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Chicago Bulls, le bilan 2020-21 : on s’attendait à rien, puis la trade deadline nous a hypé, puis… rien ne s’est passé

Zach LaVine

Les années se suivent et se ressemblent à Chicago, bref on se fait chier comme des rats morts.

Source image : YouTube

Saison étrange à Chicago puisque contrairement à d’habitude on s’est… presque laissé tenter à croire à un semblant de quelque chose. Un début d’exercice moyen plus mais suffisant pour entrevoir au loin le play-in tournament, un Zach LaVine All-Star, une trade deadline qui place Chicago sur la carte puis patatra, éboulement en bonne et due forme. Au final les Bulls sont à leur place habituelle, another year at the office.

CE QUE TRASHTALK AVAIT ANNONCÉ

Passée l’énorme teuf consécutive au renvoi de Jim Boylen le 14 août dernier, passée la cuite monumentale prise par tous les habitants de l’Illinois suite au départ du duo maléfique Gar Forman / John Paxson, le temps était à la fraîcheur à Chicago. Billy Donovan sur le banc, mouais, pourquoi pas, mais surtout un nouveau GM en provenance de Denver, Arturas Karnisovas, bonhomme avec quelques skills intéressants en tant que chef d’équipe. Pour l’équipe ? On ne change pas une équipe moyenne mais mieux drivée ne sait-on jamais, et si un seed entre le 9 et le 11 était pressenti, une nouvelle fois, ce statut allait au moins permettre aux Bulls de se tester sur un éventuel play-in. De l’espoir en somme mais sans rien révolutionner.

CE QU’IL S’EST VRAIMENT PASSÉ

Un début de saison très Chicago car ni très bon ni trop mauvais. Le bail relou ? La relation compliquée entre les Bulls et le… COVID, le fameux virus empêchant Billy Donovan de pouvoir compter sur un effectif au complet. Spoiler, cela n’arrivera d’ailleurs jamais de toute la saison. Wendell Carter Jr. se fait le quadriceps fin janvier et reviendra ensuite quelques temps avant… d’être tradé, Lauri Markkanen brille par son inconstance et finit lui aussi par se blesser, à l’épaule, et par manquer quatre semaines entre février et mars, alors que Zach LaVine enchainera bobo au Covid et protocole cheville au printemps, ou le contraire, enfin bref. Enfin bref, blessures riment avec Chicago et dans ces cas-là difficile de lutter avec les costauds à l’Est, surtout quand ton roster au complet n’est déjà pas censé être capable d’y arriver. Ce qui aura permis aux Bulls d’y croire – à quoi on ne sait pas trop – pendant quelques mois ? La réponse tient en trois mots. Zach. La. Vine. N’ayons pas peur des mots, l’ancien boudeur du Minnesota progresse saison après saison et cette année ce fut tout simplement in-cro-yable, une masterclass de cinq mois à peine freinée par un pangolin et une chevillière. La cerise sur le gâteau ? Une première étoile de All-Star, méritée, et quelques sourires au cœur d’une saison compliquée collectivement.

Compliquée collectivement car autour de Zach rares auront été les bonnes surprises cette saison. Nikola Vucevic, évidemment, a fait le taf dès son arrivée, a taclé quelques 30/15 en trottinant mais sans jamais donner l’impression de peser plus que ça sur ses coéquipiers. Patrick Williams on en reparlera, mais ses perfs défensives et ses quelques soirées intéressantes en attaque n’ont pas eu la scène escomptée pour briller. Thaddeus Young ? Un temps mentionné parme les meilleurs remplaçants de la ligue et clairement identifié comme LE leader naturel des Taureaux, par la parole et par les actes, mais auteur d’une fin de saison clairement pas dans les mêmes standards. Coby White ? Parfois affolant parfois énervant, mais laissons le temps au temps. Lauri Markkanen ? Starting From Dirk Nowitzki now we are Andrea Bargnani (voir plus bas). Un Zach bien seul donc, et une hype née de la trade deadline… retombée comme un soufflé.

Car il faut bien le dire, la trade deadline du 25 mars avait tout de la soirée parfaite pour les Bulls. Daniel Theis pour venir se castagner dans la raquette, Troy Brown Jr. pour tenter de faire exploser un talent bridé à Washington, et surtout… le double All-Star Nikola Vucevic qui débarque d’Orlando avec son 25/12 de moyenne et tous ses albums de rap. Tant pis pour Wendell Carter Jr., parti grandir en Floride, tant pis pour Daniel Gafford, parti exploser à Washington, mais l’objectif semble clair dans l’Illinois. Retrouver les Playoffs, maintenant, tout de suite. Sauf que la suite ne sera que déceptions. Chicago termine sur un 12-17 dégueulasse, le jeu est aussi statique et indigent que les espoirs étaient réels, même le Magic – comme un symbole – réussit à les taper, et le 5 mai le couperet tombe : il n’y aura pas de PO en ville cette saison. Une fois de plus. Une saison lors de laquelle les Bulls n’auront jamais réussi à gagner plus de trois matchs de suite, une saison lors de laquelle Billy Donovan n’aura jamais pu compter sur des troupes au complet en forme en même temps, et pendant que les Hawks assument en demi-finale de conférence, alors que les Knicks ont étonné, que les Wizards ont affolé le printemps, que les Hornets ont ouvert de belles perspectives, Chicago… stagne, une fois de plus.

L’IMAGE DE LA SAISON

Nikola Vucevic Bulls 4 avril 2021

Arrivée en grande pompe du Duc de Floride après neuf années bien pleines à l’Amway Center. Ce jour-là Chicago se prend à rêver, avec ses deux All-Stars sur le terrain et une place en Playoffs à aller chercher de manière assumée. On connait la suite.

IL A CARTONNÉ : ZACH LAVINE

28 points, 6 rebonds et 6 passes de moyenne en janvier, 31/5/5 en février, des cartons phénoménaux toutes les semaines (trente match à plus de 30 pions, quatre à plus de 40, un à 50 un soir de défaite) et à des pourcentages de pivot glouton (50/42/85), bref Zach LaVine vient de nous poser une saison de mammouth. Qu’il est loin le temps du fu*k lancé un soir de draft, casquette des Wolves vissée à contrecœur sur la tête, car aujourd’hui Zach LaVine est devenu un elite scoreur doublé d’un vrai playmaker, un leader sur lequel on peut compter, tous les soirs. 27,4 points, 5 rebonds et 4,9 passes au final, la bise à son premier All-Star Game en mars, et aujourd’hui cette question : comment peut-on entourer Zach LaVine ? Car si les Bulls ont chié dans la colle cette saison, le Zachounet, lui, n’a absolument rien à se reprocher sur cet exercice 2020-21.

ON L’ATTENDAIT AU TAQUET, ET ON L’ATTEND TOUJOURS : LAURI MARKKANEN

A mesure que sa coiffure a évolué, le statut de Lauri Markkanen à Chicago a évolué aussi. De rookie prometteur au bras de feu, capable de taper quelques records de précocité sur ses deux première saisons, à joueur giga-transférable aujourd’hui, en passant par les traditionnels il est jeune laissons-lui le temps. Sauf qu’en 2021, du temps… les Bulls en ont moins que l’ailier finlandais, et la nouvelle saison mi-briques mi-raisin de ce dernier semble avoir eu raison de la patience de ses dirigeants. Des bobos, encore, la vingtaine de matchs ratés, tarif habituel, des pourcentages qui remontent mais un apport bien insuffisant et une place de titulaire perdue, première étape de la déconfiture markkano-chicagoane. Aujourd’hui Lauri ne coûte pas cher à Chicago, une bonne chose, Lauri possède une qualifying offer dans les 9 millions, et il est fort probable que l’on découvre Lauri sous un autre maillot la saison prochaine. Car dans l’Illinois, trop de patience tue la patience.

LA SUITE

Six mois avant le début de la saison 2021-22, les Bulls font déjà… grise mine. Al-Faruq Aminu a pris son option à 10 millions et fera apprécier sa lenteur un an de plus à Chicago, Coby White a tapé un basket avec des potes, s’est démoli l’épaule et sera indisponible jusqu’à la reprise. Bien bien bien. L’été 2022 s’annonce plus tendu que celui de cette année (LaVine, Young et Satoranski free agents, notamment), mais avec des cadres toujours sur place et un ou deux jeunes (Troy Brown jr., un peu, Patrick Williams, surtout) qui progressent l’objectif de Playoffs doit être atteint, c’est un fait. Au moins pour y goûter, déjà, avant de laisser le GM faire son taf dans un an. Faute de quoi on connait un duo de stars qui pourrait bien signifier avec un peu de virulence son envie de changement, ici ou ailleurs d’ailleurs.

Saison sans émotion, une de plus, malgré un sursaut d’espoir à la fin du mois de mars. Le ventre mou à l’air confortable mais vous avez des fans chers Bulls, alors il s’agirait de le quitter de temps en temps, comme ça, juste pour voir.

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