One-on-One

Cher Kobe : la communauté rend hommage au Black Mamba

A chacun son souvenir avec Kobe.

Quasiment un mois est passé depuis la tragique nouvelle du décès de Kobe Bryant. Des semaines durant lesquelles vous avez été nombreux à nous envoyer des hommages très personnels pour honorer la mémoire du Black Mamba. Le deuil est quelque chose de très intime, mais parfois le simple fait de partager un texte, un dessin, un poème ou une chanson sur son idole permet de poser un pansement sur une plaie sans fond. En ce jour si spécial, voici des témoignages que nous avons reçus depuis le 26 janvier 2020. En espérant qu’ils vous aident au moins à vous sentir moins seuls dans votre chagrin.

Jeremie

Kobe est mort et certains sont surpris de voir l’impact qu’a cette nouvelle tragique sur beaucoup d’entre-nous. Je peux comprendre tout à fait qu’on puisse trouver cela disproportionné. Pourtant, ne pas connaître personnellement quelqu’un ne veut pas dire qu’on ne peut vivre personnellement sa perte. Pour moi, Kobe c’est énormément de choses, c’est plus que le basket, plus qu’un joueur, plus qu’un jeu.

Kobe, c’est des heures d’enfance et d’adolescence devant la télé ou un streaming pourri. Dès 1998, à 11 ans, l’âge où on se construit nos idoles pour la vie.

Kobe, c’est regarder le basket le cœur serré, les jambes prêtent à bondir et les yeux à s’écarquiller après un exploit, un truc fou, improbable, impossible pour tous les autres, encore irréel pour nous même après plusieurs ralentis.

Kobe, c’est moi et plein d’autres, sur un terrain de rue, feignant le jump shoot parfait, tentant le tir le plus dur et être certain qu’il va rentrer : confiant et sûr de soi comme Kobe l’était.

Kobe, c’est le cœur de débats incessants entre amis basketteurs, à l’entraînement ou au collège/lycée, entre les « Kobe lovers » – comme moi, plutôt « Kobe rêveur » même, trop subjugué et admiratif pour admettre quelques-uns des effets pervers de son jeu – et les « Kobe haters » – comme plusieurs de mes amis, convaincus au fil des années que leur ennemi méritait d’être respecté et même admiré.

Kobe, c’est la porte d’entrée de ma chambre pendant 10 ans sur laquelle trônait un poster de lui en plein jumper et les lettres M.V.P en purple and gold peintes juste au-dessus. C’est les deux murs à l’angle de mon lit sur lesquels, patiemment j’avais découpé des images de magazines pour les coller sur mon vieux papier peint d’enfant. C’est le plafond, aussi : des posters et surtout des images qui se réaniment en même temps que les souvenirs.

Kobe, c’est un maillot acheté au NBA store à New York en 2001 qui m’a valu – à 14 ans – pas mal de trashtalking lors de ma visite du Madison Square Garden, dans la rue ou dans les transports durant tout le voyage, pendant que mes parents et ma soeur non connaisseurs du basket et peu familiers de l’anglais se demandaient ce qu’il se passait !

Kobe, c’est un réveil de mes parents, incrédules, en pleine nuit : « Papa, il a mis 81 points, putain de merde ! » « « De quoi ?! » « 81 points !!! Non mais t’imagines ! »

Kobe, c’est plein d’autres réveils en pleine nuit pour se planquer en dessous de la table du salon pour mettre Canal+ ou Sport+ sans que mes parents le sachent.

Kobe, c’est des pleurs de joie, des yeux en l’air, des mains scotchés sur la tête et des insultes criées quand les mots ne viennent pas pour décrire l’incroyable d’une action et la magie d’une victoire.

Kobe, c’est un voisin tapant à ma porte pour savoir si tout va bien après m’avoir entendu crier lors de son 3 points au buzzer face au Heat de Miami en 2009.

Kobe, c’est un surnom que me donnent pour me chambrer les moines tibétains à Dharamsala en Inde, au cours d’un séjour de plusieurs mois durant lesquels j’ai regardé avec eux et un américain fan de Boston les finales de 2010. Mon plus grand souvenir de Kobe.

Kobe, c’est une tristesse folle le jour de sa retraite et de ses 60 points. C’est le sentiment d’une enfance qui s’achève et d’une obligation de grandir. « Cette fois-ci, c’est fini, il ne reviendra plus, il n’y aura plus d’autres tirs, plus d’autres surprises, plus de nouvelles actions, plus rien ».

Kobe, c’est celui dont je crie le nom quand je mime des shoots dans ma chambre d’enfant puis dans mon salon d’adulte : un shoot au buzzer, un fade-away, le bras qui reste en l’air quelques secondes après que le ballon ait traversé le panier, puis un doigt sur la bouche en direction du public en s’imaginant revenir vers sa moitié de terrain (incarné par un canapé, un lit, un pouf, une armoire).

Kobe, c’est celui qui m’accompagne, à 31 ans, dans le RER pour le trajet me menant à ma soutenance de thèse de doctorat, pour me donner la motivation et la force d’être moi-même quoiqu’il se passe.

Kobe, c’est la frustration de ne pas l’avoir vu jouer en vrai, à cause d’un manque d’argent, de road-trip amoureux plus ou moins concluants, de la vie qui défile. Mais, c’est un rêve qui se réalise et une enfance qui ressurgit fébrilement en le voyant à Paris, un jour de 2017.

Kobe, c’est tous les jours ou presque depuis 22 ans, à chaque moment de ma vie, à chaque étape, comme un truc qu’on garde en soi et qu’on ne peut pas nous enlever, comme une sorte de socle rassurant – un repère, comme une dose de bonheur à disposition les jours de peine, comme une arme – aussi- qui donne de la force et du courage face à des défis ou des difficultés.

Kobe, c’est tous les jours ou presque avec mon fils de 2 ans : c’est le prénom de sa première peluche, c’est les highlights qu’il préfère aux dessins animés le soir, c’est nos séances de shoot de papiers ou de pots de compote dans la poubelle en criant « Kobe » et sa mère nous félicitant aussi.

Kobe, c’est un monde qui s’écroule en apprenant sa mort, un truc qu’on ne veut pas concevoir, une idée qu’on rejette, une image qu’on ne veut pas voir, une tristesse infinie et une colère qu’on ne peut s’empêcher de ressentir. C’est une partie de soi qui ne vivra pas plus longtemps, autrement que par les souvenirs et d’une nostalgie qui ne tardera pas, espérons-le, à être joyeuse. Même si, à l’évidence, elle risque d’être toujours joyeusement triste.

Alexy

J’ai commencé à suivre assidûment la NBA depuis 2015 et le début de l’ère des Golden. Alors oui j’aurais pu commencer avant. Oui pour certains inconditionnels de la NBA, je ne suis qu’un « basketix ». À vrai dire au moment où je vous écris ce mail, je m’en fou. Je retiendrais, qu’à travers votre travail et suivi quotidien de la NBA, j’ai découvert et appris à aimer l’histoire de ce sport. Suivre assidûment ce sport, me renseigner sur ce sport incroyable qu’est le basket. Que ce soit à travers des highlights, les «The Ball Never Lies», en regardant les matchs où tout simplement en lisant sur ce sport. Le «destin» retiendra que j’ai acheté le livre « Kobe Bryant Showboat » de Roland Lazenby, et que depuis quelques semaines j’allais trouver le temps de commencer à lire cet ouvrage. Quelque part je m’en veux de commencer seulement maintenant à lire sur sa vie, son histoire, sa carrière. Mais il n’est jamais trop tard. Alors je vais expressément me renseigner, lire, sur la vie de cette légende. Le monde du sport pleure cette légende qu’était Kobe, le monde tout court le pleure. Kobe Bryant, Gianna Bryant, John Altobelli, Keri Altobelli, Alyssa Altobelli, Chrsitina Mauser, Sarah Chester, Payton Chester et Ara Zobayan, reposez tous en paix.

Q.

Cher Trashtalk,

Si aujourd’hui je t’écris, ce n’est pas dans l’attente d’une réponse. Ce n’est même pas vraiment non plus pour être lu. Je veux juste avoir l’espoir que cela puisse arriver, un peu comme une bouteille jetée à la mer.

Ces derniers jours ne sont pas les plus faciles à vivre. Et pourtant. Je n’étais même pas né lorsque Kobe est arrivé dans la grande ligue. Ni même lors de son premier titre. Je ne peux pas non plus dire qu’il a bercé mon adolescence; à bientôt 19 ans je n’ai connu vraiment la NBA que via les démos de NBA 2k12 / 2k13. En revanche, j’ai appris petit à petit l’histoire de ce gamin qui a appris à être un Homme, avec un H majuscule.

Ce vendredi 24 janvier, j’assistais au premier match de saison régulière à Paris. Moi. Je dois avouer que je place ce jour parmi les plus beaux de ma vie (malgré les bouchons pour arriver à Bercy..). C’est vrai : Giannis et ses compères sous mes yeux, mais aussi tant de légendes de ce sport qu’il serait trop long de citer. C’était complètement fou. Mais je n’ai même pas eu le temps d’en profiter puisque 2 jours après, Kobe a été sélectionné à la 2020 Paradise Draft par David Stern. Je le répète, je n’ai pas grandi avec lui, moi c’était plutôt Russell Westbrook. Ce qui me fascine chez ce-dernier, c’est sa mentalité, son envie de se donner à 2000% tous les soirs, parfois à tort. Tout ceci était encore plus fort chez Kobe. J’aurai pu être un Kobe Fan moi aussi.

Heureusement, j’étais devant ce match face au Jazz. Tu sais celui où il a planté 60 points avant de dire au revoir à la NBA. Ce soir où il a rendu presque anecdotique le record des Warriors.

Ce message est peut-être trop long et inintéressant, donc si tu me lis toujours, je vais conclure.

Qui que tu sois, merci d’avoir été une oreille (ou plutôt une paire d’yeux pour me lire), j’en avais besoin. Trashtalk m’a permis de trouver une seconde famille dans les moments où la mienne ne me suffisait pas.

Qui que tu sois, je te fais la promesse d’aller chercher mon année (les études de médecine c’est pas toujours simple à coupler avec les horaires des ricains) et de bientôt me trouver du temps pour me consacrer à ce que je veux faire depuis des années : écrire. Comme toi, probablement.

Et, qui sais, peut-être qu’un jour, ce sera sur ce site. En tout cas, je ferai tout pour. C’est ça la Mamba Mentality, non ?

Une dernière fois, merci à toi, merci Kobe.

Enzo Ortiz

Nicolas

Draft 1996. J’ai 14 ans. Tu arrives en NBA.

En pleine époque Three Peat des Bulls de Jordan, je vois arriver un gamin de 18 ans, mensurations quasi identiques à la star des Bulls, choisi en 13 ème position par les Hornets mais transféré aussitôt aux Lakers.

A cette époque, je suis fan des Bulls et de Jordan, qui, bien que vieillissant, domine encore la NBA.

Tu ne joues pas beaucoup ta 1ère saison, – de 8 points par match, mais tu as déjà ce petit truc en plus que les autres qui m’attire.

Ensuite, c’est l’explosion et tu mets la main sur la ligue.

Ton langage corporel me rappelle tellement Michael. Tu ne te caches pas en avouant avoir copié tous ses moves.

Tu n’as qu’une idée en tête, le dépasser.

Ton association avec Shaq m’a fait aimer les Lakers. J’ai passé des heures sur NBA live et ensuite NBA 2K à détruire mes adversaires avec votre duo.

Quand je m’occupais de Franceslam pendant mes études, je magouillais pour toujours t’avoir dans mon équipe.

Je me réveillais la nuit pour te voir jouer. Los Angeles est sur la côte Ouest, et les matchs à 4h du mat’ me piquaient les yeux sur les bancs de la fac, mais je m’en foutais.

J’ai suivi tes 5 titres, toutes tes campagnes de play-offs, tes 81 pts, ta saison à + de 35 pts par match, tes galères après le départ de Shaq, et ta renaissance avec l’arrivée de Pau Gasol.

J’accrochais tes posters dans ma chambre quand je recevais mon magazine 5 Majeur en guettant le facteur. Pas rassasié et n’ayant qu’un abonnement presse faute d’argent, j’allais lire les autres dans les librairies et je détachais les posters, les calaient contre mon torse sous mes vêtements pour les collectionner eux-aussi en évitant le regard du libraire.

Jordan m’a fait aimer le basket, toi, tu en as fait une passion. J’ai moi aussi essayé de copier tes moves à mon humble niveau, refusant catégoriquement toute défaite.

Tes 20 ans de carrière m’ont accompagné pendant mon adolescence, ma vie de jeune adulte, ma vie de père, et te voir partir avec ta fille Gianna, seulement 13 ans, ne fait qu’alourdir ma peine.

Je garde de toi tellement de souvenirs que je pourrais en écrire un roman. Ta fin de carrière avec ta rupture du tendon d’Achille et ensuite ton dernier match à 60 pts contre Utah resteront gravés à jamais dans ma mémoire.

Tu voulais laisser un héritage, et tu as dépassé ton maitre. Ta Mamba Mentality est devenue une marque. On parle de toi pour devenir le nouveau logo et le visage de la NBA.

Tu es parti beaucoup trop vite mais tu resteras à jamais gravé dans nos cœurs.

Je ne t’oublierai jamais, je t’aime Kobe, RIP Kobe, Mamba Out.

Geoffrey

Clément

C’était moi, c’était nous,  Kobe

Alors tu t’es éteins aussi brutalement que tu auras marqué le monde du basket. Kobe Bryant, que dire. Le joueur qui m’a fait découvrir le basket, la NBA, les Lakers. C’était un soir de juin 2008 lors des finales contre les Celtics de Boston. Agressivité, shoot, mental, technique, leadership, un match suffit à me lier pour la vie aux Pourpre et Or et à ce numéro 24 si spécial malgré la défaite. En Kobe, comme moi, beaucoup de fans des Lakers s’identifiaient et s’identifieront encore, tant la Mamba Mentality parcourut la NBA, comme une onde de choc à chaque rencontre des Angelinos. L’obsession d’un certain numéro 23 de Chicago te hantait autant que la quête suprême de bagues. Tu conquis 5 titres, planta 33 643 points et endossa pendant 20 ans le maillot Pourpre et Or chaque soir. Pour les fans de LA qui n’ont pas connu la période Showtime, tu étais notre Magic, notre Kareem, à nous, enfants, adolescents, amateurs, experts des Lakers des années 2000.

Alors oui, il y eu les airball d’Utah, la rupture avec Shaq, le tribunal, les blessures, l’étiquette du « mauvais coéquipier », évidemment tout n’était pas parfait. Mais faire toute sa carrière dans une même franchise, faire un threepeat, marquer 81 points en un match, vaincre Boston deux ans après 2008, tirer des lancers avec un tendon d’Achille rompu, planter 60 points lors de ton dernier match en avril 2015, avoir 2 maillots retirés, peu de joueurs NBA pourront ne serait-ce qu’égaler ces quelques performances. Kobe c’était aussi, bien sûr, Team USA, la Redeem Team, la finale contre l’Espagne, les Jeux olympiques 2012, pour ne citer qu’eux. J’étais fasciné par cette hargne, cette transcendance inarrêtable, cette résistance, cette dureté, cette volonté d’être à 200 % chaque seconde d’un entraînement, cette capacité à tuer un match par un shoot clutch sans sourciller. Finalement ça t’allait bien ce surnom, Black Mamba.

Quand tu es parti en 2015, nous, supporters angelinos, étions rempli de mélancolie, fierté, tristesse, de tout ces sentiments bizarres qui se mêlent quand une légende se retire des parquets. La boucle était bouclée, une nouvelle ère allait s’installer. Notre rêve à tous, bien sûr, était qu’un jour, tu reviennes au sein de l’organisation Lakers pour transmettre ton noble et légendaire passé. Kobe, tu étais haï par bon nombre de fans adverses, cela te nourrissait, mais aujourd’hui c’est le monde tout entier du sport qui pleure l’un des plus grands compétiteurs que la NBA n’est connu. Tu as été ma première idole, et c’est en me remémorant tes dunks, shoots, matchs légendaires que je prends conscience qu’un mythe s’est envolé dans cette saleté de crash d’hélicoptère. De là-haut tu continueras d’inspirer, ceux qui font la NBA d’aujourd’hui et de demain. Merci pour tout champion.

Julien

Kobe

La nuit a été dure, j’ai tourné des heures et des heures sans trouver le sommeil…. Dans la tête j’avais ton slam dunk contest qui s’entre mêlait avec tout ces clichés de toi et Gigi…

Je suis Julien, j’ai 35 ans et je suis fan des Bulls, de Pippen et de Jordan depuis ma plus tendre enfance. Mais en 96, il s’est passé un truc… Un mec de 17 ans qui sautait la case universitaire se présentait à la Draft… Tout le monde connais la suite. Pour ma part, j’ai du faire de la place sur les murs pour qu’il y ai un tout petit peu moins de Rouge et Blanc et un peu plus de Jaune et violet, un petit peu plus de ce gamin de Philadelphie orné du numéro 8. Je me suis d’ailleurs procuré mon premier maillot des Lakers suite à ton slam dunk contest, tu m’avais définitivement convaincu ! Tu étais bien le digne successeur de Jordan comme ils disaient tous… Je me focalisais plus forcément sur des air Jordan ou des Uptempo, je portais avec fierté tes premières Adidas, et des stickers et carte de basket à ton effigie se faisaient de plus en plus nombreux dans mes cahiers de texte du collège.. bref comme tout le monde s’en rend compte en cette triste journée, tu faisais partie de ma vie… en fait tu faisais partie de nos vies à tous, tout basketteur qui se respecte t’a forcément admiré à un moment ou un autre.. Hier soir mon portable s’est mis à sonner dans tout les sens, sms, messenger tous mes potes me demandaient si j’avais vu l’info… depuis j’attends qu’on me pince, qu’on me réveille et je suis au travail entrain de t’écrire.. je pense à toi, à Gigi, à toutes les personnes qui étaient avec vous dans cet hélico.. Je pense aussi à toute vos familles et j’ai cette boule au ventre qui ne veut pas partir, qui mettra sans doute du temps… La seule chose qui me console un tout petit peu c’est que ton basket, ton art, est éternel.

Merci Kobe, repose en paix

Julien

Bonjour à toute la famille TrashTalk.

Je ne sais pas pourquoi je vous écrit, ni même si je dois vous écrire, mais en ce moment, à l’instant précis j’en ressens l’envie et le besoin. Hier, comme  tout le monde j’ai appris cette tragédie, celle de la mort d’un homme et sa fille. Cet homme, il s’est avéré que ce soit KOBE. Mais comment est ce possible, moi qui pensait qu’il était invulnérable, qu’il était le guerrier qui tous les jours, tous les soirs, quelque soit le match, l’adversaire, le défi à relever, il se relèverait. Mais ce matin il ne s’est pas relevé, amenant avec lui un amour inébranlable pour le basket, pour ce ballon orange avec lequel il jouait si bien. Car avant d’être un travail, le basket était un jeu pour lui où le plaisir rimait avec souffrance, effort, victoire.

Je l’aimais, je l’idolâtrais comme beaucoup je me rends compte. Plein de souvenirs me viennent en tête et tout se chamboule : la coupe afro, les dunks, les fadeaway à répétition, le jeux de jambe, le 8, le 24, ce bon vieux gros Shaq, les pauvres Mavs et les 81. Il y aussi eu ses lancers francs, les hués de Phili, le finales avec les Celtics … La liste est encore longue. Cet homme m’a fait découvrir le basket, qui ne s’est jamais pris pour le black mamba sur le playground ? Qui n’a jamais rêvé  d’être dans la tête de KOBE lors de la dernière possession d’un match de basket ? Qui ?

L’homme, ce qu’il représentait, l’amour qu’il portait sont encore présent chez sa famille ou encore chez nous, ceux qui l’ont admiré ou encore ceux qui l’ont hués. Aujourd’hui toutes ces personnes sont réunies pour pleurer la légende KOBE, gold and purple à tout jamais. Mais le futur qu’il laisse est radieux même si j’en suis sûr il avait encore beaucoup pour ce monde.

Certains vouent un culte à la religion, et moi j’ai trouvé la mienne : la Mamba Mentality.

Merci TrashTalk, vous êtes les diffuseurs de cet amour pour le basket, et de cette volonté d’avancer au quotidien.

Je sais que ce message ne changera rien mais je ne savais pas à qui confier l’amour que je lui portais.

Courage à vous tous, restez comme vous êtes et faites attentions à vous et à ceux que vous aimez.

Mamba out

JP Manova

Quentin

Mon cher Kobe,

Nous ne nous connaissons pas, et nous n’avons pas eu la chance de nous rencontrer, ni même de nous croiser. Je t’écris aujourd’hui, car j’ai besoin de te dire des choses que j’aurais aimé te dire de vive voix.

Je m’appelle Quentin, je suis passionné avant tout par le football et le cinéma. Pourtant, toi, tu as réussi à me donner l’envie de m’intéresser un peu plus au basket. Tu ne seras alors pas étonné d’apprendre que je suis aussi un grand fan des Lakers.

J’ai un frère, Thibaut, avec qui je parle beaucoup, mais vraiment beaucoup de basket. Tu l’aurais adoré. Si moi je suis un mordu de foot, lui, c’est le surf et surtout le basket. Bon, comme il n’est pas parfait, il défend corps et âmes les couleurs des Celtics. Quand je te dis que tu l’aurais adoré.

Comme je te l’ai dit, on parle souvent basket. Enfin, je devrais plutôt dire qu’on débat sur le basket. Oui, on est le genre de personnes qui vont débattre sur l’identité du GOAT. Lui, pense qu’il s’agirait plutôt de MJ ou de Lebron, alors que pour ma part, il n’y a aucun débat sur la question. Le GOAT, il n’y en a qu’un, et c’est toi. J’avoue que l’un d’entre nous fait preuve de mauvaise foi. Je te laisse juger de qui il s’agit.

Et des débats de ce genre, on en a plein. Faut dire qu’on est plutôt bien aidé par une bande de lascar que tu dois connaître. Mais bon, je te reparlerai d’eux un peu plus tard, si tu veux bien.

Mais quand on parle basket, on ne fait pas que débattre je te rassure. On se taquine, on se charrie beaucoup aussi. Que ce soit sur les finales NBA (2008 et 2010) ou pour n’importe quelle rencontre entre les deux plus grandes franchises de l’histoire de la NBA. En aucune façon, nous n’oserions nous moquer de l’autre s’il n’atteignait pas les play-offs. Après tout, le rêve de fan de basket-ball, n’est-il pas de voir les Lakers et les Celtics s’affronter lors des finales ?

Cette rivalité se ressent sur le bitume. Mon frère est plus fort, plus talentueux. Il me domine dans cette discipline sur bon nombre de point. Moi, je n’ai pour moi que ma volonté de ne rien lâcher. Et le moindre panier que je peux marquer en 1v1 contre lui, je le célèbre d’un cri rageur en montrant mon pec.

Je me demande vraiment d’où je peux bien tenir ça. Tu n’aurais pas une idée ?

Le 26 janvier 2020 à midi, alors que la veille Lebron venait de te dépasser au scoring all-time, mon frère me taquinait sur ta nouvelle place au classement. Je lui rétorquais comme à mon habitude que tu étais le GOAT parce que 81 points dans un match, parce que 62 points en 3 quart-temps contre une équipe qui ne marque que 61 points dans tout le match, et parce que tellement d’autres raisons à mes yeux. Bref, comme tu peux l’imaginer, tout était comme à l’accoutumé. Mais si on avait su ce qui allait arriver…

Le soir, je rentrais sur Dijon avec mon autre frère. Quelques minutes après avoir raccrocher pour dire à ma famille que j’étais bien arrivé, Thibaut me rappelle. Je n’imaginais pas une seule seconde, en décrochant, ce qu’il venait de se passer outre-Atlantique. Naïvement, je pensais qu’il voulait me parler de l’anniversaire de notre mère la semaine suivante, ou d’une connerie sans importance.

A l’annonce, je ne pouvais prononcer le moindre mot. J’écoutais sans voix, pendant une demi-heure, mon frère me donner les quelques nouvelles qui arrivaient sur les chaînes d’informations et les réseaux sociaux. J’avais le regard perdu dans le vide. Je ne savais pas quoi dire. Et crois-moi, dans mon cas, c’est quelque chose d’exceptionnel…

Puis, l’AFP a confirmé nos pires craintes : une de nos idoles venaient de mourir avec sa fille et sept autres personnes dans un crash d’hélicoptère.

Refusant d’y croire, je ne réalisais ce qu’il se passait qu’après avoir raccroché le combiné, lorsque j’ouvris mon armoire et que je vis, accroché à un cintre, ton maillot… celui de mon idole de toujours…

Pendant toute la soirée, j’ai lu les témoignages et les hommages de tout un tas de gens. Des basketteurs, des sportifs, des passionnés, des inconnus… Inconsolable…

On a passé la nuit à échanger des SMS mon frère pour parler de toi et d’à quel point c’était stupide de se prendre le choux pour savoir si tu étais le GOAT ou non, alors que nous étions d’accord pour dire que tu étais une putain de légende du basket et un putain de mentor toute personne, quel que soit le sport ou l’activité pratiqué.

D’anciens amis nous ont écrit. Ce soir-là, cette nuit-là, tu étais notre seul sujet de conversation.

Et le lendemain… à aucun moment, on ne s’est demandé si on avait fait un bon score à la TrashTalkFantasyLeague ou non. On ne voulait parler que de toi.

Et en parlant de TrashTalk… je t’avais dit qu’on reparlerait de cette bande de lascars… Je me remémorais toutes ces fois où, avec mon frère, on regardait leur Top10 et où je pestais contre eux derrière mon écran (avec humour souvent) parce que tu n’étais pas à la place que je voulais. Mais leur vibrant hommage m’a fait oublier cette guéguerre absurde.

Et puis… je me suis demandé comment je pourrais te rendre hommage à mon échelle. J’avais l’impression de te voir partout et que ma tristesse ne pouvait s’arrêter. Je te vois partout, non pas parce que plusieurs jours d’affiler j’avais acheté le journal L’Equipe, mais parce que la boulette de papier sur mon bureau ne demande qu’à finir dans la poubelle à l’autre bout de la pièce.

Une envie irrésistible d’attendre que le chrono atteigne les dernières secondes avant de déclencher mon shoot…

Je te vois partout. Je te vois en mon frère qui a plusieurs reprises à fait preuve d’une force mentale digne de ta légende. Je le revois le jour où il s’était cassé le doigt et que les médecins lui avait dit qu’il ne pourrait pas faire de sport pendant plusieurs semaines. Je le revois aller sur le bitume et shooter de la main gauche uniquement. Je le revois se lever sur sa planche de surf avec une seule main. On aurait dit toi inscrivant 60 points lors de ton dernier match alors que ton corps te disait stop.

Je te vois en lui le jour où il était venu me postérisé parce que je défendais comme un chien sur lui. On aurait dit toi s’envolant au-dessus de Superman ou de Big Ben.

Je te vois en lui toutes les fois toutes les fois où il a su aller chercher la force de rebondir et de gravir les échelons pour atteindre ses objectifs.

Et quand je regarde en moi, je m’aperçois que je te vois en moi. Je me revois en club courir après l’attaquant qui file au but pour aller marquer, je me revois à l’université jouer gardien et tout tenter pour que la balle ne franchisse jamais la ligne de but. Et je pense à toi qui perd la balle face à Seattle et qui remonte le terrain pour venir contrer la tentative de dunk de Ray Allen.

Je te vois en moi quand je m’étais démis l’épaule je continuais mais que je voulais continuer à tenir ma place dans les buts pour ne pas laisser mon équipe seule. On aurait dit toi allant tenter tes lancers francs après ta rupture du tendon d’Achille.

Je te vois en moi quand je repense à tout ce que j’ai fait pour remonter la pente suite à mes échecs en fac de médecine.

Je te vois en moi à chaque fois que j’affronte mon frère sur le bitume. Cette envie d’attaquer le panier alors que j’ai de grande chance de me faire bâcher. Cette volonté de tenter un panier impossible. Un shoot improbable qui une fois sur trente seulement rentre et fait rager mon frère. D’autant plus lorsque je lève mon poing comme si je venais de gagner le match.

Je réalise alors que la passion qui nous anime dans notre pratique du sport, dans nos études, dans notre conception de nos avenirs et dans l’amour que l’on porte à notre famille fait de nous des Kobe.

 Tu nous as transmis la « Mamba Mentality ». Celle-ci nous accompagnera tout au long de notre vie pour réussir ce que l’on entreprend au quotidien. Et nous savons quelle est la recette à suivre pour réussir nos vies.

On sait que lorsque l’on retournera sur un terrain de basket, je sais que l’un comme l’autre, nous arborerons le maillot de la légende que tu es. Lui portera ton numéro 8 et, moi ton numéro 24. Le vainqueur sera le premier à atteindre 24 points, celui dépasse 24 retombera à 8 points.

Kobe, pour beaucoup tu n’étais qu’un basketteur. Pour nous, amoureux de ce sport, tu étais le basket. Une équipe a 8 secondes pour sortir de sa moitié de terrain balle en main, et 24 secondes de possession pour tenter un shoot. Ce n’est pas une coïncidence… La légende était déjà écrite à l’avance…

Merci pour tout.

A bientôt sur un terrain de basket.

Paul

Kobe

Un Homme,

Un basketteur incroyable,

Un père pour Gigi et ses soeurs,

Un mari pour Vanessa,

Un ami pour beaucoup,

Un champion,

Un gagnant,

Un battant,

Une idole pour certains,

Une inspiration pour tous,

Bref, une légende.

C’est tout ce que tu étais avant de disparaitre et ce que tu laisseras à jamais dans nos coeurs.

Tu laisses derrière toi ta famille proche : Vanessa, ta femme, et tes 3 autres filles.

Mais tu laisses aussi une grande famille, celle du basket et du sport en général.

Cette même famille que tu as tellement fait vibrer en 20 magnifiques années de basket, cette même famille que tu as tellement inspiré avec ta mentalité, ta « Mamba Mentality », cette même famille qui était divisée : certains t’adoraient et les autres adoraient te détester, pour toutes ces mauvaises soirées que tu leur a fait passer en martyrisant leurs équipes préférées, soir après soir, année après année.

Mais tous avaient le même respect pour toi, pour le joueur mais surtout pour l’Homme que tu était.

Car quel Homme tu était…

Une machine de travail et de détermination.

Déjà à 8 ans tu te vantais que tu serais le meilleur joueur de tous les temps, le GOAT auprès des coéquipiers de ton père.

Déjà à 10 ans tu foulais les parquets aux côtés de ton père, n’ayant pas peur de te confronter à des joueurs te rendant 20 ans et 50cm.

Jamais un joueur ne s’était autant impliqué dans un sport, à venir t’entraîner à 5h du matin, à regarder et analyser des tonnes de matchs et beaucoup d’autres choses qui t’ont amené à un niveau incroyable.

Tu ne te satisfaisait de rien :

1 titre ? Pas assez. 2 titres ? Pas assez. 3, 4, 5 non plus, tu en voulais toujours plus et c’est pour cela que l’on t’aimait…

Tellement de moments mémorables : tes nombreux titres, tes nombreuses actions incroyables, tes 81pts devant ta grand-mère, ta traversée du terrain avec un tendon d’Achille en vrac pour tirer tes lancers-francs, …

Tu es parti ce dimanche 26 janvier 2020 avec ta fille, très certainement blottie dans tes bras, en lui disant que tout allais bien se passer.

Ta fille, Gianna Bryant, Gigi, ta Mambacita comme tu l’appelais, qui te voyais jouer et se disait : « Je veux faire comme Papa, … »

Et très certainement aussi voulait-elle, était-elle même certaine de faire mieux que toi, car c’est cette mentalité que tu lui a inculqué, toujours plus, …

Elle qui avait soif d’apprendre ce sport depuis son plus jeune âge

Elle qui avait déjà un talent incroyable pour son âge

Elle qui devait être l’avenir du basket féminin, du basket tout court.

Mais elle qui est déjà une légende dans ce sport et dans nos coeurs, tout comme toi.

Alors merci

Merci pour tout ce que tu nous a fais vivre, tout ce que tu nous a appris sur la vie

Merci pour tout

Vous resterez à jamais dans nos coeurs et vous continuerez à jouer à travers nous

Au revoir et à bientôt

Kobe4ever

Gigi4ever

Toto Atomique

Véro

Mardi, je sors du lit à midi. Pas dormi de la nuit. Vers 2h, un orage est venu mettre du baume sur mon insomnie. En janvier, inhabituel. J’aime penser que quelque part il n’est pas étranger au fait que Kobe n’est plus parmi nous mais qu’il a peut-être rejoint une autre forme d’existence. Peut-être.

La gueule de bois continue (la plus longue de toute ma vie, je ne pensais pas que c’était possible). Dans ma tête, j’ai toujours pensé à la manière avec laquelle je réagirais à la mort d’un proche et je me disais que le cas échéant je serais prête à traverser ça. Je n’étais clairement pas prête pour ce que je traverse aujourd’hui.

2020, j’étais sur un petit nuage parce que j’avais pris des bonnes résolutions (je n’en prends jamais). J’arrêtais l’alcool (au profit du café qui allonge mes journées), j’allais enfin arrêter de me laisser marcher sur les pieds et surtout j’allais enfin me lancer dans mes projets d’écriture que je postpose depuis si longtemps.

Il y a quelques temps, j’ai renoué avec le basket et ça m’a fait un bien fou.

Petite c’était ma passion, passion que mon père avait partagée avec moi. Il était entraîneur et me prenait avec lui au cours de ses entraînements, avec des plus grands que moi, ce qui n’est en fait pas l’idéal.

Mon père et moi partagions des moments privilégiés sur le terrain de basket en plein air près de chez ma grand-mère, parmi les meilleurs moments de ma vie.

Quand j’étais seule, et ces moments étaient nombreux, la balle orange était ma seule compagne. Je n’avais pas de panier alors j’en avais dessiné un à la craie sur le mur du garage. Et je jouais, des heures, sans voir la lumière du soleil.

J’ai grandi, j’ai fait des études, j’ai rencontré des garçons, j’ai fait ma vie loin de cette passion.

Quand j’ai renoué avec le basket c’était grâce à vous, Trashtalk, et j’ai senti à ce moment-là qu’une pièce qui manquait en moi depuis des années était à nouveau en place. Un équilibre était rétabli et ça me rendait tellement heureuse.

Mon père a coupé les ponts avec moi et j’espère chaque jour qu’on pourra à nouveau partager notre passion à l’avenir.

En attendant, le basket était pour moi un refuge, une famille… et Kobe en faisait partie.

Aujourd’hui c’est cette pièce de mon puzzle qui me fait mal, c’est plus qu’une légende que je ne connaissais pas personnellement, c’était Kobe, le père de toute la communauté NBA, chez qui j’avais trouvé adoption.

Alors, je vais faire comme vous, la vie continue et je vais prendre les conseils de Kobe au pied de la lettre, qu’il soit un père spirituel pour moi jusqu’au bout et m’encourage dans mes rêves, sur la piste desquels je m’étais fixée de marcher cette année.

Merci Trashtalk de nous accompagner dans ces moments, merci Bastien pour cet article qui prouve que j’avais encore quelques larmes en stock.

Je vous aime et je souhaite beaucoup de courage à tous ceux qui auront lu ces lignes, quelle que soit votre histoire et la manière avec laquelle vous traversez cette épreuve. Respect à tous ! On va s’en sortir !

Antoine

J’ai eu dû mal à trouver les mots, alors je vais essayer de faire simple.

Je ne veux pas y croire, je ne peux pas y croire. Impossible de dormir cette nuit. C’est un mauvais rêve hein? Alors endors toi, et demain, il fera jour.

Malheureusement, je pense que l’on s’est tous réveillé avec cette drôle de sensation, comme si notre petit monde avait changé. On ne se connaissait pas, mais tu étais bien plus qu’un sportif à mes yeux.

En témoigne cette photo. Il y a plus de 10ans, mes parents m’ont emmené voir un concert de Marcus Miller, l’un de mes artistes préférés. J’étais tout excité et mon père eut une idée fantastique. On venait d’être champion NBA contre Orlando, et il me dit « Je sais que Marcus est un grand fan des Lakers et de Kobe. Pourquoi tu ne brandirais pas le maillot du Black Mamba à la fin du concert? Il te remarquera comme ça ! » Why not. Le concert a duré 2h et pour le rappel, je me suis faufilé dans la fosse (j’étais encore assez petit de taille à ce moment-là), et je me mis debout, sur une chaise. Et là, au moment de saluer la foule, Marcus pointa du doigt ce gamin, torse nu avec le maillot de son héros en l’air. Il me fit un signe du pouce, exerça son plus beau fadeaway et me sourit. C’est alors que je me suis précipité en backstage, accompagné de mon père. Je devais le voir ! Il sortit des loges, et je l’appelai « Marcus! Marcus! ». Il s’arrêta pour se diriger vers moi. Il me lâcha un « Hey Kobe! The championship is going to be for us next year! ». J’étais aux anges. L’amour pour ce sport, l’amour pour ce maillot, l’amour pour cet homme nous avait rapprochés le temps de quelques secondes, Marcus et moi. Et c’est là, toute la grandeur d’une légende.

Kobe, Kobe. Je ne veux pas parler de ta carrière parce que tout ou presque a été dit, et les nombreux journalistes sportifs le feront mieux que moi. Non. Moi je veux parler, de ce que tu as été pour moi.

Il y a quelques années, je perdais Prince et aujourd’hui c’est l’idole de mon autre vie qui disparait.

Tu as été celui qui m’a fait aimer ce sport, qui m’a transmis ce goût pour la gagne, à devenir un compétiteur, à haïr la défaite, à haïr perdre. Je me souviens de ces séances d’entrainements le mercredi matin à Descartes avec mes meilleurs potes d’enfance. Mon père nous faisait des entrainements perso, et ça finissait en partie de 1 contre 1 entre 3 gamins. Bien plus d’une fois, papa a dû nous séparer parce qu’on pouvait en venir aux mains : on avait 8 ans. Un simple concours de shoot pouvait se transformer en un match à mort, un simple 1 contre 1 pouvait se transformer en le match de toute une vie. On détestait perdre l’un face à l’autre, et on voulait travailler plus. Tout le temps. Pourquoi ? Parce qu’on voulait surpasser l’autre, et on voulait être le meilleur. Ça nous a apporté de belles saisons, et je n’ai jamais retrouvé autant de complicité sur un terrain qu’avec ces deux-là.

Puis, peu à peu, le basket a laissé place à la musique. Mais rien n’a changé, car ma mentalité était là et elle est restée, ancrée au plus profond de moi.

Oui, Kobe m’a appris ce que signifiait le mot « sacrifice ». Rentrer de l’école primaire, et ne pas aller jouer avec les copains, mais plutôt travailler l’instrument jusqu’à ce que tes doigts saignent, jusqu’à ce que tes yeux se ferment sur le manche de la guitare. Finir le collège, mais ne pas pouvoir aller en vacances avec les copains, parce que tu as des concerts importants. Rentrer du lycée, mais ne pas pouvoir partir en soirée. Ou bien, laisser derrière toi tes amis, ta famille, ta maison, ton pays, pour réaliser une partie de ton rêve, ici à Londres. Parce que tu dois encore… encore… encore… travailler.

À chaque sacrifice, je ne me posais pas énormément de questions. Je m’en posais une seule : que ferait Kobe ? Et la réponse était claire. Continuer à travailler pour atteindre son objectif.

Tout ceux qui me connaissent, savent que je fais souvent des parallèles entre la musique et le sport, parce que beaucoup de choses sont liées. Tout est lié. Ces mercredis matin à la salle Descartes, ces débats incessants avec les copains sur qui est le GOAT (Anthony j’ai pas oublié notre discussion d’il y a 10 ans), ces parties de 2k un vendredi soir avant le match du samedi, entre Miami et LA, ces finales gagnées non pas parce qu’on était les meilleurs, mais parce qu’on travaillait plus que les autres, ce buzzer beater pour mon dernier match à la fac’, ces game 7 à se lever à 3h du matin et essayer de contenir ses larmes, ses phrases cultes, sa mentalité, sa force, les souvenirs…. .

Ce mec était tout simplement une inspiration. Que l’on soit chanteur, basketteur, docteur, professeur, mécanicien, informaticien, écrivain, astronaute, pompier, nous avons tous eu à un moment de notre vie, ce choix : continuer ou renoncer. Et Kobe connaissait la réponse et voulait nous la transmettre. Que chacun d’entre nous puisse réaliser ses rêves, non pas parce que nous sommes meilleurs que les autres. Mais parce que nous devons travailler toujours plus, pour devenir le meilleur.

Et je continuerai à donner le meilleur de moi-même, chaque matin en me levant, chaque soir en me couchant. Chaque minute, chaque seconde. Chaque note, chaque concert.

Mamba Out. Love.

Biagui

Hommages😭😭😭

Nuit blanche, grise nuit ou noire nuit,

Je ne sais comment dire que j’ai pas dormi,

Je ne sais comment l’étoile s’est obscurcie.

Tombant du ciel tel un astre de feu 🔥 Kobe😭….😭😭😭

Larmes, ne venez pas souiller l’écriteau,

Mes mains tremblent déjà en tenant le plumeau.

Dans mon cœur, par le chagrin meurtri,

Il y a ton sourire qui encore éblouit.

Les vidéos de work out que je me suis passé

Moi, sans talent mais, moi passionné

De toi qui voulut toujours tout donner,

Qu’apprends-je ? Kobe, tu as trépassé !!!😭😭😭

Loris

J’étais tout gamin dans la fin des années 90. Je vivais à Abidjan connaissais rien à ce sport mais les cahiers que mes parents m’achetaient pour l’école était à l’effigie de Shaq et Kobe. Mon amour pour les Lakers ça a commencé comme ça.

Il n’y a pas de mot assez balèze pour parler de KOBE. On se sent un peu vide après un truc comme ça.

Clivant mais tellement iconique. J’étais pas prêt.

A chacun son souvenir avec Kobe. Alors si le coeur vous en dit et que vous souhaitez aussi rendre hommage au numéro 24, exprimez vous en commentaires, sur les réseaux sociaux ou sur une feuille de papier. Certains ont essayé et se sentent mieux.

Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


To Top