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Lifetime : l’histoire de Barry Mower, un passionné de basket qui a construit un panier dans son jardin, et en a vendu 16 millions dans la foulée

Barry Mower

Barry Mower, au charbon.

Source image : Lifetime

C’est une histoire comme on aime les raconter. Une histoire à l’américaine. Non pas parce qu’elle ne peut pas avoir lieu en France, bien au contraire, mais parce qu’elle transpire le rêve américain. Une histoire qui chante l’opportunité, celle saisie par un passionné de basket qui voyait les choses en grand, très grand, et a réalisé son rêve. Voici l’histoire de Barry Mower, fondateur de Lifetime Products, qui a construit son premier panier en 1972 et en a vendu… plus de 16 millions dans la foulée.

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Un tuyau, du contre-plaqué, une idée.

1972, quelque part dans le nord de l’Utah.

Barry et Kathy Mower avancent leurs études dans l’université de Weber State, sans savoir encore de quoi leur avenir sera fait. Kathy, elle, se voit bien exceller dans l’administration et les compétences du monde du bureau à l’avenir. Après tout, c’est elle que son université a envoyé à Houston pour participer à un concours national, grâce à ses talents de dactylo. Barry, lui, veut boucler son diplôme de microbiologie avec brio et ne cache pas sa fierté pour son pays après avoir notamment passé 6 années dans les réserves de la Air Force. Le basket ? Il adore ça, mais les études et la réserve passent avant tout, sérieux et patriotisme oblige.

Le duo s’installe dans une petite maison à l’allure typiquement américaine au début des années 70. Une place pour garer la caisse, quelques marches à l’extérieur pour accéder à la porte d’entrée, le tout dans une allée calme et décorée d’arbres minutieusement taillés. Wisteria Lane ? Un peu, mais façon Utah. Donc Riverdale, avec un jardin protocolaire, placé derrière la maison, qui vient ponctuer ce décor chatoyant. Nous sommes en 1972, et Barry Mower souhaite installer un panier de basket dans son jardin. Une envie tout à fait normale, lui qui pratique la balle orange pendant le peu de temps libre qu’il lui reste. Mais le problème, c’est qu’à l’époque les quelques paniers vendus dans le coin ne sont pas les plus robustes. Les poteaux qui servent à maintenir les paniers, notamment, ne sont pas assez solides. Les possibilités sont limitées, et la qualité des produits n’est pas top. Il faut faire avec ce qu’on a sous la main, tout simplement.

Barry a alors une idée en tête.

Tel un atelier DIY que l’on ferait vous et moi avec chérie le weekend pour décorer le salon, Barry Mower décide de construire son propre panier de basket dans son jardin. Pour ce faire, il fonce bille en tête dans les magasins locaux et achète un morceau de tuyau résistant, un peu de contre-plaqué, et de quoi faire son activité dominicale dans le plus grand calme. Barry rentre ensuite à la maison à toute blinde et retrousse ses manches pour se mettre au travail, sous les yeux ébahis de Kathy. Le contre-plaqué est scié à la main pour lui donner la forme ovalée des paniers de basket de jardin, avant de poncer la planche afin de lui donner un look impeccable. Le tuyau est lui aussi taillé derrière la maison, et une fois l’opération gérée sans drame pendant que le voisinage se demande ce qui se trame, Barry fixe le tout. Il boulonne l’arceau à sa planche, et boulonne la planche à son tuyau, qui lui servira de poteau.

Tadam, Barry a construit son propre panier de basket maison. Parfaitement installé dans son jardin, le poteau tient bien.

Mais mieux encore, le panier complet est beau, simple, efficace, et n’a pas pris un temps fou pour être réalisé.

Barry a alors une autre idée en tête.

« Quand j’ai construit mon premier panier, j’ai utilisé un tuyau qui n’était pas en très bon état. C’était du solide, et le matériel que j’avais utilisé n’était pas si mauvais que cela, mais je me suis dit qu’il y aurait peut-être des gens intéressés. J’ai donc mis une pub pour ce panier dans le journal local, et j’ai vendu mon premier panier de basket pour 55$. J’étais tellement excité quand le type m’a appelé. Il est venu, il a regardé le panier, il m’a rappelé par la suite et m’a dit qu’il voulait l’acheter. C’était ma première grosse vente. » – Barry Mower

Le début d’une grande histoire. Car dans la foulée, c’est Kathy qui va ajouter sa pierre à l’édifice. Elle, qui ne souhaite pas jeter le reste du tuyau laissé de côté, propose d’emprunter 180$ pour acheter du matériel supplémentaire et tout simplement construire d’autres paniers. Le duo se lance ainsi dans une drôle d’entreprise, et à succès rapide puisque les clients se multiplient à une vitesse folle. En très peu de temps, ce sont des dizaines et des dizaines d’acheteurs qui appellent les Mower pour acheter des paniers et installer leur poteau dans leur jardin, dans tout le nord de l’Utah.

Barry et Kathy ne s’en rendent pas encore tout à fait compte, mais ils viennent de créer le business du panier de basket dans les jardins américains.

Un business qui se décompose aisément, d’entrée, vu les qualités principales des deux protagonistes. En effet, pendant que Kathy gère la partie bureau et administrative de leur projet commun, Barry est aux fourneaux en train d’empiler les paniers au quotidien. Et la méthode commence à devenir aussi claire qu’efficace pour les Mower. Une trentaine de minutes pour scier le tuyau à la main, un peu plus pour tailler la planche à la scie-sauteuse, et Barry peint le tout pour donner une belle allure au panier. Start, repeat, start, repeat. Les mêmes tuyaux, les mêmes planches, les mêmes boulons. Voyant des dizaines de paniers sécher dans le jardin des Mower du soir au matin tel un gigantesque étal de champignons, les voisins sont aussi interloqués qu’intrigués. Et la maison devient justement trop petite pour les ambitions de Barry et Kathy. Vu le succès de ce business, la suite ne peut être que grandiose.

Il faut viser plus grand, bien plus grand.

Source images : Lifetime

La révolution du panier ajustable

Toutes les belles histoires ont un climax, ainsi qu’un low-moment. L’enthousiasme des débuts, marqué par des centaines de paniers présents dans les jardins du nord de l’Utah dans les années 1970, laisse place à des difficultés majeures pour les Mower. Impossible de trouver un nouveau local et une boutique à la hauteur de leurs ambitions. Refus d’emprunt bancaire car leur business est considéré trop instable. Lois rigides en place empêchant l’obtention d’un bail commercial. De plus grandes entreprises se sont également mises à vendre du panier de basket, et le profit n’y est plus. Dos au mur, mais avec une demande de produits toujours aussi importante dans la région, Barry et Kathy en viennent à réaliser quatre gros emprunts à titre personnels, mettant la sécurité de leur couple en danger. Tant pis, on y croit, donc on y va. Nous sommes en 1975.

Les paniers de basket ne suffisent plus. Les Mower vont diversifier leur offre en faisant confiance à leur savoir-faire. Du trampoline de jardin, des balançoires de jardin, l’Amérique des années 70 veut embellir son backyard et Barry refuse de lâcher l’affaire. Quelque part, il a raison. Mais les bâtons dans les roues ne cessent de s’accumuler. Kathy et son mari sont désormais parents de plusieurs enfants et doivent gérer leur vie de famille, de couple, leur business… tout en ayant un job à côté. Les coups de téléphone s’enchaînent chaque jour de la semaine, du matin au soir. Et les clients, qui passent pour voir les produits des Mower, tombent fréquemment sur une ribambelle de gamins assis devant la télé. Pas top, pas pro. Il faut prendre une décision, peut-être la plus importante de toutes. Employé dans un centre de traitement des eaux à la Hill Air Force Base, Barry décide de se mettre à plein temps sur le business créé avec sa femme et quitte donc son poste. Tant pis, on y croit, donc on y va. Nous sommes en 1978.

« Vas-y Kevin, maintenant tu peux tirer. »

L’entreprise, nommée initialement American Play World Company, prend ses marques et devient un client sérieux pour les jardins et playgrounds d’Amérique de l’ouest et du Canada dans les années 80. Les bourrasques des années passées laissent place à plus de stabilité, avec des produits de plus en plus variés et du staff venu renforcer le travail déjà réalisé par Barry et Kathy. On a évité le pire, fort heureusement. Cependant, il manque quelque chose. Il manque cette fougue passée, cette succession d’idées qui avait fait le succès des débuts pour les Mower. Les galères du quotidien ont empêché le duo de trouver une nouvelle idée géniale, il faut donc remettre cette notion-là au-dessus de tout. C’est elle qui va faire la différence.

Vient alors la rencontre, celle qui va tout changer. Nous sommes en 1986.

En partenariat avec Weslo, une boîte elle aussi située dans l’Utah du côté de Logan mais spécialisée dans les produits fitness, Barry et ses employés développent un concept d’ajustement de la hauteur du panier de basket. Le système, manufacturé par Weslo justement, permet à n’importe qui d’utiliser un balai et de faire monter ou baisser le panier en fonction de l’âge de l’utilisateur. L’image est loufoque, mais la réalité est indéniable. Tout le monde ne peut pas jouer sur un panier à la même hauteur, sinon les plus jeunes sont fortement pénalisés. Le balai va donc faire son entrée fracassante dans le monde du basket, de la même manière que les sweeps réalisés en Playoffs, et bien avant le retrait des ballons coincés dans l’horloge des 24 secondes. Vous êtes petit ? Pas de problème, on descend l’arceau à 2m10. Vous êtes grand ? Un coup de bâton et on remonte à 3m05. C’est simple comme bonjour, c’est aisé pour tout le monde, et cela ne peut que répondre à une demande nationale. Internationale même. Barry tombe immédiatement amoureux de ce système révolutionnaire, y voyant un potentiel à peine croyable. Il achète alors les droits du système à Weslo et le développe en interne en le rendant encore plus propre via sa propre boîte, American Play World Company.

C’est le début du jackpot, car les Mower vont ensuite séparer la branche purement jardin de la branche paniers de basket, et créer une toute nouvelle entreprise au nom clinquant et facile à retenir : Lifetime Products. Pour des produits qui durent toute la vie. Logique, à l’américaine, jeu, set et match.

Plus rien ne sera comme avant.

Source image : Lifetime

Rapidement, les succès vont s’enchaîner. Dix-huit des employés d’American Play World Company vont être transférés chez Lifetime Products pour se concentrer à fond les ballons (sic) sur les paniers de basket, et ce système d’ajustement (‘Quick Adjust‘) qui va bouleverser les méthodes de consommation des parents de jeunes basketteurs américains. Le panier va gagner en qualité, avec de la fibre de verre utilisée pour le plexiglas, loin du contre-plaqué acheté en speed quinze ans auparavant. Le poteau est divisé en trois segments, bien plus facile à marchander. Plus les mois passent, plus la logique va prendre place pour Kathy et Barry Mower : on peut s’installer durablement dans le gazon de tout le pays. Une phrase que tout le monde ne peut pas prononcer chaque matin au réveil. Et la concurrence va commencer à transpirer, forcément, puisque les paniers non-ajustables vont tout simplement finir dépassés par la nouvelle mode.

Cette bascule révolutionnaire, réalisée en 1986, va faire de Barry et Kathy Mower des pionniers dans l’histoire des paniers de basket. Au-delà des chiffres qui vont devenir extraordinaires (16 millions de paniers vendus depuis 1986, 3000 employés dans le monde entier, Lifetime leader mondial en nombre de paniers résidentiels vendus), le duo va surtout montrer qu’il faut parfois s’accrocher à une petite idée, comme celle de construire son propre panier dans son jardin, pour finir à la tête d’une multinationale reconnue dans les jardins du monde entier et disponible en France sur panier-basket.fr.

Comme quoi, la prochaine fois que vous faites un atelier DIY avec votre chérie, pensez aux Mower. Avec du contre-plaqué, un tuyau et une détermination en béton armé, on sait jamais ce que l’avenir peut réserver…

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