Heat

Miami Heat, le bilan 2020-21 : l’esprit de la bulle porté disparu, et un vice-champion en titre qui n’a pas tenu son rang

Jimmy Butler 2 22 Mai 2021

Beaucoup d’absences, un groupe qui ne progresse pas et une concurrence qui… progresse. La saison fut longue, les Playoffs furent courts.

Source : YouTube

Après un parcours fabuleux dans la bulle d’Orlando l’été dernier, ponctué par une Finale NBA perdue les armes à la main face aux Lakers, le Heat était forcément attendu au tournant cette saison. COVID, blessures et manque de rythme auront finalement eu raison des espoirs de la Heat Nation, et au final c’est par un coup de balai revanchard des Bucks que l’exercice 2020-21 s’est terminé pour les hommes de Coach Spoelstra. Pat Riley a du boulot, et des décisions à prendre.

CE QUE TRASHTALK AVAIT ANNONCÉ

Peu de mouvements à l’automne, on ne change pas une équipe qui gagne presque. La priorité a été gérée avec la re-signature de Bam Adebayo, quelques défenseurs solides et/ou valeurs sûres en Playoffs sont parties (Jae Crowder et Derrick Jones Jr.), mais les tauliers sont toujours là et il y a du jeune à développer (Tyler Herro et le rookie Precious Achiuwa notamment). On partait donc sur un petit 44 ou 45 wins sans trop souffrir, grâce à des bases ayant déjà fait leurs preuves, et par conséquent un Top 4 assez logique en fin de saison. Deal ?

CE QU’IL S’EST VRAIMENT PASSÉ

« C’est ce que mon équipe attendait de moi, ce que la franchise m’avait demandé. Je leur ai dit que je leur apporterais un titre et je n’ai pas rempli ma part du marché, donc cela signifie que je dois le faire l’année prochaine. J’ai dit à Pat Riley et à coach Spo que j’étais là pour en gagner un. Je n’ai pas fait mon travail, donc il faut aller de l’avant, je dois remplir ma part du contrat. – Jimmy Butler, au sortir de la défaite du Heat face aux Lakers »

Bon, ce ne sera pas pour cette année.

Petit point mercato pour commencer : Duncan Robinson et Kendrick Nunn sont conservés pour le prix de trois baguettes, crobien, Goran Dragic reste mais coûte un peu plus cher, cool, Kelly Olynyk et Meyers Leonard restent pour être mieux vendus dans quelques mois, malin, et Bam Adebayo prend donc ses 153 patates, prévu. Info majeure, le Heat est intéressé par le James Harden boudeur mais préfère miser sur la progression de Tyler Herro, aucune vanne dans cette phrase. Sur le terrain ? Une défaite inaugurale face au Magic, un Duncan Robinson qui empaquète les Pels à Noël, un maillot Earned Edition un peu zarbi, une pluie de météobucks mais une belle réaction le lendemain face à ces mêmes Bucks, bref on souffle le chaud et le froid à South Beach, bail habituel de début de saison. Et en parlant de montagnes russes le mois de janvier n’est pas mal non plus. Le 7 Payton Pritchard claque sur le Heat un bienheureux game winner et devient le meilleur joueur de l’histoire des Celtics selon leur fanbase, le début d’année civile offre à la Heat Nation un tango endiablé entre victoires et défaites, Duncan Robinson devient le plus jeune joueur de l’histoire à rentrer 300 tirs du parking, super, Jimmy Butler se blesse et manque trois semaines de jeu, pas très super. Pendant ce temps ? Joel Embiid claque un énorme 45/16/4/5 sur une équipe bis drivée par Gabe Vincent, Miami se mange sept défaites en neuf matchs et récupère son leader avec le sourire à la fin du mois.

Avec un Butler qui chauffe doucement et un Bam qui fait un taf aussi discret qu’efficace, bizarrement le Heat se remet à gagner. Deux victoires de suite contre des Knicks devenus une grosse équipe, dont l’une grâce à un Tyler Herro bien clutch, quatre wins consécutives, ça fait du bien une belle série, mais derrière on retombe dans les travers non pas de porc mais de défaites avec trois loses de suite à l’Ouest. En parallèle le daron Jimmy est toujours aussi chaud, claque un 33/10/8 sur un Jazz pourtant solide, et début mars… ça cause enfin à l’AmericanAirlines Arena. Onze victoires, une défaite, Bubble Heat is back, ça cause sur le terrain et ça cause… tout court à l’approche de la trade deadline. Victor Oladipo est pressenti, LaMarcus Aldridge aussi, Meyers Leonard réfléchit peu avant de parler alors il dégage avec pertes et fracas, et le 25 mars le couperet tombe : Oladipo et Nemanja Bjelica arrivent, Trevor Ariza s’en va, Dewayne Dedmon débarquera quelques semaines plus tard, bref un peu de changement mais pas de chambardement non plus. Un brassage printanier qui a pour conséquence (ou pas)… de replonger Miami dans les défaites, six de suite, avant que Jimmy Butler surfe sur ses énormes perfs du moment (23/8/8/2 en vingt matchs) pour enchainer les triples-doubles et reodnner goût à la victoire à sa franchise. Quatre succès consécutifs, Bam Adebayo qui claque son game winner face aux Nets, les Playoffs qui commencent à poindre et une fin de régulière qui devra servir à se chauffer les muscles avant les choses sérieuses.

Les choses sérieuses ? Elles sont lancées le 14 mais avec Udonis Haslem, qui profite de ses trois seules minutes de la saison pour rentrer deux tirs et se faire éjecter face aux Sixers, l’un des plus grands moments de la saison. Le Heat est en mode hustle derrière son patron badass, termine sa régulière sur un 8-2 mais a la mauvaise idée de perdre en dernière semaine face aux Bucks, une défaite qui les catapulte en Playoffs face à… ces mêmes Bucks, alors qu’une victoire leur aurait offert les Hawks au premier tour. Pas sûr aujourd’hui de garantir que le Heat serait passé face à Atlanta, mais quoiqu’il en soit les retrouvailles entre Miami et Milwaukee sont terribles… pour le Heat. Le 4-1 de la saison précédente face à un Giannis usé et un Budenholzer dépassé est bien loin, et cette fois-ci les Bucks balaient tout ce qui ressemble de près ou de loin à un Floridien. Un Game 1 au couteau, torché par Khris Middleton au buzzer de la prolongation, et derrière c’est la débandade dans les gorges everglades. Jimmy Butler rate tout ce qu’il fait, Tyler Herro craque complètement (voir plus bas), les meilleurs joueurs du Heat se nomment Goran Dragic et Dewayne Dedmon, bref rien ne va et Miami se mange un sweep viril mais correct. Bonnes vacances, et à l’année prochaine.

L’IMAGE DE LA SAISON

Urgences 20 juin 2021

8 matchs pour Bam Adebayo, 16 pour Kendrick Nunn, 18 pour Tyler Herro, 20 pour Jimmy Butler et 22 pour Goran Dragic. Si cette année de COVID a fait du mal à plus d’une franchise, le Heat fait clairement partie des plus atteintes. Satané virus, en début de saison notamment, mais divers bobos ensuite, qui auront obligé Erik Spoelstra à composer avec une équipe bancale une grande partie de la saison, sans compter les absences du fragile Victor Oladipo en fin d’exercice. Difficile de lutter avec une telle inconsistance au niveau du groupe, et les gentils Precious Achiuwa, Gabe Vincent, KZ Okpala ou Max Strus n’auront évidemment pas permis au Heat de laisser passer l’orage sans dommage. Pas les seuls dans cette galère, mais la saison du Heat aurait très probablement été bien différente sans cette cavalcade d’absence.

IL A ASSURÉ : JIMMY BUTLER

Pas une saison de MVP, mais une vraie saison de patron tout de même. Malgré un snubbing assez manifeste au moment des votes pour le All-Star Game, le meilleur ami des fans des Wolves nous a lâché cette saison un vrai chef d’œuvre de constance. 21,5 points, 6,9 rebonds (career high), 7,1 passes (career high) et 2,1 steal (meilleure moyenne de la Ligue), et malgré une maladresse problématique de loin, (25/102, donc moins de 25% en moyenne), difficile de trouver quelque chose à redire à la saison de Jimmy Buckets. En triple-double de moyenne pendant quinze jours au mois de février, assez intraitable en avril, le poste 2 du Heat a une nouvelle fois été le patron de son équipe en attaque, en défense, par les actes et par les paroles. Le bémol ? L’impression d’une explosion possible alors qu’il se contente de gérer, et surtout ces Playoffs, complètement ratés comme 90% de ses partenaires (14,5 points à 31,5%). Jimmy Butler a déjà montré qu’il était capable d’emmener une équipe à la guerre, alors disons que ce n’est qu’une bataille perdue avant d’en remporter d’autres ?

ON L’ATTENDAIT AU TAQUET, ET ON L’ATTEND TOUJOURS : TYLER HERRO

Tyler Herro avait été si bon à l’été et l’automne dernier qu’on en avait presque fait une superstar. Spoiler, c’était beaucoup trop tôt. Pas complètement mauvais jusqu’en février, subissant comme ses copains les diverses absences de début de saison, le bégé a ensuite clairement baissé pavillon sur la deuxième partie de saison. On rappelle pour le lol que le Heat s’est probablement assis sur l’arrivée de James Harden pour conserver son bijou, un bijou qui avait plutôt l’air cette saison d’un hibou, d’un pou, d’un caillou dans la chaussure. Ses moyennes cette saison ? 15,1 points, 5,1 rebonds et 3,4 passes, beaucoup plus intéressant qu’une bonne partie des sophomores soit dit en passant, mais Tyler nous avait tellement enjaillé il y a un an que la déception est forcément présente cette saison. En Playoffs notamment puisque, non content d’avoir vu ses moyennes plonger au fil des mois, l’impertinent arrière nous gratifiera en postseason d’un délicieusement dégueulasse 12/38 au tir, terminant sa série face aux Bucks avec une moyenne non-conforme de 9 petits points par match. Allez Tyler, disons que t’as reculé pour mieux sauter, la troisième année sera la bonne.

LA SUITE

Absolument rien ni personne n’est sûr de rien à Miami. Enfin si, on ment un peu, pour la formule. Bam Adebayo est là pour un moment, Jimmy Butler est là au moins à court-terme, Tyler Herro a toujours les faveurs de Pat Riley, puis… c’est tout. Le reste ? De la team option (Dragic, Iguodala), des assets intéressants (Nunn), des jeunes kiffants mais dont le nom n’est pas non plus inscrit dans le marbre (Achiuwa). On connait la capacité de réaction et d’action tout court du Roi Patoche, et si grand coup de pied dans la fourmilière il doit avoir… grand coup de pied dans la fourmilière il y aura. Pas de tanking à Miami, pas le temps.

Saison très moyenne pour le Heat, avec quelques circonstances atténuantes mais tout de même. Rebond attendu dès la reprise avec un groupe qui a déjà prouvé sa valeur mais qui devra être re-travaillé pour pouvoir lutter avec la nouvelle génération triomphante de l’Est. On a plutôt confiance, y’a quelques antécédents positifs dans les bureaux de la triple A.

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