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Anxiété, isolement et solitude : Jaylen Brown s’exprime sur la santé mentale des joueurs au sein de la bulle

« C’est dur d’être éloigné de sa famille et isolé du reste de la société. »

Source image : NBA League Pass

De l’extérieur, le retour de la NBA est une bénédiction pour tous les fans de basket. Et à l’intérieur du campus de Disney World, les choses se passent sans accroc car aucun joueur n’a pour l’instant été testé positif au COVID-19, ce qui permet une reprise dans de bonnes conditions. Cependant, si le concept de bulle démontre son efficacité, il n’est pas idéal, car la solution idéale n’existe pas pour jouer en période de pandémie. Parmi les effets néfastes potentiels, l’impact sur la santé mentale des joueurs, un sujet mis sur la table par Jaylen Brown.

Vous avez sans doute remarqué les petits clips réalisés par la NBA, diffusés sur le League Pass pendant les temps-morts et autres arrêts de jeu, dans lesquels on voit certains joueurs prendre du bon temps à la pêche ou au sein de certaines attractions proposées à Disney World. Pour Jaylen Brown, elles ne sont pas vraiment représentatives de ce qui se passe véritablement dans la tête des principaux acteurs de la bulle floridienne. Car si la plupart des joueurs NBA se retrouvent aujourd’hui dans un parc de loisirs géant avec pas mal de possibilités pour se distraire en dehors du basket, ils restent quoi qu’on en dise isolés du monde extérieur. En cette période de pandémie, cela leur permet évidemment de jouer à la balle orange tout en se retrouvant dans un environnement ultra sécurisé face au COVID-19, mais la solitude et l’anxiété résultant de cet isolement peuvent rapidement se manifester. Après la victoire des Celtics face au Magic dimanche, Brown s’est exprimé sur le sujet de la santé mentale, qui est de plus en plus discuté depuis les révélations de DeMar DeRozan et Kevin Love au début de l’année 2018. La jeune star de Boston veut mettre l’accent et sensibiliser les gens sur les difficultés que peuvent rencontrer les joueurs NBA dans ce contexte unique de bulle.

 « Les gens n’en parlent pas beaucoup, mais c’est un challenge pour beaucoup de gars. Le fait d’être dans cette bulle, c’est comme si vous étiez tout le temps au boulot. Souvent, et c’est le cas pour beaucoup de gars, ils veulent couper du basket après avoir joué. C’est impossible ici. Vous sortez pour prendre du bon temps, et puis d’un coup vous voyez Donovan Mitchell et vous vous dites, ‘Je n’ai pas envie de voir sa tronche maintenant’. Mais c’est comme ça. »

Spida appréciera, même si Jaylen a déclaré cela sur le ton de la rigolade pour chambrer l’un de ses potes. Mais plus sérieusement, Brown souhaite engager la conversation sur ce sujet et parler pour tous ceux qui ne sont pas vraiment à l’aise quand il s’agit de s’exprimer par rapport à leurs problèmes intérieurs.

« Je veux vraiment attirer l’attention sur le sujet de la santé mentale, l’anxiété, et les différentes formes de dépression dans ce genre de contexte et d’endroit comme cette bulle. Nos athlètes ont probablement du mal avec ça et n’ont pas suffisamment confiance pour en parler librement. […] Je sais qu’ils diffusent des images avec des tables de ping-pong, des piscines et ce genre de choses. Mais c’est difficile d’être ici, loin de sa famille et isolé du reste de la société. »

Parfois, et notamment dans un tel contexte, on peut entendre des discours assez primaires sur les privilèges des joueurs NBA, payés des millions pour pratiquer un sport qu’ils adorent, tout ça dans un environnement de travail où des moyens énormes ont été mis en place pour garantir leur sécurité ainsi qu’un confort maximal. S’il y a une part de vérité là-dedans, ça ne protège pas les joueurs de la solitude et de l’anxiété liées au campus fermé dans lequel ils vivent actuellement, eux qui n’ont aucun vrai contact avec le monde extérieur. Ce n’est pas pour rien si la Ligue, les franchises et l’union des joueurs (NBPA) ont discuté de l’impact potentiel de la bulle sur la santé mentale avant même le déplacement des équipes chez Mickey. C’est difficile de couper et de penser à autre chose que du basket quand vous êtes H24 avec vos coéquipiers, c’est compliqué de ne pas voir sa famille pendant plusieurs semaines consécutives, c’est un vrai défi de vivre dans un monde à part sans véritables repères. Quelques exemples pour illustrer la complexité de la situation, on a vu récemment un joueur comme Dennis Schroder quitter la bulle pour pouvoir assister à la naissance de son enfant, et Gordon Hayward devrait en faire de même pendant les Playoffs, sa femme devant accoucher en septembre.

« Les joueurs auront beaucoup de temps pour eux, et les différents challenges liés à leur vie personnelle, avec les familles, les naissances et ce genre de choses, seront amplifiés car ils seront confinés pendant une période prolongée. C’est inévitable, donc je m’attends à une hausse de l’anxiété, de la tension et de l’agitation » avait déclaré début juillet William Parham, directeur du programme de la NBPA concernant la santé mentale, et professeur de psychologie à l’université Loyola Marymount.

Jaylen Brown s’était déjà exprimé sur le sujet de l’anxiété il y a quelques mois, quand il avait raconté ses difficultés personnelles dans la saison compliquée de Boston l’an passé. Très impliqué également dans le combat pour la justice sociale, il n’a pas peur de mettre la lumière sur les thèmes sensibles du moment pour entamer ou continuer la discussion. 

Source texte : Twitter @ISteeleABC6

1 Comment

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  1. Véro

    11 août 2020 à 12 h 23 min at 12 h 23 min

    C’est un peu comme quand j’ai des conférences pour le boulot. On reste une semaine non stop dans un hôtel avec des collègues du même secteur (on se connaît quasiment tous). On les croise au petit déjeuner, on travaille ensemble, on déjeune ensemble, on dîne ensemble et il y en a encore pour proposer des activités entre tout ça.
    Au bout d’un moment, (et ça ne dure généralement qu’une semaine), j’ai juste envie de faire le mur et d’aller seule ailleurs.
    Là c’est une bulle et le « ailleurs » ne peut pas être très loin. Franchement, je comprends que c’est un facteur à prendre en compte. Pour les équipes qui vont au bout de la compétition, ça va être très long jusque octobre.

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