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Kyle Guy partage ses galères de jeune drafté issu du second tour : « Je suis toujours aussi fauché qu’avant »

Kyle Guy

Qui va dormir en camping ce soir ?

Source image : YouTube

Sélectionné par les Kings en 55ème position, Kyle Guy a encore du chemin à faire pour devenir un incontournable en NBA et même au sein du roster de la capitale californienne. Avec son two-way contract, il aura 45 jours pour se montrer et espérer décrocher mieux pour faire décoller sa carrière.

Alors que R.J. Hampton palpe déjà des dollars en Nouvelle-Zélande du haut de ses 18 ans, d’autres galèrent avec un contrat NBA. On ne parle pas exactement du même calibre de joueur, évidemment, mais Kyle Guy n’est pas non plus un parfait inconnu. Champion universitaire en titre avec Virginia, il a été élu Most Outstanding Player du Final Four grâce à son sang froid dans le clutch time de la demi-finale face à Auburn. Après trois saisons sur les parquets NCAA, il décide de poursuivre son rêve en s’inscrivant à la Draft. La hype est bien présente mais la concurrence ne se laisse pas faire et malgré de nombreux workouts il doit attendre le bout de la nuit pour être appelé par Mark Tatum sur l’estrade du Barclays Center. Direction Sacramento pour le petit guard d’1,85 mètre qui est toutefois loin d’être arrivé. Ce serait trop facile ! En effet, c’est un two-way contract qui lui a été proposé par Vlade Divac pour commencer, le temps de faire ses preuves au contact de l’équipe A et en G League où il devrait donc passer la majeure partie de sa saison. Une face parfois caché de la Grande Ligue qui est pourtant une réalité pour des centaines de joueurs qui se retrouvent parfois quasiment en situation de précarité. Ça ne devrait pas être le cas de Kyle Guy dont le salaire annuel devrait se trouver dans une fourchette allant de 77 000 à 506 000 dollars en se basant sur les chiffres de la saison dernière. Par contre, contrairement à certains, son premier chèque ne sera pas signé avant le début de la saison ce qui lui laisse plus de deux mois sans toucher un seul centime. Dans un long dossier de Paolo Uggetti pour The Ringer, le rookie s’est livré sur sa nouvelle réalité de joueur NBA.

« Je suis aussi fauché qu’avant. Les gens pensent que vous êtes drafté et se disent que je suis riche, que je suis millionnaire. Je n’ai pas d’argent. Je ne suis pas Zion. Je ne reçois pas des centaines de millions de dollars pour un contrat avec un équipementier alors je prends tout ce qui peut m’aider. »

On a déjà connu mieux avant de préparer un mariage à Hawaii, alors pour ne pas arriver sur la plage en short Artengo il s’est inscrit à Cameo, ce service qui permet de commander un petit message personnalisé de la part d’une célébrité contre un peu d’argent. De 50 dollars, Kyle est monté à 60 dollars la vidéo ce qui représente déjà un peu plus de 5k de budget grâce aux 91 enregistrés depuis son inscription à la Draft. Mais pour tenir jusqu’à la rentrée, le journaliste nous indique qu’il a également signé des cartes Panini et réalisé une interview sponsorisée en plus de devenir l’un des visages d’une marque de boisson énergisante. On a déjà connu plus glamour pour un nouveau membre de la NBA réalisant le rêve de milliers de personnes. Mais au-delà de l’argent c’est surtout l’aspect psychologique qui ressort dans l’entretien personnel de Kyle Guy. D’un échappatoire, le basket est soudainement devenu un piège duquel il a même voulu se sortir définitivement après l’upset de 2018. A l’époque, les Cavaliers arrivaient à la March Madness avec statut du first seed. Et pour la première fois de l’histoire du tournoi le plus suivi par les cainris, le favori a chuté dès le premier tour face au #16, UMBC. Un traumatisme qui a plongé le joueur dans une profonde dépression au point de vouloir tout arrêter. Avant cet épisode douloureux, Kyle consultait déjà un spécialiste, était sous antidépresseurs et consacrait du temps pour mettre toutes ses pensées sur papier. Encore une fois, pas franchement l’image que l’on a d’un sniper capable de tuer une rencontre avec un tir assassin depuis le parking. Mais heureusement, Guy a su rebondir quand il le fallait et il prend désormais cet upset comme une bénédiction.

« Je dis toujours que UMBC est la meilleure chose qui m’est arrivée dans ma carrière parce que ça a déclenché un feu. Ça m’a mis dans un état terrible où il n’y avait plus qu’une seule direction où aller, et c’était vers le haut. Je crois fermement que si nous n’avions pas perdu ce match nous n’aurions probablement jamais gagné le titre un an plus tard. Et si on ne gagne pas le titre et qu’on ne joue pas tous aussi bien, je ne suis probablement pas ici aujourd’hui. »

Tous ces obstacles ont rendu Kyle plus fort et sa compagne reconnaît qu’il identifie beaucoup mieux les symptômes d’anxiété ce qui lui permet de garder toujours le contrôle même dans les moments les plus difficiles. Attendre toutes ces heures que son nom soit appelé à la Draft n’a pas été un exercice facile mais le jeune homme a survécu et il est désormais plus déterminé que jamais à concrétiser son rêve en obtenant un contrat fixe au sein de la Ligue. Il n’est pas le premier joueur à s’ouvrir publiquement sur ses troubles mentaux et se dit même prêt à prendre la parole auprès de la NBA avec Kevin Love pour sensibiliser ses nouveaux homologues sur ces problèmes qui ne sont pas réservés aux autres. La Grande Ligue est un business avant tout et Kyle Guy n’a pas tardé à en faire l’expérience. Après être devenu ami avec Frank Mason III lors de ses premiers entraînements collectifs avec les Kings, il a vu son nouveau pote disparaître du jour au lendemain après avoir été coupé. La NBA est un monde sans pitié et il va aussi devoir se blinder émotionnellement pour ne pas sombrer.

« C’était mon coéquipier pendant une semaine. Nous serions devenus amis, coéquipiers et tout ça mais il a été coupé. C’est difficile de trouver l’équilibre entre le fait que c’est notre hobby mais aussi notre métier. Je dois persévérer parce que c’est mon gagne-pain. »

Dans un super entretien avec The Ringer, Kyle Guy nous permet de remettre en perspective tout ce que nous idéalisons dans la Grande Ligue. Derrière le rêve qui nous est vendu H24 se cachent aussi des hommes parfois mis à rude épreuve. Courage Kyle, ce n’est que le début d’un long chemin que l’on espère le plus victorieux et le plus lucratif possible.

Source texte : The Ringer

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