One-on-One

Nikola Vucevic a quitté le Magic : le dernier vestige de l’ère post Dwight Howard laisse une trace indélébile à Orlando

Nikola Vucevic

Troisième marqueur et deuxième rebondeur de l’histoire du Magic. Une page se tourne à Orlando avec le départ de Nikola Vucevic vers Chicago.

Source image : YouTube

Cette fois, la page a bien été tournée par le Magic d’Orlando, parti pour une (nouvelle) reconstruction. Si le départ d’Evan Fournier, dont le contrat arrivait à son terme, était attendu, et celui d’Aaron Gordon, dont les fils se touchent parfois trop facilement, était espéré par certains fans de la franchise, celui de Nikola Vucevic a beaucoup plus de mal à passer.

La gueule de bois est tenace du côté bleu de la Floride. Pendant que le voisin récupère Nemanja Bjelica et surtout l’ancien de leur maison Victor Oladipo, le Magic a activé le mode char d’assaut et s’est séparé des trois joueurs susnommés, ceux qui avaient la plus forte valeur marchande dans l’effectif pour entamer une énième reconstruction. Parmi ces départs, Nikola Vucevic est assurément le plus difficile à encaisser, lui qui représentait l’après Dwight Howard et accessoirement le visage de cette franchise sur la dernière décennie. Débarqué de Philadelphie sur la pointe des pieds dans ce fameux échange à quatre équipes impliquant Lakers, Magic, Sixers et Nuggets, le Monténégrin a incarné beaucoup de choses à Orlando en une décenndix. Parce que oui, en 10 ans, ça laisse quand même le temps de s’attacher au bonhomme, bien au delà du simple joueur.

Tout d’abord, le Monténégrin a bossé en silence et longtemps galéré dans les bas fonds de la Conférence Est après que Dwight Howard ait déserté pour finir 8ème à l’Ouest avec direction les Lakers de Kobe Bryant. Niko sortait alors des stats correctes mais pas folichonnes non plus, dans l’ombre de joueurs comme Arron Afflalo, Tobias Harris ou encore Victor Oladipo (on a eu de sacrés franchise players au Magic dis-donc). Mais ce qui frappait chez Vooch, c’était cette faculté à ne jamais dire un mot plus haut que l’autre, à ne jamais tirer la couverture à lui mais plutôt – toujours – donner le meilleur de lui-même et à sortir de vrais bons matchs à chaque fois qu’il foulait le parquet. Nikola Vucevic est comme ça : il donne tout et sait rester simple, c’est ce qui fait sa force.

Ensuite, Nikola Vucevic a commencé à progresser individuellement, à force de persévérance, et a finalement pris les commandes du camion pour ne plus jamais les lâcher. Soir après soir, le natif de Morges, en Suisse, a commencé à s’imposer comme la tête de gondole d’un Magic toujours en galère, mais qui commençait enfin à pointer le bout de son nez. Son association avec Evan Fournier était prometteuse et les deux affichaient une belle complicité sur et en dehors du parquet, probablement à base de sons de Booba et de vannes sur les cheveux, les deux amis s’apostrophant souvent pour tout et n’importe quoi, le tout dans la langue de Molière bien sûr car Nikola Vucevic – ayant grandi en Belgique – parle parfaitement le Français, pour notre plus grand bonheur.

Mais Nikola Vucevic n’a pas « seulement » été un crack sur le terrain, il s’est également beaucoup investi auprès de la communauté du Magic. Il est notamment allé dans des hôpitaux pour rendre visite aux enfants malade, et a également accueilli des étudiants à l’Amway Center pour passer des moments avec lui. On se souvient de notre Vavane national qui avait décidé d’inviter le petit Hugo à venir le voir à Orlando à la suite d’un pari un peu fou. Nikola Vucevic s’était également impliqué, demandant même au jeune bordelais la musique qu’il souhaitait passer lorsque ce dernier arpenterait l’Amway Center, tout en n’oubliant jamais de vanner Evan (admirez aussi le verlan) sur son manque de cheveux.

Puis enfin, ce qui était probablement son objectif principal… a fini par être atteint : faire gagner son équipe et la rendre plus compétitive. Le tout en ayant progressé à vue d’œil lors de son passage à Orlando. 13,1 points par match lors de sa première saison au Magic, puis 19,3 deux saisons plus tard, 20,8 lors de sa première saison All-Star en 2019 et même 24,6 cette saison avant de prendre son envol pour les Bulls de Chicago. Nikola Vucevic a continuellement grandi, et ça a fini par payer collectivement car Orlando accéda enfin aux Playoffs en 2019 après sept années de disette avant d’y parvenir de nouveau en 2020. Si sa première campagne fut compliquée car bien tenu par la défense des Raptors, futurs champions, il a tenu à lui seul sa franchise à bout de bras contre Milwaukee la saison suivante. Deux défaites 4-1 après avoir remporté le premier match (big up à DJ Augustin), insuffisant pour aller plus haut mais deux signes qui montrent que le Magic et son pivot ont bel et bien progressé.

Le Monténégrin, à l’instar d’Evan Fournier, avait forcément la confiance de ses pairs pour les ultimes ballons du match et l’a bien rendu à ses dirigeants, avec deux game-winners inscrits lors de la saison 2015-2016, un contre les Lakers et un autre quelques mois plus tard contre les Hawks, ou encore une constance incroyable au scoring et un record en carrière de 43 points agrémentés de 19 rebonds contre… les Bulls. Mais il est également devenu le leader vocal de son équipe, devant forcer sa nature discrète pour prendre la parole, remotiver ses troupes et pousser une bonne gueulante quand c’était nécessaire. Nikola Vucevic logiquement devenu All-Star en 2019, a signé une juteuse extension (dégressive) de 100 millions de dollars sur 4 ans la même année et a brodé une nouvelle étoile sur sa veste en 2021, lors de « la meilleure saison de sa carrière » comme il le confessait récemment à Rémi Reverchon sur BeIn Sports. Preuve que John Hammond, le GM du Magic, a bien eu raison de croire en lui pour en faire la tête de gondole de sa franchise.

Malheureusement, les deux défaites au premier tour des Playoffs ainsi que l’avalanche de blessures cette saison (Isaac et Fultz season out, pour ne citer qu’eux) ont précipité le départ de Niko chez les Bulls. Le Magic, au lieu de continuer à se faire ouvrir au premier tour des Playoffs via un gentleman sweep, a donc préféré envoyer son pivot double All-Star voir si les balles étaient plus oranges ailleurs pour en tirer une contrepartie intéressante. C’est donc, entre autres, le troisième scoreur et deuxième rebondeur de l’histoire de la franchise qui file à Chicago en espérant leur faire changer de statut. Et c’est une nouvelle page qui se tourne à Orlando et une nouvelle reconstruction qui se profile, après celles échouées d’Otis Smith et de ce génie de Rob Hennigan. Le Magic a longtemps cru en son pivot monténégrin et à son association francophone avec son pote Evan Fournier pour jouer les équipes poil à gratter à l’Est mais, cependant, la réalité était donc bien plus compliquée que ça.

Mais au delà d’avoir perdu le meilleur joueur d’Orlando sur la décennie (et de loin) ce jeudi, les fans du Magic ont surtout perdu un joueur auquel ils s’étaient attachés, et avec qui ils avaient affronté de nombreuses galères sportives avant d’apercevoir enfin une éclaircie sportive en fin de décennie. Vucevic est resté quasiment dix ans à Orlando, chose très rare par les temps qui courent, et ça, les fans ne l’ont pas oublié et ne l’oublieront jamais. Et lui non plus d’ailleurs, lui qui a fondu en larmes lors de sa présentation à Chicago, lorsqu’il s’est remémoré certains moments passés au Magic. Il faut dire qu’en arrivant à 20 ans et en repartant à 30, on n’est plus tout à fait le même.

« Je suis arrivé ici comme un enfant. Je repars comme un homme. »

Malheureusement, le constat est sans appel à Orlando : tous les pivots emblématiques finissent par se casser…

Aujourd’hui, les fans du Magic doivent continuer sans Evan, sans Aaron, mais surtout sans Niko, qui a rendu fier toute une fanbase malgré le peu de résultats. Même loin de la Floride, il sera toujours et adoré par les aficionados du Magic, qui vont peut-être bien acheter en masse des jerseys des… Bulls, frappés du numéro 9 bien sûr.

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