Equipes

Monty Williams a un plan, Ricky Rubio joue les guides : verrait-on enfin le bout du tunnel à Phoenix ?

Monty Williams Ricky Rubio

Un coach avec idées.
Un meneur pour les appliquer.

Source : YouTube / Phoenix Suns

C’est bien simple, hormis le sursaut de 2013-14 sous la houlette de Jeff Hornacek et de l’incroyable doublette Bledsoe – Dragic, il n’y avait pas eu une seule saison excitante de la part des Suns depuis 2009-10. Après une cuvée 2018-19 absolument horrible qui s’est terminée avec le pire bilan de la franchise depuis… sa création et son premier exercice en NBA, la franchise de Phoenix avait besoin de vrais changements, à tous niveaux. Le front office a tranché : nouveau coach en la personne de Monty Williams et investissement sur un meneur expérimenté en la personne de Ricky Rubio. C’est marrant, ça change tout ! 

Igor Kokoskov n’avait pourtant été embauché qu’à l’été 2018. Beaucoup d’espoirs avaient été placés en lui. Il ne s’agit pas ici de critiquer sévèrement son travail car nous n’avons pas vraiment le temps de le juger, et ce serait injuste au vu des conditions dans lesquelles il a dû exercer à Phoenix pour sa première opportunité en tant que head coach. Pour rappel, le Serbe est passé après deux saisons de bricolage d’Earl Watson et quelques mois de bouchage de trous par Jay Triano. Ce bon Igor a récupéré un effectif sans queue ni tête, construit par un General Manager qui s’est fait virer quelques semaines avant le début de la régulière (après lui avoir choisi un pivot en first pick alors que l’ami Igor venait de coacher un certain Luka Doncic à l’EuroBasket 2017…). Les circonstances atténuantes sont évidentes. Toujours est-il que le fraîchement validé General Manger James Jones et son nouveau Vice président des Opérations Basket Jeff Bower (arrivée en avril 2019) ont préféré prendre tout de suite des décisions nettes. Et à cet instant les 19 toutes petites victoires obtenues par Kokoskov sur l’exercice 2018-19 ont dû peser dans les têtes. Igor out donc et Monty in !

Après avoir affronté le décès brutal de sa femme en 2016, Monty Williams est resté éloigné des bancs NBA jusqu’en 2018. Il a repris du service en tant qu’assistant dans le staff des Sixers pendant toute la saison 2018-19 avant d’être débauché par les Suns donc. Monty est arrivé à Phoenix avec un plan, des idées, des principes de jeu et des valeurs à transmettre au groupe de joueurs. Sauf que changer de coach ne suffit pas pour transformer une équipe, ça se saurait… Jones et le front office se sont attelés à donner à coach Williams des éléments avec lesquels il puisse travailler. Des role-players bien choisis comme Aron Baynes, Dario Saric ou Frank Kaminsky, un autre talent en plus de Devin Booker avec Kelly Oubre Jr et quelques jeunes pas inintéressants comme Cameron Johnson, Jevoin Carter, Elie Okobo ou Ty Jerome. C’est bien mais c’est surtout en investissant sur Ricky Rubio que les Suns ont donné à Monty Williams les moyens de faire jouer ce groupe comme il l’entend. Williams veut du mouvement de balle à outrance. Dès qu’il est arrivé, il a insisté sur ce point. On l’a vu râlé en conférence de presse sur le nombre de passes simples effectuées entre ses joueurs alors que l’équipe venait de fournir un bon match.

Une circulation rapide et intelligente du ballon, cela ne se commande pas, cela se travaille. Et s’il n’y a pas sur le terrain un meneur capable de mettre tout cela en route, la probabilité pour que le message du coach passe est bien moins élevée. C’est là que le duo Monty – Ricky a été un changement immense pour les Cactus. D’autant plus que l’Espagnol est également un défenseur largement sous-côté et bien plus efficace ou pertinent dans ses choix que tous les postes 1 récemment passés par Phoenix. Mais revenons au fond de jeu offensif, pour la première fois depuis les années 2000 et la connexion Mike D’Antoni – Steve Nash, les Suns ont retrouvé une identité de jeu claire. Une identité de jeu inculquée par l’entraîneur et propulsée sur les planches par un meneur qui sent le basket. Williams veut un mouvement de balle incessant, Rubio fait jouer tout le monde, prend sa chance quand il le doit, nourrit le joueur chaud quand il faut, crée pour ses intérieurs, donne de l’air à ses ailiers. Bref, Williams met en place sur le papier, Rubio est le premier à appliquer sur le terrain et toute l’équipe suit.

Les limitations de Rubio, au scoring notamment, on les connait et elles n’ont pas vraiment changé. Pour autant, son impact est tout aussi indéniable que son entente avec Monty Williams. Pour preuve les quelques matchs qu’il a ratés sur blessure : l’équipe n’est pas la même, elle redevient plus brouillonne et moins sûre d’elle. Car non seulement l’Espagnol – MVP du dernier Mondial – est devenu le porte-voix de son coach sur le parquet ainsi que le meneur de l’équipe qui fait le plus de passes décisives par match dans la ligue cette saison mais il est  très bénéfique au joyau maison, Devin Booker. La cohabitation des deux joueurs sur la ligne arrière est un régal. A 14 reprises cette saison, ils ont effectué au moins 8 passes décisives chacun dans le même match. Aucun autre duo dans la ligue n’a plus que 6 matchs de ce type ! Booker ne s’est d’ailleurs pas privé de mentionner les bienfaits de l’arrivée de Rubio sur son jeu dans une discussion avec Steve Nash diffusée sur TNT.

Morceau choisi de Booker parlant à Steve Nash :

« C’est très dur d’être un meneur, tu le sais, tu as réussi beaucoup de choses sur les terrains, tu le sais […] Ricky m’a permis de faire ça (le maximum quand il est sur le terrain NDLR) et les gens voient le pic et l’efficacité (de mon jeu). Tu sais que c’est grâce à lui. »

Les statistiques de Devin Booker – qui lui ont permis de devenir All-Star cette saison en remplacement de Damian Lillard – sont magnifiques : 26,1 points à presque 49% au tir dont 36% de loin, 92% au lancer, 4,2 rebonds et 6,6 passes décisives de moyenne par match. C’est du lourd. Et si le talent de Booker est immense, l’influence de Ricky Rubio (et Monty Williams) sur son jeu l’est également.

Les Suns peuvent enfin entrevoir un vrai changement dans le sillage de cet axe coach – meneur. Un changement qui va donner l’occasion à des talents comme Devin Booker et aussi Kelly Oubre Jr de donner leur pleine mesure. Un changement qui pourrait permettre à la franchise d’Arizona d’espérer casser sa sale série de 10 années consécutives sans jouer les Playoffs. En tout cas, les cactus et leurs fans entrevoient enfin de la lumière au bout du tunnel. 

Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


To Top