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Six ans après, LeBron James et le Heat se croisent au sommet : de grosses retrouvailles pour des Finales NBA all-time ?

Cette storyline de ouf !

Source image : YouTube

C’est la grande storyline de ces Finales NBA 2020. Impossible de passer à côté. LeBron James va affronter son ancienne équipe de Miami, l’équipe du légendaire Pat Riley, avec laquelle il a remporté ses deux premiers titres entre 2010 et 2014. Six ans après le départ du King, c’est donc l’heure des grandes retrouvailles, et ça promet !

« Quand j’ai décidé de quitter Miami – je ne vais pas citer de noms, je ne peux pas faire ça – mais il y a certaines personnes en qui j’avais confiance et avec qui j’avais construit une relation qui m’ont dit que je faisais la plus grande erreur de ma carrière. Et cela m’a blessé. »

Ces mots sont sortis de la bouche de LeBron James, juste après avoir réalisé le plus grand exploit de sa carrière. Suite à la victoire historique des Cavaliers lors des Finales NBA 2016 face aux Warriors version 73 victoires, le King a révélé la « motivation secrète » qui se cachait derrière la quête de son troisième titre, en plus de son obsession de ramener une bannière à son État natal pour briser la malédiction sportive de Cleveland. Très vite, les yeux se sont tournés vers Pat Riley, le big boss du Heat. Car si on ne saura jamais officiellement à qui LeBron faisait référence, Patoche a quand même la tête du mec capable d’envoyer ce genre de missile quand il se sent trahi. On connaît le bonhomme, on connaît le compétiteur, on connaît le winner, et surtout on se souvient comment tout ça s’est terminé en 2014, quand le King a décidé de ramener ses talents dans l’Ohio après quatre ans de succès à Miami. Clairement, Riley a eu du mal à digérer la nouvelle à l’époque. Le Heat sortait juste d’une défaite en Finales NBA face aux Spurs, qui ont donné une leçon de basket collectif aux Floridiens cette année-là. Le plan de Pat, c’était de ramener le Big Three composé de LeBron, Dwyane Wade et Chris Bosh (tous les trois agents libres en 2014) et de rajouter les bonnes pièces autour pour remporter d’autres titres après ceux de 2012 et 2013. Shabazz Napier, le chouchou de LBJ à la Draft 2014, et l’intelligent Josh McRoberts avaient notamment été recrutés pour tenter de convaincre le quadruple MVP de rester à Sud Plage. Mais LeBron avait un plan différent, et Pat a vu « une dynastie partir en fumée » comme il le déclarera quelques années plus tard. Riley n’a pas aimé la manière avec laquelle James a laissé le Heat en plan, sa manière de partir après une défaite, même si BronBron était parfaitement dans son droit. « Pas aimé » n’est d’ailleurs pas assez fort comme terme, Patoche était carrément furax dans les jours qui ont suivi le départ du King. Tellement furax qu’il était à deux doigts de faire une Dan Gilbert, avant de reprendre le contrôle de ses émotions.

Depuis 2014, de l’eau a coulé sous les ponts. De part et d’autre, beaucoup de chemin a été parcouru. Certes, la période post-LeBron n’a pas été facile pour le Heat avec seulement une série de Playoffs remportée entre le départ du King et 2019, mais la franchise de Pat Riley a réussi à passer à autre chose. Hommage en vidéo pour Bron, quelques applaudissements, et puis on repart à l’attaque. Miami, ce n’est pas Cleveland, faut pas déconner. La Heat Culture n’a jamais disparu, l’ambition non plus, et le duo Patoche – Erik Spoelstra a fait un boulot sensationnel pour remettre l’équipe floridienne dans la catégorie des poids lourds de la Conférence Est, en particulier depuis un an et demi. Car il ne faut pas oublier que le Heat vient tout juste de passer du statut de lottery team en 2019 à celui de finaliste NBA en 2020. Hard work, développement de jeunes joueurs, recrutement intelligent, tout ça sans passer par la case tanking, car perdre n’a jamais été dans l’ADN de Riley. Une vraie masterpiece. Quant à LeBron James, il a fait grandir sa legacy en tenant sa promesse de ramener un titre à Cleveland. Quatre Finales NBA disputées contre les Warriors entre 2014 et 2018, trois défaites mais une victoire héroïque en 2016 qui a définitivement fait passer le King dans la catégorie des légendes suprêmes de son sport. S’il a quitté Miami, c’était spécialement pour vivre ce moment-là. Les larmes de joie sur le parquet de l’Oracle Arena, la parade victorieuse dans les rues de Cleveland, la bannière au plafond de la Quicken Loans Arena… Le plus grand exploit de la carrière de LeBron, c’est sans doute celui-ci. Les deux bagues à Miami, c’était cool, c’était attendu, c’était mérité. Mais le titre avec les Cavaliers, chez lui, avec tout ce qui a précédé et cette remontada incroyable en Finale NBA contre un adversaire all-time, c’est juste difficile de faire mieux comme scénario. Et aujourd’hui, c’est sous le maillot des mythiques Lakers que James souhaite agrandir sa collection de trophées, et c’est le Heat qui va essayer de l’en empêcher. De sacrées retrouvailles, même si LBJ assure qu’il n’y a rien de personnel dans cet affrontement au sommet.

« Absolument pas. Il n’y a pas de signification particulière [à gagner contre Miami, ndlr.], peu importe l’adversaire. C’est déjà assez difficile de se qualifier en Finales. […] Pat Riley est l’un des esprits les plus brillants de l’histoire du jeu. Il a gagné à tous les niveaux. Cette Ligue ne serait pas la même sans lui. C’est un bon gars, un super motivateur, il sait ce qui est nécessaire pour gagner. Il a montré cela sur une durée de 40 ans. »

Le respect est là, de chaque côté. Mais que ce soit le Heat de Pat Riley ou les Lakers de LeBron James, personne ne va faire de cadeaux. Car un titre signifierait énormément pour chacun des deux camps. Pas besoin de se le cacher, Patoche rêve de battre le King sur la plus grande scène du basket NBA. 2014, ça remonte mais au fond, le boss de Miami n’a pas oublié et ça serait une petite revanche sur BronBron. Une revanche accentuée à travers la manière dont le Heat est arrivé à ce stade. On l’a dit plus haut, avec le développement de jeunots comme Bam Adebayo, Tyler Herro ou Duncan Robinson, ça serait une énorme victoire pour la Heat Culture, culture qui a particulièrement séduit Jimmy Butler, recruté l’été dernier. Gagner avec ces gars-là – des produits maison ou des joueurs qui symbolisent parfaitement l’état d’esprit de la franchise – contre la plus grande star du basket mondial et adepte des superteams LeBron James, ça serait un énorme kiff pour Riley. Et puis dans l’autre sens évidemment, si le numéro 23 des Lakers n’a plus rien à prouver, battre son ancienne franchise serait une belle ligne de plus sur son CV déjà très rempli. Mais au final, pour le King, cette série dépasse largement le cadre de l’affrontement contre l’équipe où il est devenu un champion NBA. Un quatrième titre en 2020 pour James serait à ranger parmi les plus grands moments de sa carrière, hands down. Peut-être pas au niveau de 2016, mais pas loin. Car remettre la mythique franchise des Lakers au sommet dans sa deuxième campagne à Los Angeles, tout ça à 35 balais, dans une année improbable où la saison doit se finir dans une bulle chez Mickey à cause d’une pandémie, avec en plus le décès tragique de la légende Kobe Bryant en janvier dernier, bonjour le scénario hollywoodien. Enfin, n’oublions pas non plus que LeBron peut devenir le premier joueur de l’histoire de la NBA à remporter le titre de MVP des Finales avec trois franchises différentes, après Miami et Cleveland. Juste dingue.

Pat Riley et LeBron James, deux très grands winners et deux mecs qui rêvent de soulever une nouvelle fois le Larry O’Brien Trophy. L’histoire commune entre le Heat et le King rajoute pas mal de piment à une Finale NBA déjà très excitante sur le papier. Alors préparez-vous, y’a moyen que ça soit tout simplement all-time. 

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