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Flashback : le concert de Damian Lillard aka Dame D.O.L.L.A. au All-Star Weekend 2020, la consécration d’une double carrière

L’été, Damian Lillard laisse son maillot au vestiaire pour partir au studio enregistrer des sons. Une double identité assumée et même une double vie menée en parallèle bien que les deux s’entremêlent. C’est ainsi que l’on a pu apprécier la performance de Dame D.O.L.L.A. sur la scène du United Center à l’occasion du All-Star Weekend 2020 alors que le joueur avait dû déclarer forfait à cause d’une blessure à l’aine.

Ceux qui suivent le meneur d’assez près savent à quel point la musique est importante pour lui. Aujourd’hui, on ne peut plus évoquer une carrière sans citer l’autre. Lancé dans le rap game depuis octobre 2016 et la sortie de son premier album intitulé The Letter O en référence à sa ville natale d’Oakland, à Ogden où il a effectué son parcours universitaire et à l’état d’Oregon (d’où le numéro 0), Dame D.O.L.L.A. s’est peu à peu affirmé comme l’un des boss du mic parmi tous les joueurs NBA qui se sont essayés à pousser la chansonnette. Dans la même génération que lui, Victor Oladipo joue les crooners, mais il faut remonter au Shaq pour trouver un réel concurrent au niveau du Californien lorsqu’il s’agit de rap – les deux artistes se sont même offert un petit clash gentillet pour faire monter la sauce tel un débat sur le GOAT. Deux autres albums ont suivi jusqu’à maintenant, Confirmed et Big D.O.L.L.A., avec à chaque fois un featuring avec Lil Wayne. Et contrairement à des nouveaux riches qui s’inventent un passé sombre, Dame puise dans son enfance dans le quartier de Brookfield Village, à Oakland Est, mais aussi dans son quotidien de joueur NBA toujours en voyage pour porter fièrement les couleurs des Blazers aux quatre coins du pays. C’est cette sincérité qui a tout de suite plu à Lil Wayne, qui lui envoie régulièrement de nouvelles instru sur lesquelles ils pourraient collaborer comme nous l’apprend Marc J. Spears dans un long dossier consacré au rappeur athlète sur ESPN.

« Tout ce qu’il dit dans ses textes est vrai, c’est ce qui est fou. Quand vous écoutez vraiment un track et que quelqu’un parle de vraies choses, sans trucage ni rajout superficiel, ça sonne vrai. »

Car si le multiple All-Star a commencé le basket assez tôt, vers ses six ans, il n’a pas tardé non plus à découvrir le rap. C’est son cousin Eugene « Baby » Vasquez qui l’initie en premier. De retour à Oakland après avoir vécu à New York, il propose des tours en voiture à ses cousins à une seule condition : celle de rapper sur les instrus qui passaient sur le sound system de la bagnole à ce moment-là. Très vite, le petit Dame trouve son propre flow et balance des lyrics sans s’arrêter durant de longues minutes. Un exercice incontournable pour un futur rappeur auquel s’est rapidement plié le meneur avec beaucoup de sérieux et d’application comme son frère Houston Jr. l’explique.

« Au début on était nerveux et un peu timides mais si nous voulions monter en voiture nous devions le faire. […] Dame ne s’arrêtait plus. C’est même arrivé à un point où il saignait une instru jusqu’au bout sans que j’ai eu le temps de me lancer. »

A partir de là, Damian Lillard a le rap dans le sang. L’un de ses premiers moves en arrivant dans la Ligue sera même de lancer le 4 Bar Friday sur Instagram en partageant sur son compte les meilleures séquences de 30 secondes qui lui étaient envoyés chaque semaine. En passe de devenir Rookie of the Year, il profite de sa nouvelle plateforme d’expression pour permettre aux apprentis rappeurs de réciter leurs rimes devant une audience de passionnés. Les fans de basket découvrent alors une autre facette du joueur, et ce n’est que le début.

Désormais à la tête de son propre label, Front Page Music, il produit notamment Brookfield Duece, un autre cousin qui l’a beaucoup inspiré durant sa jeunesse. Mais il ne s’est pas arrêté là en sortant trois albums et plus d’une cinquantaine de sons en quatre ans. Alors au moment de se préparer pour le All-Star Weekend 2020 à Chicago, l’occasion était trop belle pour ne pas la saisir, encore plus après l’annonce de son forfait pour le Three Point Contest et le match des étoiles du dimanche. C’est ainsi que Dame D.O.L.L.A. a ambiancé les fans lors de la soirée du samedi avec un mini-concert en présence de Lil Wayne et Jeremih. Faute de pouvoir faire la tournée des festivals ou des zéniths toute l’année à cause de son autre job à temps plein, il a trouvé le meilleur moyen de lier ses deux passions. Plus que ça, ses deux gagne-pains dans lesquels il veut exceller.

« Je suis vraiment capable d’avoir deux carrières et de les mener de front. »

Déjà dans la lignée des meneurs talentueux formés à Oakland tels que Gary Payton ou Jason Kidd, il faut désormais aussi l’inclure à une autre liste : celle des rappeurs à succès venus de The Town comme Too Short, MC Hammer, Digital Underground ou encore G-Eazy. Car au basket comme dans la musique, Damian Lillard et Dame D.O.L.L.A. n’ont qu’un seul but, celui de devenir les meilleurs possibles.

Source texte : ESPN

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