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Dennis Schröder dans la course pour être 6th Man of the Year : tiens, si on faisait un point sur la course au trophée du meilleur remplaçant ?

dennis schroder 6 avril 2020

Dennis Schröder, Lou Williams, Montrezl Harrell ? Cette année la course est plus ouverte que jamais et la fin de saison va pouvoir départager nos hfsuhkdsk.

Source image : YouTube

L’interruption soudaine de la saison n’a pas seulement eu pour conséquence de nous pourrir le mois de mars et d’avril en attendant d’autres festivités, elle est également la cause du gel de certains de nos rankings préférés. Giannis ou LeBron pour le trophée de MVP ? Rudy, Giannis ou AD pour le DPOY, Bam Adebayo ou Brandon Ingram pour le MIP, Jim Boylen ou David Fizdale pour le COY, etc etc. En ce qui concerne la course au meilleur sixième homme ? Quatre hommes se détachent selon nous, l’occasion de faire le point sur un marathin de 82 matchs… arrêté à la borne 65.

Les favoris logiques

Journée nationale du Thunder sur TrashTalk oblige, on commence avec ce bon Dennis Schröder, qui se détache de surcroît de quelques hectomètres selon nous. Après cinq saisons à faire pas mal de pluie et pas trop de beau temps à Atlanta, l’international allemand semble enfin s’épanouir dans l’Oklahoma. Un premier exercice que l’on qualifiera d’adaptation au relai de Russell Westbrook, l’arrivée de Chris Paul et Shai Gilgeous-Alexander l’été dernier, et on se dit alors qu’il y a au moins un meneur de trop et que la situation de l’homme à la tâche dépend surtout de celle de Chris Paul. Sauf que finalement le trio va bien débuter la saison ensemble, sauf qu’en fait… ce sera une merveilleuse idée pour OKC. Dennis Schröder ? Il sort du banc, une fois de plus, et ce rôle adopté depuis un an lui va aujourd’hui comme un gant. Meilleures stats en carrière cette saison pour Dennis la Malice avec 19 points par match et surtout un pourcentage devenu très acceptable pour un meneur, on dirait bien que le gamin a atteint l’âge de raison. Le fait d’attaquer très souvent face aux remplaçants adverses le met en confiance, derrière c’est un duo avec l’un de ses deux acolytes du poste 1 qui se met en place et au bout du compte ça donne un espèce de monstre à trois têtes bien difficile à manœuvrer pour les adversaires du Thunder. Résultat des courses ? Un Dennis Schröder parmi les grandissimes favoris pour le trophée de 6th Man of the Year, qui l’eût cru il y a quelques saisons quand le mec passait pour un égoïste qui ne lâche même pas de ballon à l’entraînement.

On reviendra dans quelques lignes sur les numbers tou inde tri de notre classement et on passe donc directement au pied d’un imaginé podium en nous envolant du côté de… Detroit pour vous parler de Langston Galloway Derrick Rose bien sûr. Vous connaissez une carrière aussi étrange que celle de D-Rose ? Parmi nos contemporains ? Cherchez bien. Cherchez encore. Ça y est ? Ok, nous non plus. MVP et darling officielle de la NBA en 2011 avec les Bulls, champion du monde 2010 avec Team USA, mais le bonheur sera de courte durée puisque le numéro 1 de la Draft 2008 verra sa prise en main de la planète basket stoppée net par une rupture des ligaments croisés en avril 2012, avant de devoir faire face à un ménisque récalcitrant peu de temps après son retour. On parle alors de moins en moins d’un possible retour au meilleur niveau mais davantage d’une carrière déjà foutue, et après quelques saisons à errer, au propre comme au figuré, D-Rose retrouvera le salut le 30 octobre 2018 lors d’une soirée anachronique durant laquelle il scorera… 50 points face au Jazz. D-Rose termine en larmes, nous aussi, et initie surtout là un nouveau départ dans sa carrière. 7 avril 2020, voici donc Derrick Rose à Detroit et parmi les meilleurs remplaçants de la Ligue. 18 points par match, meilleurs pourcentages en carrière, agressivité retrouvée, meilleure moyenne de passes décisives depuis sa blessure en 2012, un régal pour ceux qui le découvrent et un sacré sourire en coin pour ceux qui ont connu le gamin à son meilleur.

Les mentions honorables

Comme dirait l’autre on va faire ça pêle-mêle, en essayant de n’oublier personne. On commence avec un petit Davis Bertans des familles, exilé de San Antonio l’été dernier et qui aura clairement profité des grands espaces disponibles lors des matchs de sa nouvelle franchise de Washington. 15 points par match en sortie de banc, un quasi 4/9 de moyenne du parking de chez Pop à chaque match et son nom cité parmi les snipers les plus cinglés du circuit ? Davis ne sera pas 6th Man of the Year cette saison mais on connait des Texans qui doivent l’avoir mauvaise avec leur star qui ne prend pas de tir de loin.

On enchaine ensuite avec un autre diablotin européen en la personne de… Goran Dragic. 16 points, 3 rebonds et 5 passes de moyenne pour le Dragon cette saison mais au-delà des stats le meneur slovène s’est affirmé comme un délicieux mentor pour les jeunes floridiens en plus d’être encore un merveilleux joueur de basket. Goran Dragic ne sera pas 6th Man of the Year cette saison mais le parrain Riley et Coach Spo peuvent se féliciter d’avoir un sacré relai sur le terrain.

Troisième mention plus qu’honorable ? Faîtes entrer l’accusé, j’ai nommé… Jordan Clarkson. « L’accusé », car avant son arrivée dans l’Utah le combo guard était surtout considéré comme une coquille vide douée offensivement mais incapable de s’inscrire dans le moindre projet collectif. Tancé à Los Angeles, moqué à Cleveland, l’homme si bien prénommé a finalement trouvé chaussure à son pied dans l’organisation au poil du Jazz. 15,6 points en sortie de banc pour JC et surtout, pour la première fois de sa carrière, une influence positive dans une équipe qui gagne. C’est peut-être un détail pour vous ? Pour lui ça veut dire beaucoup, et on embrasse Sylvie Vartan.

On continue à déballer notre colis du jour avec un autre sacré numéro à féliciter, un certain… Dwight Howard. Les stats de D-12 cette saison ? 7,5 points et 7,4 rebonds. Mais si vous saviez à quel point le bonheur de voir un Dwight heureux et épanoui va plus loin que de simples stats… Considéré depuis un bail comme une diva, un fainéant, un égoïste ou tout un tas d’autres joyeusetés du genre, l’ancien franchise player du Magic a montré cette année qu’il était capable 1) de changer son approche d’un point de vue global et 2) de se muer en remplaçant serviable et souriant. On vous jure que quand un pivot voit JaVale sortir et Dwight rentrer à sa place il tire pas mal la gueule, et on vous jure que ça fait vraiment plaisir de voir ce Dwight nouveau, même si sa production chiffrée en pâtit.

Seth Curry se sent bien à Dallas, suffit de jeter un coup d’œil à la trajectoire de sa carrière pour s’en rendre compte. Une saison discrète à Sacramento puis une mini-explosion dans le Texas, puis un départ et une saison discrète à Portland, puis un retour à Dallas et évidemment une saison maousse. 12,6 points à 50% au tir dont plus de 45% du parking, et l’impression que même le chien de Dell Curry nous prendrait dans un concours de tir. Il demeure une belle tradition de banc solide à Dallas et cette année, le leader de ce banc était un petit bonhomme avec un bandeau.

Dernier bambin de la bande, Monsieur George Hill. Indéboulonnable titulaire dans l’Indiana, dans l’Utah, à Sacramento ou à Cleveland, Georgio a compris en arrivant dans la Rolls-Royce de Milwaukee que son rôle serait tout autre. Ce rôle ? Se rapprocher le plus possible de la perfection au relai d’Eric Bledsoe, avec une rotation à la mène qui se suffisait cette saison à deux hommes mais donc pas des moindres. Du tir, de la gestion, la connaissance parfaite de son ordre de mission et un petit 9/3/3 timide mais qui traduit trop mal l’importance du remplaçant aux épaules de charpentier.

Les deux bijoux de Doc Rivers

Vous l’avez peut-être remarqué, il manque deux hommes pour que ce point route vers le trophée de 6th Man of the Year soit complet. On parle évidemment de ces messieurs Lou Williams et Montrezl Harrell, surpuissante double-puissance venue du banc de Doc Rivers et ce depuis déjà trois ans. Loulou ? On connait tous l’histoire. Trois fois récompensé et parmi les remplaçants les plus efficaces de l’histoire au même titre que des Jamal Crawford, Manu Ginobili ou que des Kevin McHale ou Detlef Schrempf pour les plus anciens qui nous lisent, Lou a continué cette saison à apporter sa folie aux Clippers mais lâche au final la plus « mauvaise » de ses trois saisons avec les Voiliers. Plus de temps de jeu que la saison passée mais moins de points marqués, une adresse qui perd quelques plumes, et si son statut de meilleur remplaçant de la Ligue depuis deux ans n’est pas forcément mis KO par ce relatif coup de moins bien, disons qu’il a au moins le mérite de faire parler… de ses concurrents.

Parmi eux ? Son plus proche collaborateur, comme ce monde est bien fait. Montrezl Harrell, vous l’aurez reconnu, est entré cette saison comme Lou Williams dans sa troisième saison sur le banc des Clippers. 11 points et 4 rebonds la première, 16,6 et 6,5 la deuxième (plus un titre de champion avec les Châteauroux TrashTalkers) et… 18,6 et 7,1 cette année. Dans la progression comme dans l’importance dans le système de Doc Rivers, l’homme au z de trop s’est imposé comme le remplaçant ultime à L.A. et son abattage est sans égal en NBA. Véritable monstre des raquettes, possédé dès lors qu’il voit un ballon traîner, le sosie des soeurs Williams est une bête que personne n’aime croiser et une quarantaine d’intérieurs de la Ligue peut en témoigner. Et si Dennis Schröder, on y revient, doit avoir peur de quelqu’un, c’est bien de l’ancien intérieur des Rockets.

La grosse cote

Quelques mois déjà qu’on y pense et il est l’heure de vous en parler. Et si la NBA récompensait cette saison… deux hommes pour le même trophée ? Hein ? Bah oui. Plus que deux joueurs qui dominent en sortie de banc, le duo Williams / Harrell représente à la perfection l’importance d’une second unit. Ca démarre sur le banc mais ça fait partie de l’officieux cinq majeur des Clippers, celui qui termine les matchs, et depuis trois ans on se dit que, peut-être… l’un ne va pas sans l’autre. Donner le trophée aux deux en même temps ? Ce serait là l’occasion de glorifier un joueur (Montrezl) un peu dans l’ombre des perfs astronomiques de son collègue depuis trois ans, mais aussi de ne pas oublier que malgré un léger coup de frein Lou Williams n’est pas loin d’être aujourd’hui le meilleur sixième homme de l’histoire, et un quatrième trophée rendrait tout ça assez officiel. La cote est grosse mais why not, et vous l’aurez lu ici en premier.

Dennis Schröder ? Lou Williams ? Montrezl Harrell ? Montrezl… Williams ? La saison est définitivement tronquée mais la NBA devrait malgré tout récompenser ses héros dans quelques mois, et dans la catégorie des remplaçants de luxe la course a rarement été aussi ouverte. Allez, faîtes vos jeux.

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