Blazers

Damian Lillard repousse les frontières du réel : 55 points à 12/17 du parking, des tirs venus d’ailleurs… mais une terrible solitude

Neuf ans désormais que l’on relate chaque matin à l’écrit les exploits de vos héros préférés, et après neuf ans de nuits blanches voilà que Damian Lillard trouve encore le moyen de nous étonner, de nous faire vibrer, de nous aider à trouver les mots que le caractérisent le mieux. Et finalement, ne serait-ce pas cela le plus grand des exploits ? 

Mais qu’est-ce qu’il nous a encore fait celui-là. Qu’est-ce qu’il fait, qu’est-ce qu’il a, qui c’est celui-là ? Complètement toqué, ce mec-là, complètement gaga chantonnait l’immense Pierre Vassiliu il y a 48 ans, et aujourd’hui la ritournelle pourrait aisément coller à ce grand monsieur qu’est Damian Lillard. Un autre hit d’une autre époque qui pourrait également lui seoir à ravir ? Seul au monde de Corneille, tant cette nuit la folie de Dame n’aura finalement eu d’égal que la faiblesse de ses coéquipiers, de son coach, de sa franchise.

Cette nuit Damian Lillard c’est : douze paniers à 3-points, record de Playoffs explosé. 55 points, record de franchise (le sien) en Playoffs explosé. Quatre paniers du parking lors de la première prolongation, et nos rétines également explosées. Un leadership sensationnel, tel un soldat abandonné par des troupes préférant prendre en photo leur chef plutôt que de le soutenir, tel un soldat qui verra son général commander un système pour C.J. McCollum alors que Dame n’avait pas raté un tir depuis deux heures.

Des stepbacks honteux de facilité mais pourtant tellement durs à mettre, des side-steps hallucinants de difficulté mais tellement faciles finalement, Austin Rivers ou le pauvre Shaquille Harrison dans la sauce jusqu’au cou, et derrière Damian Lillard un peuple qui se soulève, celui du « petit » face au gros, celui de l’homme seul face à une armée entière. Revenus de nulle part grâce à Dame notamment en première mi-temps, revenus d’outre tombe en prolongation grâce à un déchainement de perfection de la part de leur meneur, les Blazers verront finalement leur adversaire l’emporter car il parait qu’à cinq on gagne des matchs, car il parait que tout seul et tout Dame DOLLA qu’on est… c’est plus difficile.

Il y avait la mixtape de 2019 face au Thunder, ces 50 points et ce bad shot final sur la truffe de Paul George pour éliminer une ville toute entière de la carte. Il y aura désormais la mixtape inutile de 2021 face aux Nuggets, ces 55 points à 17/24 sortis de nulle part, ce 12/16 du parking totalement angélique, cette prolongation disputée quelque part entre Saturne et Neptune. Ce matin Damian Lillard est une superstar all-time, mais ce matin Damian Lillard est surtout une superstar terriblement esseulée.

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  1. Dr J

    2 juin 2021 à 12 h 11 min at 12 h 11 min

    Plus gros Game Score en PO depuis que la stat existe, en 1984 (55.9). La seule autre performance à + de 50 est le fameux match de Barkley en 56-14 (52.6). Ce n’est qu’une stat pour évaluer la production numérique mais quand même, c’est arguably la plus grosse « production » de l’ère moderne sur un match de PO ! Et en plus il y a les deux shoots pour aller en OT et OT2. Tout ça pour une défaite au bout, c’est une PLS de 24h qui s’impose… Si les Blazers ne passent pas cette série il va falloir qu’Olshey fasse du blockbuster cet été. Il ne peut pas y avoir d’autre alternative.

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