Magic

Orlando Magic, le bilan 2020-21 : tous les jeunes étaient blessés, tous les anciens sont partis, tous les cris les SOS

Mickey 4 juin 2021

Voilà ce qu’il se passe quand tes leaders s’appellent Gary Clark et James Ennis

Source image : kissottawa.com

On nettoie tout et on repart de zéro, on repart du sous-sol même. Partis pour squatter le ventre mou de l’Est une saison de plus, le Magic a finalement opéré un virage à 8,6 degrés, oui, comme la bière infecte, lors de la trade deadline de mars. Reculer pour mieux sauter tu connais, mais cette fois-ci la franchise floridienne… a sacrément mis la marche arrière.

CE QUE TRASHTALK AVAIT ANNONCÉ

Onzièmes à l’Est. Voici à peu près où toute l’équipe de rédac voyait le Magic en début de saison. Des Playoffs la saison passée, les deuxièmes de suite, pas forcément de downgrade cette année mais surtout une belle mue de la Conférence Est qui laissait imaginer une équipe en mode dindon de la farce. On voulait voir des jeunes progresser, exploser pourquoi pas, et on s’attendait aussi à voir le board prendre des décisions importantes concernant un effectif en bout de course. Bref ça ne sentait pas la saison all-time à l’Amway Center, et heureusement finalement qu’Evan Fournier était là pour nous rappeler l’existence de sa franchise.

CE QU’IL S’EST VRAIMENT PASSÉ

Incroyable, le début de saison du Magic est immaculé et les victoires s’enchainent, absolument personne ne tire de conclusions hâtives parce qu’on les connait mais ce qui est pris n’est plus à prendre se dit-on. Quatre victoires inaugurales et même un 6-2 fort sympathique après deux semaines de jeu, Markelle Fultz s’est transformé en mélange entre Kyrie et John Wall, tout va bien dans le meilleur des mondes. Meilleur des mondes mon cul ouais, car à l’absence prévue de Jonathan Isaac, out toute la saison, se superpose tout à coup celle d’Evan Fournier, gêné par des douleurs au dos, et surtout celle de Markelle Fultz, victime le 6 janvier d’une rupture des ligaments croisés et donc d’un nouveau coup du sort. Ca tire la gueule en Floride, Cole Anthony valide le constat de l’un des plus beaux steals de la Draft 2020 (15) en fêtant son nouveau statut avec un (premier) game winner face aux Wolves, au soir du retour d’Evan Fournier, et le soleil est de retour au Centre Amway.

Hum, pas pour longtemps puisque Aaron Gordon est à nouveau sur le flanc, et la centaine d’absences dans le roster oblige alors Nikola Vucevic à passer mode All-Star +++. Un mois de janvier énorme, un mois de février hallucinant, les 35/15 deviennent beaucoup trop banals et le Duc pose même un 43/19 bien trop sale sur les… Bulls, intéressant ça tiens. Les défaites sont bien assez nombreuses et si le grand Niko fêtera en mars sa deuxième sélection de All-Star, le mois de mars sera surtout synonyme de grand ménage de printemps, c’est quand même cool quand les mois correspondent aux expressions. Vavane claque un game winner face aux Suns mais, c’était écrit, à la trade deadline le Français quitte Orlando pour Boston, Aaron Gordon prend la direction de Denver et… Nikola Vucevic part à Chicago, ça c’était pas forcément prévu.

Wendell Carter Jr., R.J. Hampton, Otto Porter Jr., Ignas Brazdeikis et Moe Wagner seront les héros de la fin de saison, Chuma Okeke est parachuté leader d’attaque pour éviter que des pipes comme James Ennis ou Gary Clark se sentent pousser des ailes, tout ce qui ressemble de près ou de loin à un basketteur est prié de rester sur le banc pour que les défaites s’accumulent, car c’est désormais officiel, le nom qui revient le plus souvent à Orlando est le même qu’à Houston, Detroit ou Oklahoma City : Cade Cunningham. Objectif Lottery donc, R.J. Hampton explose sur la fin de saison et c’est plutôt cool, Mo Bamba fait parfois du sale mais se prend un peu trop souvent pour Kevin Durant, Devin Cannady se brise la gambette pour perpétuer une bien triste tradition, Cole Anthony continue d’être clutch, et au final ça part donc sur un petit 21-51 des familles et une fin de saison attendue par tous comme une délivrance, la fin d’une saison sous le signe du changement, d’une saison qui restera comme celle de la fin d’un cycle que l’on nommera peut-être un jour « la douce époque des premiers tours de Playoffs ».

L’IMAGE DE LA SAISON

Nikola Vucevic 4 juin 2021

Neuf saisons à Orlando et un trade à Chicago, pour se rendre compte finalement que les Bulls sont encore plus nuls que le Magic.

IL A CARTONNÉ : NIKOLA VUCEVIC

Il fallait un daron pour tenir la baraque quand la famille toute entière préférait privatiser un hôpital tout entier. Pour la dernière de ses neuf années à Orlando, Niko a été ma-gis-tral. Un hiver monstrueux, des orgies offensives d’une qualité déconcertante, une deuxième étoile sur le maillot tah l’EDF de foot, et au final des larmes quand il fallut dire au revoir à une communauté qui lui doit tout ou presque depuis une décennie. Enormément de choses à dire sur le Magic depuis quelques années, des bureaux jusqu’au parquet en passant par l’infirmerie, mais sur Nikola Vucevic il n’y a absolument rien à dire. Vrai frère, vrais souvenirs laissés en ville, et quoiqu’il arrive le Magic peut se targuer d’avoir possédé pendant neuf ans un vrai personnage, un putain de basketteur.

ON L’ATTENDAIT AU TAQUET, ET ON L’ATTEND TOUJOURS : JONATHAN ISAAC

On ne lui en tiendra évidemment pas rigueur car ce pauvre Jo n’a pas foulé le parquet une seule minute cette saison, mais il n’empêche que le fragile ailier-fort symbolise presque à lui seul les maux de sa franchise depuis trois ans. 80 matchs manqués en trois ans, les croisés dans la bulle et donc une nouvelle saison blanche pour le freak, lui qui nous avait tellement enjaillé début 2020 avant de se… bah de se blesser, évidemment. Au centre du projet Magic mais surtout au centre des contrats d’assurance, le n°6 de la Draft 2017 est à la fois la plus belle raison d’espérer de sa franchise mais également ce bâton dans la roue d’un vélo, ce coureur qui fait chuter le peloton. Attendu à la rentrée et si possible plus de dix matchs, Jonathan fera du Magic une équipe attirante de par sa simple présence, en espérant… ne pas avoir à en reparler dans un an. Et de toute façon si ça arrive on ne va clairement pas s’emmerder, on fera notre plus beau copier-coller.

LA SUITE

Des jeunes, beaucoup de jeunes, et l’espoir fou de récupérer un très haut choix de Draft, et pourquoi pas le first pick pendant qu’on y est. La base a pris cher mais la base est désormais saine, Steve Clifford et le Magic se sont poliment dit au revoir, R.J. Hampton, Cole Anthony, Cade Cunningham, Chuma Okeke, Jonathan Isaac, Mo Bamba et Wendell Carter Jr. au centre d’un projet c’est sponsorisé par le Sopalin, alors soyez patients, croisez les doigts pour la Lottery et, qui sait, le Magic est peut-être parti pour une période pleine de belles surprises.

Des blessures en pagaille, des cadres qui déménagent, et au final des défaites qui s’amoncellent afin d’envisager l’avenir plus sereinement. Vrai virage donc, en espérant qu’en sortie d’épingle ce ne soit pas un mur qui attende le Magic.

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