Dossiers NBA

Les Clippers menés 2-0 mais… toujours en vie ? Retour sur ces équipes mal réveillées mais finalement victorieuses, il est l’heure de s’en inspirer

kawhi leonard

Quatre équipes dans l’histoire de la NBA ont remporté une série après avoir perdu les deux premiers matchs à la maison. Focus.

Source image : NBA League Pass

En passant à côté de leur début de série dans la plus pure tradition des Clippers, les hommes de Tyronn Lue se retrouvent menés 2-0 face aux Mavericks de Luka Doncic. Si l’on se base sur l’histoire de la NBA, gagner une série après lâché les deux premières rencontres est extrêmement compliqué. Cela devient pratiquement impossible quand ces deux matchs ont en plus été perdus à la maison. Cependant, quatre équipes ont réussi cet exploit depuis la fusion ABA-NBA de 1976, et ce sera aux Clippers de s’en inspirer pour espérer devenir la cinquième.

Phoenix Suns 1993

Premier tour des Playoffs face aux Lakers : menés 0-2, les Suns l’emportent finalement 3-2.
La suite : qualification en Finales NBA puis défaite contre les Bulls 4-2.

La fameuse équipe des Suns de 1993, celle qui a poussé les Bulls de Michael Jordan dans leurs retranchements lors des Finales NBA. Mais avant de jouer sur la plus grande scène, l’équipe du MVP Charles Barkley a failli dégager d’entrée après avoir pourtant remporté 62 matchs en saison régulière, soit le meilleur bilan de toute la NBA. En face, il y avait les terrifiants Lakers de… Vlade Divac, Sedale Threatt et d’un James Worthy plus très loin de la retraite, victorieux de seulement 39 rencontres en régulière. Le sweep était programmé, jusqu’à ce que les Californiens profitent de l’absence de Kevin Johnson dans le premier match pour remporter le Game 1. Puis le Game 2. Wow ! Sachant que la série est au meilleur des cinq matchs à l’époque, les Suns sont au bord du gouffre et dans l’obligation de gagner trois matchs de suite, dont deux à Los Angeles. C’est alors que le coach de Phoenix Paul Westphal (R.I.P) sort la plus grande déclaration de sa carrière : « Nous sommes menés 0-2. Je connais déjà la prochaine question, ‘Est-ce que vous êtes morts ?’ Non. Nous allons gagner cette série. Nous allons prendre un match mardi et le prochain est jeudi. Nous allons également le gagner et puis nous allons revenir ici et gagner la série dimanche. Et tout le monde dira à quel point cette série était belle. » Devinez ce qui arrive. Les Suns survivent en Californie et égalisent dans la série sous l’impulsion notamment de Barkley mais surtout d’un bel effort collectif. Le Game 5, qui se termine en prolongation, est finalement arraché par les Suns, avec le rookie Oliver Miller dans le rôle du héros.

Houston Rockets 1994

Demi-finale de Conférence Ouest face aux Suns : menés 0-2, les Rockets l’emportent finalement 4-3.
La suite : champions NBA avec une victoire en finale contre les Knicks 4-3.

L’année suivante, les Suns vont vivre ce que les Lakers ont vécu face à eux en 1993. Dans le rôle du bourreau ? Les Houston Rockets d’Hakeem Olajuwon, MVP et double Défenseur de l’Année. Possédant l’avantage du terrain en demi-finale de Conférence Ouest après avoir terminé deuxièmes en saison régulière, les Fusées se crachent d’abord à deux reprises dans le quatrième quart-temps. Lors du Game 2, Houston laisse carrément filer un avantage de 18 points avant de perdre en prolongation. Les journaux locaux ne font aucun cadeau et baptisent Houston « Choke City » après le craquage en règle des Rockets, qui succède à d’autres grandes déceptions sportives des différentes franchises de la ville, en NFL et MLB. Mais « Choke City » va se transformer en « Clutch City ». Les Rockets réussissent à sortir la tête de l’eau à Phoenix en remportant sans trembler le Game 3 et 4 malgré un Kevin Johnson en feu en face. Olajuwon, Vernon Maxwell, Kenny Smith et Cie imposent leur basket pendant que Charles Barkley enchaîne les briques. La cinquième manche tourne également à l’avantage des Rockets, largement supérieurs ce soir-là, et puis la série se décide finalement sur un septième match décisif dans le Texas, remporté par Houston 104-94 derrière un Hakeem monstrueux (37 points, 17 rebonds, 5 passes, 3 contres) et un Sam Cassell en mode big nuts en sortie de banc (22 points). Un mois plus tard, les hommes de Rudy Tomjanovich décrocheront le premier titre NBA de l’histoire de la franchise en battant les Knicks de Patrick Ewing, également en sept rencontres et après avoir été menés 3-2. « Clutch City » on a dit.

Dallas Mavericks 2005

Premier tour des Playoffs face aux Rockets : menés 0-2, les Mavericks l’emportent finalement 4-3.
La suite : défaite en demi-finale de Conférence Ouest contre les Suns 4-2.

Attention, scandale en vue ! Nous sommes en 2005, avec un derby texan bien chaud au premier tour des Playoffs. D’un côté, les Dallas Mavericks de Dirk Nowitzki, Jason Terry et Cie, quatrièmes en saison régulière. De l’autre, les Houston Rockets du duo Yao Ming – Tracy McGrady, alors dans sa toute première saison ensemble et terminant à la cinquième place de l’Ouest. Les deux premiers matchs à Dallas tournent à l’avantage des Fusées, portées notamment par un T-Mac sensationnel. Ce dernier tourne à plus de 30 points et 8 passes de moyenne, enterre Shawn Bradley vivant, et marque le panier qui tue dans les dernières secondes du Game 2. Les Rockets ont la série clairement en main, reste plus qu’à conclure. Sauf que de retour à la maison, les hommes de Jeff Van Gundy laissent échapper non pas un, mais deux matchs, avec seulement quatre points d’écart à chaque fois. Rageant ! Si McGrady continue son chantier, Yao est vraiment gêné par les fautes, ce qui frustre le coach des Rockets, qui écope d’une amende de 100 000 dollars pour propos inappropriés dans la presse. Le Game 5 est lui tout aussi serré et le résultat reste le même : victoire des Mavericks 103-100 derrière les 23 points et 13 rebonds de Nowitzki et… la grosse maladresse aux lancers-francs de Houston. Incroyable, une équipe vient de gagner devant son public. Les Rockets parviennent certes à égaliser à la maison grâce encore à un énorme T-Mac (37 pions), sauf que le Game 7 tourne au cauchemar pour Houston, avec une défaite de… 40 points (116-76). Lâchés par leurs coéquipiers, McGrady et Yao ne peuvent que constater les dégâts. Vous vous demandez sans doute pourquoi on a parlé de scandale quelques lignes plus haut, eh bien sachez que cette série fait partie de l’affaire Tim Donaghy. L’ancien arbitre disgracié a déclaré quelques années plus tard que la confrontation entre Dallas et Houston avait été quelque peu truquée. Déjà, dans les derniers instants du Game 5, il y a eu une erreur monumentale des arbitres, incapables de signaler une sortie de terrain pourtant évidente de Michael Finley. Mais surtout, suite à des plaintes du proprio des Mavs Mark Cuban par rapport à des écrans soi-disant illégaux de Yao Ming lors des deux premiers matchs, ce dernier aurait été visé par les arbitres pour aider Dallas à relancer la série. Vrai ou pas, les fans de Houston ont sans doute leur avis sur la question.

Boston Celtics 2017

Premier tour des Playoffs face aux Bulls : menés 0-2, les Celtics l’emportent finalement 4-2.
La suite : défaite en Finales de Conférence Est contre les Cavaliers 4-1.

Du côté de Boston, l’année 2017 sera pour toujours associée à Isaiah Thomas. Le lutin, auteur d’une campagne magique en régulière avec en bonus une cinquième place au classement MVP, a guidé les Celtics vers la première place de la Conférence Est en marquant quasiment 29 points par match. Prêt à exporter son talent sur la grande scène des Playoffs, Isaiah est malheureusement frappé par un drame familial juste avant le début de la série du premier tour contre Chicago. Sa sœur décède dans un accident de la route, IT est inconsolable. Cependant, il trouve la force pour aller sur les parquets et briller. Malgré un début de match un peu compliqué, il marque 33 points avec 6 rebonds et 6 passes dans le Game 1, le tout avec un public acquis à sa cause. Mais les Bulls, menés par Jimmy Butler, finissent par s’imposer contre des Celtics forcément un peu perturbés par les événements. Le deuxième match est également dominé par les Taureaux sous l’impulsion encore une fois de Butler, mais aussi des Splash Brothers du duo Rajon Rondo – Dwyane Wade, sans oublier le légendaire Robin Lopez. Après une régulière bien claquée sous les ordres de Fred Hoiberg (41 victoires, 41 défaites), les Bulls ont réussi à enclencher le mode Playoffs et Boston n’y est pas. Clairement, ça sent le roussi, mais la série va tourner à Chicago. Les Verts retrouvent leur fierté et les Taureaux – privés de Rajon Rondo pour le reste de la série à cause d’un pouce cassé – retombent dans leurs travers. Après un speech d’encouragement de l’ancien Celtic Kevin Garnett, les hommes de Brad Stevens prennent le Game 3 sur le score de 104-87, puis un Game 4 bien tendu derrière les 33 points de Thomas. Les Celtics sont lancés et les Bulls n’arriveront pas à les arrêter. IT et ses copains font la différence dans le dernier quart-temps du Game 5, remporté 108-97 avec de belles contributions d’Al Horford et Avery Bradley. Un Avery Bradley qui est une nouvelle fois décisif dans la sixième manche (23 points) à Chicago, pendant que Dwyane Wade plonge (2 points, 1/10 au tir) à l’image de ses Bulls. +22 pour Boston, 4-2 score final de la série. Une qualification dédiée à Chyna Thomas, probablement très fière des performances de son grand frère, qu’elle a pu observer de tout là-haut.

Si les Clippers ont besoin d’inspiration avant le Game 3 à Dallas ce vendredi, c’est vers ce genre d’histoires qu’ils doivent se tourner. Kawhi Leonard et ses coéquipiers ont le talent pour remonter leur déficit face aux Mavericks et gagner la série, mais il faut bien plus que du talent pour réaliser ce type d’exploit très rare dans l’histoire de la NBA.

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