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Le Heat déjà grand vainqueur de la bulle de Mickey : un parcours parfait, et ce n’est peut-être pas fini…

Ils sont arrivés dans la bulle sur la pointe des pieds, ils repartiront en empruntant la grande porte.

Source image : YouTube/NBA

Flashback au mois de juillet. Les équipes arrivent peu à peu dans la bulle inventée de toute pièce par la NBA pour préparer la reprise. A l’époque, beaucoup d’incertitudes entourent ce dispositif et tout le monde se demande à qui profitera le plus cette suspension puis la fin de la saison dans un environnement clos et totalement inédit. Trois mois plus tard, on ne connait pas encore le champion 2020 mais on peut déjà établir une chose : le grand vainqueur de ce scénario improbable, c’est le Heat !

En rejoignant la Floride et plus particulièrement le parc d’attraction de Disney World à côté d’Orlando, les joueurs entraient tous dans l’inconnu. Jamais la NBA n’avait dû arrêter sa saison en cours à cause d’une pandémie mondiale auparavant, et Adam Silver était plus dans le domaine de l’expérimentation que dans les certitudes au moment de convier tout le monde chez Mickey. Avec une pause de quatre mois et demi entre le 11 mars et la reprise de la saison le 30 juillet, les blessés ont eu le temps de se soigner alors que les moins sérieux ont eu le temps de prendre 15 kilos en se goinfrant sur le canapé. La Ligue n’a pas souhaité remélanger tout le jeu de cartes en conservant quand même les bilans avant la suspension de la saison et en n’invitant que les équipes encore capables de se qualifier avec les huit seeding games planifiés pour chaque groupe. Mais les dynamiques ont forcément été stoppées net avec cette coupure, laissant aussi une chance aux franchises moins en forme de se refaire la cerise dans un environnement qui faisait la part belle à ceux possédant de grandes qualités d’adaptation. A ce petit jeu-là, on suspectait les Sixers de se pointer avec un smile XXL en ayant récupéré un Ben Simmons en pleine possession de ses moyens pour faire mieux que leur sixième place d’alors, ou encore aux Clippers qui ont pratiqué le load management toute la saison et qui ont eu droit à un trimestre de bonus pour recharger les batteries et arriver à bloc juste avant de débuter les Playoffs.

Après la violente élimination des premiers, sweepés par les Cetlics dès le premier tour des Playoffs, puis des seconds qui n’ont pas su concrétiser un avantage de 3-1 contre les Nuggets au round suivant, il a fallu se tourner vers une autre franchise pour chercher celle à qui a le plus profité de la bulle. Aujourd’hui, le doute n’est plus permis, en se hissant jusqu’en Finales NBA malgré son seed #5 à la fin de la saison régulière avec un bilan de 44 victoires pour 29 défaites, le Heat est devenu la troisième équipe la moins bien classée de l’histoire à devenir champion de sa Conférence derrière les Rockets de 1995 (6èmes) et les Knicks de 1999 (8èmes). Avant même de savoir si leurs retrouvailles avec LeBron James seront couronnées de succès, les Floridiens sont déjà rentrés dans l’histoire grâce à une campagne de Playoffs totalement maîtrisée. Les Pacers n’ont rien pu faire pour éviter un balayage en quatre manches au premier tour, ensuite c’est Giannis Antetokounmpo qui a subi la loi de Miami. Grands favoris pour rallier les Finales à l’Est, les Bucks ont mordu la poussière face au plan d’Erik Spoelstra parfaitement exécuté par ses hommes pour isoler le double MVP en titre. Enfin, Boston n’a pu résister guère plus longtemps, s’inclinant logiquement en six matchs. C’est important à signaler, à peine considéré comme un outsider par beaucoup, le Heat n’a pas volé son ticket pour la série la plus importante de la saison. C’est même tout le contraire. Alors on dit merci qui ?

Applaudissements collectifs pour commencer, à chaque membre du roster présent à Disney World. En confinement à la maison pendant de longs mois, tout le monde a su se maintenir en forme et se restreindre au programme dicté par les préparateurs physiques. A respectivement 33 et 36 ans, Goran Dragic et Andre Iguodala ne sont plus tous jeunes et pourtant ils sont revenus in shape. Cette pause a peut-être même été salvatrice pour le Slovène qui a réintégré le cinq majeur juste avant les Playoffs. Merci à Erik Spoelstra ensuite, pour avoir su garder ses joueurs focus dans un environnement sans ambiance où l’ennui et les envies de dehors peuvent rapidement mener à la déconcentration. Rico a également su faire les ajustements nécessaires pour passer ces trois tours sans encombre malgré des seeding games compliqués avec un bilan de 3-5 à la clé. Le retour du Dragon en titulaire, la défense de zone et l’avènement de Bam Adebayo ? C’est lui, en grande partie. Et enfin merci à Adam Silver pour cette idée farfelue qui s’est finalement révélée être un grand succès. Pas un seul cas de COVID à signaler au sein de la bulle durant la compétition, un niveau de jeu et une intensité bien présente en dépit des conditions particulières et du protocole sanitaire lourd imposé sur place. Et puis, cette absence d’avantage du terrain qui a forcément aidé le Heat dans sa route jusqu’aux Finales avec seulement trois défaites enregistrées en chemin. En tant que cinquièmes de Conférence, les Floridiens auraient toujours dû commencer leurs série à l’extérieur en temps normal. Dans un environnement finalement beaucoup moins hostile, ils ont systématiquement remporté les deux premières manches de leurs séries.

Il faut savoir prendre les opportunités qui vous sont présentées et en ce sens on peut qualifier le Heat d’équipe la plus opportuniste de la saison, dans le bon sens du terme. En s’adaptant aux conditions pour tirer leur épingle du jeu, Miami a prouvé sa force de caractère et sa capacité à ne jamais rien lâcher. En restant concentré sur l’objectif ultime dans le sillage de Bam Adebayo et Jimmy Butler, Miami a tout simplement optimisé le changement de règles effectué par la NBA alors que Jimmy Buckets en a même profité pour arrondir ses fins de mois en vendant des tonnes de café à 20 balles la tasse. Certes, géographiquement South Beach est plus proche de la maison de Mickey que n’importe quelle autre ville accueillant une franchise mis à part Orlando, mais une fois à l’intérieur de la bulle cet avantage devient tout à coup bien futile et on a vu ce qui est arrivé au Magic qui évoluait pourtant « à domicile » dès le premier tour des Playoffs. Avec son équilibre entre vétérans et jeunes role players, le groupe a su garder le cap et maintenir la même intensité tous les soirs, n’oubliant jamais la raison pour laquelle ils étaient tous ici. Et si l’absence de fans adverses a pu profiter à cette bande de shooteurs inexpérimentés comme Duncan Robinson et Tyler Herro, il faut aussi rendre à César ce qui appartient à César en félicitant une fois de plus le boulot du coaching staff pour assurer une niveau de concentration maximum dans l’équipe du premier homme au douzième dans le but d’atteindre les sommets. On aurait aussi pu citer Denver, marquant l’histoire avec ses deux comebacks coup sur coup, mais comment ne pas s’incliner devant la force de Miami qui n’a peut-être pas encore fini de surprendre cette saison.

Que ce titre de champion 2020 garde un astérisque dans l’esprit des fans à cause des conditions dans la bulle ou pas, le Heat n’est plus qu’à quatre victoires du quatrième titre de son histoire un an après avoir manqué complètement les Playoffs. Présent à Orlando, Pat Riley doit se dire que tous ses efforts sont en train de payer. Que ça se termine avec un gros cigare ou pas, Miami a déjà gagné le cœur des fans en lançant parfaitement un nouveau chapitre de son histoire. Dwyane Wade n’est plus là, mais la relève est déjà assurée. Encore quelques efforts et on pourra même tirer un feu d’artifice au-dessus du château de princesse Disney pour le Heat. 

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