Old-School

Les Playoffs 2017 des Wizards : si près de la gloire, et en même temps si loin de tout espoir

Wizards John Wall

Sur le toit du monde… mais pendant 24h seulement.

Source image : NBA League Pass

La nouvelle décennie approche, il est donc l’heure de boucler celle dans laquelle nous sommes actuellement. Pour les Wizards ? Comment ne pas revenir sur ces Playoffs 2017, ce point d’exclamation sur un projet ambitieux… qui va finalement toucher son plafond pendant ces mêmes phases printanières ? Story time.

Il fût un temps où être fan de Washington était hype. Il fût un temps où, chaque soir, affronter l’équipe de Scott Brooks était une torture incessante. Nous sommes en mai 2017, et les Wizards ont le torse bombé. Il faut dire qu’il y a de quoi être confiant, l’effectif contient deux jeunes stars sur la ligne arrière, John Wall classé 7ème du trophée MVP cette saison-là, et Bradley Beal qui commence à monter en puissance. Des lascars comme Marcin Gortat et Markieff Morris servent de gardes du corps pour les deux phénomènes, pendant qu’Otto Porter assure les basses besognes et Kelly Oubre met le feu en sortie de banc, accompagné par Brandon Jennings et Bojan Bogdanovic. Ces Wizards sont fun, ils ont de la gueule, et ils en ont une de sacré gueule. Du trashtalking à tout va, des gamins qui se chauffent entre eux après une humiliation, il y a un doux équilibre entre du streetball et du jeu sérieux tout-terrain, ce qui fait de cette équipe un potentiel dark horse de ces Playoffs 2017. Rajoutons aussi le fait suivant, Washington vient de valider deux demi-finales de conférence en 3 ans, de quoi être confiant que cette fois-ci, c’est la bonne. Et les affaires vont plutôt bien démarrer puisque, toute bouche grande ouverte, les potes de Ian Mahinmi vont s’occuper des Hawks en 6 matchs. Paul Millsap s’énerve avec Momo, les esprits se chauffent mais c’est surtout John Wall qui a la température la plus élevée en direct d’Atlanta. Le meneur plante 42 points et charrie tout le monde sur son passage, y compris les membres du groupe Migos assis au premier rang. Ceci est un avertissement, Jean Mur est venu pour défoncer quelques parois et le tour suivant lui appartiendra.

 

Sauf qu’en face se trouvent les Celtics. Et pas n’importe quels Celtics, les Celtics de 2017. Les Celtics d’Isaiah Thomas, les Celtics construits de toute pièce par Brad Stevens, avec des jeunes qui cherchent leurs marques, un public à fond derrière eux et la sensation que tout est possible quand on suit le lutin au bandeau vert. Isaiah, formidable tout au long de la régulière, est inconsolable au premier tour des Playoffs. Sa soeur décède tragiquement dans un accident et la NBA toute entière est en deuil. Son équipe, d’abord menacée de vacances anticipées, va faire le taf en son nom et écarter les Bulls de Jimmy Butler et Rajon Rondo. Menés 2-0, les petits hommes verts remportent la série 4-2 et vont en demi-finale. Ramenez les Wizards, ça va saigner. Et on dit bien que ça va saigner, car les deux équipes n’en sont pas à leurs premières embrouilles au moment où la demi-finale démarre. Ne tournons pas autour du pot plus longtemps, Boston et Washington se détestent en 2017. En saison régulière, John Wall et Jae Crowder en viennent aux mains, le second met une tarte au premier après avoir vu Jae lui toucher le nez. Cinq membres de l’unité de police locale se plantent entre les deux vestiaires, pour éviter que cela déborde. Les menaces fusent, les promesses s’envolent. Auparavant, Wall et Marcus Smart se font aussi quelques caresses après une flagrante bien généreuse. Et parce que les Wizards de 2017 sont tout simplement géniaux ? Ils vont bien évidemment se pointer au match suivant… habillés en noir. Tous en noir, tout en noir, de Gortat à Jason Smith en passant par Oubre et les autres. « Tout en noir, que du noir, ça va être des funérailles, » nous dit Wall avant la rencontre. « C’est mignon comme tout, » répond Isaiah Thomas. Le ton est donné, l’animosité va se prolonger au fil des mois pour nous mener à cette série qui pue la Conférence Est à plein nez.

 

Al Horford et Markieff Morris ne perdent pas de temps pour s’embrouiller, d’un match à l’autre ça s’envoie dans les tribunes parce que l’intérieur des Wizards pense que celui de Boston a voulu le blesser intentionnellement. On vous le répète, cette équipe de Washington est légendaire. Mais cela démarre mal sur le terrain, les Celtics remportent les deux premiers matchs dont le second qui va être marqué par la performance inoubliable de Thomas, 53 points dans un TD Garden qu’on entendait de Paname tellement il rugissait derrière son lutin. De retour à D.C, Scott Brooks s’ajuste et ses hommes aussi : 2 victoires de suite, 2 branlées, un tampon de Kelly Oubre sur Kelly Olynyk afin de rendre cette série définitivement épique, direction Boston pour le Game 5. Problème, toute l’équipe va se désintégrer ce soir-là, poussant les Wizards à jouer un Game 6 éliminatoire à la maison. S’ils perdent ? Saison terminée, et tous les espoirs envolés derrière cette team si attachante et imblairable à la fois. Sauf que, cela tombe bien, pour les motiver il suffit de regarder dans l’équipe d’en face puisque… Isaiah a proposé à ses copains de se pointer habillés en noir. La provocation est trop forte, et à quelques secondes près le trashtalking du meneur atteint des hauteurs historiques. John Wall ne voudra rien savoir et va planter, sans véritable débat, le plus gros shoot de sa carrière. Mené d’un point à 8 secondes de la fin, Wall-Star prend un shoot de 8 mètres et fait ficelle. Incroyable, la saison sauvée en une action. Wizards +1, explosion du public, arrêt sur image : c’est là, à ce moment précis, que le projet à Washington va toucher son plafond. Il n’ira pas plus haut, jamais plus haut. La célébration est épique, Wall est debout sur la table de marque, il a forcé un Game 7 et sauvé les siens de la noyade. La fête est belle, Washington croit à sa qualification en finale de conférence, cette équipe est faite pour aller loin… Mais la noyade aura lieu au match suivant. Kelly Olynyk va se prendre pour Dirk Nowitzki et tuer les espoirs de D.C ainsi que les aspirations de Scott Brooks en même temps. Fin de saison pour les Wizards, fin de tout mais personne ne le sait dès lors.

Ce 12 mai 2017 restera, éternellement, comme le jour où les fans de la capitale américaine se sont sentis tout en haut, au sommet, sur l’intégralité de la décennie 2010. Après tant de galères, de changements, de plaquettes tournées par Randy Wittman, de désillusions, de pick and roll avec Gortat, de progression, de jeunes développés en interne, de projections illusoires, ce Game 6 de demi-finale de conférence était leur moment à eux. Leur petite madeleine, à chérir, en y repensant à l’avenir. John Wall était incroyable, incritiquable, son groupe aussi teubé que déterminé. Oui, bien sûr qu’il y avait des têtes qui imaginaient une finale entre LeBron et cette équipe-là. Tout doit être anticipé lorsqu’un Game 7 est joué. Et en toute logique, on s’attendait à au moins voir ce groupe revenir encore plus fort la saison suivante, encore plus prêt. Il n’en sera rien. Wall ne va jouer que 41 matchs, Gortat va apercevoir le début de sa retraite, Bogdanovic va aller voir ailleurs. Coach Brooks, adoubé par tous les médias l’année précédente, sera pointé du doigt pour les mêmes erreurs que ses années à OKC. Manque de créativité, manque de poigne sur son vestiaire, manque d’énergie et d’autorité. Huitièmes à l’Est alors qu’ils étaient Top 4 et à 48 minutes d’une finale de conférence la saison d’avant, les Wizards vont se faire sortir salement par des Raptors qui n’ont même pas à forcer leur jeu. Et depuis ? On connaît la suite, terrible. Blessure pour John Wall, transferts à gogo, management dans le flou total, menaces de transferts sur les joueurs en plein automne, un marasme complet. En l’espace de deux ans, Washington va passer du paradis à l’enfer, avec une équipe d’aujourd’hui qui si elle est séduisante reste à des années lumières de l’excitation que proposait ce crew en 2017.

Peut-être s’agira-t-il d’une enquête, à l’avenir. Qu’auraient fait ces Wizards s’ils avaient tapé les Celtics à Boston en Game 7 ? Que se serait-il passé ensuite ? Malheureusement, on ne le saura jamais. Des si, et des regrets, il n’y a que ça comme nourriture pour les fans de Washington, depuis ce 12 mai 2017.

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