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Une nouvelle génération au pouvoir en Équipe de France : on ne sait pas encore où ça va mais on aime déjà

Evan Fournier Rudy Gobert équipe de France

Génération 92 !

Source : YouTube / FFBB

En battant au forceps la Lituanie hier, l’Équipe de France s’est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du Monde 2019, avant même de jouer les Australiens demain à 14h30. C’est bien évidemment une excellente nouvelle pour le basket tricolore mais ce qui l’est encore plus c’est ce que l’on voit de ce groupe bleu dans sa globalité, ce qui s’en dégage en termes de mentalité, d’envie, d’ambition. Les cendres de la génération Parker sont encore fumantes que la relève semble déjà là. Forcément, on aime ça. 

Il ne s’agit pas ici de s’enflammer (pas tout de suite en tout cas) sur les potentiels résultats que cette Team France pourrait obtenir lors de ce Mondial ou dans un avenir olympique proche. On peut se faire calmer par Patty Mills et sa bande kangourous dès demain pour ensuite prendre une claque en quart. C’est possible. La compétition est très relevée, plusieurs nations ont affiché un haut niveau de jeu et paraissent en avance sur nos Bleus en termes de construction d’équipe ou de fond de jeu. Et puis, cette équipe de France peut-elle vraiment rivaliser avec des gros favoris comme les Etats-Unis, la Serbie ou l’Espagne si elle les croise plus tard dans le tournoi ? Comment va-t-elle se comporter ce lundi contre des Australiens invaincus et plutôt impressionnants ? On ne sait pas trop, mais on a vraiment envie de voir.

Cette équipe de France a encore de vrais points faibles. On l’a vu avoir de gros trous d’air dans les deux matchs les plus serrés qu’elle a eu à disputer depuis le début de ce Mondial. Contre les Allemands, derrière cette entame autoritaire, il y a eu des passages à vide inquiétants qui ont poussé nos Bleus vers une fin de rencontre où il a fallu se donner pour gagner, alors qu’il y a avait moyen de se mettre à l’abri bien plus tôt. Contre les Lituaniens, la France a réalisé une première mi-temps très solides avec un premier quart magnifique des deux côtés du terrain. Mais en seconde période, quand les Lituaniens se sont mis à pousser très fort après être tombés à 17 points derrière, nous avons vu nos tricolores se désunir défensivement, faire un paquet de petites fautes qui ont donné des lancers, et nous les avons vu déjouer salement en attaque. Soudainement le ballon ne tourne plus trop, voire plus du tout. Soudainement, on se retrouve avec trois ou quatre joueurs qui regardent Nando De Colo et surtout Evan Fournier se débrouiller pour tenter de marquer. Vincent Collet a beau essayer de varier les rotations pour surprendre tout en cherchant la bonne formule, rien n’y fait : pas moyen d’éviter le néant offensif sur plusieurs minutes par match. Du coup, effectivement on ne sait pas trop ce que ces Bleus peuvent réellement valoir sur un match face à un gros favori. Mais tiens, on a vraiment envie de voir.

Au-delà du fait qu’elle est capable de défendre le plomb et de passer de gros run à la plupart de ses adversaires, au-delà du fait qu’elle est athlétique, puissante, difficile à bouger physiquement et qu’elle possède en ses rangs deux joueurs – Fournier et De Colo – au talent offensif certain ainsi qu’un des meilleurs défenseur – intimidateur de la planète, cette équipe de France a quelque chose de fort en elle. Cette nouvelle génération qui est en train de prendre le pouvoir, si ce n’est pas déjà fait, a été bercé par les exploits en bleu et en NBA de Tony Parker et Boris Diaw notamment. Les Gobert, Fournier, Lessort, M’Baye, Ntilikina, Okobo, Toupane, Maledon ou Poirier pour ne citer qu’eux ont forcément rêvé un jour de faire une carrière à la TiPi ou à la Babac. Ce rêve les a tirés vers le haut et les a aussi poussés à prendre la suite en équipe de France afin de continuer dans la lignée de leurs légendaires aînés. Une des choses qui a fait le plus plaisir en voyant jouer ce groupe depuis le début du Mondial : des titulaires au dernier remplaçant, les gars sont là pour mouiller le maillot bleu, sans compter, sans rechigner à l’effort. Et ce malgré des saisons bien longues pour la plupart. De là à y voir une conséquence directe de l’exemple donné par Tony, Boris et compagnie, il n’y a qu’un pas…

Cette équipe veut marcher dans les pas de la génération Parker en termes de succès. Cette équipe a faim de victoires, de trophées mais on sent qu’elle compte le faire à sa manière, avec un style qui lui est propre. Le leadership de Gobert et Fournier est indéniable. Car si les rôles des très expérimentés De Colo et Batum sont cruciaux depuis le début de la compétition, le style de ces Bleus est dicté par le caractère du pivot du Jazz et de son « bro », l’arrière du Magic. Nous les appelons familièrement et affectueusement Rudy et Vavane. Ils aiment se marrer et chambrer à tout va sur les réseaux sociaux. Ils n’ont pas peur de dire ce qu’ils pensent et s’embarrassent que très peu de déclarations politiquement correctes. Ils gagnent beaucoup d’argent grâce à leur réussite en NBA. Ils sont ambitieux, veulent devenir All-Star, gagner des titres, gagner tout court. Tout cela, ils l’assument. Ils ont leurs défauts, leurs qualités. Mais quand ils entrent sur un parquet, ils jouent leur chance crânement. Ils vont au mastic, rendent les coups qu’ils reçoivent sans peur, sans baisser les yeux, sans complexe. Cette équipe de France est à leur image sur ce Mondial et c’est une des raisons de sa réussite jusqu’à maintenant.

Pour autant, Vavane et Rudy ne sont pas seuls. Contre la Lituanie, nous avons pu voir un Nicolas Batum adroit en attaque, énorme en défense et surtout impeccable dans son rôle de canalisateur d’énergie. L’expérience (plus de 140 sélections) et le calme naturel de Nico sont une parfaite balance avec la fougue de certains coéquipiers plus jeunes. A deux ou trois reprises, nous avons pu voir l’ailier des Hornets venir parler à Gobert, pour s’excuser d’une mauvaise passe mais aussi pour l’empêcher de monter dans les tours, lui rappeler que la France est devant et que ce n’est clairement pas le moment de donner quoi que ce soit aux Baltes. Batum n’est peut-être pas le leader des Bleus, il en est un pilier. Cela fait tellement plaisir qu’il prenne ce rôle à cœur et que cela soit visiblement bien accepté par la génération montante. Dans un autre registre, Nando De Colo a été positionné par Vincent Collet dans un rôle de sixième homme. L’idée est simple : la polyvalence et les qualités offensives du Ch’ti doivent offrir aux Bleus un second souffle, notamment quand Fournier vient s’asseoir sur le banc. Des rôles nouveaux pour ces deux joueurs, des rôles dans lesquels ils semblent capables de se fondre pour notre plus grand bonheur. En effet, c’est ainsi que contre la Lituanie, les Bleus se sont retrouvés avec Nicolas Batum en tant que joueur avec le plus de minutes sur le match (35) et Nando De Colo avec la ballon de la gagne entre les mains pour arracher la victoire. Nico a fini avec le deuxième plus/minus du match, derrière Rudy Gobzilla pendant que Nando terminait, avec 21 points, deuxième meilleur marqueur de la rencontre derrière Vavane le chevelu.

C’est sur ce quatuor Gobert – Fournier – De Colo – Batum que Vincent Collet est en train de bâtir notre nouvelle équipe de France. Elle peut avoir fière allure ! Elle peut permettre à quelques nouveaux – plus ou moins jeunes – de s’exprimer comme Amath M’Baye au poste 4, Vincent Poirier en back-up de Rudy ou Frank Ntilikina à la mène avec Andrew Albicy. Rajoutez-nous Thomas Heurtel et Adrien Moerman dans un avenir proche et notre sélection tricolore va pouvoir regarder droit dans les yeux le gratin du basket international.

Cette équipe va sûrement nous énerver par moment. Cette équipe ne parviendra peut-être pas à rapporter des médailles d’or au basket français. Nous n’en savons rien pour le moment mais ce que nous sentons c’est que cette nouvelle génération va faire honneur à son pays, va bonifier la très bonne formation qu’elle a reçue et nous rendre fiers en croyant toujours en elle, en jouant à fond à chaque match, chaque adversaire. Bref, on ne sait pas encore que ça vaut ni où ça va mais on est impatient de voir la suite car on aime déjà !

1 Comment

1 Comment

  1. Guez25

    10 septembre 2019 à 7 h 58 min at 7 h 58 min

    Quand t as pas de tueur, t as pas de tueur !

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