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Le Jazz n’arrête plus de gagner et s’installe sur le podium de l’Ouest : 2021, enfin la bonne année pour franchir un cap ?

Six victoires de suite et deuxième bilan de la Ligue, on peut avoir le sourire chez les Mormons.

Source image : NBA League Pass

Dans une saison NBA chamboulée par la crise sanitaire, ce n’est pas forcément facile de trouver une régularité en tant que collectif et d’enchaîner les victoires. Mais du côté de Salt Lake City, tout roule depuis une douzaine de jours, avec pas moins de six succès consécutifs et une belle ascension à l’Ouest. Laissé tranquille par le COVID et soutenu par quelques fans en tribunes, le Jazz assure en ce moment, de quoi booster ses ambitions. 

L’équipe en forme de la NBA se situe dans l’Utah. Derrière les Lakers, grands favoris de l’Ouest, c’est bien le Jazz qu’on retrouve avec un bilan de dix victoires pour quatre défaites, à égalité avec les Clippers. Les hommes de Quin Snyder avaient connu des hauts et des bas sur les huit premiers matchs de la saison (quatre succès et quatre revers) mais depuis, ils ont clairement haussé le ton et la colonne « victoires » continue de se remplir. Six de suite, meilleure série en cours en NBA. Pas mal non ? Utah n’a plus perdu depuis un déplacement chez les redoutables Knicks le 6 janvier dernier, ça fait quand même un petit moment. Le Jazz a accroché à son tableau de chasse les Bucks, les Pistons, les Cavaliers, les Hawks, les Nuggets et les Pelicans. Pas le calendrier le plus hardcore on vous l’accorde, mais quand on voit les résultats WTF de ce début de saison, on se dit qu’aucun match n’est gagné d’avance. Chaque victoire se mérite, et le Jazz fait preuve de sérieux peu importe le niveau de l’équipe d’en face. Avec cinq rencontres supplémentaires à la maison au programme (Pelicans, Warriors, Knicks, Mavericks à deux reprises), y’a moyen que cette série dure encore un peu, surtout quand on voit la manière avec laquelle Rudy Gobert et ses copains jouent au basket en ce moment.

Sixième à l’efficacité défensive (106,4 points accordés pour 100 possessions, et meilleure efficacité de toute la NBA depuis le début de la série de victoires, autour de 100 points pour 100 possessions) et huitième à l’efficacité offensive (112,4 points marqués pour 100 possessions), le Jazz montre une vraie solidité des deux côtés du terrain et la machine collective est actuellement bien réglée. C’est équilibré, c’est cohérent, c’est complémentaire et ça se connaît bien, mieux que l’an passé en tout cas où Bojan Bogdanovic et Mike Conley étaient dans leur première saison du côté de Salt Lake City. Si Bojan – opéré du poignet en mai dernier – est plutôt en galère en attaque cette année (seulement 13 points de moyenne à 39% au tir, dont 39% à 3-points), Mike se sent lui beaucoup plus à l’aise dans le système de Quin Snyder et ça change tout de suite pas mal de choses. L’identité du Jazz aujourd’hui, elle est vraiment établie. Si certains peuvent voir Utah comme une équipe guidée par Rudy Gobert en défense et portée par les qualités offensives de Donovan Mitchell en attaque, ce serait très réducteur de se focaliser sur les deux All-Stars. Globalement, le Jazz est une équipe qui possède un rythme lent (25e pace de la NBA) mais lent ne veut pas dire ennuyeux. Sur demi-terrain, le ball movement d’Utah fait partie des plus séduisants de la Ligue, grâce notamment à un spacing au point, un altruisme des joueurs présents sur le terrain et la recherche de l’extra-passe pour obtenir des shoots de qualité. Et puis en transition, le Jazz peut aussi faire mal quand il s’y met. Grâce à la solidité démontrée en défense et la sécurisation du rebond (meilleure équipe au rebond de la NBA avec 49,6 prises, meilleure équipe au rebond défensif avec 38,5), des opportunités se créent, notamment à 3-points. Aujourd’hui, aucune équipe ne marque plus de tirs primés que le Jazz, qui tourne à 16,5 réussites du parking par match en 41,1 tentatives (troisième en NBA), soit un taux de réussite de 40,1% (quatrième de la Ligue). Clairement, les shoots de loin représentent un aspect central de l’attaque des Mormons, Quin Snyder les intégrant de plus en plus au fur et à mesure des années pour moderniser son système. Et s’il y en a bien un qui se régale là-dedans, c’est l’ailier titu Royce O’Neale, plus que jamais en mode 3 & D cette saison (7,2 points, 6,8 rebonds, 45,6% du parking !).

Au milieu de tout ça, Donovan Mitchell monte sérieusement en puissance après un retard à l’allumage. Le Spida que l’on voit depuis le début de cette belle série, ce n’est pas le même que celui du début de saison. Les stats de Donovan sur les huit premiers matchs ? 21,3 points à 37,9% au tir dont 32,4% de loin et 77,4% aux lancers francs. Depuis ? 26,5 points de moyenne à 50%, 47,9% du parking et 88,9% aux lancers. Forcément, ça fait la diff’ et on préfère tous observer cette version-là de Mitchell. L’arrière de 24 ans joue évidemment un rôle très important dans l’attaque du Jazz avec son explosivité et ses capacités de création, pour lui-même mais aussi pour les autres. La nuit dernière, contre les Pelicans, Donovan a lâché du caviar et sa jauge de playmaking dans 2K continue d’augmenter progressivement (4,9 assists de moyenne cette saison, career high). Pour continuer dans la distribution de bons points, on tient à souligner l’apport de Jordan Clarkson, qui surfe sur sa belle saison dernière avec une campagne calibre Sixième Homme de l’Année (17,6 points et 4,7 rebonds en 25,4 minutes, 49,2% au tir dont 43% à 3-points et 94,4% aux lancers francs), mais aussi celui d’un autre remplaçant nommé Georges Niang, qui apporte régulièrement un coup de boost en ce moment (11,3 points de moyenne sur les quatre derniers matchs, 54,5% au tir dont 44,4% derrière l’arc). Une contribution qui compte quand on sait que Joe Ingles a manqué quatre des six dernières rencontres du Jazz pour un tendon d’Achille douloureux. Slow-Mo Joe a cependant brillé hier contre la Nouvelle-Orléans avec 15 points au compteur (5/6 à 3-points) en sortie de banc, de bon augure pour la suite. Enfin, on pourrait même parler du jeunot Miye Oni, gros défenseur sur le backcourt qui a profité de l’absence d’Ingles pour avoir du temps de jeu et contribuer au succès d’Utah. Bref, on a une second unit performante, un cinq de départ qui tourne bien, une équipe complète des deux côtés du terrain, de quoi rivaliser avec les meilleurs ?

« Notre principal objectif cette année, c’est d’être une top team de l’Ouest. Nous avons suffisamment grandi pour cela, et nous voulons participer aux Finales, où tout peut arriver. Pour l’instant, nous n’avons pas encore réussi à passer le deuxième tour mais cette année, nous nous sentons capables de franchir ce cap. »

– Rudy Gobert, via NBA TV

Comme le dit Rudy, sur quatre qualifications consécutives en Playoffs, le Jazz n’a jamais passé le stade des demi-finales de Conférence, et reste sur deux éliminations au premier tour dont une contre les Nuggets dans la bulle de Mickey. Clairement, Utah veut aujourd’hui se frotter aux meilleures formations de l’Ouest, où beaucoup voient une bataille entre les deux équipes de Los Angeles, les Lakers et les Clippers. Collectivement, le Jazz a les armes, mais on sait que les Playoffs, c’est le terrain de jeu des grandes stars et on peut se demander si Utah est suffisamment bling-bling pour concurrencer les LeBron James, Anthony Davis, Kawhi Leonard & Cie. Donovan Mitchell a prouvé dans la bulle qu’il pouvait exploser en postseason mais ça demande confirmation et derrière lui, le Jazz ne possède pas vraiment de go-to-guy attitré en attaque (surtout si Bojan continue de galérer offensivement), mais plutôt un noyau de joueurs capables de step-up à tour de rôle voire en même temps. L’avenir nous dira si ça peut marcher, mais le Jazz montre en tout cas des signes très encourageants pour la suite.

Six victoires d’affilée et deuxième à l’Ouest avec un bilan de 10-4, le Jazz fait vraiment plaisir en ce moment. Maintenant, faut voir si ça va durer. Même si la saison régulière n’est composée que de 72 matchs cette année, elle reste longue et ce n’est pas facile de maintenir le rythme, surtout dans le Wild Wild West.

1 Comment

1 Comment

  1. chevalier

    24 janvier 2021 à 11 h 24 min at 11 h 24 min

    Le Jazz monte en gamme et la qualité du son va monter comme O’Neal en Roll- Royce’s !!

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