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Nikola Jokic, premier MVP de l’histoire des Denver Nuggets : une véritable histoire d’amour faite pour durer

nikola jokic

Nikola Jokic et Denver étaient faits pour s’entendre.

Source image : NBA League Pass

La nouvelle était attendue, elle est tombée cette nuit. C’est officiel, Nikola Jokic est votre MVP de la saison 2020-21. Une récompense ultra méritée pour le Serbe, devenu non seulement le premier pivot depuis Shaquille O’Neal en 2000 à rafler le trophée, mais aussi le premier MVP de l’histoire des Denver Nuggets. Pas de doute, Jokic est à sa place.

« Je pense que la plus belle chose que vous pouvez dire à propos de Nikola Jokic, c’est qu’il représente parfaitement la culture que nous avons créée ici à Denver. Je suis là depuis six ans et j’ai vu la progression de notre programme, qui est liée évidemment à la progression de Nikola Jokic. »

Les mots de Michael Malone tapent en plein dans le mille. Le coach des Nuggets, qui n’a pas oublié de souligner le fait que son équipe possède le plus grand total de victoires dans la Conférence Ouest sur l’ensemble des trois dernières saisons, est peut-être le plus grand fan du Joker. Depuis son arrivée dans la Mile High City en 2015, Mike est aux premières loges pour suivre l’évolution de son pivot serbe arrivé la même année à Denver (drafté en 2014 mais première saison en 2015-16), et désormais au sommet de la hiérarchie individuelle en NBA. Saison après saison, Nikola Jokic n’a cessé de monter en puissance, passant de la NBA All-Rookie First Team en 2016 au titre de MVP en 2021. Saison après saison, les Nuggets n’ont cessé de progresser pour franchir les paliers à l’Ouest, de 33 victoires il y a cinq ans à une finale de Conférence Ouest dans la bulle l’an passé. Pour résumer, la réussite de Nikola Jokic symbolise celle de Denver. Le Joker, exceptionnel individuellement mais surtout unique dans sa façon d’impliquer ses coéquipiers depuis le poste de pivot, fait partie de ces génies du jeu qui augmentent le niveau de chacun de ses coéquipiers présents avec lui sur le terrain : 26 points (56,6% au tir, 39% à 3-points, 87% aux lancers-francs, honnête…), 11 rebonds et 8 passes décisives de moyenne cette saison, le tout en jouant tous les matchs grâce à une condition physique bien retravaillée et avec une belle troisième place à l’Ouest en prime. Bonjour le monstre. On dit souvent qu’un MVP est un leader qui rend les autres meilleurs, difficile d’avoir une meilleure photo que celle du Joker pour illustrer cette définition aujourd’hui.

Quelque part, Nikola Jokic et Denver, c’est le mariage parfait. La capitale du Colorado, c’est pas Hollywood. Dans l’univers NBA, la Mile High City est considérée comme un petit marché et les Nuggets ne sont pas vraiment le genre de franchise à se retrouver au sommet du hypomètre. Ça tombe bien, la hype, les médias et les spotlights, c’est tout ce que rejette Niko. Cette année, pendant que Joel Embiid et d’autres poussaient leur dossier de MVP, Jokic n’a pas dit grand-chose. Non, il a continué à produire, à jouer match après match, à faire gagner son équipe, tout ça en ayant les qualités athlétiques d’un mec de Nationale 3 et la dégaine d’un videur. On ne dit pas que le Joker n’est pas spectaculaire, car ses caviars millimétrés représentent un véritable bonheur pour les yeux, mais il n’enflamme pas New York comme Kevin Durant avec ses crossovers sur Giannis, ou Los Angeles avec des tomars à la LeBron James. Non, Jokic, c’est un mec qui sort tout droit de Sombor en Serbie et qui joue au panier-ballon comme il l’entend, avec un QI basket qui relève du génie et des qualités techniques qui font bader. Si la NBA a évidemment connu de grands intérieurs passeurs dans son histoire, certains provenant notamment du Vieux Continent (coucou Arvydas), on n’a jamais vu un phénomène comme Jokic, et Denver semble être le coin idéal pour son épanouissement perso. Loin des paillettes, loin de la folie des gros marchés. Passionné de courses de chevaux quand il était ado, Nikola est comme un poisson dans l’eau dans la ville des Broncos, ces chevaux sauvages qui symbolisent l’héritage Wild Wild West de Denver et l’équipe de Foot US locale. À l’image d’un Allen Iverson qui symbolisait la dureté de Philadelphie, d’un Kobe Bryant qui incarnait le show version Hollywood, ou encore d’un Tim Duncan qui représentait parfaitement l’excellence discrète de San Antonio, Nikola Jokic est le MVP d’un peuple.

« Quand je suis arrivé à Denver, j’ai dit que j’adorerais devenir le Tim Duncan de Denver, car il a joué toute sa carrière à San Antonio. Si Dieu le veut, je jouerai toute ma carrière à Denver. »

– Nikola Jokic, via CBS Denver

Drafté seulement en 41e position en 2014, Nikola Jokic ne pensait jamais atteindre ce niveau-là. Il le dit lui-même, « je ne m’imaginais même pas jouer en NBA, je pensais avant tout à l’Euroleague ». Mais les Nuggets ont cru en lui et progressivement, ils ont vu un gars pouvant potentiellement devenir un franchise player. Après trois premières saisons prometteuses en NBA mais sans participation au All-Star Game, la franchise de Denver a mis un contrat max sur la table d’un montant de 148 millions de dollars sur cinq ans. C’était en juin 2018. Un an et demi plus tôt, les Nuggets avaient transféré le pivot Jusuf Nurkic aux Blazers après la prise de pouvoir du Joker sur le poste de pivot titulaire. La preuve que Denver possédait un vrai plan. Quand vous évoluez dans un petit marché, recruter une star via la Free Agency est tellement difficile que la Draft devient un élément crucial dans la construction d’une équipe. La Draft, mais aussi le développement des jeunes joueurs une fois qu’ils sont sur place. Les Nuggets sont aujourd’hui réputés pour être une référence dans les deux catégories. Et qui de mieux que le Joker pour symboliser ça ? Nikola Jokic est déjà l’un des plus gros steals de l’histoire de la Draft, il est largement le MVP ayant été drafté le plus bas all-time, loin derrière Steve Nash et Giannis Antetokounmpo (15e choix). Le cas Niko montre à la fois le nez fin qu’ont pu avoir les dirigeants de Denver à l’époque mais il montre aussi cette force de développement qui caractérise aujourd’hui les Nuggets, avec également les Jamal Murray, Michael Porter Jr. et Monte Morris, entre autres.

Culturellement, Nikola Jokic symbolise la franchise de Denver, et le jeu pratiqué par les Nuggets est également à l’image du bonhomme. De l’altruisme, du collectif, du shoot et surtout du plaisir. Quatre éléments d’une machine offensive bien rodée. Un jeu dans lequel Jokic est évidemment la pièce maîtresse, encore plus sans Jamal Murray aujourd’hui. Si les Nuggets continuent de bien tourner malgré la grosse blessure de Jamal, ce n’est pas par hasard. Bien évidemment, la relation Murray – Jokic, qui a fait tant de dégâts dans la bulle l’an dernier grâce notamment à leurs automatismes en pick-and-roll, risque de manquer à un moment donné dans ces Playoffs NBA 2021 mais les hommes de Mike Malone ne seront pas faciles à dégager. Pas d’excuse, on continue à jouer ensemble comme on sait le faire, voilà le message porté par Malone et Jokic. Quand vous avez une telle structure collective, basée sur la vision de jeu du Joker, les bons cuts, le mouvement du ballon et des joueurs, l’absence d’un joueur calibre All-Star comme Murray (sans oublier aussi Will Barton…) se ressent un peu moins et ça continue de gagner des matchs. Et c’est exactement ce genre de raison qui explique pourquoi Nikola Jokic est le MVP de la NBA aujourd’hui. L’identité des Nuggets, c’est l’identité de Jokic, et vice-versa.

Les Nuggets n’avaient jamais eu un MVP avant Nikola Jokic, mais ils peuvent désormais savourer. Et on ne connaît aucun autre joueur qui serait mieux placé pour représenter Denver de la sorte. Franchise historiquement axée sur l’attaque, elle possède aujourd’hui l’un des grands génies du basket et on espère que cette histoire d’amour ne s’arrêtera jamais.

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