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San Antonio Spurs, le bilan 2020-21 : deuxième saison sans Playoffs en 24 ans, il va falloir réenclencher la machine

Gregg Popovich 18 juin 2021

Après la fin de l’ère Duncan / Parker / Ginobili, la fin de l’ère Kawhi et la fin de l’ère Aldridge, place à la fin des ères DeMar DeRozan et… Gregg Popovich ?

Si les Spurs ont échoué à quelques centimètres seulement d’une qualification en Playoffs, voir la troupe à Gregg Popovich partir en vacances de bonne heure n’avait finalement rien d’illogique. Une saison passée dans le ventre mou de la Conférence Ouest, jamais bien loin des considérations liées à la postseason mais jamais trop concernés non plus. Une saison moyenne pour une équipe moyenne, une phrase que l’on n’a quand même pas écrit très souvent (deux fois) depuis vingt ans.

CE QUE TRASHTALK AVAIT ANNONCÉ

Est-ce que le combo saison 2019-20 / intersaison des Spurs nous avait hypé ? La réponse est non, avec un immense N. Un exercice terminé loin des Playoffs pour la première fois depuis JC, un mercato lors duquel les noms de Chimezie Metu ou Jakob Poeltl sont les plus clinquants, Tim Duncan qui arrête sa carrière de coach avec un palmarès à 100% de victoires (un match) et DeMar DeRozan qui prend bien évidemment sa player option à 28 millions, voilà pour l’actualité Spurs entre août et décembre. A peine le temps de se chauffer – un peu – après une draft intéressante (Devin Vassell, Tre Jones) et c’est une nouvelle place dans le ventre mou de l’Ouest que l’on avait envie de promettre aux Spurs. Bref, ça s’annonçait très long.

CE QU’IL S’EST VRAIMENT PASSÉ

Une saison qui commence sur les chapeaux de roue, même si Matt Bonner n’est plus là depuis un bail. Quelques victoires stylées, DeMar DeRozan qui se prend pour Steph Curry face à ses anciens copains Dinos, Becky Hammon devient le 30 décembre la première femme à coacher (et perdre mais on s’en fout) un match NBA et le cinquième jour de l’année civile, première épine dans le pied, Derrick White se mange un coin de table (non), se fracture l’orteil et met un stop à tout le mois de janvier. Janvier ? Un mois qui voit Patty Mills chauffer comme un grand malade, se positionner dans la course au meilleur sixième homme de la saison et devenir, d’ailleurs, le remplaçant le plus prolifique de l’histoire à 3-points, en dépassant un certain… Manu Ginobili. Un mois qui voit également émerger Keldon Johnson et ses gros muscles, qui voit les vieux de la bande taper les Lakers et DeMar DeRozan en claquer 38 face aux Wolves. Le 30 les Nuggets sont à terre et San Antonio est… quatrième à l’Ouest, wow.

Février est ensuite le mois du Murray (notamment deux énormes matchs face aux Warriors et aux Hornets, voire plus bas), le mois du Murray mais également le mois du… COVID, puisque Jean-Claude Pangolin fera son apparition pour faire manquer quatre matchs de suite au squad de Gregg Popovich, de quoi promettre une deuxième partie de saison encore plus condensée que prévue. Le 28 DeMar DeRozan est immense face aux Pelicans, les Spurs sont toujours dans le coup, et Pop lâche en plein temps-mort que c’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire des grimaces, info non-vérifiée cependant. Si le printemps est synonyme de bourgeon et de jolies roseraies naissantes ? Il signifie malheureusement pour les Spurs un mauvais virage de milieu de saison. En effet, si Greggos devient le troisième homme de l’histoire à gagner 1 300 matchs sur un banc NBA, c’est surtout le divorce (enfin) acté avec LaMarcus Aldridge qui marque le début du printemps. Des Spurs qui se retrouvent avec un Marquese Chriss blessé à la place de LMA dans le roster et qui passent pour la première fois de la saison dans le négatif, le genre de phrase qui te fait passer un candidat aux Playoffs à candidat à la Lottery.

 La fin de saison des Spurs ressemble à une gigantesque opération portes ouvertes, tant mieux car on se tape de sacrés bons matchs de basket. S/o ce match face aux Mavs d’ailleurs, remporté par SA grâce à un game winner d’un DeMar DeRozan décidément auteur d’une saison énorme. Malheureusement les défaites deviennent tout sauf rares, Derrick White se re-pète et voit sa saison se terminer, et un vieux bilan de 2-10 sur les vingt derniers jours catapultera les Texans à la dixième place au final, qualifiés pour le play-in donc, directement dans les griffes de jeunes Oursons affamés. Un play-in tournament qui ne durera que 48 minutes, malgré un match solide, mais DMDR aura enlevé son premier D au pire moment et les Spurs quittent donc la scène prématurément, pour la deuxième saison de suite, pour la deuxième fois en… 24 ans.

L’IMAGE DE LA SAISON

Tim Duncan 16 mai 2021

On joue les grands mélancoliques c’est vrai, mais pour n’importe quel fan de basket né entre 1970 et 1990, et encore plus s’il est fan des Spurs, la cérémonie du Hall Of Fame 2020 en mai dernier aura été un vrai moment d’histoire. Kobe à titre posthume bien sûr, Kevin Garnett et donc son meilleur ami (lol) Tim Duncan, intronisé sous les yeux d’un Gregg Popovich aux yeux embués.

IL A ASSURE : DEJOUNTE MURRAY

On aurait pu parler de DeMar DeRozan, auteur d’une saison assez folle, mais ça c’est uniquement si les Spurs allaient quelque part avec DMDR, et uniquement si le mid-range Hall Of Famer n’avait pas rempli sa couche en plein play-in tournament. Ici on aime la jeunesse alors on partira plutôt sur Dejounte Murray, enfin entrevu au niveau espéré et clairement le catalyseur du beau jeu des Spurs. Pas encore le retour du Spurs Basketball hein, mais c’est déjà ça. Dejounte Murray ? 67 matchs, 15,7 points, 7,1 rebonds, 5,4 passes et 1,5 steal en moyenne, un triple-double dès le deuxième match de la saison, trois autres qui viendront, ça c’est pour le points stats. Dans les faits ? Un candidat crédible dans la course au MIP, et… dans celle au DPOY aussi, tant le profil two-way de Dejounte a explosé au grand jour cette saison. Immense sur les lignes arrière, parfois très solide en attaque, DM c’est le genre de meneur de jeu qui peut aller te chercher 17 rebonds sur la trogne mais qui peut surtout lockdown n’importe quel sniper adverse et avec un flow certain. Les 50 millions les mieux investis du Texas sur les trois prochaines saisons ?

ON L’ATTENDAIT AU TAQUET, ET ON L’ATTEND TOUJOURS : LE CHANGEMENT

Si le mercato hivernal de 2020 avait eu comme incidence, entre autres, de voir le bellâtre Marco Belinelli emmener son adresse perdue et ses shoots casse-croûte en Europe, on attendait encore plus de changement à San Antonio. Avant même le début de saison ou à la trade deadline peu importe, mais par pitié, du changement. A l’arrivée ? Ok, LaMarcus Aldridge a buy-out et est parti à Brooklyn, le pauvre n’a pas eu vraiment le temps de s’y éclater, mais pour le reste, hum, comment dire. Patty Mills, Rudy Gay et DeMar DeRozan ont drivé l’équipe cette saison, bienvenue en 2018 hein, et on attend donc – encore, toujours – un peu de changement dans la franchise qui ne veut jamais rien faire trop vite. Un peu de jeunesse mais pas non plus des futurs Hall Of Famers, Dejounte Murray et Derrick White ne sont plus si jeunes que ça, Gregg Popovich joue à qui part reste, bref on est dans le flou le plus total à SA, bien parti pour devenir des locataires annuels des places Intertoto si un changement n’est pas opéré bientôt. La bonne nouvelle ? Celle qui était attendue ? DeMar DeRozan est free agent, il ne devrait selon toute vraisemblance pas rempiler avec les Spurs, et voilà donc une franchise qui aura déjà 30 millions à aller dépenser, histoire d’entourer au mieux Murray, Vassell, Johnson, Walker IV et tous ces jeunes middle qui rêvent de devenir des leaders. Bref, y’a un petit vent de changement, mais ça souffle encore de manière très douce.

LA SUITE

Le besoin de rejouer les Playoffs, vite. Pour cela il faut oser, il faut reculer pour mieux sauter. Après la fin de l’ère Duncan / Parker / Ginobili, la fin de l’ère Kawhi et la fin de l’ère Aldridge, place à la fin des ères DeMar DeRozan et… Gregg Popovich ?

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