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Minnesota Timberwolves, le bilan 2020-21 : un crack est arrivé pour épauler Karl-Anthony Towns, « et c’est déjà pas mal »

Wolves 7 juin 2021

Deux hommes qui s’entendent comme chat et chat.

Source image : YouTube

Les Wolves font partie de ces franchises dont les fans ont plutôt intérêt à être… patients. 32 saisons en NBA depuis la création des Wolves, un Kevin Garnett sauvage et une astérisque Butler  en 2018, voilà, c’est tout. Chaque saison est bien souvent un tremplin pour la suivante, elle-même un tremplin pour la suivante, etc, etc, etc. L’exercice 2020-21 n’aura pas dérogé à la règle, et si cette saison fut très longue avant de nous offrir quelques sourires sur son dernier tiers, on espère simplement ne pas être en train… de tomber dans le panneau, comme d’habitude.

CE QUE TRASHTALK AVAIT ANNONCÉ

Une saison entre la onzième et la treizième place, un first pick de Draft à façonner, un franchise player à rassurer, et un projet à construire. L’épisode Jimmy Butler encore dans toutes les têtes, car selon un sondage IFLOP Buckets reste le joueur le plus mentionné chaque jour par les fans de Minny, les Wolves avaient à cœur de faire démarrer une nouvelle histoire avec en figures de proue un Karl-Anthony Towns libéré de tous ses maux, bien sûr, mais aussi avec Anthony Edwards, tout frais numéro un de Draft et logique étendard de hype dans le Minnesota. Un peu de D’Angelo Russell pour les optimistes, le retour de Ricky Rubio également, et tout pouvait se mettre en route tranquillement, on ne sait pas trop vers où mais nous verrons bien nous disions-nous.

 

CE QU’IL S’EST VRAIMENT PASSÉ

Caramba, les saisons se suivent et se ressemblent dans le Minnesota car malgré deux victoires inaugurales face à Detroit et Utah, les blessures de Jarrett Culver et, surtout, de Karl-Anthony Towns jettent un froid sur le début d’exercice. Un gros chaton qui passera d’ailleurs un hiver beaucoup plus rude que le commun des NBAers, ce putain de COVID ayant décidé de s’en prendre à lui après avoir emporté sa maman quelques mois auparavant… Période sombre pour KAT, et sur le terrain les Wolves sont en galère. Onze défaites en douze matchs dès l’entame ou presque, et quand Towns fait son retour en février… c’est D’Angelo Russell qui doit se faire opérer. Quand ça ne veut pas ça ne veut pas, et ça ne veut tellement pas qu’à peine les premiers exploits d’Anthony Edwards validés, c’est le coach Ryan Saunders qui prend la porte. L’histoire était belle mais niveau basket ça coince, et Chris Finch débarque alors pour tenter de ramener à la surface un bateau en train de couler, au coeur d’une nouvelle série de neuf défaites consécutifs entre février et mars.

Bilan famélique donc, mais heureusement tout n’est pas à jeter. Karl-Anthony Towns est revenu aux affaires et montre par séquences qu’il est clairement un Top 5 NBA à son poste, Anthony Edwards a bien chauffé le podium de la course au Rookie Of the Year et vient de taper une accélération énorme au meilleur des moments (voir plus bas), quelques jeunes montrent plus que le bout de leur nez (Naz Reid et Jaden McDaniels notamment), et si le 13 avril c’est un nouveau drame qui frappe la communauté de Minneapolis (l’assassinat de Daunte Wright), la fin de saison sera finalement pleine d’espoirs, en tous cas beaucoup plus que quatre mois auparavant. Tout le monde ou presque est sur pied, enfin, Ricky Rubio et Juancho Hernangomez donnent de belles raisons aux fans français des Wolves de détester toujours un peu plus les Espagnols, Malik Beasley brille par son absence (voir plus bas) mais tout autour c’est une vraie équipe qui s’est installée.

D’Angelo Russell est inconstant mais fait bien souvent le taf au relai d’un KAT leader et d’un Anthony Edwards incandescent en fin de saison et tout heureux qu’on lui donne absolument toutes les cartouches de l’équipe en attaque, on rigole on rigole car la moindre victoire des Loups les éloigne toujours un peu plus de leur pick de Draft 2021 (protégé 1-3, sinon ça part chez… les Warriors), mais plus ces Wolves gagnent plus on se dit que ce pick de Draft… ils n’en ont pas forcément besoin. L’expérience du terrain prime, les jeunes progressent en jouant, et la bande à Chris Finch ponctue sa saison sur un bilan à l’équilibre lors des quarante derniers jours de régulière (11-11), teasing intéressant du prochain exercice, peut-être, mais preuve en tous cas qu’au complet les Wolves méritent mieux que ce que certains veulent bien leur promettre. 23-49 au final, au global ça pue on est d’accord, mais le dernier mois de compétition aura tout de même laissé croire à un possible début de quelque chose, constat à relativiser un minimum d’ailleurs compte tenu d’une adversité souvent au ralenti en fin de régulière. Mais l’essentiel dans tout ça ? Il y a du positif dans ce bilan 2020-21, au moins un petit peu, au moins assez pour avoir hâte de revoir tout ce petit monde en octobre.

L’IMAGE DE LA SAISON

Anthony Edwards 20 février 2021 NBA

C’est évidemment l’image qui a le plus fait causer cette année quand on évoque les Wolves. Nuit du 20 février, on est là comme d’habitude mais pas forcément sur ce Wolves – Raptors on l’avoue, et à 4h47 du matin Anthony Edwards décide de monter sur le PAUVRE Yuta Watanabe, qui finira au sol avec l’étiquette de la victime de l’un des posters les plus violents de ces dernières années. ANT-Man vient de défoncer les portes de la célébrité mais entre les lignes, ANT-Man commence surtout à défoncer… pas mal de défenses (voir plus bas).

IL A CARTONNÉ : ANTHONY EDWARDS

Mesdames et messieurs c’est officiel, nous sommes en présence d’un crack. Oubliez les déclarations d’avant-saison, quand le first pick 2020 clashait les skills de rap de Damian Lillard ou chantait à qui veut l’entendre qu’il n’aime pas spécialement le basket, oubliez son ignorance quant au blase de son nouveau proprio, et concentrez-vous uniquement sur sa saison basket. On y est ? Let’s go. 19,3 points, 4,7 rebonds, 2,9 passes, et très probablement le trophée de Rookie Of the Year qui tombera bientôt dans son escarcelle, merci la blessure de LaMelo Ball. Dans les chiffres ? Un début de saison et de carrière assez tranquille, ANT-Man sort du banc, il envoie quand même pas mal de saucisses mais il apprend vite. 13 points par match en janvier, 16 en février, et entre temps le rookie a jumpé dans le starting five, faut pas pousser mémé dans les orties non plus. Le mois de mars ? LaMelo Ball est out alors Tonio accélère, y’a un ROY à aller chercher. Ses 42 points à Phoenix (t’sais, les futurs champions NBA) sont l’apex d’un mois à plus de 24 pions par match, la bête est lancée et ne s’arrêtera plus. Dans les faits ? Responsabilisé +++ par Finch, Edwards a la balle en main, très souvent, et ses défauts ne sont que ceux d’un gamin qui veut en faire trop car globalement le poste 1, 2, 3 du futur ne nous donne pas énormément de raisons de râler. Du déchet oui, beaucoup de déchet, mais si un n°1 de Draft ne peut pas prendre 30 tirs par match dans une fin de saison claquée autant se mettre aux dames chinoises. Bref une saison rookie éclatante, une relation qui semble déjà forte avec Karl-Anthony Towns, et si les Wolves n’ont toujours aucune garantie de succès collectif à court-terme, ils peuvent au moins être sûrs de détenir en leur tanière l’un des plus grands cracks des quinze prochaines années.

ON L’ATTENDAIT AU TAQUET, ET ON L’ATTEND TOUJOURS : MALIK BEASLEY

Il avait refusé un contrat à 30 millions sur trois ans à Denver, pour finalement accepter 60 sur 4 après son trade à Minneapolis. Pourquoi pas. Vraie menace sur les lignes arrières, complément intéressant de D-Lo et Edwards se disait-on. On vous arrête tout de suite, pas de conclusions hâtives concernant l’homme dont le nom rime quand même avec teubey, simplement un brelan de constats qui impose la patience. 1) Malik a pu envoyer quelques perfs et a même montré de belles choses en défense en début de saison mais 2) on a également noté une certaine inconstance et, surtout, 3) un fait divers franchement pas jojo a contraint le « sniper » à « déposer les armes » en cours de saison. Les références ne sont pas là par hasard, on ne va pas revenir dessus car ça n’est pas glorieux mais Pose ton gun Malik pose ton gun, pose ton gun avant qu’il y ai maldonne. Pour savoir si oui oui non Malik Beasley peut s’inscrire dans l’intéressant projet des Wolves il faudra donc attendre la saison prochaine, car le talent est là c’est sûr mais la caboche on ne sait pas encore.

LA SUITE

Continuer à travailler, à apprendre, à grandir. Jarrett Culver a vu sa saison sophomore prendre un coup dans l’aile à cause de son physique et on aimerait le voir réintégrer les lignes arrières plutôt que se planquer dans les corners, D’Angelo Russell a plein de talent mais on aimerait parfois comprendre le projet sportif, les 17 millions de Ricky Rubio posent problème au Crédit Agricole du Minnesota, Anthony Edwards et Karl-Anthony Towns semblent avoir le talent et les épaules pour porter à eux deux la franchise, et tout autour quelques jeunes peuvent très bien faire la jointure et instaurer une nouvelle Wolves-culture. Une nouvelle ère qui s’ouvre d’ailleurs dans les bureaux puisque la bande à Alex Rodriguez est désormais en place tout en haut de l’échiquier, un Alex Rodriguez qui passe d’ailleurs de J-Lo à… D-Lo, en espérant que l’amplitude thermique ne lui fasse pas un trop gros choc.

Saison blanche mais pas tant que ça, puisque si les défaites se sont empilées on a également – surtout – vu un énorme crackito prendre son envol. Pour le reste ? On souhaite surtout à Karl-Anthony Towns beaucoup de bonheur après tant de coups durs, car l’homme et le joueur le méritent. Pas de garantie pour l’avenir, toujours pas, mais allez, tout n’est pas si noir, « et c’est déjà pas mal »

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