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Joel Embiid s’est livré pour The Players’ Tribune : retour en 2014, quand il a failli tout laisser tomber pour rentrer au pays

La mort de son frère Arthur a plongé Joel dans des moments sombres, et il était à deux doigts de tout arrêter.

Source image : NBA League Pass

Joel Embiid vit une saison pas facile. Actuellement à l’infirmerie à cause d’un doigt dans un sale état, le pivot ne réalise pas la campagne de MVP annoncée avant le début de la saison, et son équipe ne répond pas vraiment aux grosses ambitions affichées par la franchise. Mais cette adversité, ce n’est rien par rapport à ce qu’il a traversé il y a quelques années.

C’est à travers un papier sur The Players’ Tribune que Joel Embiid s’est récemment livré. Et on insiste sur le terme « se livrer », car Jojo a abordé un sujet très douloureux, le genre de sujet qui nous rappelle que le basket n’est qu’un sport et qu’il y a des choses beaucoup plus importantes dans la vie. Arthur, son petit frère, est décédé en octobre 2014 à l’âge de 13 ans, au Cameroun. Il a été renversé par un camion alors qu’il rentrait de l’école à pied avec ses copains. Une véritable tragédie qui a évidemment touché de plein fouet Joel, drafté quelques mois auparavant par les Sixers en troisième position. À l’époque, Embiid se remettait de son opération au pied et n’était pas encore prêt à faire ses grands débuts sur les parquets NBA. Et si l’on en croit ses propos, on a failli ne jamais le voir dans la Grande Ligue, car il a sérieusement envisagé de tout arrêter quand il a appris la perte de son frangin.

« Je ne sais pas combien de personnes sont au courant de ça, mais juste après ma sélection à la draft, en 2014, j’ai pensé à me retirer du jeu. Je n’exagère pas. J’ai vraiment envisagé de prendre ma retraite de la NBA avant même d’avoir joué le moindre match dans la Ligue. […]

Quand Arthur est parti, j’avais l’impression que ma vie avait perdu son sens. Je voulais abandonner le basket et rentrer chez moi au Cameroun pour être avec ma famille. Et vous savez, ce n’est pas comme dans les films, où vous avez quelqu’un qui s’assoit à côté de vous pour discuter, ou alors vous prenez un ballon et tout d’un coup tout est OK. »

Dans son papier sur The Players’ Tribune, Joel Embiid souligne la relation très forte qu’il possédait avec Arthur, le soutien que ce dernier lui apportait, les moments fun qu’ils partageaient ensemble. Il met d’ailleurs en avant une anecdote sympathique, quand il raconte comment lui et son frère ont profité de l’absence de leur mère un jour pour jouer non-stop à FIFA. Sauf que ce jour-là, c’était le Day 1 du camp du Camerounais et joueur NBA Luc Mbah a Moute. Jojo avait 16 piges, et il avait ainsi raté le début du camp. Il a ensuite rejoint celui-ci après s’être fait remonter les bretelles par papa, et la suite fait partie de l’histoire comme on dit. Aujourd’hui, Joel Embiid fait partie des intérieurs les plus dominants de la plus belle ligue du monde. Et s’il n’a pas abandonné, c’est quelque part parce qu’il voulait rendre hommage à Arthur.

« J’ai juste persisté. La plupart des jours, ça craignait. La plupart des jours, je voulais simplement prendre un avion pour rentrer. Je voulais abandonner, mais j’ai juste continué à bosser chaque jour pendant deux ans pour retrouver la santé, pour progresser, pour poser un pied sur un parquet NBA. J’avais le sentiment que si je faisais ça, alors mon frère serait vraiment fier de moi. »

S’il était encore de ce monde, il ne fait aucun doute qu’Arthur serait fier de son grand frère et de son superbe parcours. Le Cameroun, la transition aux States, les années lycée, l’Université de Kansas, la Draft NBA, et maintenant ce statut de superstar. Malgré les hauts et les bas et les nombreux pépins physiques, Embiid est bien là, en tant que franchise player des Sixers. Une ascension qui inspire. Alors on va tout simplement lui laisser le mot de la fin.

« Quand vous devez faire face à l’adversité, il n’y a pas de raccourcis. Vous ne pouvez pas contourner cela. Il faut traverser cela, peu importe combien de temps ça prend, peu importe à quel point ça craint. »

On connaît tous le Joel qui rigole, le Joel qui taquine et le Joel qui aime ouvrir sa grande bouche, même s’il s’est un peu calmé de ce côté-là cette saison. Mais Joel, c’est aussi un mec qui a traversé de sacrées épreuves et qui n’oublie pas d’où il vient. Désormais, son objectif numéro un, c’est de ramener un titre à Philly, histoire de le dédier à Arthur.  

Source texte : The Players’ Tribune

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