reste un an de contrat à Jonas Valancounas et deux à Dillon Brooks. Autrement dit ? On peut voir venir à Memphis, avec un groupe qui a déjà commencé à faire ses preuves et un franchise player qui n’a même pas soufflé ses 22 bougies. Attention, dès la saison prochaine les Grizzlies pourraient passer dans la catégorie outsider et il faudra savoir gérer ce nouveau statut.

Magnifique saison des Grizzlies, malgré quelques bâtons dans les roues pas très dociles à gérer. La jeunesse a assuré, le groupe vit bien comme dirait l’autre, tous les voyants sont donc au vert au sortir d’un exercice étonnamment bien réussi. Allez, vite, la suite !

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